Les Républicains américains et le réchauffement climatique // U.S. Republicans and global warming

drapeau francaisLa fonte de la calotte glaciaire du Groenland est l’un des signes les plus évidents du réchauffement climatique. Les scientifiques pensent que la fonte complète de la calotte glaciaire du Groenland pourrait faire monter d’environ six mètres le niveau des mers dans les prochaines décennies.
Depuis des années, les chercheurs étudient l’impact du réchauffement de la planète sur les glaces du Groenland et de l’Antarctique. S’ils peuvent scruter les images satellites pour suivre les icebergs et s’ils peuvent mettre au point des modèles pour simuler la fonte de la calotte glaciaire, ils ont peu d’informations sur le terrain qui leur permettraient de prédire précisément avec quelle rapidité le niveau des mers va augmenter. Une telle recherche pourrait fournir des renseignements précieux et permettre aux populations des zones côtières, depuis New York jusqu’au Bangladesh, de se préparer à un tel changement.
Chaque année, le gouvernement fédéral affecte environ un milliard de dollars à la recherche arctique et antarctique qui occupe des milliers de scientifiques. L’argent provient du Congrès, y compris la National Science Foundation (NSF), la NASA et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Cet argent finance la recherche qui est essentielle pour étudier les changements qui affecteront les populations et les économies du monde pendant le siècle à venir.
Cependant, cette recherche est de plus en plus sous le feu de certains députés républicains au Congrès, qui nient ou remettent en question le consensus scientifique selon lequel les activités humaines contribuent au changement climatique.
Menant la charge républicaine, le Texan Lamar Smith, également président de la commission scientifique au Congrès, a cherché à retirer 300 millions de dollars du budget de la NASA pour les sciences de la terre et a demandé une enquête sur quelque 50 subventions de la National Science Fondation. Le 13 octobre, la commission scientifique a convoqué des chercheurs de la NOAA pour qu’ils présentent les documents concernant plus de six années de délibérations internes, y compris « tous les documents et toutes les communications » liées aux mesures du changement climatique.
Une réduction budgétaire affecterait directement le travail des scientifiques qui vont sur le terrain. En effet, cet argent aide à payer les salaires, le transport aérien, la nourriture, les ordinateurs, des instruments de mesure, le matériel de camping, ainsi que l’équipement de sécurité et celui destiné à lutter contre le froid parfois extrême dans l’Arctique.
Cette attitude de certains Républicains au Congrès (le Gouverneur de l’Alaska défend la même théorie pour des intérêts purement économiques) confirme ce que j’écrivais il y a quelques jours. Au cours des dernières années, la population des États-Unis a été conditionnée à l’idée que le réchauffement climatique est le résultat d’un cycle naturel et que les activités humaines ne sont pas responsables. Ce fut ma conclusion après plusieurs discussions sur ce sujet cet été avec des habitants des Etats de Washington et du Montana.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisThe melting of Greenland ice sheet is one of the most obvious signs of global warming. Scientists think the full melting of Greenland’s ice sheet could increase sea levels by about 6 metres in the next decades.
For years, scientists have studied the impact of the planet’s warming on the Greenland and Antarctic ice sheets. But while researchers have satellite images to track the icebergs that break off, and have created models to simulate the thawing, they have little on-the-ground information and so have trouble predicting precisely how fast sea levels will rise.
Their research could yield valuable information to help scientists figure out how rapidly sea levels will rise in the 21st century, and thus how people in coastal areas from New York to Bangladesh could plan for the change.
Each year, the federal government spends about $1 billion to support Arctic and Antarctic research by thousands of scientists. The money comes from Congress, including the directors of the National Science Foundation (NSF), NASA and the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). It finances research that is essential for understanding the changes that will affect the world’s population and economies for more than a century.
However, the research is under increasing fire by some Republican leaders in Congress, who deny or question the scientific consensus that human activities contribute to climate change.
Leading the Republican charge on Capitol Hill is Rep. Lamar Smith of Texas, the chairman of the House science committee, who has sought to cut $300 million from NASA’s budget for earth science and has started an inquiry into some 50 National Science Foundation grants. On October 13th, the committee subpoenaed scientists at the NOAA, seeking more than six years of internal deliberations, including “all documents and communications” related to the agency’s measurement of climate change.
Any cuts could directly affect the work on-the-field scientists. Indeed, the money helps cover the researchers’ salaries, flights, food, computers, scientific instruments and camping, safety and extreme cold-weather gear.
The attitude of some Republicans in the U.S. Congress (the Governor of Alaska supports the same theory for purely economic interests) confirms what I wrote a few days ago. Over the past years, the U.S. population has been conditioned to the idea that global warming is the result of a natural cycle and that human activities are not responsible for it. This was my conclusion after several talks about this topic with local Americans this summer.
Source: Alaska Dispatch News.

Groenland glacier

Photo: C. Grandpey

Les glaciers islandais et le réchauffement climatique // Iceland’s glaciers and global warming

drapeau francaisOn peut lire sur le site Iceland Review un article très intéressant sur la fonte des glaciers dans lequel Tómas Jóhannesson, responsable du groupe de recherche glaciologique au Met Office islandais, donne son opinion sur le phénomène.
Tómas Jóhannesson confirme que les glaciers jouent un rôle de «thermomètre précis » et le réchauffement climatique les affecte de façon évidente. Entre 2009 et 2014 les glaciers du Groenland ont fondu deux fois plus vite qu’entre 2003 et 2009, et trois fois plus vite en Antarctique. Les scientifiques pensent que la fonte des glaciers continuera tant que l’Arctique continuera à se réchauffer. Il ajoute que cette fonte semble être plus rapide là où les glaciers viennent vêler dans la mer, comme c’est le cas avec le Columbia Glacier en Alaska.
Comme je l’ai écrit dans une note précédente à propos de l’Islande, un effet de la fonte des glaciers est une hausse du niveau des terres car la pression glaciaire diminue. Ce phénomène peut modifier le littoral et avoir un effet sur l’érosion de la mer. Jóhannesson donne l’exemple du port de Höfn, dans le sud de l’Islande, qui devient de moins en moins profond suite au recul du glacier Vatnajökull. On s’attend à ce que la terre se soulève de plus d’un mètre pendant ce siècle, ce qui rendra très problématique l’entrée dans le port. Toutefois, dans les autres régions côtières de l’Islande où la terre n’est pas affectée par les variations de pression glaciaire, le niveau de la mer a tendance à monter, comme cela se produit ailleurs dans le monde.
En ce qui concerne la couverture glaciaire du Groenland, Jóhannesson explique qu’elle se rétrécit et exerce donc moins d’attraction gravitationnelle qu’auparavant sur la mer en direction du Groenland. Il faut probablement s’attendre à ce que la mer se retire dans une certaine mesure du Groenland, ce qui signifie que dans un certain nombre d’endroits le niveau de la mer va baisser ou, du moins, ne montera pas comme ailleurs dans le monde. Ce n’est toutefois pas un réel problème dans la mesure où, au Groenland, la terre descend à pic dans la mer. Il ne devrait donc pas y avoir de conséquences sérieuses pour les ports.
Selon Jóhannesson, la glace fond trente fois plus vite au Groenland qu’en Islande. La calotte glaciaire du Groenland se réduit de 350 m2 par an, soit un dixième de la taille du Vatnajökull. En conséquence, si le Vatnajökull fondait à la même vitesse que la calotte glaciaire du Groenland, il disparaîtrait en dix ans!
Selon Jóhannesson, des recherches approfondies ont été menées sur les effets du changement climatique sur les glaciers islandais. Une étude prédit que le Langjökull, le Hofsjökull et la partie sud du Vatnajökull auront tous disparu d’ici 200 ans. Jóhannesson ajoute que les organismes tels que l’Icelandic Road and Coastal Administration (qui gère les routes et les côtes en Islande) prennent déjà en compte ces prévisions lors de la conception des ports et des infrastructures. De même, la Société Nationale d’Electricité d’Islande conçoit et gère ses centrales hydroélectriques en prenant en compte les variations futures du débit des cours d’eau en provenance des glaciers. Enfin, la fonte des glaciers aura aussi un effet sur les paysages, le tourisme, et de nombreux autres domaines. Comme le dit Jóhannesson, « ces changements nécessiteront un gros effort de planification ».
Vous pouvez lire l’article complet à cette adresse:
http://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2015/10/17/arctic_2015_arctic_warming_twice_as_much_as_elsewhe/

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drapeau-anglaisOn the Iceland Review website, we can read a very interesting article about glacier melting in which Tómas Jóhannesson, glaciological research group leader at the Icelandic Met Office,gives his opinion about the phenomenon.
Tómas Jóhannesson confirms that glaciers act as an accurate ‘thermometer’ and global warming obviously affects them. The years 2009-14 saw twice as much ice melt in Greenland as in 2003-09, and three times as much in Antarctica. Scientists expect this trend to continue as long as the Arctic region continues to warm up. He adds that changes appear to be quickest where glaciers break off into the sea, as is the case with Columbia Glacier in Alaska.
As I put it in a previous note about Iceland, an effect of glacier melting is that land rises when glacial pressure decreases. This can alter the coastline and have an effect on sea erosion. Jóhannesson gives the example of the harbour in Höfn, South Iceland, which is quickly getting shallower as the Vatnajökull glacier recedes. Land is expected to rise by more than one metre this century, which will make entering the harbour considerably problematic. However, in most places in Iceland sea levels are actually rising, since world sea levels are rising and the land is not being altered by changes in glacial pressure.
As far as the Greenland ice sheet is concerned, Jóhannesson explains that the glacier is shrinking and is therefore exerting less of a gravitational pull on the sea towards Greenland than before. It is reasonable to expect the sea to retreat to some extent from Greenland, meaning sea levels will in many places drop or at least not rise as much as they otherwise would. This is not, however, a particular problem since in Greenland the land descends steeply into the sea. These changes will therefore not cause problems for harbours.
According to Jóhannesson, ice is melting in Greenland at thirty times the rate in Iceland. The Greenland ice sheet is shrinking by 350 m2 per year – that is one-tenth of the size of Vatnajökull. This means that if Vatnajökull were melting at the same speed as the Greenland ice sheet, it would be gone in ten years!
According to Jóhannesson, extensive research has been carried out into the effect of climate change on glaciers in Iceland. One study predicts that Langjökull, Hofsjökull and the southern part of Vatnajökull will all have disappeared in 200 years’ time. Jóhannesson explains that the concerned organisations such as the Icelandic Road and Coastal Administration are already taking such factors into account when designing ports and infrastructure. Similarly, the National Power Company of Iceland bases the design and management of its hydropower plants on considerations of changes in glacial run-off. Last but not least, shrinking glaciers also have an effect on the appearance of the land, tourism, and many other factors. Says Jóhannesson: “These changes will require a lot of planning”.
You can read the full article at this address:
http://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2015/10/17/arctic_2015_arctic_warming_twice_as_much_as_elsewhe/

Deux glaciers en sursis:

Vatna-blog

Le Vatnajökull en Islande

Columbia 01

Le Columbia en Alaska

(Photos: C. Grandpey)

François Hollande en Islande // François Hollande in Iceland

drapeau francaisFrançois Hollande a fait un saut en Islande vendredi dernier pour voir les effets du réchauffement climatique sur les glaciers, avant la COP 21 qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre à Paris. Il est allé voir le glacier Solheimajokull où la glace a reculé de plus d’un kilomètre depuis 1931.
La fonte des glaciers d’Islande augmente les risques d’inondation et est susceptible de menacer l’approvisionnement en énergie qui est principalement hydroélectrique dans ce pays. Il faut savoir que l’Islande génère la totalité de son électricité à partir d’énergies renouvelables, dont 75% avec l’énergie hydroélectrique et 25% avec l’énergie géothermique
Le Président a déclaré qu’il était «confiant» sur les chances de parvenir à un accord lors de la COP 21 dont le but est de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés Celsius. De nombreux scientifiques estiment toutefois que cet objectif est irréaliste. Depuis 1980, les températures dans l’hémisphère nord ont progressé de près de 1°C, et de beaucoup plus dans l’Arctique. Ainsi, la température à Svalbard, en Norvège, a augmenté de 3-4°C, au Groenland de plus de 2°C, et en Islande d’un peu plus de 1,5°C. Les scientifiques redoutent que les températures de l’Arctique augmentent deux fois plus vite que dans le reste du monde au cours des 100 prochaines années. Cela induira inévitablement des conditions complètement différentes pour la vie animale et végétale.
Source: Iceland Review.

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drapeau-anglaisFrançois Hollande took a short trip to Iceland last Friday to see the effects of global warming on glaciers, ahead of the talks on climate change to be held from November 30 to December 11 in Paris. He went to the shrinking Solheimajokull glacier, where the ice has retreated by more than 1 kilometre since 1931.
The melting of Iceland’s glaciers increases flood risks and may threaten its electricity supply, which is primarily generated by water power. Iceland generates 100 percent of its electricity with renewables, including 75 percent from hydropower and 25 percent from geothermal power
Hollande said he is « confident » about the chances to reach an agreement at Paris’ climate talks, aiming at keeping global warming below 2 degrees Celsius. Many scientists believe this target is unrealistic. Since 1980, temperatures in the northern hemisphere have risen by just under 1°C, and by much more in the Arctic region. Temperatures in Svalbard, Norway, have risen by 3-4°C, in Greenland by over 2°C, and in Iceland by just over 1.5°C. Temperatures in the Arctic region might rise at double the rate of the rest of the world over the next 100 years. There is general agreement that this means a wildly different climate for the Arctic region, bringing completely different conditions for animal and plant life.
Source : Iceland Review.

Worthington

Glacier Worthington en Alaska. Son recul est spectaculaire.  (Photo: C. Grandpey)

Trois photos pour le dire…

En remettant de l’ordre dans mes archives photographiques, j’ai mis la main sur plusieurs photos alpines qui permettent de se rendre compte de l’évolution du Glacier des Bossons et de la Mer de Glace au cours des dernières décennies. J’ai choisi pour chaque site trois clichés réalisés en 1956, 1982 et 2015. Ceux de 1956 ont été réalisés par mon père car j’étais encore un peu jeune pour tenir un appareil photo !
Comme je l’ai fait remarqué à plusieurs reprises, on se rend compte que l’impact du réchauffement climatique s’est accéléré dans les années 1980. Entre 1950 et 1980, les modifications sont moins significatives. Depuis les années 80, la perte de volume glaciaire est spectaculaire. Cette impression est confirmée par les panneaux qui indiquent les niveaux atteints par la Mer de Glace au fil des ans. Autres faits marquants : La jonction entre les glaciers des Bossons et du Taconnaz est une chose du passé et la langue terminale du Glacier des Bossons s’est effondrée au printemps 2014.
Aussi alarmantes que puissent être ces photos – auxquelles je pourrais ajouter celles du recul des glaciers en Alaska et la réduction de la banquise en Arctique – je ne suis pas certain que les chefs d’états présents à la prochaine conférence de Paris sur les changements climatiques comprendront l’urgence de la situation. Une réaction rapide de leur part se heurterait immédiatement à des enjeux économiques.

Mer de Glace blog 01

Mer de Glace en 1956

Mer de Glace blog 02

Mer de Glace en 1982

Mer de Glace 2015 blog 03

Mer de Glace en 2015

 Bossons 1956 web

Glacier des Bossons en 1956

Bossons-1982-web

Le Glacier des Bossons en 1982

Bossons 2015 web

Le Glacier des Bossons en 2015

(Photos: G & C. Grandpey)