Hualalai (Hawaii / Etats Unis): Un volcan dangereusement oublié // A dangerously forgotten volcano

drapeau francais   Moins connu que les autres volcans de la Grande Ile d’Hawaii, le Hualalai mérite toutefois notre attention. Même s’il n’est pas aussi actif que le Kilauea et le Mauna Loa, son histoire éruptive montre que nous aurions tort de l’oublier.

La dernière éruption du Hualalai remonte à 1800-1801, donc il y a quelques heures d’un point de vue géologique. Elle a eu lieu sur le flanc ouest, avec des laves pahoehoe extrêmement fluides qui ont atteint l’océan, détruisant au passage le village de Ka’upulehu. Une légende raconte qu’aucun sacrifice d’animaux ni aucune offrande aux dieux n’a réussi à stopper la lave mais que le roi Kamehameha 1er aurait  réussi à arrêter les coulées en y jetant une mèche de ses cheveux. En circulant en voiture sur la route au pied du versant occidental du Hualalai, on se rend parfaitement compte que l’aéroport Keahole de Kailua-Kona a été construit en plein sur l’une des coulées les plus récentes. A croire de les Américains aiment jouer à la roulette russe !  Des instruments sont installés sur le Hualalai (voir photo ci-dessous) afin de pouvoir anticiper un éventuel réveil.
Même si aucune éruption n’a été observée depuis le 19ème siècle, le Hualalai se manifeste parfois d’une autre manière. En 1929, plusieurs séismes, dont deux de magnitude M 5,5 et M 6,5, ressentis jusqu’à Honolulu, ont secoué le volcan pendant un mois, causant d’importants dégâts au district de Kona. Les scientifiques pensent qu’ils ont été causés par des mouvements de magma peu profonds mais que la lave n’a pas réussi à atteindre la surface. Plus récemment, en 2006, un séisme dont l’épicentre se situait au nord de la baie de Kiholo a , une fois encore, provoqué des dommages encore plus importants. Une amie qui habite sur le versant sud-ouest du Hualalai m’a montré des fissures provoquées par ce tremblement de terre dans sa maison. Comme chez beaucoup d’Hawaiiens, sa demeure n’est pas assurée contre les risques naturels car les sommes demandées par les compagnies sont trop élevées. Comme elle le dit : « Let’s cross our fingers ! » ; espérons qu’aucune catastrophe majeure ne se produira… !

En raison des conditions climatiques variées et de son altitude (2521 mètres), la montagne est recouverte par une végétation très dense qui baigne fréquemment dans le brouillard. Le volcan possède de nombreuses espèces animales, en particulier des oiseaux.

L’ascension du Hualalai est relativement aisée mais le sommet et la plus grande partie des terres autour appartiennent à l’Ecole Kamahameha qui en interdit l’accès. La quasi-totalité des itinéraires vers le sommet passant par la propriété, l’ascension est donc théoriquement  illégale. C’est dommage car les cratères sommitaux – le Luamakami et le Puhia Pele – comptent parmi les plus profonds de l’île. Le second a été exploré jusqu’à 263 mètres sous sa surface et le Luamakami est connu pour s’enfoncer encore plus profondément.

drapeau anglais   Although its is less well-known than the other volcanoes of Hawaii Big Island, Hualalai deserves our attention. Even though it is not as active as Kilauea and Mauna Loa, the eruptive history shows that we should not forget it.
The last eruption of Hualalai was in 1800-1801, so a few hours ago from a geological point of view. It produced on the western flank highly fluid pahoehoe lava flows that reached the ocean, destroying the village of Ka’upulehu. A legend says that no animal sacrifice nor offering to the gods managed to stop the lava but King Kamehameha 1st could stop the flow by throwing in it a lock of his hair. While driving along the road at the foot of the western slope of Hualalai, one realises that Keahole Airport in Kailua-Kona was built right on one of the most recent lava flows. Americans like playing Russian roulette! Instruments have been installed on Hualalai (see photo below) so as to anticipate a possible eruption.
Although no eruption has been observed since the 19th century, Hualalai sometimes becomes alive in another way. In 1929, several earthquakes, including two with magnitudes of M 5.5 and M 6.5, felt as far as Honolulu, shook the volcano during one month, causing extensive damage to the Kona District. Scientists believe they were caused by shallow movements of magma which failed to reach the surface. More recently, in 2006, an earthquake whose epicentre was located north of Kiholo Bay, once again caused even greater damage. A friend of mine who lives on the southwestern slope of Hualalai showed me the cracks caused by the earthquake in her home. As with many Hawaiians, this home is not insured against natural hazards as the sums of money asked by the companies are too high. As she says: « Let’s cross our fingers and let’s no major catastrophe will happen …!”
Due to various climatic conditions and the altitude (2521 meters), the mountain is covered by dense vegetation that is frequently shrouded with fog. The volcano has many animal species, particularly birds.
The ascent of Hualalai is relatively easy but the top and most of the land around the summit belongs to Kamahameha School that prohibits access. This means almost all routes to the summit cross the property and using them is theoretically illegal. It’s a shame because the summit craters – Luamakami and Puhia Pele – are among the deepest in the island. The latter was explored down to 263 metres below the surface and Luamakami is known to be even deeper.

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Station GPS sur le Hualalai  (Crédit photo: USGS / HVO)

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Faune sur le Hualalai  (Photos:  C. Grandpey)

Kilauea: Mort sur le champ de lave (suite) // Death on the lava field (continued)

drapeau francais   Suite à ma note du 9 mai sur le décès d’un randonneur à Hawaii, voici quelques détails supplémentaires qui vont dans le sens des conseils que je donnais à l’issue de l’article.

La victime est un Canadien âgé de 57 ans qui était parti de Kalapana avec un ami afin de se rendre sur le champ de lave pour y voir les coulées de plus près. Sur le chemin du retour, ils se sont perdus. L’un des randonneurs a commencé à paniquer et, sous le coup de la chaleur et de la fatigue, s’est effondré. Son ami est allé cherché de l’aide et de l’eau mais au retour, il a été incapable de retrouver son ami. Quand les secours sont arrivés sur place, il était trop tard ; l’homme avait cessé de vivre.

Cet accident révèle deux erreurs commises par les randonneurs.

D’une part, il semble évident que la quantité d’eau emportée était insuffisante. Il faut savoir que la marche sur le champ de lave hawaiien est longue et pénible et il fait de plus en plus chaud au fur et à mesure que l’on approche du site actif et des coulées. Personnellement, en plus des bouteilles d’eau, je glisse une canette de Coca-Cola dans mon sac à dos. Elle est souvent bienvenue au terme de la randonnée.

D’autre part, on a souvent tendance à minimiser la taille du champ de lave sur la plaine côtière. Au départ de Kalapana, on aperçoit les gaz et (au crépuscule) le rougeoiement émis par les coulées et on a l’impression que la distance à parcourir n’est pas énorme. En fait, c’est souvent une illusion optique et il faut marcher pendant plusieurs kilomètres avant d’arriver à destination. Le retour à Kalapana est plus compliqué car les coulées se trouvent souvent vers le pied du pali et de ce secteur, on ne voit plus le point de départ à Kalapana. D’où la nécessité d’avoir une boussole ou (encore mieux) un GPS.

Un ranger m’a indiqué un jour que les accidents ou les pertes d’orientation sont relativement fréquents à Hawaii. Il n’est, bien sûr, fait état que des accidents les plus graves. La presse laisse de côté les chutes et les brûlures qui sont monnaie courante sur le champ de lave.

drapeau anglais   Further to my note of May 9th on the death of a hiker in Hawaii, here are some additional details that confirm the advice I gave at the end of the article.
The victim is a 57-year-old Canadian who had left Kalapana with a friend to go to the lava field to see the lava flows closer. On the way back, they got lost. One of the hikers began to panic, and because of the heat and fatigue, he collapsed. His friend went to get help and water, but on his way back, he was unable to find his friend. When paramedics arrived on site, it was too late, the man was dead.
This incident reveals two mistakes committed by the hikers.
On the one hand, it seems clear that the amount of water they had brought along was insufficient. Everybody should know that walking on the Hawaiian lava field is long and strenuous and it’s getting hotter and hotter as you as you approach the active site and the lava flows. Personally, in addition to water bottles, I slip a can of Coca-Cola in my backpack. It is often welcome at the end of the hike.
On the other hand, there is a tendency to minimize the size of the lava field on the coastal plain. From Kalapana, gases and (at dusk) the glow emitted by lava can be seen and it seems that the distance is not so great. Actually, it is often an optical illusion and you have to walk several kilometers before reaching your destination. Walking back to Kalapana is more complicated because the flows are often located near the base of the pali and from that point, you do not see the point of departure in Kalapana. Hence the need for a compass or (even better) a GPS.
A ranger told me one day that accidents or loss of orientation are relatively common in Hawaii. Of course, only the most serious accidents are reported. The press ignores the falls and burns that are common on the lava field.

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(Photo:  C.  Grandpey)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): Activité en hausse / Increasing activity

drapeau francais   Si l’on observe le tiltmètre posté sur la lèvre NO de la caldeira du Kilauea, on remarque que le sommet traverse une phase régulière de gonflement depuis le 5 mai. Dans sa dernière mise à jour du 10 mai, le HVO indique que le volcan connaît une certaine hausse d’activité. Au sommet, l’épisode de gonflement entraîne une élévation du niveau de la lave dans le cratère de l’Halema’uma’u. Des essaims sismiques ont été enregistrés au sud de l’Halema’uma’u avec une tendance à se répandre à travers le versant sud. On observe également une hausse de la microsismicité sur l’Upper East Rift Zone.

Le tiltmètre installé sur le flanc nord du Pu’uO’o montre un faible gonflement du cône. Les capteurs GPS sur les flancs N et S révèlent une extension depuis la fin avril en parallèle avec une hausse de la sismicité.

La situation mérite donc d’être sérieusement contrôlée. Il semble bien que l’on assiste à une belle montée de magma comme le montrent les coulées issues du Pu’uO’o qui sont particulièrement actives en ce moment.

drapeau anglais   Looking at the electronic tilt on the northwest rim of Kilauea’s caldera, we notice that the summit has been steadily inflating since May 5th. In its latest update (May 10th), HVO indicates that “conditions of unrest have increased slightly: At the summit, there was general inflation with a rising lava lake, clusters of earthquakes south of Halema`uma`u that spread out across the south flank, and an increase in microseismicity in the Upper East Rift zone.

The tiltmeter on the north flank of Pu`u `O`o generally records weak inflation. GPS receivers on the north and south flanks of the cone have been recording extension since late-April along with increasing seismic tremor levels.

The situation should be closely controlled. There seems to be a strong lava ascent and the lava flows issued from Pu’uO’o are quite active at the moment.

Kilauea-blog

– En vert le tiltmètre du sommet du Kilauea

En bleu le tiltmètre du Pu’uO’o

Kilauea (Hawaii Etats Unis): Mort sur le champ de lave // Death on the lava field

drapeau francais  Les équipes de secours du Parc des Volcans d’Hawaii ont reçu un appel le 7 mai à 15h02 leur indiquant qu’un randonneur était en détresse après s’être perdu sur le champ de lave près de Kalapana. Un ami du randonneur a indiqué aux sauveteurs qu’ils avaient randonné toute la journée et que son ami âgé de 56 ans éprouvait de grosses difficultés physiques sur le champ de lave. Il avait du mal à marcher et il a été perdu de vue.

La recherche s’est faite avec une équipe au sol et un hélicoptère, à proximité de la Subdivision des Jardins Royaux. L’homme a été repéré, puis héliporté vers une équipe médicale sur place. Il avait cessé de vivre quand il est arrivé. Une enquête a été ouverte par la police pour essayer de connaître la cause du décès.

Cet accident montre une fois encore qu’une randonnée sur le champ de lave de la plaine côtière demande un certain nombre de précautions qui sont rappelées dans la Safety Page du Parc National :

http://www.nps.gov/havo/planyourvisit/yoursafety.htm

Dans le même temps, la Grande Ile d’Hawaii et le reste de l’Etat sont envahis par le « vog » (brouillard volcanique) car les alizés sont en panne, ce qui est très rare à cette époque de l’année. La brume avait envahi Hilo mardi et il était tout à fait impossible de voir le Mauna Kea. Le niveau de SO2 dans le secteur du Parc des Volcans était si élevé que l’alerte rouge a été décrétée lundi en cours de matinée. Les rangers ont dû fermer l’accès au Visitors Center du Kilauea et au Volcano Arts Center pendant environ une heure et demie. C’est la première fois depuis plus d’un an qu’une telle décision doit être prise à cause du « vog ».

drapeau anglais   Rescue units responded on May 7th to a 3:02 p.m. alarm to the lava field near Kalapana for a lost hiker in distress. A friend of the hiker told rescue crews they had been hiking all day and his 56-year-old friend was in physical distress out on the lava field, was having trouble walking and later could not be found.

The search was conducted with ground crews and a helicopter near Kalapana Gardens Subdivision. The man was located and airlifted via helicopter to an awaiting medic unit. The man was determined to have died. The cause of the man’s death is under investigation and the case is being handed by the police.

This accident shows once again that venturing on the lava field on Hawaii coastal flat demands precautions, as can be seen on the Safety Page of the National Park:

http://www.nps.gov/havo/planyourvisit/yoursafety.htm

Meantime, Hawaii Island and the rest of the state have been hit with heavy vog (volcanic fog) as a result of an unseasonable lack of trade winds. The air was hazy in Hilo on Tuesday, with the view of Mauna Kea completely obscured. SO2 levels around Hawaii Volcanoes National Park went into the red for several hours during the morning. Rangers shut down the Kilauea Visitors Center and Volcano Arts Center in the park for about an hour and a half on Monday. It was the first time in the past year that the centre was forced to close due to vog.

Plaine-cotiere-Hawaii

drapeau francais   Le champ de lave est immense et on peut facilement se perdre. La marche sur la lave est parfois difficile. Il est essentiel d’avoir de bonnes chaussures de marche à tige montante et beaucoup d’eau. Je conseille également d’avoir un GPS, au cas où. La fonction « retour » peut s’avérer très utile.

drapeau anglais   The lava field is immense and one can easily get lost. Walking on the lava is sometimes difficult. It is essential to have good sturdy boots and a lot of water. I would also advise to bring a GPS, just in case.

(Photo:  C. Grandpey)

Hawaii coulees

Cette image satellite montre bien, même si les couleurs sont fausses, la distance à parcourir sur terrain difficile, pour atteindre les coulées actives sur la plaine côtière  (Avec l’aimable autorisation du HVO)