Eruption ou pas éruption ? C’est la question que les Islandais se posent en ce moment à propos de la situation dans la Péninsule de Reykjanes. Une fois encore, nous nous rendons compte du chemin qu’il reste à parcourir pour aboutir à un semblant de prévision volcanique.
Certes, les instruments (sismomètres, satellites, entre autres) donnent des indications, mais la question posée ci-dessus reste sans réponse.
A la décharge des scientifiques islandais, la zone où l’on enregistre la forte sismicité et les épisodes de tremor est très complexe d’un point de vue géologique. On se trouve dans un contexte à la fois tectonique et volcanique. La zone est très sensible d’un point de vue tectonique, du fait de la situation de l’Islande sur la dorsale médio-atlantique. Cette situation entraîne une sismicité intense. La péninsule de Reykjanes a également un passé volcanique. La dernière éruption a eu lieu il y a 8 siècles.
La présence conjointe d’un épisode de tremor et d’une déformation du sol indique probablement que du magma s’agite dans les profondeurs. Sortira-t-il à la surface ? C’est une autre histoire ! Les fractures étant nombreuses dans la région, le magma peut donc se frayer facilement un chemin en profondeur sans percer la surface.
J’ai souvenir d’une telle situation dans les années 1990 dans la région du Krafla, dans le nord de l’Islande. La sismicité était intense. Je campais à Reykjalid et je sentais les ondes de choc dans le sol. Une nuit, je me suis même levé, pensant que l’éruption avait débuté. La centrale géothermique s’était soulevée de presque un mètre. Au final, il n’y a pas eu d’éruption. Le regretté Maurice Krafft m’a expliqué quelques jours après mon retour en France que l’éruption avait avorté parce que le magma avait trouvé une autre voie dans le sous-sol.
S’agissant de la Péninsule de Reykjanes, les Islandais ne s’attendent pas à une éruption majeure. Il y a peu d’habitations dans zone qui semble la plus exposée. Le principal souci serait si la lave recouvrait la route entre l’aéroport de Keflavik et Reykjavik, la capitale. Une caméra a été pointée vers le cône du Keilir car on pense que c’est là que pourrait jaillir la lave. A voir !
Source : Iceland Review





