Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Le Kanlaon (Philippines) est brièvement entré en éruption le 8 avril 2025 au matin, avec un panache de cendres et de débris de 4 kilomètres de hauteur. Les autorités ont fermé les écoles dans quatre villages en raison des retombées de cendres. Aucun blessé ni dégât n’a été signalé suite à cette éruption, qui a duré plus d’une heure et a affecté au moins quatre villages au sud-ouest du volcan.
La dernière éruption du Kanlaon remonte à décembre 2024 ; elle a entraîné l’évacuation de milliers de villageois, dont beaucoup se trouvent encore dans des abris d’urgence car le volcan continuant de montrer des signes d’activité
Le Kanlaon est entré en éruption le 8 avril sans prévenir et sans la moindre hausse préalable de la sismicité susceptible d’entraîner une hausse du niveau d’alerte qui est actuellement à 3, sur une échelle de 5 niveaux. Le PHIVOLCS prévient que « le risque d’une éruption plus importante est toujours présent », exhortant la population à rester vigilante et à se tenir à l’écart de la zone de danger de 6 kilomètres autour du volcan.

 

Activité éruptive sur le Kanlaon le 8 avril 2025.

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Une hausse de l’activité strombolienne a été observée au niveau du Cratère sud-est de l’Etna le 8 avril 2025, avec des nuages ​​de cendres atteignant environ 5,5 km d’altitude. L’amplitude du tremor volcanique a atteint des niveaux élevés, avec la source sous le Cratère sud-est, à une altitude d’environ 2,900 m. Les réseaux de surveillance de déformation du sol n’ont pas enregistré de variations significatives. La couleur de l’alerte aérienne a été momentanément relevée au Rouge, puis abaissée à l’Orange lorsque l’activité explosive a diminué.

Source : INGV.

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Dans sa dernière mise à jour (8 avril 2025), le Met Office islandais explique que les mesures de déformation montrent que le soulèvement du sol à Svartsengi, sur la péninsule de Reykjanes (Islande), continue. Le soulèvement actuel est plus rapide que celui observé lors des précédentes éruptions. Ce phénomène pourrait s’expliquer par l’important volume de magma – environ 30 millions de mètres cubes – évacué lors de l’éruption du 1er avril.
Cependant, il est encore trop tôt pour prévoir l’évolution de l’accumulation du magma. Les événements passés ont montré que cette accumulation diminue généralement à mesure que le temps passe entre les éruptions. Il faudra au moins une semaine, voire plusieurs, avant que les scientifiques du Met Office puissent évaluer comment l’accumulation magmatique va évoluer.
D’après les données actuellement disponibles, le magma continue de s’écouler dans le système de Svartsengi. Cela montre que l’activité volcanique sur la chaine de cratères de Sundhnúkur n’est pas terminée. Tant que cette accumulation se poursuit, des intrusions et/ou des éruptions, restent possibles.
Selon les modélisations, environ 30 millions de mètres cubes de magma se sont écoulés de la chambre magmatique sous Svartsengi vers le dyke nouvellement formé le 1er avril. Il s’agit de la plus importante intrusion magmatique depuis le 10 novembre 2023.
L’activité microsismique persiste le long de la partie nord du dyke du 1er avril. De plus, des séismes sont toujours détectés près de Reykjanestá et à l’ouest de Kleifarvatn. Bien que la déformation ait diminué autour de la partie nord du dyke, des déformations continuent d’être détectées près du dyke proprement dit sur les stations GPS et les images satellite.

Source : Met Office.

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L’épisode 17 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé à 9h45 (heure locale) le 9 avril, lorsque les fontaines de lave ont cessé de jaillir de la bouche sud dans le cratère de l’Halema’uma’u. L’épisode 17 a duré 35 heures et 30 minutes, avec des fontaines de lave de 15 à 60 mètres de hauteur émises par la bouche sud.
Pendant l’épisode 17, les coulées de lave ont recouvert plus de 40 % du plancher de Halemaʻuma. La fin de l’éruption a coïncidé avec un changement du tilt qui est passé de la déflation à l’inflation, signe que du nouveau magma continue de pénétrer dans la chambre superficielle.

La description de l’événement est à lire sur ce blog..
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 17

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L’activité éruptive reste élevée sur le Poás (Costa Rica). Une inflation continue d’être détectée, même si la vitesse de soulèvement a ralenti. Les émissions de SO2 restent élevées, avec des valeurs parfois supérieures à 2 200 tonnes par jour (t/j).
Des événements phréatomagmatiques à la Boca C se produisent environ toutes les 4 à 12 minutes, avec des panaches de gaz, de vapeur et de cendres qui s’élèvent généralement jusqu’à 500 m au-dessus du volcan. Des retombées de cendres ont été signalées dans de nombreuses localités, jusqu’à 20 km du volcan. Des explosions projettent parfois des blocs incandescents sur le fond du cratère. Le niveau d’alerte reste à 3 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.

Source : OVSICORI.

Source: OVSICORI

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L’activité éruptive se poursuit sur le Reventador (Équateur), avec des explosions quotidiennes qui génèrent des panaches de cendres et de gaz s’élevant jusqu’à 1,3 km au-dessus du cratère. Pendant la nuit, les webcams montrent des matériaux incandescents qui dévalent les flancs du volcan, jusqu’à 1,2 km du cratère. Le 2 avril 2025, des coulées pyroclastiques ont parcouru 250 m sur le flanc sud-est et 700 m sur le flanc sud. Une autre coulée pyroclastique a parcouru 500 m sur ce même flanc le 3 avril. Le niveau d’alerte reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

Source: Instituto Geofisico

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Situé près de la frontière argentine, Laguna del Maule (Chili) est un complexe volcanique de 500 kilomètres carrés, avec de nombreux dômes volcaniques, cônes, coulées de lave et environ 130 bouches éruptives. Un essaim sismique, comprenant 160 événements en seulement deux heures en début de semaine, a mis les autorités en état d’alerte. Cet essaim rappelle le caractère actif du complexe volcanique. Le SERNAGEOMIN a cependant maintenu le niveau d’alerte Vert, indiquant l’absence de danger immédiat. Les séismes étaient également de faible magnitude.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

Kanlaon volcano (Philippines) briefly eruptedon April 8th, 2025, sending a 4-kilometer plume of ash and debris into the sky and forcing authorities to suspend school classes in four villages due to ashfall. There were no reports of injuries or damage from the eruption that lasted more than an hour and scattered ash in at least four farming villages southwest of the volcano.

Kanlaon last erupted in December 2024, prompting the evacuation of thousands of villagers, many of whom still remain in emergency shelters as the volcano continued showing signs of unrest.

Kanlaon erupted on April 8th without warning and with no spike in volcanic earthquakes that would prompt the alert on Kanlaon to be raised from the current level 3. PHIVOLCS warns that “the possibility of a bigger eruption is always there,” urging people to remain vigilant and stay away from a 6-kilometer danger zone around the volcano.

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An increase in Strombolian activity was observed at Mt Etna‘s Soutn-East Crater on April 8, 2025, with emissions of ash clouds reaching altitudes of about 5.5 km (3.4 miles).The volcanic tremor amplitude reached high levels, with its source beneath the Southeast Crater at an altitude of approximately 2.9 km. Ground deformation monitoring networks did not record significant variations.The Aviation Color Code was momentarily raised to Red, then lowered to Orange when explosive activity decreased.

Source : INGV.

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In its latest update (April 8th, 2025), the Icelandic Met Office explains that deformation measurements clearly show that uplift beneath Svartsengi on the Reykjanes Peninsula (Iceland) is ongoing. The current uplift rate is faster than that observed following previous eruptions. This may be explained by the large volume of magma – around 30 million cubic meters – that was released during the event of April 1st..

However, it is still too early to predict how the rate of magma accumulation will develop. Past events have shown that accumulation rates typically decline as more time passes between eruptions. At least a week, and possibly several weeks, will need to pass before Met Office scientists can evaluate if — and how — the rate of accumulation will change.

Based on the data currently available, magma continues to flow into the Svartsengi system, indicating that volcanic activity in the Sundhnúkur crater row area is not over. As long as this accumulation continues, repeated intrusions, and potentially eruptions, remain likely.

According to model calculations, approximately 30 million cubic meters of magma flowed from the magma chamber beneath Svartsengi into a newly formed dike on April 1st. This marks the largest magma intrusion since November 10th, 2023.

Microseismic activity continues to be measured along the northern part of the April 1st dike. Additionally, triggered earthquakes are still being detected near Reykjanestá and west of Kleifarvatn. While deformation has decreased around the northern part of the dike, deformation continues to be detected near the dike itself on GPS stations and satellite imagery.

Source : Met Office.

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Episode 17 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended at 9:45 a.m. (local time) on April 9 when low fountaining at the south vent in Halema’uma’u Crater stopped. Episode 17 lasted 35.5 hours and consisted of lava fountains 15-60 meters high from the south vent.

During episode 17, lava flows covered over 40% of the floor of Halemaʻumaʻu

The end of the eruption was coincident with a distinct change in tilt from deflationary to inflation, the sign that new magma is still entering the shallow magma chamber.

You can read a description of the event on this blog.

Source : HVO.

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Elevated levels of activity are sqtill observed at Poás (Costa Rica). Inflation continues to be detected, though the rate of uplift has slowed. SO2 emissions remain high with values sometimes over 2,200 tonnes per day (t/d) .
Phreatomagmatic events at Boca C occur about every 4-12 minutes on most days, producing gas, steam, and ash plumes that generally rise up to 500 m. Ashfall was reported in numerous communities, sometimes as far as 20 km from the volcano. Explosions sometimes eject incandescent blocks onto the crater floor. The volcano’s Alert Level remains at 3 and the Aviation Color Code is kept at Orange.

Source : OVSICORI.

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Eruptive activity continues at Reventador (Ecuador) with daily explosions generating ash-and-gas plumes that rise as high as 1.3 km above the crater. Webcams record multiple nightly instances of incandescent material descending the flanks of the volcano, as far as 1.2 km below the crater. On 2 April 2025, pyroclastic flows traveled 250 m down the SE flank and 700 m down the S flank. A pyroclastic flow traveled 500 m down the flank on 3 April. The Alert Level remains at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : Instituto Geofisico.

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Located near the Argentine border, Laguna del Maule (Chile) is a volcanic complex covering 500 square kilometres, with numerous volcanic domes, cones, lava flows, and an estimated 130 vents.A seismic swarm including 160 events in just two hours earlier this week has put authorities on alert. The swarm is areminder of the volcanic complex’s active nature. SERNAGEOMIN has, however, maintained a Green alert level, signifying no immediate danger. The quakes were also of low magnitude.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Rebond isostatique et éruptions en Antarctique ? // Isostatic rebound and eruptions in Antarctica ?

À la fin du documentaire consacré au « Réveil des volcans d’Europe » (France 5 le 7 avril 2025), Jamy Gourmaud aborde le sujet du rebond isostatique en Antarctique.

Le rebond isostatique est un phénomène que l’on peut rapprocher du bradyséisme qui affecte les Champs Phlégréens en Italie. À Pouzolles, le sol subit des variations de niveau au gré des phases de gonflement et de dégonflement de la chambre magmatique qui se trouve sous cette région. S’agissant des glaciers, avec leur fonte leur masse diminue, ce qui pourrait favoriser la poussée du magma qui sommeille sous la surface de la Terre ; on aurait affaire à une sorte de bradyséisme glaciaire.

Traces du bradyséisme sur le temple de Sérapis à Pouzzoles (Photo: C. Grandpey)

Plusieurs scientifiques ont évoqué le rebond isostatique à propos de l’Islande. Le documentaire diffusé le 7 avril nous explique que le soulèvement du substrat rocheux pourrait également se produire en Antarctique et favoriser le déclenchement d’éruptions sur le Continent blanc.
En étudiant l’interaction entre le volcanisme et la glaciation au cours des 150 000 dernières années, des scientifiques américains et allemands ont déterminé – dans une étude publiée début 2025 – que que le rebond isostatique pourrait augmenter la fréquence et l’intensité de l’activité volcanique dans le système de rift antarctique occidental (West Antarctic Rift System – WARS). Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Geochemistry, Geophysics, Geosystems.
Comme l’a précisé Jamy Gourmaud, l’une des zones volcaniques les plus actives au monde, la région de WARS abrite plus de 130 volcans, dont beaucoup sont situés le long de la côte ouest de l’Antarctique. Si certains de ces volcans, comme le mont Erebus, sont visibles, beaucoup d’autres se cachent sous une épaisse couche de glace, une couche qui s’amincit et recule lentement.

Sommet de l’Erebus (Crédit photo: Wikipedia)

Les auteurs de l’étude ont analysé la « dynamique interne » du système d’alimentation magmatique dans la région en concevant un modèle de chambre magmatique thermomécanique et en simulant diverses baisses de pression causées par la déglaciation. L’étude a également examiné comment ce changement de pression faisait augmenter la taille de la chambre magmatique tout en impactant l’émission des substances volatiles. Après avoir effectué plus de 4 000 simulations, ils ont découvert que plus la chambre magmatique était grande, plus elle était impactée par le retrait des glaciers qui la surmontent.
Pour tester leurs conclusions, les chercheurs ont également exploré l’impact de la déglaciation dans les Andes, qui s’est produite il y a environ 18 000 à 35 000 ans. Ils ont trouvé des preuves d’une augmentation du volcanisme pendant la déglaciation au cours du dernier maximum glaciaire. La réduction de poids due à la fonte de la glace au-dessus permet également à l’eau dissoute et au dioxyde de carbone de former des bulles de gaz, ce qui provoque une accumulation de pression dans la chambre magmatique et peut éventuellement déclencher une éruption. »
Source : Populatr Mechanics via Yahoo News.

Comme je l’explique au cours de ma conférence « Volcans et Risques volcaniques », cette approche du rebond isostatique en milieu glaciaire est intéressante, mais nous ne disposons pas de suffisamment de recul dans le temps pour la valider. Le réchauffement climatique a vraiment commencé à s’accélérer dans les années 1970 et depuis cette époque, aucune éruption n’a été provoquée par un rebond isostatique. Les prochaines générations continueront ces observations et pourront affirmer si oui ou non la fonte des glaciers en milieu volcanique peut contribuer au déclenchement des éruptions.

La prochaine éruption du Katla (Islande) sera-t-elle provoquée par le rebond isostatique (Photo: C. Grandpey)

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At the end of the documentary about « The Awakening of Europe’s Volcanoes, » Jamy Gourmaud tackles the topic of isostatic rebound in Antarctica.
Isostatic rebound is a phenomenon similar to the bradyseism that affects the Phlegraean Fields in Italy. In Pouzolles, the ground undergoes fluctuations according to the swelling and deflation of the magma chamber beneath the region. As glaciers melt, their mass decreases, which could promote the upwelling of magma lying dormant beneath the Earth’s surface; this would be a kind of glacial bradyseism.
Several scientists have mentioned isostatic rebound in connection with Iceland. The documentary released on April 7 explains that the uplift of the bedrock could also occur in Antarctica and trigger eruptions on the White Continent.

Studying the interplay between volcanism and glaciation over the past 150 thousand years, scientists from the U.S. and Germany determined that the isostatic rebound could increase the frequency and intensity of volcanoes in the West Antarctic Rift System (WARS). The results of the study were published in the journal Geochemistry, Geophysics, Geosystems.

One of the most volcanically active areas of the world, WARS is home to more than an estimated 130 volcanoes, many of which are located along Antarctica’s western coast. While some of these volcanoes, such as Mount Erebus, are visible, many more are hidden away beneath a deep sheet of ice, a sheet that is slowly thinning and retreating.

The authors of the study analyzed the“internal dynamics” of the magma plumbing system in the region by designing a thermomechanical magma chamber model and simulated various pressure decreases caused by deglaciation. The study also investigated how this change in pressure increased the size of the magma chamber while also impacting the expulsion of volatiles. After running more than 4,000 simulations, they found that the larger the magma chamber, the more impacted it was by retreating glaciers overhead.

To test their findings, the researchers also explored the impact of deglaciation in the Andes Mountains, which occurred around 18,000 to 35,000 years ago. They found evidence of increased volcanism during deglaciation during the Last Glacial Maximum. The reduced weight from the melting ice above also allows dissolved water and carbon dioxide to form gas bubbles, which causes pressure to build up in the magma chamber and may eventually trigger an eruption.”

Source : Populatr Mechanics via Yahoo News.

As I explain in my lecture « Volcanoes and Volcanic Risks, » this approach to isostatic rebound in a glacial environment is interesting, but we don’t have enough time to validate it. Global warming really started to accelerate in the 1970s, and since then, no eruption has been triggered by isostatic rebound. Future generations will continue these observations and will be able to determine whether or not the melting of glaciers in a volcanic environment can contribute to triggering eruptions.

Sismicité et inflation sur la péninsule de Reykjanes (Islande) // Seismicity and inflation on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

La sismicité reste relativement importante sur la péninsule de Reykjanes, même si elle a diminué depuis la crise des 2 et 3 avril, comme le montrent ces histogrammes.

Le Met Office indique qu’au cours des dernières 24 heures, environ 550 séismes ont été enregistrés sur la péninsule et jusqu’à la dorsale de Reykjanes. Les quatre secousses les plus intenses, d’une magnitude d’environ M3,0, ont été localisés au nord-ouest de Kleifarvatn et à Reykjanestá. Comme je l’ai indiqué précédemment, il est difficile de déterminer si elles sont d’origine tectonique ou si elles sont la conséquence de l’intrusion magmatique observée ces derniers jours. En effet, l’activité sismique la plus significative n’est plus observée le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur.
Les mesures GPS montrent assez clairement que l’inflation a repris sous Svartsengi. Selon le Met Office, « il est actuellement difficile d’évaluer la vitesse d’accumulation du magma et il faudra attendre quelques jours pour évaluer son évolution sous Svartsengi.» Le graphique d’inflation ci-dessous montre qu’elle a chuté lorsque la lave a percé la surface pendant quelques heures le 1er avril 2025. Elle a ensuite repris. Cependant, il semble que tout le magma contenu dans le dyke ne soit pas évacué. Les prochaines semaines nous diront comment la situation évoluera. Pour l’instant, toute prévision est impossible.

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Seismicity is still significant on the Reykjanes Peninsula, although it has decreased since the criisis of April 2nd and 3rd, as shown on the histograms above.

The Met Office indicates that in the last 24 hours, about 550 earthquakes have been recorded on the peninsula and out to the Reykjanes Ridge. The four largest earthquakes were about magnitude M3.0, located NW of Kleifarvatn and on the Reykjanestá. As I put it before, it is difficult to determine whether thay have a tectonic origin or whether they are a consequance of the magma intrusion observed in the past days. Indeed, the most intense seismic activity is no longer observed along the Sundhnúkur crater row .

GPS measurements show fairly clear signs that inflation has begun under Svartsengi. Accorging to the Met Office, « at present, it is difficult to assess the speed of magma accumulation and it may be necessary to wait a few days to assess further development of magma accumulation under Svartsengi. » Looking at the inflation graph, one can see that inflation dropped when lava pierced the surface for a few hours on April 1st, 2025. Inflation later started again. However, it seems that all the magma that was in the dike has not erupted. The next weenks will tell us how the situation will evolve. For the moment, all predictions are impossible.

La complexité de la situation sismique en Islande // The complexity of the seismic situation in Iceland

Dans son dernier bulletin (4 avril 2025), le Met Office indique que le soulèvement du sol semble avoir repris à Svartsengi. La cause la plus probable est la poursuite de l’accumulation de magma, bien qu’une partie de ce soulèvement puisse être également attribuée aux effets de la formation du dyke le 1er avril. En effet, lorsque les dykes se forment, ils repoussent la croûte terrestre de chaque côté. À ce stade, il est difficile de déterminer le niveau d’accumulation du magma ; le Met Office ajoute qu’il faudra probablement jusqu’à une semaine pour évaluer son évolution sous Svartsengi.
Les données de déformation montrent également que le mouvement du sol se poursuit autour de la partie nord du dyke. Ces mêmes données révèlent des mouvements de failles de quelques millimètres dans la partie est de Grindavík.
L’activité sismique sur la partie nord du dyke continue de diminuer. La plupart des séismes se propagent de Stóra-Skógfell, au sud, jusqu’au nord de Keilir. Leur profondeur se situe généralement entre 4 et 6 km. L’évolution de la situation dans les jours à venir est très incertaine, et des mouvements de magma au sein du dyke ne sauraient être exclus.
Le 3 avril à 17h30, un essaim sismique significatif a débuté près de Trölladyngja, au nord-ouest du Kleifarvatn. Le séisme le plus important de la séquence a atteint une magnitude de M3,9. Les secousses ont été ressenties dans des zones habitées. Selon le Met Office, les séismes près de Trölladyngja sont probablement dus à des variations de tension dans la croûte, consécutives à l’intrusion magmatique du 1er avril. Des événements similaires pourraient se produire dans les régions voisines, comme Trölladyngja et Reykjanestá, dans les jours et les semaines à venir.
Les événements actuels en Islande illustrent la complexité de la situation, avec un mélange d’événements tectoniques et volcaniques. L’accent est généralement mis sur les mouvements de magma, mais il ne faudrait pas oublier la position de l’Islande sur la dorsale médio-atlantique. Deux séismes importants ont été enregistrés près de Reykjanestá peu avant 17h le 1er avril ; le plus puissant atteignait M5,3. Il semble que ces événements aient été causés par des modifications dans la croûte terrestre suite à l’intense activité sismique dans la région, liée aux mouvements de magma. Il est parfois très difficile de distinguer les deux contextes.

Même en baisse, la sismicité reste intense sur la péninsule de Reykjanes (Source: Met Office)

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In its latest update (April 4th, 2025) the Met Office indicates that ground uplift may have resumed in Svartsengi. The most likely cause is continued magma accumulation, though part of the uplift may be attributed to the effects of the dike formation on April 1st. Indeed, when dikes form, they push the crust away on either side. At this stage, it is difficult to determine the rate of magma accumulation, and the Met Office says it may take up to a week to assess how it evolves beneath Svartsengi.

Deformation data also shows that movement continues around the northern part of the dike. The same data also reveals fault displacements of a few millimetres in the eastern part of Grindavík.

Seismic activity over the northern part of the dike continues to decrease. Most earthquakes are spread from Stóra-Skógfell in the south to just north of Keilir. Their depths are mostly between 4 and 6 km. There is considerable uncertainty about developments in the coming days, and magma movements within the dike cannot be ruled out.

At 17:30 on April 3rd, a notable earthquake swarm began near Trölladyngja, northwest of Kleifarvatn. The largest eartquake in the sequence measured M3.9. Many reports were received that the events were felt in populated areas. According to the Met Office, the earthquakes near Trölladyngja are likely due to stress changes following the dike intrusion on April 1st. There remains a possibility of similar events in nearby areas like Trölladyngja and Reykjanestá in the coming days and weeks.

The current events in Iceland show the complexity of the situation with a mixture of tectonic and volcanic events. Most often, the focus is put on magma movements, but one should not forget the position of Iceland on the mid-Atlantic ridge. Two significant earthquakes were recorded near Reykjanestá shortly before 5 p.m. On April 1st, with the largest measuring M5.3. It seems these events were caused by changes in the Earth’s crust due to the intense seismic activity in the region, linked to magma movements. It is sometimes very difficult to make a difference between the two contexts.