Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande) fut de courte durée. Après avoir débuté brutalement le 18 décembre 2023 au soir, elle a pris fin dans la nuit du 20 au 21 décembre. Un afflux de magma a suivi la voie tracée par l’intrusion précédente avec plusieurs bouches éruptives le long de la fissure. Il faut toutefois rester vigilant et s’assurer qu’un nouvel afflux de magma ne viendra pas bouleverser pas la situation. Le Met Office attend un peu pour déclarer l’éruption officiellement terminée.

Beau rideau de lave au début de l’éruption (image webcam)

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Vers 21h30 (heure locale),, les images des caméras de vidéosurveillance du Stromboli (Sicile) ont commencé à montrer un débordement de lave alimenté par une intense activité de spattering au niveau de la zone cratèrique Nord. Ce débordement est resté confiné à la partie supérieure
de la Sciara del Fuoco. L’activité strombolienne se poursuit à la fois depuis les zones cratèriques Nord et Centre-Sud.
D’un point de vue sismique, il n’y a pas de variations significatives d’amplitude du tremor volcanique.
Source : INGV.

 Image de la caméra thermique le 17 décembre (Source : INGV)

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Le niveau d’alerte du Sabancaya (P érou) reste à la couleur Orange. Le volcan est secoué quotidiennement par une cinquantaine d’explosions qui génèrent des panaches de cendre de 3,5 km de hauteur en moyenne.

Source : IGP.

Source: IGP

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Une petite explosion a été détectée sur le volcan Kanaga (Aléoutiennes / Alaska) le 19 décembre 2023. L’événement s’est accompagné d’une hausse de la sismicité. Cependant, aucune émission de cendres n’a été observée sur les images satellite. Le niveau d’alerte a été élevé à Advisory (surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune.
Source : AVO.

 

Le Kanaga vu depuis l’ISS

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Le 14 décembre 2023, les garde-côtes japonais ont survolé Ioto (Iwo-jima) pour inspecter la nouvelle île formée par une éruption à partir d’une bouche sous-marine à environ 1 km au large de la côte sud-est d’Okinahama. Aucune activité éruptive n’a été détectée au cours du survol, mais la forme de l’île a considérablement changé en raison de l’érosion par l’action des vagues. Au cours des 10 jours précédents, les dépôts situés dans la partie nord de l’île en forme de « J » s’étaient séparés et avaient migré vers le nord, se connectant à la côte d’Okinahama. Dans le même temps, la partie incurvée du « J » s’était érodée pour former deux îles plus petites.
Source : JPC.

Ioto avant l’érosion par les vagues (Crédit photo: JPC)

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Le 17 décembre 2023, la sismicité a augmenté de manière significative sur le Lewotobi (Flores / Indonésie) et le niveau d’alerte a été porté à 2 (sur une échelle de 1 à 4). La sismicité avait déjà augmenté au cours de la semaine précédente et était caractérisée par une hausse des événements volcaniques profonds et superficiels, ainsi que par l’émergence de séismes de type tornillo indiquant le mouvement de fluides. Le public est prié de rester à 2 km des cratères.

Toujours en Indonésie, l’activité éruptive se poursuit sur le Marapi (Sumatra), même si les mauvaises conditions météorologiques ont souvent empêché de bonnes observations du sommet. Des panaches de cendres, parfois denses, s’élèvent de 400 à 600 m de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à au moins 3 km du cratère sommital.

Des panaches de vapeur et de gaz s’élèvent à 500 m au-dessus du sommet du Raung (Est de l’île deJava ). Un séisme tectonique de M 2,6 a été détecté le 18 décembre 2023 et les panaches se sont ensuite élevés jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. La sismicité au cours du mois de décembre a indiqué que les mouvements de fluides étaient concentré à faible profondeur. Des signaux ont par ailleurs montré que les émissions avaient considérablement augmenté le 18 décembre. Les données de déformation indiquaient une tendance à la déflation. Le niveau d’alerte a été augmenté à 2 (sur une échelle de 1 à 4) car les observations visuelles et les données sismiques indiquaient des conditions instables. Le public est prié de rester à 3 km du cratère sommital.
Source : CVGHM.

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour le Sheveluch et l’Ebeko, et Jaune pour le Bezymianny.
Source : KVERT.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

The eruption on the Reykjanes Peninsula (Iceland)was short-lived. After abruptly starting on December 18th, 2023 in the evening, it came to an end during the night of December 20th-21st. An influx of magma followed th route traced by the previous intrusion with sevral eruptive vents along the fissure. One should remain vigilant and make sure that a new magma influx will not upset the situation. The Met Office is waiting some time before declaring the eruption officially over.

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At about 9.30pm (local time), the images of the video surveillance cameras on Stromboli (Sicile) began to show a lava overflow fueled by intense spattering activity in the northern crater area. This overflow remained confined to the upper part of the Sciara del Fuoco. Strombolian activity is continuing in both the North and Centre-South crater areas.
From a seismic point, there are no significant variations in the amplitude of the volcanic tremor.
Source : INGV.

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The alert level of Sabancaya (Peru) remains at Orange. The volcano is shaken daily by around fifty explosions which generate ash plumes 3.5 km high on average.
Source: IGP.

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A small explosion was detected at Kanaga Volcano (Aleutians / Alaska) on December 19th, 2023. The event was accompanied by elevated seismicity. However, no ash emisions have been observed in satellite images. The alert level has been raised to Advisory and tthe Aviation Color Code to Yellow.

Source : AVO.

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On December 14th, 2023, the Japan Coast Guard conducted an overflight of Ioto (Iwo-jima) to inspect the new island formed by an eruption from a submarine vent about 1 km off the SE coast at Okinahama. No eruptive activity was detected, but the shape of the island had notably changed due to erosion and wave action. During the previous 10 days deposits at the N part of the “J” shaped island had separated and migrated N, connecting to the Okinahama coast, and the curved part of the “J” had eroded into two smaller islands.

Source : JPC.

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On December 17th, 2023, seismicity at Lewotobi (Flores / Indonesia) increased significantly and the Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4). Seismicity had been increasing during the previous week and was characterized by greater numbers of both deep and shallow volcanic earthquakes, and the emergence of tornillo-type earthquakes which indicated fluid movement. The public is asked to stay 2 km away from the craters.

Still in Indonesia, eruptive activity continues at Marapi (Sumatra), though poor weather conditions often prevented visual observations of the summit. Ash plumes that are sometimes dense rise 400-600 m. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3 km away from the summit crater.

Steam-and-gas plumes are rising 500 m above the summit of Raung (East Java) . An M 2.6 tectonic earthquake was detected on December 18th, 2023 and afterwards plumes rose as high as 1 km above the summit. Seismicity during December indicated that fluid movement was concentrated at shallow depths; signals indicating emissions significantly increased on December. 18Th. Deformation data indicated a trend of deflation. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4) because the visual observations and seismic data indicated unstable conditions. The pubic is asked to stay 3 km away from the summit crater.

Source : CVGHM.

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In Kamchatka, the aviation color code remains Orange for Sheveluch and Ebeko, and Yellow for Bezymianny.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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A quoi servent les COP ? À pas grand-chose ! // What are COPs for? Not much!

En lisant début septembre 2023 un article sur la pollution en Indonésie, j’ai vite compris que quelque chose n’allait pas dans la gestion du réchauffement climatique sur notre planète. Si cette gestion était correcte, les Conférences des Parties (COP) prendraient des mesures CONTRAIGNANTES obligeant les pays à contrôler et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Or, les COP de prennent jamais de telles décisions. On en reste au stade des recommandations. Je pense que les participants aux COP ne regardent jamais la courbe de Keeling qui montre les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Elles n’ont jamais été aussi élevées (418,51 ppm en ce moment) et la courbe est parallèle à la hausse des températures dans le monde.
Les pays asiatiques comptent parmi les principaux pollueurs de la planète. La pollution en Indonésie était si forte ces derniers jours que le gouvernement a décidé de réduire de moitié la production d’une importante centrale au charbon près de la capitale Jakarta..
Cette réduction est intervenue une semaine avant que l’Indonésie accueille les dirigeants de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et de hauts responsables des États-Unis, du Japon, de la Chine et de la Corée du Sud pour des colloques abordant une série de problèmes régionaux.
Jakarta (30 millions d’habitants) est arrivée en tête du classement mondial de la pollution en août 2023, alors qu’un épais nuage de smog toxique avait envahi la ville et menaçait de peser sur les réunions de l’ASEAN. Il est évident que cette mesure concernant la centrale au charbon a été prise par le gouvernement pour se donner bonne conscience, rien d’autre.
La centrale, située à la pointe ouest de l’île de Java, produira désormais 1 800 mégawatts. Cependant, les responsables indonésiens n’ont pas précisé combien de temps durera sa mise en veille, ni s’il s’agira d’une mesure permanente, ce qui est fort improbable.
L’Indonésie s’est engagée à cesser de construire de nouvelles centrales au charbon à partir de 2023 et à devenir neutre en carbone d’ici 2050. Cependant, malgré le tollé des écologistes, la centrale au charbon de Suralaya, sur l’île de Java, est toujours en cours d’agrandissement et devrait accueillir 10 unités supplémentaires. .
Alors que les critiques du public se multiplient concernant la détérioration de la qualité de l’air, l’Indonésie a réagi en sanctionnant 11 entreprises industrielles qui ne respectaient pas les normes en vigueur, et a ordonné à la moitié de ses fonctionnaires de faire du télétravail
Le gouvernement a imputé cette hausse de la pollution aux conditions météorologiques et aux émissions des véhicules, mais certains ministres ont récemment reconnu que les centrales électriques au charbon et les usines autour de la capitale étaient également responsables.
Si la planète avait une politique de réduction des gaz à effet de serre digne de ce nom, les participants aux coûteuses COP auraient déjà pris des mesures contraignantes fixant les niveaux de ces gaz pour chaque pays. Or, ils ne l’ont jamais fait. Certains pays, comme la France, font des efforts en ce sens, mais ces mesures semblent dérisoires au vu de l’ampleur de la pollution de l’atmosphère en Chine, en Inde ou en Indonésie.
Quand je vois que la COP 28 aura lieu à Abou Dhabi, chez les producteurs de pétrole du Moyen-Orient, en novembre-décembre 2023, j’ai de gros doutes sur les résultats de cette conférence qui, comme les précédentes risque d’accoucher d’une souris ! Cela me rappelle la COP 24 dans le bassin houiller polonais de Silésie…. !

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Reading in early September an article about pollution in Indonesia, I concluded there was something wrong about the management of global warming on our planet. If this management was correct, the Conferences of the Parties (COP) would take BINDING measures to force the countries to control and reduce their greenhouse gas emissions, which they never do. I think the participants in the COPs never have a look at the Keeling Curve which shows CO2 concentrations in the atmosphere. They have never been so high (418.51 ppm) and the curve is parallel with the rise of global temperatures.

Asian counnties are among the major polluters of our planet. Pollution in Indonesia was so strong in recent days that the government decided to reduce by a half the output at a major coal-fired power plant near the capital Jakarta.

The reduction came a week before Indonesia hosted leaders from the Association of Southeast Asian Nations (ASEAN) and top officials from the United States, Japan, China and South Korea for summits tackling a spate of regional issues.

Jakarta (pop.30 million) topped global pollution rankings several times in August 2023, as a toxic smog crisis threatened to overshadow the meetings. It is obvious the measure was taken by the government to clear its conscience, nothing else.

The coal-fired plant, on the western tip of Indonesia’s Java, will now operate to produce 1,800 megawatts. However, Indonesian officials did not confirm how long the power cut would be maintained or if it was a permanent move, which is quite unlikely.

Indonesia has pledged to stop building new coal-fired power plants from 2023 and to be carbon neutral by 2050. However, despite an outcry from environmental activists, the Suralaya coal plant on Java island is still being expanded to host 10 units within the plant’s complex.

As public criticism has mounted over worsening air quality, Indonesia has responded by sanctioning 11 industrial firms for failing to meet operational standards and ordered half its civil servants to work from home.

The government blamed weather patterns and vehicle emissions for the spike but some ministers have recently acknowledged coal-fired power plants and factories around the capital were also responsible.

If the global policy to reduce greenhouse gases was correct, the participants in the costly COPs would already have taken binding measures fixing greenhouse gas levels for each country. Some nations like France are making efforts to do so, but they are up to nothing compared what is happening in China, India or Indonesia.

When I see that COP 28 will take place in Abou Dhabi in November-December 2023, I have great doubts about the results ! It reminds me of COP 24 in the Polish coalfield of Silesia….

 Evolution sur une année des concentrations de CO2 dans l’atmosphère (Courbe de Keeling / NOAA)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

Le Kilauea (Hawaii) n’est toujours pas en éruption. Aucune lave active n’a été observée depuis le 7 mars 2023. La courbe générée par le tiltmètres au sommet du volcan est actuellement plate. L’activité sismique est revenue à son niveau de base. Les derniers relevés des émissions de SO2 montraient environ 110 tonnes par jour (t/j) le 14 avril 2023. Aucune activité particulière n’a été notée le long des zones de rift. En conséquence, aucune éruption n’est prévue dans le court terme.
Source : HVO.

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Un épisode éruptif significatif a eu lieu sur le Sangay (Équateur) le 21 avril 2023, avec d’importantes émissions de cendres qui ont occasionné des retombées à l’ouest du volcan. L’activité a ensuite progressivement diminué jusqu’à disparaître au bout d’environ 6 heures. Un autre épisode d’activité a été observée quelques heures plus tard, mais plus faible que le précédent.
Les colonnes de cendres émises par cette éruption se sont élevées jusqu’à 9 km au-dessus du cratère.
Des retombées légères à modérées ont été signalées dans plusieurs provinces. La population a été invitée à prendre les mesures appropriées pour se protéger contre la cendre et à suivre les informations fournies par les autorités.
Source : Instituto Geofisico.

Activité éruptive du Sangay en février 2022.

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Au Kamtchatka, une anomalie thermique quotidienne due à une émission continue de lave est observée sur les images satellites du Bezymianny. Il y a encore des émissions de gaz et de vapeur et parfois des effondrements du dôme de lave qui continue de croître. L’activité étant globalement en baisse, la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Jaune le 20 avril 2023.

Une anomalie thermique est observée sur les images satellites du Sheveluch. Les panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 6 km d’altitude. Le nuage de SO2 produit lors de la forte activité des 11 et 12 avril a été détecté sur certaines parties du Groenland le 21 avril 2023. La couleur de l’alerte aérienne reste à Orange.

Source: KVERT

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L’éruption du Nevado del Ruiz (Colombie) se poursuit avec des émissions de gaz, de vapeur et de cendres, des anomalies thermiques au niveau du dôme de lave du cratère Arenas et une sismicité élevée. L’événement le plus significatif, de M 1,7, a été enregistré le 24 avril et était situé à 4,1 km à l’Est du cratère, à une profondeur de 3,2 km. De plus, les signaux indiquant des mouvements de fluides correspondent aux émissions quotidiennes de gaz et de vapeur, avec parfois de la cendre. Les panaches s’élèvent jusqu’à 1,8 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à Orange, niveau II.

Source : Servicio Geológico Colombiano.

Source: Wikipedia

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Des éruptions phréatiques continuent de se produire sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica). Elles génèrent des émissions de gaz et de vapeur qui s’élèvent jusqu’à 1,5 km au-dessus du cratère. Un événement éruptif significatif le 21 avril 2023 a produit un panache dense de matériaux qui s’est élevé à 500 m au-dessus du cratère puis s’est effondré, générant une coulée pyroclastique et des lahars sur le flanc Nord. Les émissions de SO2 atteignent généralement 221 tonnes par jour en moyenne, bien qu’elles aient atteint près de 5 000 tonnes par jour après plusieurs événements phréatiques. De petits événements phréatiques ont été enregistrés les 22 et 24 avril.
Source : OVSICORI.

Source: Wikipedia

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L’activité éruptive se poursuit sur le Fuego (Guatemala), sans changement significatif. 4 à 12 explosions par heure sont enregistrées quotidiennement. Elles génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres sont enregistrées chaque jour dans les zones sous le vent. Des avalanches de blocs dévalent plusieurs ravines. Des ondes de choc font vibrer les structures dans les localités autour du volcan. Des explosions projettent des matériaux incandescents jusqu’à 350 m au-dessus du sommet. Le 23 avril 2023, des lahars dans la ravines Ceniza charriaient des branches, des troncs d’arbres et des blocs de 30 cm à 1,5 m de diamètre.
Source : INSIVUMEH

Volcans Fuego, Agua et Acatenango vus depuis le Pacaya (Photo: C. Grandpey)

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En Indonésie, l’éruption effusive du cratère principal du Karangetang (cratère S) a produit des coulées et des avalanches de lave qui ont parcouru jusqu’à 2 km sur les flancs SW et S. L’effusion s’est toutefois terminée le 1er avril 2023 et les avalanches ont cessé. Les signaux sismiques ont diminué et le 6 avril ils n’étaient plus détectés. Le 26 avril, le niveau d’alerte a été abaissé à 2 (sur une échelle de 1 à 4).

L’éruption du Merapi se poursuit et la sismicité reste à des niveaux élevés. Le dôme de lave SO produit de nombreuses avalanches de lave qui parcourent jusqu’à 2 km sur le flanc SO. On se rend compte des changements morphologiques du dôme de lave SO sur les images de la webcam. Ils sont dus aux effondrements continus de matériaux. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à 3-7 km du sommet en fonction des secteurs.

L’éruption du Semeru se poursuit et des bulletins d’alerte fréquents à destination de l’aviation. Les panaches de cendres s’élèvent de 800 à 1 000 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Le public est prié de rester à au moins 5 km du sommet dans toutes les directions et d’éviter les ravines sur les flancs du Semeru en raison des risques de lahars et de coulées pyroclastiques.
Source : PVMBG.

Photo: C. Grandpey

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

Kīlauea volcano (Hawaii) is still not erupting. No active lava has been observed since March 7th, 2023. The summit tiltmeter is currently flat. Earthquake activity at the summit has returned to background levels. The most recent SO2 emission rate of approximately 110 tonnes per day (t/d) was measured on April 14th, 2023. No unusual activity has been noted along the Rift Zones. As a consequence, no eruption is predicted in the near future.

Source : HVO.

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A notable eruptive pulse took place at Sangay (Ecuador) on April 21st, 2023, producing large volcanic ash emissions and ashfall west of the volcano. The activity then gradually decreased until it disappeared after a total duration of about 6 hours. Another pulse of activity was observed some hours later, but weaker than the previous one.

The ash columns corresponding to this eruption rose up to 9 km above the crater.

Slight to moderate ashfall was reported in several provinces. The population was urged to take the appropriate measures to protect against ashfall and follow the information provided by official sources.

Source : Instituto Geofisico.

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In Kamchatka, a daily thermal anomaly from continuing lava effusion is observed at Bezymianny in satellite images. There are still gas-and-steam emissions and occasional collapses from the growing lava dome. Due to the decline in activity, the Aviation Color Code was lowered to Yellow on April 20th, 2023.

A thermal anomaly is identified over Sheveluch in satellite images. Ash plumes rise up to 6 km a.s.l. The SO2 cloud produced during the strong 11-12 April activity was detected over parts of Greenland by April 21st, 2023. The Aviation Color Code remains at Orange.

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The eruption at Nevado del Ruiz (Colombia) continues with gas, steam, and ash emissions, thermal anomalies at the lava dome in Arenas Crater, and elevated seismicity. The largest event, a M 1.7, was recorded on 24 April and was located 4.1 km E of the crater, at a depth of 3.2 km. Additionally, signals indicating fluid movement are associated with daily gas-and-steam emissions, sometimes containing ash. They rise up to 1.8 km above the crater. The Alert Level remains at Orange, Level II. Source : Servicio Geológico Colombiano.

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Phreatic eruptions continue to occur at Rincón de la Vieja (Costa Rica). They produce gas-and-steam emissions that rise as high as 1.5 km above the crater. A strong eruptive event on April 21st, 2023 generated a dense plume of material that rose 500 m above the crater rim and then collapsed, producing a pyroclastic flow and lahars on the N flank. SO2 emissions usually reach 221 tons per day on average, though they spiked to close to 5,000 tons per day after several of the phreatic events. Small phreatic events were recorded on April 22nd and 24th.

Source : OVSICORI.

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Eruptive activity continues at Fuego (Guatemala) with no significant changes. 4-12 explosions per hour are recorded daily. They generate ash plumes that rise as high as 1 km above the crater. Ashfall is recorded each day in downwind areas. Block avalanches descend multiple drainages. Shock waves rattle structures in communities around the volcano. Explosions eject incandescent material as high as 350 m above the summit. On April 23rd, 2023, lahars in the Ceniza drainage carried branches, tree trunks, and blocks 30 cm to 1.5 m in diameter.

Source : INSIVUMEH.

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In Indonesia, the effusive eruption at Karangetang’s Main Crater (S crater) produced lava flows and lava avalanches that traveled as far as 2 km down the SW and S flanks. Effusion ended on April 1st, 2023 and avalanches of material were no longer detected. Seismic signals indicating effusion decreased and by April 6th were no longer detected. On April 26th, the Alert Level was lowered to 2 (on a scale of 1-4).

The eruption at Merapi continues and seismicity remains at high levels. The SW lava dome produces numerous lava avalanches that travel as far as 2 km down the SW flank. Morphological changes to the SW lava dome can be seen in webcam images due to continuing collapses of material. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit based on location

The eruption at Semeru continues and frequent warnings are issued to aviation. The ash plumes rise 800-1,000 m above the summit. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4). The public is asked to stay at least 5 km away from the summit in all directions and to avoid drainages originating on Semeru due to lahar and pyroclastic flow hazards.

Source : PVMBG.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Les volcans de boue // Mud volcanoes

L’événement a défrayé la chronique en 2006 mais aujourd’hui il est tombé dans l’oubli et personne ne parle plus d’une catastrophe environnementale qui a eu lieu le 29 mai 2006 dans la régence de Sidoarjo en Indonésie. Au cours de la nuit, le sol s’est rompu et le matin les habitants ont vu des nuages de vapeur qui montaient dans le ciel. Pendant les semaines suivantes, de l’eau, de la boue brûlante et du gaz naturel ont pris le relais de la vapeur. L’éruption s’est intensifiée et la boue a commencé à se répandre sur les champs, entraînant l’évacuation de nombreux habitants. Les semaines ont passé et la boue a englouti des villages entiers. Le gouvernement indonésien a commencé à construire des digues pour contenir cette boue et arrêter sa propagation. Lorsque la boue a recouvert les premières digues, il a fallu en construire de nouvelles. Le gouvernement a finalement réussi à arrêter l’avancée de la boue, mais les coulées avaient anéanti une douzaine de villages et obligé 60 000 personnes à partir.
Aujourd’hui, plus de 16 ans plus tard, l’éruption de Lusi continue, mais à un rythme beaucoup plus lent. La boue couvre une superficie d’environ 7 kilomètres carrés et est contenue derrière une série de digues d’une hauteur pouvant atteindre 30 mètres.
La catastrophe environnementale s’est accompagnée de batailles judiciaires visant à retrouver les coupables. Le début de l’éruption a eu lieu à proximité d’un puits de forage de gaz et tous les regards se sont tournés vers la compagnie pétrolière responsable du forage – Lapindo Brantas. Selon cette société, l’éruption était naturelle; elle avait été déclenchée par un séisme qui s’était produit plusieurs jours auparavant. En 2009, la Cour suprême indonésienne a rejeté les accusations de négligence dirigées contre l’entreprise. La même année, la police a abandonné les poursuites contre Lapindo Brantas et plusieurs de ses employés, invoquant un manque de preuves. Bien que les procès fassent partie du passé, le débat se poursuit, avec des groupes de recherche internationaux qui essayent de faire la lumière sur la – ou les – cause(s) de cet événement.

Lusi – une contraction de Lumpur Sidoarjo, qui signifie « boue de Sidoarjo » – est un exemple parfait de volcan de boue. Ces volcans se forment lorsqu’un ensemble de boue, de fluides et de gaz éclate à la surface de la Terre. Dans de nombreux cas, la boue remonte assez doucement à la surface, La surpression s’intensifie à l’intérieur de la Terre lorsque les fluides souterrains sont incapables de s’échapper sous le poids des sédiments sus-jacents. Les surpressions sont souvent observées lors de forages pétroliers et gaziers et sont généralement prévues. Le principal moyen utilisé pour gérer les surpressions consiste à remplir le puits de forage avec une boue de forage dense dont le poids suffit pour contenir les surpressions. En revanche, si le puits est foré avec un poids de boue insuffisant, le fluide en surpression peut se précipiter dans le puits de forage et exploser à la surface, entraînant une éruption spectaculaire. De telles éruptions se sont produites en 1901 au Texas et en 2010 dans le golfe du Mexique. Lors de ces événements, c’était du pétrole, et non de la boue, qui jaillissait des puits. Les éruptions peuvent être violentes et même tuer des personnes se trouvant à proximité, comme cela s’est produit dans les Macalube di Aragona (Sicile) en septembre 2014. De plus, la majeure partie du gaz émis par un volcan de boue est du méthane, qui est très inflammable et génère des éruptions de feu spectaculaires comme celle d’Otman Bozdagh en Azerbaïdjan :
https://youtu.be/FjzYUdlSs5w
Les volcans de boue sont utiles aux scientifiques car ce sont des fenêtres permettant de savoir ce qui se passe dans les profondeurs de la Terre. Ils peuvent faire remonter des matériaux situés jusqu’à 10 kilomètres sous la surface. Leur chimie et leur température peuvent fournir des informations utiles sur les processus profonds à l’intérieur de la Terre. Par exemple, l’analyse de la boue de Lusi a révélé que l’eau était chauffée par une chambre magmatique souterraine associée au complexe volcanique voisin d’Arjuno-Welirang.
Source : The Conversation, Yahoo Actualités.

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The event made the headlines in 2006 but today it is forgotten and nobody tells about this environmental disaster. On May 29th, 2006 in Sidoarjo Regency (Indonesia), the ground ruptured overnight and spewed out steam. In the following weeks, water, boiling-hot mud and natural gas were added to the mixture. When the eruption intensified, mud started to spread over the fields, forcing the evacuation of many residents. Weeks passed, and the spreading mud engulfed entire villages. The Indonesian government began to build levees to contain the mud and stop the spread. When the mud overtopped these levees, they built new ones behind the first set. The government eventually succeeded in stopping the mud’s advance, but not before the flows had wiped out a dozen villages and forced 60,000 people to relocate.

Today, more than 16 years after the eruption began, the Lusi structure in Indonesia continues to erupt, but at a much slower rate. Its mud covers a total area of roughly 7 square kilometers and is contained behind a series of levees that have been built up to a height of 30 meters.

The evironmental disaster was accompanied by legal battles aimed at finding the culprits. The initial rupture occurred close to a drilling gas exploration well, which led to accusations that the oil company responsible for the well – Lapindo Brantas – was at fault. The operator of the well countered that the eruption was natural, triggered by an earthquake that had occurred several days earlier. In 2009, the Indonesian supreme court dismissed a lawsuit charging the company with negligence. The same year, police dropped criminal investigations against Lapindo Brantas and several of its employees, citing a lack of evidence. Although the lawsuits have been settled, the debate continues, with international research groups lining up on both sides of the dispute.

The Indonesian Lusi structure – a contraction of Lumpur Sidoarjo, meaning “Sidoarjo mud” – is an example of a geological feature known as a mud volcanoes. They form when a combination of mud, fluids and gases erupt at the Earth’s surface. Overpressure within the Earth builds up when underground fluids are unable to escape from beneath the weight of overlying sediments. Overpressures are commonly encountered during drilling for oil and gas and are typically planned for. A primary way of dealing with overpressures is to fill the wellbore with dense drilling mud, which has sufficient weight to contain the overpressures. If the well is drilled with insufficient mud weight, any overpressured fluids can rush up the wellbore to explode out at the surface, leading to a spectacular blowout. Famous examples of blowouts occurred in1901 in Texas and in 2010 in the Gulf of Mexico. In those cases it was oil, not mud, that burst out of the wells .In most cases the mud bubbles up to the surface rather quietly. But sometimes the eruptions are quite violent and may even kill people standing close by as this happened at the Macalube di Aragona (Sicily) in September 2014. Furthermore, most of the gas coming out of a mud volcano is methane, which is highly flammable. This gas can ignite, creating spectacular fiery eruptions like the one at Otman Bozdagh in Azerbaijan :

https://youtu.be/FjzYUdlSs5w

Mud volcanoes are useful to scientists as windows into conditions deep inside the Earth. They can involve materials from as deep as 10 kilometers below the Earth’s surface, so their chemistry and temperature can provide useful insights into deep-Earth processes. For example, analysis of the mud erupting from Lusi has revealed that the water was heated by an underground magma chamber associated with the nearby Arjuno-Welirang volcanic complex.

Source : The Conversation, Yahoo News.

 

Lusi: une catastrophe humaine, écologique et économique  (Crédit photo:  Wikipedia)

Volcan de boue dans les Macalube di Aragona (Photo: C. Grandpey)