Nouvelle alerte glaciaire (suite) // New glacial warning (continued)

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril », j’explique que les glaciers de l’Antarctique fondent et que les scientifiques s’inquiètent particulièrement pour le glacier Thwaites, également appelé « Glacier de l’Apocalypse ». Le glacier représente une masse de glace de la taille de la Floride. Les chercheurs ont découvert de profondes fractures sous le glacier, ce qui accélère sa détérioration.
Afin d’examiner ce qui se passe sous le Thwaites, les scientifiques ont mis au point Icefin, un robot en forme de torpille qu’ils ont envoyé sous le glacier en janvier 2020. Les images ont révélé des crevasses et des fractures en forme d’escalier dans la glace et accélèrent son érosion. Les résultats de la mission scientifique ont été publiés dans la revue Nature.
Le glacier Thwaites, qui fait partie de la vaste calotte glaciaire de l’Antarctique occidental, est l’un des glaciers les plus instables au monde. À lui seul, il a le potentiel de faire monter le niveau de la mer de 60 centimètres. Il est étudié depuis des années et est considéré comme un indicateur du changement climatique.
Les scientifiques ont fait deux découvertes : 1) Les zones plates sous le glacier fondent plus lentement que prévu. 2) Les crevasses et les fractures en escalier fondent plus rapidement que prévu.
L’eau plus chaude de l’océan Austral pénètre dans les fractures et érode le glacier aux points faibles. L’érosion rapide au niveau des crevasses peut entraîner la désintégration du glacier plutôt que sa fonte.
Plus important encore, le glacier Thwaites constitue un barrage naturel qui retient d’autres glaciers de l’Antarctique occidental. Si ce barrage n’existe plus, les autres glaciers de la région suivront le même chemin que le Thwaites car ils sont interconnectés. .
Le robot Icefin a fourni aux chercheurs américains et britanniques les premières vues du dessous du glacier. Afin de voir ce qui se passe sous le glacier, les scientifiques ont foré à l’eau chaude un trou de 600 mètres de profondeur dans la glace au début de l’année 2020. Le robot a ensuite été envoyé à dans le trou de forage pour examiner la ligne d’ancrage du glacier, là où la glace est en contact avec le substrat rocheux.
Les images ont montré que, au fur et à mesure que l’eau de l’océan Austral se réchauffe, elle fait fondre la glace d’ancrage du glacier au fond de l’océan. Cela déclenche une réaction en chaîne : l’eau de mer fait fondre la face inférieure de la calotte glaciaire. En conséquence, la glace perd de sa masse et de son adhérence sur le plancher océanique. Les plates-formes glaciaires perdent leur capacité d’empêcher les glaciers situés en amont d’atteindre la mer, de sorte que le mouvement du glacier s’accélère et que de plus en plus de glace atteint la mer chaque année, ce qui entraîne une élévation de son niveau.
Des études antérieures avaient déjà fait état de la désintégration du glacier Thwaites. Une étude de 2021 a expliqué que les images satellites avaient découvert un plus grand nombre de fractures dans le glacier. Les chercheurs ont expliqué que le glacier se désintégrerait probablement dans cinq à 10 ans.
Source : médias d’information américains.

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During my conference « Glaciers at risk », I warn that Antarctica’s glaciers are melting and scientists worry particularly about the Thwaites Glacier, also called “Doomsday Glacier.” It is an an ice mass the size of Florida where researchers have discovered a deep cracks on the glacier’s underside ; they are accelerating the deterioration of the glacier.

In order to examine xhat is happening beneath Thwaites, scientists sent Icefin, a torpedo-shaped robot beneath the glacierr in January 2020. The images revealed crevasses and stair-like fractures in the ice that are speeding up erosion. The results of the scientific mission were published in the journal Nature.

The Thwaites Glacier, part of the vast West Antarctic Ice Sheet, is one of the world’s fastest-changing and most unstable glaciers. Alone, iIt has the potential to raise sea levels by 60 centimeters and has been studied for years as an indicator of climate change.

The studies revealed two discoveries: 1) The flat areas beneath the glacier are melting more slowly than expected. 2) The crevasses and stairs are melting more quickly than expected.

Warmer water from the Southern Ocean is entering the cracks and wearing down the glacier at weak points. The rapid pace of erosion caused by the crevasses may cause the glacier to fall apart rather than melt away.

Most important, the Thwaites Glacier is a natural dam to other ice in West Antarctica. If that ice is released into the oceans, the other glaciers in the region will follow the same path as they are interconnected. .

Icefin gave U.S. And U.K. researchers their first views of the glacier’s underside. Inorder to see what is happening beneath the glacier, scientists used hot water to bore a 600-meter-deep hole through the ice in early 2020. The robot was sent through the hole to examine the glacier’s grounding line, where ice is in contact with bedrock.

As ocean water warms, it melts the ice that attaches the sheet to the ocean floor. This starts a chain reaction : The ocean water melts the underside of the ice sheet. As a consequence, the ice loses its mass and its grip on the seabed. Smaller ice shelves lose the ability to block inland glaciers from reaching the sea, so that the movement of the glacier accelerates and more ice reaches the sea every year, causing the sea level to rise.

Previous studies had already chronicled the breakdown of the Thwaites Glacier. A 2021 study reported satellite images found more cracks in the glacier. Researchers predicted the glacier would probably collapse in five to 10 years.

Source : U.S. News media.

Source: British Antarctic Survey

Nouvelle alerte glaciaire // New glacial warning

Nous sommes en hiver dans l’hémisphère nord et les médias européens parlent peu de la fonte des glaciers. En revanche, aux États-Unis, plusieurs journaux et autres médias ont consacré des articles à une nouvelle étude publiée dans la revue Science à la mi-janvier 2023. Les auteurs ont calculé l’impact de différents degrés de réchauffement climatique sur les quelque 215 000 glaciers qui existent en dehors de l’Antarctique et du Groenland. L’étude conclut que près de la moitié d’entre eux pourraient fondre d’ici la fin du siècle, même si nos décideurs parviennent à limiter le réchauffement à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels, comme cela a été décidé lors de la COP 21 de 2015 à Paris. .
Si la politique climatique actuelle n’évolue pas, l’étude prévient que « la situation sera bien pire, avec de graves implications pour les populations qui dépendent des eaux de fonte des glaciers pour leurs ressources en eau. »
Les glaciers sont essentiels. Ce sont eux qui fournissent de l’eau à environ 1,9 milliard de personnes dans le monde. Ils fournissent de l’eau potable, de l’eau pour l’agriculture, l’hydroélectricité et d’autres services qui font vivre des milliards de personnes. Leur disparition priverait des millions de personnes de cette ressource vitale et augmenterait le risque de dangers liés à la fonte des glaciers comme les inondations et les glissements de terrain. De plus, les glaciers contribuent autant à l’élévation du niveau de la mer que les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique.
L’article publié dans Science est le premier à examiner dans quelle mesure la crise climatique pourrait avoir un impact sur chacun des glaciers du monde entre 2015 et 2100. Les auteurs ont constaté que les glaciers étaient davantage en danger que les estimations précédentes ne le prévoyaient.
Les chercheurs ont découvert que si nos gouvernants parvenaient à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C tel que cela a été défini par l’accord de Paris, environ 104 000 glaciers fondraient et le niveau de la mer augmenterait d’un peu moins de 10 centimètres. Si les températures augmentaient de 2,7 °C au-dessus des niveaux préindustriels – ce qui était la situation que l’on pouvait imaginer à l’issue de la COP 26 – cela ferait fondre 68 % des glaciers dans le monde et ferait monter le niveau de la mer de 11,5 centimètres, ce qui mettrait en péril plus de 10 millions de personnes le long des côtes. Cela ferait également disparaître la plupart des glaciers d’Europe centrale, de l’ouest de l’Amérique du Nord et de Nouvelle-Zélande. Quatre degrés de réchauffement feraient fondre 83 % des glaciers de la planète.
En plus de la perte d’eau potable et de littoral, la disparition des glaciers aura un impact dévastateur sur l’identité culturelle dans de nombreux pays. Avec la disparition des glaciers, nous assisterons non seulement à un changement de paysage et à une perte de ressources naturelles, mais cela signifiera aussi que « nous sommes complices du vol de l’avenir de nos enfants. »
Source : médias d’information américains.

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We are in winter in the northern hemisphere and little is said about glacier melting in the European news media. In the United States, several newspapers and other news media have dedicared articles to a new study published in the journal Science by mid-January 2023. The authors have calculated how different degrees of warming would impact the more than 215,000 glaciers that exist outside Antarctica and Greenland. It concludes that almost half of them could melt by the end of the century even if policymakers succeed in limiting warming to 1.5 degrees Celsius above pre-industrial levels, as defined by the 2015 COP 21 in Paris. .

Based on current national climate pledges, the study warns that « the situation will be a lot worse with serious implications for communities that rely on glacial runoff for water resources. »

Glaciers are hugely important. They provide water for approximately 1.9 billion people worldwide. They provide drinking water, agricultural water, hydropower, and other services that support billions of people. Losing them would deprive millions of people of this vital resource, as well as increase the risk of glacier-related hazards like floods and landslides. Moreover, glaciers contribute as much to sea level rise as the Greenland and Antarctic ice sheets.

The paper published in Science is the first to look at how the climate crisis might impact each of the world’s glaciers between 2015 and 2100 and found that they were more at risk than previous estimates suggested.

The researchers found that, if world leaders managed to limit global warming to 1.5°C as defined by the Paris agreement, around 104,000 glaciers would melt and sea levels would rise by just less than 10 centimeters. If temperatures rise to 2.7°C above pre-industrial levels – which was what national policies put the world on track for ahead of the COP26 climate conference – that would melt 68 percent of the world’s glaciers and raise sea levels by 11.5 centimeters, pushing more than 10 million people below the high tide line. It would also essentially wipe out the glaciers of central Europe, western North America and New Zealand. Four degrees of warming would melt 83 percent of the world’s glaciers.

In addition to the loss of drinking water or coastline, the disappearance of glaciers will have a devastating impact on many people’s cultural identity. Significant loss of glaciers means that we are not only witnessing a change in landscape or a loss of natural resources, it means that « we are actively complicit in robbing the future from our children. »

Source : U.S. News media.

Photos: C. Grandpey

La fonte de l’Antarctique continue // The melting of Antarctica is going on

Dans l’hémisphère nord, la glace de mer dans l’Arctique se situe à des niveaux historiquement bas. Son extension pour le mois de janvier 2023 est inférieure à celle des mois de janvier des 4 dernières années. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises,, la tendance sur le long terme est à un déclin rapide dans cette région du globe.

Il n’y a pas si longtemps, on pensait que la glace de mer de l’Antarctqiue était à l’abri du réchauffement climatique et ne subirait pas les effets de la hausse des températures. C’est terminé. Les dernières années ont montré que l’Antarctique fondait lui aussi. Les dernières nouvelles ne sont pas bonnes.

Le 21 février 2023, la glace de mer de l’Antarctique a probablement atteint son extension minimale annuelle avec 1,79 million de kilomètres carrés. C’est ce que révèlent les mesures du National Snow and Ice Data Center (NSIDC). C’est un nouveau record pour la deuxième année consécutive. Le précédent record établi le 25 février 2022 était de 1,92 million de kilomètres carrés. De plus, l’extension minimale de 2023 est inférieure de 1,05 million de kilomètres carrés à la moyenne de 1981 à 2010.

La carte ci-dessous montre l’extension de la glace de mer de l’Antarctique avec la délimitation orange représentant l’extension moyenne sur la période 1981-2010. Il est bon de rappeler que la fonte de la glace de mer n’a pas d’impact perceptible sur le niveau de la mer car cette glace est déjà dans l’eau de l’océan.

S’agissant de l’impact de l’Antarctique sur la hausse du niveau des océans, il faut se tourner vers les plates-formes glaciaires. Leur amincissement et donc leur moindre résistance favorisent l’écoulement des glaciers auxquels elles servent de rempart. L’arrivée de ces glaciers dans l’océan contribue, elle, à l’élévation du niveau des océans. J’ai signalé à plusieurs reprises l’impact que pourrait avoir la fonte des glaciers Thwaites ou Pine Island. Si ces glaciers n’étaient plus retenus par les plates-formes, cela favoriserait leur avancée rapide vers l’océan Austral, d’autant plus que ces systèmes glaciaires de l’Antarctique occidental sont interconnectés.

Selon les données satellitaires, la réduction annuelle de la banquise antarctique est de 2 800 kilomètres carrés, soit une baisse de 1 % par décennie par rapport à la moyenne de 1981 à 2010.

Selon le NSIDC, cette réduction de la glace antarctique est due à plusieurs facteurs. D’une part, une oscillation antarctique positive a conduit à des vents d’ouest plus forts que la moyenne. D’autre part, les conditions météorologiques ont apporté de l’air chaud des deux côtés de la péninsule antarctique. Cela a largement contribué à la perte de glace dans la région.

L’étendue de la glace de mer de l’Antarctique a été très variable au cours des dernières années et les scientifiques disent qu’il faudra davantage de recul pour affirmer que cette tendance à la baisse est une conséquence du réchauffement climatique. Le doute ne semble toutefois guère permis. La perte de masse totale de l’Antarctique est aujourd’hui six fois plus rapide qu’il y a quarante ans. La fragilité de l’Antarctique de l’Ouest est observée depuis plusieurs années et l’Antarctique Est, réputé plus stable, semble vouloir suivre la même trajectoire.

Source : NSIDC, global-climat.

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In the northern hemisphere, sea ice in the Arctic is at historically low levels. Its extension for January 2023 is lower than that of the months of January of the last 4 years. As I have repeatedly indicated, the long-term trend is one of rapid decline in this region of the globe.
Not so long ago, Antarctica’s sea ice was thought to be immune to global warming and would not suffer the effects of rising temperatures. It’s over. The last few years have shown that Antarctica is also melting. The latest news is not good.
On February 21st, 2023, Antarctic sea ice probably reached its annual minimum extent of 1.79 million square kilometers. This was revealed by measurements from the National Snow and Ice Data Center (NSIDC). This is a new record for the second consecutive year. The previous record set on February 25th, 2022 was 1.92 million square kilometers. Additionally, the 2023 minimum extension is 1.05 million square kilometers less than the 1981-2010 average.
The map below shows the Antarctic sea ice extent with the orange boundary representing the average extent over the period 1981-2010. It is worth remembering that the melting of sea ice has no impact on sea level because this ice is already in the ocean water.
When it comes to Antarctica’s impact on sea level rise, one has to look to ice shelves. Their thinning and therefore their lower resistance promote the flow of the glaciers to which they serve as a rampart. The arrival of these glaciers in the ocean contributes to the rise in the level of the oceans. I have repeatedly pointed out the impact that the melting of the Thwaites or Pine Island glaciers could have. If these glaciers were no longer held back by the ice shelves, it would favor their rapid advance towards the Southern Ocean, especially as the West Antarctic ice systems are interconnected.
According to satellite data, the annual reduction in Antarctic sea ice is 2,800 square kilometers, a decrease of 1% per decade compared to the average from 1981 to 2010.
According to NSIDC, this reduction in Antarctic ice is due to several factors. On the one hand, a positive Antarctic Oscillation led to stronger than average westerly winds. On the other hand, the weather conditions brought warm air to both sides of the Antarctic Peninsula. This has largely contributed to the loss of ice in the region.
Antarctica’s sea ice extent has been highly variable in recent years and scientists say it will take more time to decide whether Antarctica’s declining sea ice trend is a sign of global warming. However, there is hardly room for doubt. Antarctica’s total mass loss is now six times faster than forty years ago. The fragility of West Antarctica has been observed for several years and East Antarctica, reputed to be more stable, seems to want to follow the same trajectory.
Source: NSIDC, global-climat.

 

Extension de la glace de mer antarctique le 21 février 2023. La moyenne 1981-2010 est délimitée en orange. (Source : NSIDC)

Sécheresse en Californie : du mieux, mais prudence // California drought : better, but caution

Alors que la France reste sous la menace d’une sécheresse inquiétante dans les mois à venir, il semble que la situation s’améliore un peu en Californie, mais la partie est loin d’être gagnée. Des semaines de précipitations record ont trempé la Californie mais, d’un point de vue technique, n’ont pas mis fin à la sécheresse dans cet État.
La Californie a connu une sécheresse quasi ininterrompue pendant la majeure partie de la dernière décennie. Ce manque de précipitations a entraîné de gigantesques incendies de forêt, de mauvaises conditions pour les agriculteurs et des restrictions d’eau pour la population.

Les scientifiques prennent en compte trois types de sécheresse : 1) Une sécheresse météorologique signifie un manque de précipitations. Dans ce cas, les dernières fortes pluies ont été positives pour la Californie. 2) Une sécheresse agricole signifie qu’il n’y a pas assez d’humidité dans le sol, ce qui rend difficile la croissance des plantes. 3) Une sécheresse hydrologique signifie que les rivières, les ruisseaux et les eaux souterraines ont des niveaux inférieurs à la normale.
Ces trois facteurs sont pris en compte par le U.S. Drought Monitor qui publie une carte du niveau de sécheresse chaque semaine. Cette carte (voir ci-dessous) divise le pays en zones avec différentes couleurs qui vont du jaune (anormalement sec) au rouge foncé (exceptionnellement sec), lorsque des cultures meurent et que les puits s’assèchent.
Juste après les fortes pluies de janvier 2023, la carte du U.S. Drought Monitor a montré que la majeure partie de la Californie était dans une situation de sécheresse « modérée » et a laissé quelques endroits en sécheresse « sévère », avec un risque d’incendie est encore élevé. Malgré tout, les pluies ont réussi à éliminer les zones de sécheresse « extrême ».
Le U.S. Drought Monitor concerne les Etats Unis dans leur ensemble. Il existe d’autres facteurs examinés par les autorités californiennes : 1) Tout d’abord, il y a les réservoirs, y compris les grandes pièces d’eau qui font partie du State Water Project. Les très fortes précipitations des dernières semaines n’ont pas suffi pour remplir les plus grands lacs artificiels de l’État après la sécheresse de plusieurs années. Cependant, le mois de janvier très humide a réussi à les ramener à 96 % de leur moyenne historique. 2) Ensuite, il y a le manteau neigeux de la Sierra Nevada qui représente en théorie 30 % du stockage d’eau de la Californie. Un mois chutes de neige au début de 2023 l’a placé au-dessus de sa moyenne historique, à 138% à la mi-février. Cependant, la mesure la plus importante du manteau neigeux a lieu en avril, à la fin de la saison de neige, car cette dernière peut commencer à fondre tôt pendant un hiver chaud. Les gestionnaires de l’eau espèrent qu’elle s’accumulera et restera gelée, afin de pouvoir fondre en été et s’écouler dans les ruisseaux et les ruisseaux qui alimentent le réseau hydraulique de l’État.
Au cours de la dernière décennie, la Californie a commencé à contrôler les problèmes de puits, en particulier dans les zones qui dépendent fortement des eaux souterraines, comme la Vallée Centrale. Certaines localités tirent la majeure partie ou la totalité de leur eau d’immenses lacs souterrains dont dépendent les maisons et les fermes. Ces plans d’eau souterrains peuvent prendre beaucoup plus de temps que les lacs de surface pour se remplir.
Au cours de l’été 2022, beaucoup de puits domestiques manquaient cruellement d’eau. Même après les grosses pluies survenues quelques mois plus tard, près des deux tiers des puits contrôlés par les autorités californiennes pour mesurer et surveiller les eaux souterraines étaient en dessous de leur niveau normal.
Tout cela signifie que l’entame pluvieuse de 2023 a éloigné la Californie de la sécheresse, mais il faut rester vigilant. Les sécheresses sont difficiles à surmonter. Malgré les périodes de fortes précipitations, l’État a besoin de plus de pluie et de températures moins chaudes pour sortir définitivement du statut de sécheresse.
Les Californiens croisent les doigts, en espérant que le printemps et l’été 2023 n’apporteront pas une chaleur torride comme en 2022.
Source : U.S. Drought Monitor.

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While France is under the threat of a worrying drought in the coming months, it looks as if the situation is getting a little better in California, but the game is not won yet. Weeks of heavy rainfall left California drenched, but did not technically end the state’s drought.

California has been living through droughts for most of the last decade. They can mean big wildfires, bad growing conditions for farmers, and water restrictions for the population.

There are three basic kinds of drought that scientists look at : 1) A meteorological drought means a lack of rainfall. In this case, the latest big storms were positive for California. 2) An agricultural drought generally means there is not enough moisture in the soil, which makes it hard for plants to grow. 3) A hydrologic drought means that rivers, streams and groundwater are lower than normal.

All three factors go into the U.S. Drought Monitor. It is a map (see below) that comes out every week. It breaks up the country into color-coded areas, from yellow (abnormally dry) to deep red (exceptionally dry) , when entire crops die off, and wells run dry.

Right after the heavy rains in January 2023, the U.S. Drought Monitor map showed most of California in a « moderate » drought, and left a few places in a « severe » drought where fire danger is still high. In short, the rains managed to eliminate the areas of « extreme » drought.

The U.S. Drought Monitor is a national index. There are other factors state regulators look at in California. 1) First, there are the reservoirs, including the big ones that are part of the State Water Project. Even the biggest rainstorm is not enough to refill the state’s largest man-made lakes after a multi-year drought. However, the very wet January managed to bring them to 96 percent of their historical average. 2) Second, there is the Sierra snowpack, which actually makes up 30 percent of the state’s water storage. A month of storms at the start of 2023 put that above its historical average, at 138 percent by mid-February. However, the more important snowpack measurement happens in April, at the end of the snow season, because snow can start to melt early during a warm winter. Water managers hope it will pile up and stay frozen, so it can melt in the summer, and run off into creeks and streams that feed the state’s water system.

In the last decade, the state started tracking problems with wells, especially in areas that depend heavily on groundwater, like the Central Valley. Some communities get most or all of their water from huge underground lakes that both homes and farms rely on, and those subterranean bodies of water can take a lot longer to fill back up than lakes on the surface.

In the summer of 2022, there were a lot of household wells that literally ran out of water. Even after the big storms a few months later, almost two-thirds of the wells the state uses to measure and monitor groundwater were below their normal level.

It all means the wet start to 2023 got California closer to being out of a drought, but not all the way there. Droughts are difficult to overcome, and even those unprecedented storms left the state needing more rain and more cool temperatures to officially get out of drought status.

Californians are just crossing their fingers, hoping the spring and summer 2023 will not develop a scorching heat like in 2022.

Source : U.S. Drought Monitor.

 

Carte montrant le niveau « modéré »  de sécheresse en Californie à la mi-février 2023 (Source : U.S. Drought Monitor)