Un nouveau télescope bientôt sur le Mauna Kea (Hawaii / Etats Unis) // Thirty-metre telescope soon on Mauna Kea

drapeau francais    Un  projet proposé par les universités de Californie et du Canada pour construire le plus grand télescope du monde (Thirty Metre telescope) au sommet du Mauna Kea à Hawaï vient de remporter l’approbation des autorités. L’Université d’Hawaii est également impliquée dans le projet car elle loue le sommet du volcan à l’État d’Hawaii. La Chine, l’Inde et le Japon ont signé pour être partenaires.

Le télescope sera en mesure d’observer les planètes en orbite autour des étoiles autres que le soleil et il permettra aux astronomes d’observer la formation de nouvelles planètes et étoiles. Il leur permettra aussi de voir à quelque 13 milliards d’années lumière et d’obtenir un aperçu des premières années de l’univers.
Le coût de construction devrait dépasser 1 milliard de dollars.
Le miroir primaire du télescope, d’un diamètre de près de 30 mètres, aura une surface de réception neuf fois supérieure à celle des plus grands télescopes optiques en usage aujourd’hui. Les images seront également trois fois plus nettes.

Pourtant, le télescope ne sera peut-être pas le plus grand au monde pendant longtemps. Un groupe de pays européens prévoit de construire le European Extremely Large Telescope qui aura un miroir de 41 mètres de large.
Certains groupes autochtones hawaïens ont signé une pétition contre le projet, arguant qu’il viendrait souiller le sommet de la montagne sacrée. En effet, la tradition hawaïenne considère que les hautes altitudes sont sacrées et sont une passerelle vers le ciel. Dans le passé, seuls les grands chefs et les prêtres étaient autorisés à accéder au sommet du Mauna Kea. La montagne est considérée officiellement comme un site funéraire, et peut-être plus.
Les écologistes ont aussi lancé une pétition pour arrêter le télescope au motif qu’il porterait atteinte à l’habitat  du très rare wekiu bug, un insecte endémique de la Grande Ile.

Source : Presse hawaiienne.

drapeau anglais   A plan by California and Canadian universities to build the world’s largest telescope (Thirty Metre telescope) at the summit of Hawaii‘s Mauna Kea volcano has just won approval from the authorities. The University of Hawaii is also involved because it leases the summit land from the state of Hawaii. China, India and Japan have signed on to be partners

The telescope would be able to observe planets that orbit stars other than the sun and enable astronomers to watch new planets and stars being formed. It should also help scientists see some 13 billion light years away for a glimpse into the early years of the universe.

Construction costs are expected to top $1 billion.

The telescope’s segmented primary mirror, which is nearly 30 metres across, will give it nine times the collecting area of the largest optical telescopes in use today. Its images will also be three times sharper.

But the telescope may not hold the world’s largest title for long. A group of European countries plans to build the European Extremely Large Telescope, which will have a mirror 41 metres wide.

Some Native Hawaiian groups had petitioned against the project, arguing it would defile the mountain’s sacred summit. Indeed, Hawaiian tradition holds that high altitudes are sacred and are a gateway to heaven. In the past, only high chiefs and priests were allowed at Mauna Kea’s summit. The mountain is home to a confirmed burial site, and perhaps more.

Environmentalists also petitioned to stop the telescope on the grounds it would harm habitat for the rare wekiu bug, an endemic insect of BigIsland.

Source: Presse hawaiienne.

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Mauna Kea: la pureté au-dessus des nuages  (Photo:  C. Grandpey)

 

Vidéo sous-marine à Hawaii // Underwater video at Hawaii

drapeau francais   En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une bonne vidéo tournée par des plongeurs à Hawaii. On y voit parfaitement la formation des laves en coussins (pillow lavas) ainsi que les effondrements dus à l’accumulation de matériaux. Un tel tournage n’est pas sans risques car des effondrements et autres glissements de terrain peuvent survenir à tout moment et la visibilité sous-marine n’est pas bonne dans la zone où la lave entre dans l’océan. Le risque est également présent en surface car, comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la banquette littorale peut brutalement disparaître dans les eaux du Pacifique.

http://www.theblaze.com/stories/2013/04/17/divers-film-underwater-volcano-erupting-and-rock-avalanche-that-makes-your-whole-body-vibrate/

drapeau anglais   By clicking on the link below, you’ll see a good video filmed by divers in Hawaii. It perfectly shows the formation of pillow lavas and the collapses due to the accumulation of materials. Such shooting is not without risks as collapses and landslides can occur at any time and underwater visibility is not good in the area where the lava enters the ocean. The risk is also present on the surface because, as I indicated several times, the coastal bench can suddenly disappear into the waters of the Pacific Ocean.

http://www.theblaze.com/stories/2013/04/17/divers-film-underwater-volcano-erupting-and-rock-avalanche-that-makes-your-whole-body-vibrate/

Vous avez dit sécurité?

En lisant la presse hawaiienne ces jours-ci, on apprend qu’un adolescent de 15 ans a fait une chute de plusieurs mètres, heureusement sans trop de gravité, dans l’une des Steam Vents – autrement dit bouches de vapeur – que l’on peut visiter au sommet du Kilauea. Il a rapidement été secouru par les services de sécurité. Pour se trouver dans cette situation inconfortable, le jeune homme a franchi la rambarde qui protège ce site où la température au fond des bouches atteint en général 120 à 160°C.

Les autorités du Parc des Volcans d’Hawaii profitent de cet accident pour rappeler aux visiteurs qu’ils doivent limiter leurs déplacements aux zones et sentiers autorisés. Il s’agit de la 7ème opération de sauvetage effectuée cette année. L’an dernier, 26 accidents dus à des imprudences ont été enregistrés.

Il est bon de rappeler que plusieurs secteurs du Kilauea sont interdits d’accès pour des raisons évidentes de sécurité. Par exemple, personne n’est autorisé à pénétrer dans tout  le périmètre de l’Halema’uma’u et de la West Rift Zone, ou encore dans le secteur du Pu’uO’o sur l’East Rift Zone. Bien qu’ils ne soient officiellement pas interdits, certains autres lieux tels que la banquette littorale où arrivent les coulées actives demandent la plus grande prudence. Plusieurs accidents mortels ont été enregistrés ces dernières années.

Je suis personnellement choqué de voir certains de mes compatriotes bafouer les interdictions et s’en vanter publiquement dans certaines revues. Approcher une zone interdite clandestinement est une chose, s’en vanter devient crapuleux.

Dans le même ordre d’idée, la Préfecture de Catane a récemment défini les modalités d’accès au sommet de l’Etna, avec des zones où l’accès est extrêmement restreint. Tout comme pour Hawaii, certains commencent à se demander comment ils vont pouvoir passer entre les mailles du filet. Je suis d’autant plus choqué que plusieurs de ces personnes sont des enseignants qui, me semble-t-il, devraient montrer l’exemple et respecter les lois en vigueur. Mais nous sommes en France où, depuis mai 1968, il est « interdit d’interdire ». Une fois qu’un drame se produit, on cherche vite les responsables car, bien sûr, le coupable ne l’est pas. On pleure, on gueule et vice versa !

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Bouche de vapeur (steam vent) au sommet du Kilauea   (Photo:  C. Grandpey)

La modélisation informatique au secours de la surveillance volcanique // Computer models help with volcano monitoring

drapeau francais   Les scientifiques utilisent plusieurs techniques pour étudier les processus qui se déroulent sous les volcans actifs, là où l’on ne peut pas voir directement ce qui se passe. Au HVO, ils utilisent les séismes, les déformations de terrain, les émissions de gaz, et les observations géologiques afin de comprendre ce qui se passe sous le Kilauea.

Grâce à ces informations, les scientifiques élaborent des «modèles» informatiques pour expliquer ce qui se passe à l’intérieur du volcan. Ils commencent aujourd’hui à utiliser des super ordinateurs pour modéliser les interactions entre les différentes parties d’un volcan. Ces nouveaux modèles divisent un volcan schématique en milliers de petits morceaux, ou «éléments». Il est possible de demander à chacun de ces éléments d’agir dans certaines conditions. Par exemple, s’il est chauffé, l’élément sait à quelle température il va fondre. Chaque élément interagit également avec ses voisins. De cette façon, les scientifiques peuvent simuler un événement tel que la déflation et l’inflation au sommet du Kilauea.
Les modèles informatiques sont élaborés en utilisant des informations fournies par les appareils de surveillance du HVO, tels que les volumes de lave émis, les lieux des séismes et les déformations de surface, afin de donner une représentation des événements aussi précise que possible. Les scientifiques peuvent ensuite utiliser ces modèles pour étudier les facteurs que nous ne connaissons pas, comme le volume et la pression du magma dans le réservoir magmatique sommital ou la vitesse d’alimentation en magma. L’objectif est de trouver des combinaisons de paramètres «inconnus» qui permettent de les faire correspondre à des paramètres « connus ».

Les modèles informatiques du Kilauea sont utilisés de deux manières au HVO. La première consiste à évaluer ce qui est susceptible de se produire dans des endroits que nous ne pouvons directement observer. Par exemple, la déformation du sol au sommet du Kilauea suggère qu’il y a une chambre magmatique qui se gonfle et se dégonfle sous la lèvre E du Cratère de l’ Halema’uma’u. Le modèle informatique peut être utilisé pour évaluer la profondeur de cette chambre magmatique ; elle a été estimée à environ 1,5 km.
La deuxième utilisation est de prévoir ce qui pourrait arriver à plus ou moins long terme. Par exemple, si plus de magma est injecté dans la chambre magmatique, quel type d’activité volcanique pourrait se produire? Y aurait-il une éruption au sommet? Y aurait-il une modification de l’éruption sur l’East Rift Zone ?
Force est de constater que la plupart des modèles informatiques sont faux parce qu’ils sont fondés sur des hypothèses et des simplifications. Aucun modèle ne sera jamais juste, mais les scientifiques peuvent apprendre des choses à partir de ces modèles.
Les modèles informatiques ne sauront jamais reproduire les systèmes naturels parfaitement ou complètement, mais ils fournissent un moyen d’enquêter sur ces systèmes afin que les scientifiques puissent comprendre leur fonctionnement.
Bien que les modèles scientifiques existent depuis le début des observations, les nouveaux «super modèles » informatiques représentent une avancée significative dans la façon de comprendre et interpréter les données.

Source : HVO.

drapeau anglais   Scientists use many techniques to infer the processes occurring beneath active volcanoes, where we can’t directly see what is happening. At HVO, they use earthquakes, ground deformation, gas emissions, and geologic observations to understand what’s going on beneath Kilauea.

Using this monitoring information, scientists develop « models » to explain what is happening within the volcano. They are starting to use super computers to model interactions between different parts of a volcano. These new models split a schematic volcano into thousands of small pieces, or « elements. » Each of these elements can be told how to act under certain conditions. For example, if it is heated, the element knows what temperature to melt at. Each element also interacts with its neighbours. In this way, scientists can simulate an event—like the deflation and inflation at Kīlauea’s summit.
The models are built using information from HVO’s monitoring efforts, such as erupted volumes, earthquake locations, and surface deformation, so that they are as accurate a depiction of real events as possible. Scientists can then use these models to investigate factors that we don’t know, like the volume and pressure of magma within the summit magma reservoir or the rate of magma supply. The goal is to find combinations of « unknown » parameters that allow to match those parameters that are known.

Computer models of Kīlauea are being used in two ways at HVO. The first is to assess what might be happening in places that we can’t directly observe. For example, the ground deformation at Kīlauea’s summit suggests that there is a magma chamber that is inflating and deflating beneath the east margin of Halema’uma’u Crater. The computer model can be used to assess the depth of that magma chamber, which has been estimated at about 1.5 km.
The second use is to forecast what might happen in the future. For example, if more magma was pushed into the magma chamber, what volcanic activity might result? Would there be an eruption at the summit? Would there be a change in the eruption on the East Rift Zone?

One has to admit that most models are wrong because they are based on assumptions and simplifications. No model will ever be right, but scientists can learn things from these models.
Computer models will never reproduce the natural systems perfectly or completely, but they provide a means of investigating these systems so scientists can learn more about how they work.

 

Although scientific models have been in use for as long as there have been scientific observations, the new « supermodels » represent a significant advance in the way scientists understand and interpret the data.

Source: HVO.

Computer-model

Avec l’aimable autorisation du HVO.