Dernières nouvelles d’Islande // Latest news from Iceland

17 novembre, 7h00 : Le site du Met Office montre que l’activité sismique et le tremor sont en baisse depuis le 11 novembre 2023. Plusieurs signes montrent cependant que le magma est toujours actif sous terre et que le risque d’éruption n’est pas à exclure. . Par exemple, du dioxyde de soufre (SO2) a été détecté dans un trou de forage de la centrale électrique de Svartsengi. Le trou de forage se trouve à l’est, sous la route de Grindavík, et s’étend dans la croûte vers la rangée de cratères de Sundhnúkar. Cela signifie que l’extrémité du puits s’étend à proximité l’endroit de la croûte où l’on pense que se situe l’intrusion magmatique. La présence de SO2 provenant du puits est une confirmation de la présence de magma au nord de Hagafell.
L’activité sismique au niveau de l’intrusion a été relativement stable ces derniers jours avec des séismes dont le plus significatif, d’une magnitude de M 2,6, a été détecté à Hagafell. La plupart des séismes étaient inférieurs à M 2,0 et l’activité la plus intense se situe à Hagafell.
Le Met Office indique que la déformation liée à l’intrusion magmatique continue d’être enregistrée, même si elle a légèrement ralenti depuis le 15 novembre. Les derniers modèles réalisés à partir de données GPS et satellitaires indiquent que le site le plus probable d’une éruption se trouve au nord de Grindavík, près de Hagafell. Cependant, rien n’indique qu’une éruption soit imminente.

Pour rappel, l’essaim sismique a débuté le 24 octobre et la déformation du sol a commencé à être détectée le 27 octobre. L’éruption met vraiment beaucoup de temps à se déclarer.

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Aide aux salariés de Grindavik.

Alors que Grindavik (3 500 habitants) est toujours évacuée et que personne ne sait si, quand et où une éruption se produira, un projet de loi visant à venir en aide temporairement aux salariés de Grindavík est présenté aujourd’hui au gouvernement par le ministre islandais des Affaires sociales. Le projet de loi, inspiré des mesures d’aide liées au COVID-19, vise à garantir les moyens de subsistance des employés des entreprises de Grindavík qui ont dû fermer leurs portes en raison de l’évacuation de la ville.
Comme lors de la pandémie de COVID-19, le projet de loi prévoit le financement des salaires des personnes en chômage technique. Les paiements seront plafonnés à un certain maximum (pendant la COVID, les paiements quotidiens s’élevaient au maximum à 21 100 ISK, soit 138 €).
Une fois adopté lors de la réunion gouvernementale, le projet de loi devrait être présenté au Parlement la semaine prochaine afin de garantir que les mesures puissent être mises en œuvre avant la fin du mois.
De plus, afin de permettre la récupération des objets de valeur dans la ville évacuée, les autorités ont contacté les habitants de Grindavík qui sont autorisés à entrer dans la ville aujourd’hui. L’électricité a été rétablie dans la partie orientale de Grindavík le 16 novembre, une fois les réparations terminées.
Source  : Iceland Review.

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Carte de risques.

La Protection civile islandaise a publié une carte montrant la zone de risques, réalisée par le Met Office islandais, et que la police a prise en compte lors de l’évacuation des habitants de Grindavík.
La carte montre les différentes zones d’alerte dans la région de Grindavík et ses environs. Le Rouge est la zone la plus dangereuse la plus proche de l’intrusion magmatique et le Jaune la moins dangereuse.
Si une éruption devait se produire dans la zone Rouge indiquée par la carte, il ne serait pas facile de s’approcher de la lave. La ville entière de Grindavik serait bien entendu interdite d’accès pour des raisons évidentes de sécurité. La zone Rouge englobe l’intrusion magmatique et son prolongement vers le nord dépendra de l’endroit où la lave percera la surface… si elle la perce!
La sismicité est en baisse et est actuellement assez faible. Le tremor a également diminué. Il ne faut pas oublier que la possibilité d’une éruption avortée existe dans un pays fissuré comme l’Islande, situé sur une zone d’accrétion entre deux plaques tectoniques.

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Dernière mise à jour du Met Office :

La sismicité liée à l’intrusion magmatique reste élevée et constante, bien que plus faible que les jours précédents. La plupart des événements sont inférieurs à M 1,0, avec un seul séisme de magnitude M 3,0. L’essentiel de l’activité est concentré dans une zone au nord de Hagafell, vers les cratères de Sundhnúkar.

Selon les mesures GPS, la déformation du sol se poursuit mais est en baisse. Les mouvements les plus importants de l’intrusion magmatique se produisent au nord de Grindavík, près de Hagafell. Si le magma parvient à atteindre la surface, Hagafell serait un lieu à privilégier pour une éruption.

La subsidence due à l’intrusion magmatique reste active, bien que les mesures montrent un léger ralentissement de jour en jour. Un affaissement de 3 à 4 cm est enregistré chaque jour.

Conclusion du Met Office : sur la base des dernières données et des derniersmodèles, une éruption volcanique reste probable, avec une forte probabilité au nord de Grindavík, près de Hagafell.

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November 17th, 7:00 am : The Met Office website shows that seismic activity and the tremor have been declining since November 11th, 2023. However, several signs show that magma is still active underground and that the risk of an eruption should not be excluded. For instance, sulfur dioxide (SO2) was detected in a drilling hole in the Svartsengi power plant. The drilling hole is located in the east under Grindavík road and extends into the crust towards Sundhnúkar crater row. This means that the end of the well is extended close to the point in the crust where the magma intrusion is estimated to be. The presence of SO2 from the well is a confirmation of the presence of magma north of Hagafell.

The seismic activity at the level of the intrusion has been relatively stable in the past days with earthquakes the largest of which was M 2.6 magnitude and was recorded at Hagafell. Most of the quakes were less than M 2.0 and the most intense activity is at Hagafell.

The Met Office indicates that deformation related to the magma intrusion continues to be measured, although it has slowed slightly since November 15th. The latest models calculated from GPS measurements and satellite data indicate that the most likely site for an eruption is north of Grindavík near Hagafell. However, there are no signs that an eruption is imminent.

As a reminder, the seismic swarm began on October 24th and ground deformation began to be detected on October 27th. The eruption takes a really long time to start.

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Aid to Grindavik wage earners.

Alors que Grindavik (3 500 habitants) est toujours évacuée et que personne ne sait si, quand et où une éruption se produira, un projet de loi visant à venir en aide temporairement aux salariés de Grindavík est présenté aujourd’hui au gouvernement par le ministre islandais des Affaires sociales. Le projet de loi, inspiré des mesures d’aide liées au COVID-19, vise à garantir les moyens de subsistance des employés des entreprises de Grindavík qui ont dû fermer leurs portes en raison de l’évacuation de la ville.
Comme lors de la pandémie de COVID-19, le projet de loi prévoit le financement des salaires des personnes en chômage technique. Les paiements seront plafonnés à un certain maximum (pendant la COVID, les paiements quotidiens s’élevaient au maximum à 21 100 ISK, soit 138 €).
Une fois adopté lors de la réunion gouvernementale, le projet de loi devrait être présenté au Parlement la semaine prochaine afin de garantir que les mesures puissent être mises en œuvre avant la fin du mois.
De plus, afin de permettre la récupération des objets de valeur dans la ville évacuée, les autorités ont contacté les habitants de Grindavík qui sont autorisés à entrer dans la ville aujourd’hui. L’électricité a été rétablie dans la partie orientale de Grindavík le 16 novembre, une fois les réparations terminées.
Source  : Iceland Review.

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Danger zone. (see map above)

The Department of Civil Protection has published a map showing the Icelandic Met Office’s hazard assessment, which the police has taken into consideration when planning for people rescuing their valuables fromtheir homes in Grindavík.

The map shows the different alert colours in the area of Grindavík and close vicinity. Red being the most dangerous zone closest to the magma intrusion and yellow the least dangerous.

Should an eruption occur in the Red area shown by the map, getting close to the lava will not be easy. The whole city of Grindavik will, of course, be off limits for obvious safty reasons. The Red zone encompzsses the intrusion and its extent to the north will depend on where lava pierces the surface…if it does !

Seismicity has been declining and is currently quite low. The tremor has been declining too. One should not forget that the possibility of an aborted eruption exists in a fissured country like Iceland which lies on an accretion area between two tectonic plates.

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Met Office’s latest update (November 17th. 12:00 UTC)..

Seismicity related to the magma intrusion remains high and constant, although lower than in previous days. Most events are under M 1.0, with only one earthquake reaching M 3.0. Most activity is concentrated in an area north of Hagafell, towards the Sundhnúkar craters.

According to GPS measurements, ground deformation continues but at a decreasing rate. The largest movements in the magma intrusion are occurring north of Grindavík, near Hagafell. If magma manages to reach the surface, Hagafell is thought to be a prime location for an eruption.

Subsidence over the magma intrusion remains active, although measurements show a slight slowdown from day to day. A subsidence of 3–4 cm is recorded each day.

Met Office’s conclusion : Based on the latest data and model results, a volcanic eruption remains likely, with the highest likelihood of it starting north of Grindavík near Hagafell.

 

Emplacement de l’intrusion magmatique au vu des données GPS et satellitaires (Source: Met Office)

Quelques nouvelles d’Islande // Some news from Iceland

La situation en Islande n’a pas connu d’évolution significative au cours des dernières heures. La carte du Met Office (voir ci-dessous) qui montre la sismicité dans le pays est impressionnante, avec un nombre incroyable d’étoiles vertes qui font référence aux événements d’une magnitude supérieure à M 3.0. La concentration des étoiles se situe très majoritairement dans le sud-ouest de l’Islande, sur la péninsule de Reykjanes et se poursuit jusqu’en mer où les séismes suivent la dorsale de Reykjanes. C’est pour cela que les volcanologues islandais n’excluent pas une éruption plus explosive en mer, en sachant que l’intrusion magmatique passe auparavant sous la bourgade de Grindavik qui a été évacuée, au cas où. La longueur de cette intrusion est estimée à une quinzaine de kilomètres du nord au sud, avec une profondeur minimale de 800 mètres. Le magma est à faible profondeur, ce qui renforce la probabilité d’une éruption, mais la prévision s’arrête là. On ne sait pas quand, ni où, elle pourrait avoir lieu, sans exclure un avortement, comme je l’ai décrit en juillet 1990 dans la région du Krafla. Mais il faut reconnaître que la prévision est très largement en faveur d’un événement éruptif. Il faut bien sûr croiser les doigts pour que la lave n’ait pas la mauvaise idée de sortir au cœur de Grindavik.

Le 12 novembre, leshabitants d’une zone limitée de Grindavik ont été autorisés à entrer chez eux afin de récupérer leurs animaux de compagnie et leurs biens indispensables. Un membre de chaque famille pouvait entrer dans sa maison et disposait d’environ cinq minutes pour récupérer les choses indispensables, accompagné de membres des équipes de secours. .
On craint qu’une éruption ne se produise à Grindavik. C’est pour cela que la ville a été évacuée L’intrusion magmatique a provoqué l’ouverture d’une grande et longue fissure à plusieurs endroits dans et autour de la ville. Des photos prises par un habitant depuis l’extrémité sud-ouest de Grindavík montrent que la fracture pénètre de manière inquiétante à l’intérieur de la ville. En regardant en direction de la bourgade, on peut voir que la fissure traverse directement son centre. La fissure disparaît ensuite sous les constructions et on peut facilement imaginer que de nombreux dégâts ont été causés par le cheminement de la fissure. Les photos sont impressionnantes
Source  : Iceland Review.

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The situation in Iceland has not changed significantly in recent hours. The Met Office map (see below) showing seismicity in the country is impressive, with an incredible number of green stars which refer to events with a magnitude greater than M 3.0. The concentration of stars is mainly located in the southwest of Iceland, on the Reykjanes peninsula and continues out to sea where earthquakes follow the Reykjanes ridge. This is why Icelandic volcanologists do not rule out a more explosive eruption at sea, without forgetting that the magmatic intrusion previously passed under the town of Grindavik which was evacuated, just in case. The length of this intrusion is estimated at around fifteen kilometers from north to south, with a minimum depth of 800 meters. The magma is at a shallow depth, which increases the probability of an eruption, but eruptive prediction stops there. We do not know when or where it could take place, without excluding an abortion, as I described it in July 1990 in the Krafla region. But one must admit that the prediction is very largely in favor of an eruptive event. We must of course keep our fingers crossed that lava will not emerge in the heart of Grindavik.

On November 12th, residents of a limited area of Grindavik have been allowed to enter their homes in order to collect pets and indispensable property. One member of each family could enter their house and had about five minutes to collect vital items, accompanied by first responders. .

It is feared an eruption might occur within Grindavik. It is the reason why the town was evacuatedThe magma intrusion has caused a large and long fissure to open up in several places in and around the town. Photos taken by a resident at the southwest corner of Grindavík, show a concerning development within the town limits. Looking towards the town, one can see how the fissure heads directly through the town center. The signs of the fissure disappear under construction and one can guess that a lot of damage has been done by the fissure movements. The photos are quite dramatic .

Source : Iceland Review.

Source: IMO

 

L’Islande toujours dans l’attente d’une éruption // Iceland still waiting for an eruption

Lors d’une séance d’information organisée par la Protection civile le 6 novembre 2023, Kristín Jónsdóttir, du Met Office islandais, a indiqué que l’intrusion magmatique au niveau du mont Þorbjörn a environ un mètre d’épaisseur et met en jeu quelque six millions de mètres cubes de magma. La scientifique a ajouté que l’intrusion magmatique actuelle est différente de celle de l’éruption de Fagradalsfjall car elle se produit horizontalement et pas verticalement. De tels intrusions magmatiques peuvent s’allonger, s’épaissir progressivement et s’étirer sur les côtés. Au final, elles peuvent occuper beaucoup d’espace sans pour autant provoquer une éruption*.
En conséquence, personne ne sait si, où et quand une éruption aura lieu, même si la probabilité augmente chaque jour.
Il semble que les sites les plus exposés à une éruption se trouvent à l’ouest et au nord du mont Þorbjörn et à Sýlingarfell. Cependant, rien n’indique pour le moment.que le magma se rapproche de la surface.
Les responsables de la centrale électrique de Svartsengi indiquent que la société Orka a élaboré des plans d’intervention dont le but est d’assurer la sécurité des salariés et des sous-traitants. S’il y avait une évacuation en raison d’une éruption volcanique, le personnel quitterait les lieux, mais le fonctionnement de la centrale serait contrôlé à distance depuis la centrale électrique de Reykjanes. La société Orka a également étudié les moyens d’envoyer de l’eau dans les coulées de lave afin qu’elles puissent éventuellement ralentir leur progression avant d’atteindre la centrale électrique. Il est également possible de recouvrir les puits de forage avec du gravier et du sable, ce qui permettra de reprendre les opérations après une éruption.
En cas de panne de courant à Grindavík, des groupes électrogènes prendraient le relais si aucune alimentation n’était fournie par d’autres sources. Si nécessaire, il y a suffisamment de groupes électrogènes capables de couvrir la consommation d’électricité à Grindavík, tant pour les foyers que pour les entreprises et institutions publiques.
S’agissant de la sécurité des personnes, des plans d’évacuation ont été élaborés et mis à jour régulièrement. Voir ma note sur le plan d’évacuation de Grindavik.

A noter que les excursions au Lagon Bleu depuis Reykjavik sont suspendues pour 3 jours, par mesure de sécurité. La situation sera alors réévaluée.

* [Ce ne serait pas la première fois qu’une éruption avorte en Islande. Je campais à Reykjalid (nord de l’Islande) en juillet 1990 alors qu’une éruption du Krafla semblait imminente. Le soulèvement du sol sous la centrale géothermique était important et la sismicité était élevée. Je pouvais ressentir les secousses à l’intérieur de mon corps sous ma tente. Un séisme a été particulièrement fort une nuit. Je me suis levé et j’ai escaladé la colline derrière le camping pour m’assurer qu’il n’y avait pas eu d’éruption. En fait, il ne s’est rien passé. Quelques jours plus tard, j’ai rencontré le regretté Maurice Krafft qui m’a dit que l’éruption avait avorté.]

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During an information briefing held by the Department of Civil Protection on November 6th, 2023, Kristín Jónsdóttir, from the Icelandic Met Office indicated that the magma accumulation at Mt. Þorbjörn is estimated to be about one metre thick and about six million cubic metres. She added, that the magma intrusions are different from those at Fagradalsfjall because they lie horizontally in ledges but not vertically. Such ledges can grow long, thicken gradually and spread to the sides. In the end, they can grow very large without an eruption*.

As a consequence, nobody knows whether, where and when an eruption will occur, although the probability increases with each day.

It looks as if the most likely places for an eruption to occur are west and north of Mt. Þorbjörn and to Sýlingarfell. However, there is no evidence of magma near the surface at hhe moment.

The managers of the Svartsengi power station indicate that the Orka company has worked on its response plans whose aim is to ensure the safety of employees and contractors. If there were an evacuation due to a volcanic eruption, shift workers would evacuate Svartsengi, but the operation would be remotely controlled from the Reykjanes power plant. The company has also looked into ways to inject water into lava flows so that they could possibly slow down before reaching the power plant. It is possible to cover drilling holes with gravel and sand filling to be able to restart operations after an eruption.

Should power outages occur in Grindavík, seserve engines would take over if no power was received from other sources. As necessary, there are enough machines that can cover the general electricity use in Grindavík, both for homes and public companies and institutions.

As far as people’s safety is concerned, plans for evacuation have been drawn up and updated regularly. See my post about the evacuation plan for Grindavik.

It should be noted that trips to the Blue Lagoon from Reykjavik have been suspended for 3 days as a safety measure. The situation will then be reevaluated.

* [It would not be the first time an eruption has aborted in Iceland. I was camping in Reykjalid (northern Iceland in 1990 when an eruption was predicted at Krafla. The ground uplift beneath the geothermal power station had been significant and seismicity was elevated. I could feel the tremors within my body while lyinging on the ground in my tent. One quake was particularly strong one night. I got up and climbed the hill behind the camping to make sure no eruption had not occurred. Actually nothing happened. A few days later, I met the late Maurice Krafft who told me that the eruption had aborted.]

Champ volcanique du Krafla (Photo: C. Grandpey)

Islande 2021-2022 : une éruption en continu // Iceland 2021-2022 : a continuous eruption

Dans son dernier article Volcano Watch, l’Observatoire des Volcans Hawaïens – le HVO – donne une bonne description des deux éruptions qui ont eu lieu en Islande sur la péninsule de Reykjanes. On se rend compte – comme je le pense personnellement – que les deux événements sont étroitement liés et que d’autres éruptions pourraient se produire à l’avenir.
Avant l’activité récente, la dernière période éruptive dans la région remonte à plus de 800 ans. Deux éruptions fissurales dans le système volcanique Krýsuvík-Trölladyngja ont généré d’importantes coulées de lave qui sont entrées dans l’océan sur les côtes nord et sud de la péninsule. Selon les volcanologues islandais, il se pourrait que la péninsule de Reykjanes soit entrée dans une période d’activité sur le long terme avec une alternance d’activité sismique, de déformation du sol et d’éruptions.

Le HVO rappelle que cette région est l’un des rares endroits où la dorsale médio-atlantique est visible sur terre, avec des éruptions consistant en des coulées de lave relativement fluide et peu de dépôts de tephra. L’aéroport international de Keflavik se trouve dans la partie ouest de la péninsule de Reykjanes et la capitale, Reykjavík, se trouve à l’extrémité nord-est. En conséquence, les éruptions sur la péninsule sont susceptibles d’y provoquer des perturbations.
L’activité actuelle le long du système Krýsuvík-Trölladyngja a commencé en janvier 2020 autour du mont Thorbjorn où on a enregistré une hausse de l’activité sismique et un soulèvement inhabituel de la surface du sol. Au vu des données sismiques et de déformation, les scientifiques ont conclu qu’une intrusion magmatique s’était produite à plusieurs kilomètres de profondeur. Tout au long de l’année 2020, plusieurs autres essaims sismiques et de nouveaux épisodes de possible intrusion magmatique se sont produits dans la région, ainsi que quelques séismes de plus forte intensité.
En février 2021, une hausse de la sismicité et un signal de déformation ont laissé supposer qu’une intrusion s’était produite près de Fagradalsfjall. Début mars, l’activité sismique s’est intensifiée, avec l’apparition d’un tremor volcanique. Ces événements ont été attribués à des mouvements de magma peu profonds, à environ 1-1,5 km de profondeur. Le Met Office islandais a alors indiqué qu’une éruption était possible sans prévenir car le magma était déjà proche de la surface.
Vers 20h45. le 19 mars 2021, une éruption a commencé près de Fagradalsfjall dans la vallée de Geldingadalir. Des fontaines de lave ont jailli d’une fissure d’environ 200 m de long. Après plusieurs semaines, l’activité éruptive s’est concentrée sur un seul bouche où les fontaines ont édifié un cône de projections (spatter cone)en forme de fer à cheval qui alimentait une coulée de lave bien canalisée.
Le site de l’éruption se trouvait à une dizaine de kilomètres des habitations les plus proches et à environ 2,6 km de la route côtière sud qui longe la péninsule. Il n’y avait donc pas de danger pour des infrastructures à proximité. L’activité éruptive a duré 6 mois et s’est officiellement terminée le 18 septembre 2021.
Après la fin de cette éruption, la présence d’une inflation tendait à prouver que du magma circulait en profondeur dans la zone. Fin décembre 2021, une nouvelle intrusion et un essaim sismique ont été enregistrés, comme cela s’était produit en mars 2020.
Le 30 juillet 2022, une activité sismique intense est réapparue sur la péninsule de Reykjanes. La déformation du sol autour de Fagradalsfjall indiquait que le magma de l’intrusion se trouvait à environ 1 km sous la surface. Le 2 août, le Met Office a publié un bulletin indiquant qu’une éruption près de Fagradalsfjall était probable « dans les prochains jours. » .
L’éruption a commencé le 3 août 2022. A 13h18, une nouvelle fissure s’est ouverte dans la vallée de Meradalir, située sur la crête nord du champ de lave de mars 2021. Une fois l’éruption commencée, la sismicité et les valeurs de déformation du sol ont rapidement ralenti. Contrairement à l’éruption de 2021, l’activité a considérablement diminué après moins de trois semaines. Dans la nuit du 21 août, l’activité a cessé sur le site de l’éruption et le tremor volcanique a disparu. Le Met Office n’a toujours pas déclaré que l’éruption était officiellement terminée, mais tous les paramètres montrent qu’il est très peu probable qu’elle recommence.
Source : USGS, HVO.

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In its latest Volcano Watch article, the Hawaiian Volcano Observatory – HVO – gives a good description of the two eruptions on Iceland’s Reykjanes Peninsula. It shows that the two events were closely connected, and that more eruptions might occur in the future.

Prior to the recent activity, the last eruptive period in the area was over 800 years ago. Two fissure eruptions from the Krýsuvík-Trölladyngja volcanic system produced extensive lava flows that entered the ocean on the peninsulas north and south coasts. According to Icelandic volcanologists, the Reykjanes Peninsula could be entering into a period of extended unrest that could include alternating seismic, deformation, and eruptive activity.

HVO reminds us that this region is one of the few places where the Mid-Atlantic Ridge is visible on land, with eruptions characterized by effusive lava flows and limited tephra deposits. Iceland’s international airport is located on the western end of Reykjanes Peninsula and the capital, Reykjavík, lies on the northeastern end. Therefore, eruptions on the peninsula have the potential to be highly disruptive.

The current unrest along the Krýsuvík-Trölladyngja volcanic system started in January 2020 around Mount Thorbjorn with seismic activity and uplift beyond the typical background levels. Scientists concluded that a magmatic intrusion had occurred at several kilometers depth based on seismic and deformation data. Throughout the year, several more seismic swarms and intrusive episodes occurred in the area, along with a few stronger earthquakes

In February 2021, increased seismicity and a deformation signal suggested an intrusion occurred near Fagradalsfjall. By early-March, seismic activity ramped up with increased seismic events and seismic tremor which was attributed to shallow magma movements at around 1-1.5 km depth. The Icelandic Meteorological Office (IMO) noted that an eruption was possible without any strong precursory signals because the magma was already close to the surface.

Around 8:45 p.m. on March 19th, 2021, an eruption began near Fagradalsfjall in Geldingadalir valley. Low lava fountains erupted from an approximately 200 m long fissure. After several weeks eruptive activity focused at a single vent where the fountains built a horseshoe-shaped spatter cone feeding a channelized lava flow.

The eruption site was approximately 10 km from the nearest populated region and about 2.6 km from the peninsula’s south coast road, so not in the immediate vicinity of critical infrastructure. The eruptive activity lasted for 6 months, and officially ended on September 18th, 2021.

After it ended, inflation suggested that magma was flowing into the area at depth. In late-December 2021, another intrusion and earthquake swarm followed, which appeared similar to the one in March 2020.

On July 30th, 2022, increased seismic activity reappeared on the Reykjanes Peninsula. Deformation around Fagradalsfjall suggested that magma from a shallow intrusion was approximately 1 km below the ground surface and on August 2nd, the IMO released a statement saying that an eruption near Fagradalsfjall in the coming days was likely.

The eruption began on August 3rd, 2022. At 1:18 p.m., a new fissure opened in Meradalir valley, located on the northern ridge of the March 2021 lava field. After the eruption onset, seismicity and deformation rates quickly slowed. Unlike the 2021 eruption, activity decreased significantly after less than three weeks. By the night of August 21st, there was no indication of volcanic activity at the eruption site, and the volcanic tremor had ceased. The IMO has not yet declared that the eruption was officially over, but all parameters show that it is highly unlikely to start again.

Source: USGS, HVO.

L’éruption de 2021 a parfois été spectaculaire et esthétique (Image webcam)

Loin d’être laide, l’éruption de 2022 fut moins spectaculaire (Image webcam)