Mort sur le Kilauea // Death on Kilauea Volcano

Comme je l’ai indiqué précédemment, la lave ne s’écoule pas en ce moment dans l’océan sur la Grande Ile d’Hawaii. Si on veut observer des coulées de lave, il faut parcourir une longue distance jusqu’à la base du pali ou grimper sur cette pente. Cependant, l’approche du champ de lave actif n’est pas sans risque.
Les équipes de secours ont reçu un appel d’urgence le 1er février au matin en provenance du secteur de Kalapana, « à 2 miles (3,2 km) en amont de la borne 24,5 de la route d’urgence (Emergency Road) », juste en dessous de l’ancienne subdivision des Jardins Royaux, où des randonneurs avaient été surpris par des vapeurs toxiques.
Trois randonneurs accompagnés de leur guide travaillant pour une agence de Pahoa se trouvaient à proximité d’une coulée de lave quand il a commencé à pleuvoir. Un nuage de vapeur et de gaz s’est rapidement formé et a entouré le groupe, en provoquant des problèmes respiratoires et de visibilité.
Le guide n’a pas réussi à échapper au nuage de gaz tandis que ses trois clients ont pu gagner un endroit plus sûr. Un hélicoptère est arrivé et a découvert les trois personnes à l’écart du nuage de gaz. Les sauveteurs ont ensuite localisé le guide dans un autre endroit. Il a été transporté vers une unité médicale où les médecins n’ont pu que constater sa mort. Des hélicoptères ont évacué les trois autres personnes qui n’étaient que légèrement blessées et n’avaient pas besoin de soins médicaux supplémentaires.
Le  HVO explique régulièrement dans ses mises à jour que les gaz volcaniques peuvent être dangereux pour les personnes, les animaux et les plantes.
https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/extra/hazards.pdf

Source: Presse hawaiienne

NDLR : Cet accident montre que la prudence est nécessaire sur un volcan actif, même si la situation paraît sûre. Dans le cas du Kilauea, j’emporte toujours un masque à gaz dans mon sac à dos, au cas où… Il cohabite avec des bouteilles d’eau et quelques barres énergétiques.

Cet accident sur le champ de lave du Kilauea me rappelle une aventure vécue dans le cratère du Pu’uO’o où notre petit groupe était entré, après avoir obtenu les autorisations et les chasubles du HVO. Dans le chapitre 9 – « Dans l’enfer du Pu’uO’o » – de son superbe livre D’un volcan à l’autre, Guy de Saint Cyr raconte comment nous avons été surpris par les nuages de gaz. Sans les masques à gaz, nous ne serions jamais sortis de cette situation très délicate…

Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous conseille vivement de vous procurer l’ouvrage de Guy, paru aux Editions La Martinière.

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As I put it before, no lava is currently flowing into the ocean on Hawaii Big Island. If you want to observe lava flows, you need to walk a long way to the base of the pali or climb ofn this slope. However, getting close to the active lava field may be dangerous.

Rescuers responded to an alarm on February 1st in the morning to the Kalapana lava viewing area, « approximately two miles inland from the 24.5-mile marker of the emergency road », just below the old Royal Gardens Subdivision, to rescue hikers from toxic fumes.

Four hikers, a Pahoa hiking guide leading three others, were hiking near a lava flow in the area of the old Royal Gardens Subdivision when it started raining which created a noxious steam cloud surrounding the group, affecting their breathing and vision.

The tour guide was overcome by the noxious steam cloud while the three visitors escaped to safer location. A rescue helicopter flew in and found the three people safely away from the fumes, then located the tour guide in another location. The tour guide was airlifted to a medic unit and he was determined to be dead. Helicopters airlifted the three other people who sustained minor injuries and they did not need further medical attention.

USGS/HVO regularly explains in its updates that volcanic gases can be hazardous to people, animals and plants.

 https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/extra/hazards.pdf

Source: Hawaiian newspapers.

Personal remark: This accident shows that caution is needed on an active volcano, even if the situation seems safe. In the case of Kilauea, I always carry a gas mask in my backpack, just in case … It lies next to water bottles and some energy bars.

This accident on the lava field of Kilauea Volcano reminds me of an adventure in the Pu’uO’o Crater our small group had entered, after having obtained the HVO permits and vests. In chapter 9 – « In the hell of Pu’uO’o » – of his superb book D’un volcan à l’autre, Guy de Saint Cyr tells how we were surprised by the clouds of gas. Without the gas masks, we would never have exscaped from this very difficult situation …

I strongly advise you to get the book (written in French) published by Editions La Martinière.

Nuages de gaz dans le cratère de l’Halema’uma’u dont l’accès est, à juste titre, interdit au public (Photo: C. Grandpey)

Nuages de gaz dans le cratère du Pu’uO’o (Photo: C. Grandpey)

Vous n’avez pas trouvé un drone? // Haven’t you found a drone ?

Les volcanologues balinais sont à la recherche d’un drone coûteux qui a disparu au cours d’un vol près du cratère de l’Agung le 23 janvier 2018. Le volcan a connu quatre épisodes éruptifs ce jour-là, mais les nuages de cendre n’ont pas pu être observés car la montagne était enveloppée d’épais nuages. Le drone AI 450 a été envoyé vers le volcan plus tard dans la soirée, avec à son bord des outils pour échantillonner les gaz volcaniques, mais il a dû affronter des vents violents tout le long du chemin. Le contact avec le drone a été perdu vers minuit. [Remarque personnelle: Pourquoi diable ont-ils fait voler le drone si le vent était si fort ?? Les drones sont très sensibles au vent et même de légers coups de vent peuvent les projeter au sol !!]
Les autorités ont demandé que des recherches soient effectuées pour retrouver le drone, en particulier à l’aide d’une carte montrant sa trajectoire avant qu’il disparaisse à 2800 mètres d’altitude, à environ 300 mètres sous le cratère, dans la zone d’exclusion.
D’une valeur de 600 millions de roupies indonésiennes (45 000 dollars américains), le drone avait déjà effectué plusieurs vols autour de l’Agung depuis la reprise d’activité volcanique en août. Sans le drone, les volcanologues sont maintenant dans l’impossibilité d’analyser les gaz à partir desquels les scientifiques peuvent mieux comprendre le comportement d’un volcan en éruption.
Les volcanologues balinais avaient reçu de l’USGS ce drone doté d’un équipement de détection multigaz. Il a donc été demandé aux Américains d’envoyer de nouveaux outils pour poursuivre les missions de surveillance.
Source: Newsweek.

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Volcanologists on the island of Bali are looking for an expensive drone that disappeared while flying near the crater of Mount Agung volcano on January 23rd 2018. The volcano erupted four consecutive times on that same day in the morning, but the ash cloud could not be observed as the mountain was concealed by thick clouds. The AI 450 drone was sent on a flight mission to the volcano later in the evening carrying tools to sample volcanic gases, but it had to battle strong winds along its way. Contact with the drone was lost around midnight. [Personal remark : Why on earth did they fly the drone if the wind was so strong ?? Drones are very sensitive to the wind and even slight winds can throw them to the ground!!]

The officials appealed for information about the unmanned aerial vehicle (UAV), showing a map of the drones’ trajectory before it disappeared at an altitude of 2,800 metres, about 300 metres below the volcano’s crater, within the exclusion zone.

Worth 600 million Indonesian rupees (45,000 US dollars), the drone had performed several flights around the mountain since the volcano resumed its activity in August. Without the drone, Bali volcanologists are now unable to analyze the volcanic gases, from which scientists can better understand why and how a volcano erupts.

The Bali volcanologists were given the multigas sensor equipment by USGS which has been asked to send over new tools to continue the monitoring missions.

Source: Newsweek.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Dans son dernier bulletin du 2 janvier 2018, l’OVPF indique qu’au mois de décembre 2017, on a enregistré 20 séismes volcano-tectoniques superficiels (0 à 2 km de profondeur) sous les cratères sommitaux, 2 séismes profonds (plus de 2 km de profondeur), ainsi que 298 effondrements dans le Cratère Dolomieu, au niveau des remparts de l’Enclos Fouqué et au niveau du site éruptif de juillet/août 2017.
Au cours du mois de décembre 2017, les stations GPS au sommet n’ont pas enregistré de signaux particuliers. En revanche, les stations GPS en champ lointain ont continué à enregistrer une lente inflation continue, témoin de la mise en pression d’une source profonde.

Aucune évolution majeure n’a été observée en décembre concernant la géochimie des gaz. Au sommet du Piton de la Fournaise, on continue à observer la présence de faibles concentrations en H2S et parfois SO2 dans l’air.

S’agissant du projet d’ »accompagnement du public sur les sites éruptifs » que j’avais mentionné sur ce blog il y a quelques mois, il est tombé à l’eau. C’est ce que vient de m’indiquer l’un de mes contacts sur l’Ile de la Réunion. En d’autres termes, les touristes de passage sur l’Ile au moment d’une éruption devront se contenter de la voir de loin. Depuis 2014-2015, l’accès au volcan est systématiquement interdit en période d’éruption. Depuis 2017, même les journalistes et photographes sont, eux aussi, officiellement persona non grata. Pourtant, au vu des publications dans les médias, que ce soit la presse écrite ou télévisée au moment de la dernière éruption, il semblerait que les habitués n’aient rien changé à leurs habitudes et que la Préfecture ne trouve rien à redire… Bizarre…

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In its last bulletin of January 2nd, 2018, OVPF indicates that in December 2017, the observatory recorded 20 shallow volcano-tectonic earthquakes (0 to 2 km deep) under the summit craters, two deep earthquakes (more than 2 km deep), as well as 298 collapses in the Dolomieu Crater, along the Enclos Fouqué ramparts and at the eruptive site of July / August 2017.

During the month of December 2017, GPS stations at the summit did not record any particular signals. Far-field GPS stations, on the other hand, continued to record slow, steady inflation as a source of deep pressure.

No major developments were observed in December concerning gas geochemistry. At the summit of Piton de la Fournaise, one continues to observe low concentrations of H2S and sometimes SO2.

Regarding the project of « public accompaniment on eruptive sites » that I mentioned on this blog a few months ago, it has been abandoned. This is what one of my contacts on the Island has just told. In other words, tourists visiting the Island at the time of an eruption will have to see it from afar. Since 2014-2015, access to the volcano is systematically prohibited during eruptions. Since 2017, even journalists and photographers are also officially persona non grata. However, judging from the publications in the media, be it the newspapers or on television during the last eruption, it seems that the regulars have not changed their habits and that the Prefecture did not find anything wrong … Very strange…

Crédit photo: Wikipedia

Dernières nouvelles du Mt Agung (Bali / Indonésie) // Mt Agung (Bali / Indonesia) : Latest news

Le dernier bulletin diffusé par le VSI le 1er décembre donne des informations intéressantes sur l’activité de l’Agung mais il ne ressort rien de vraiment alarmant. Il faut toutefois se montrer très prudent car sur un volcan de ce type, la situation peut évoluer très rapidement.

S’agissant des émissions au niveau du cratère, le VSI confirme les observations faites via la webcam. A noter que depuis le 30 septembre, les émissions de cendre semblent avoir été remplacées par un panache essentiellement composé de vapeur.

Suite aux intempéries récentes, des lahars sont apparus sur les pentes sud et nord de l’Agung. Il n’y a pas de victimes, mais des maisons des routes et des rizières ont subi des dégâts

Les mesures GPS ne montrent pas d’inflation significative de l’édifice volcanique, contrairement à ce qui avait été observé avant le début de l’éruption.

L’analyse des matériaux émis confirme que la première phase de l’éruption (21 novembre 2017) était d’origine phréatique. Présence de magma juvénile.

Les données satellitaires montraient régulièrement une anomalie thermique les 27, 28 et 29 novembre 2017 avec des températures comprises entre 286,6 et 298,8 +/- 6 degrés Celsius et une puissance maximale de 97 mégawatts. Les données satellitaires indiquent également que des éruptions effusives se produisent encore dans le cratère. Cela explique donc la lueur qui vient se refléter sur le panache la nuit.
Cette éruption effusive a des implications sur le volume de lave dans le cratère. Il est estimé à environ 20 millions de mètres cubes, soit un tiers du volume total du cratère. [NDLR : Il semble donc qu’en l’état actuel des choses on soit encore loin de la formation d’un dôme volumineux susceptible de déborder du cratère et de s’effondrer en déclenchant des coulées pyroclastiques. Toutefois, comme je l’indiquais précédemment, il faut rester prudent car une ascension rapide de magma peut toujours intervenir. Les sismos devraient toutefois avertir d’une telle éventualité]

Le VSI conclut son rapport en rappelant que l’activité de l’Agung reste élevée, ce qui justifie le maintien du niveau d’alerte maximum (4 – AWAS) et l’expansion de la zone de sécurité au nord-est et au sud-est-sud-sud-ouest jusqu’à 10 km du cratère du Mont Agung.

Source : VSI.

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The last report released by VSI on 1 December gives interesting information on the activity of Mt Agung but there is nothing really alarming. However, it is necessary to be very careful because the situation can evolve very quickly on a volcano of this type.
Regarding the crater emissions, VSI confirms observations made via the webcam. It can be noted that since September 30th, ash emissions seem to have been replaced by a plume mainly composed of water vapour.
Following recent storms, lahars have appeared on the south and north slopes of Mt Agung. There are no casualties, but road houses and rice fields have been damaged
GPS measurements do not show any significant inflation of the volcanic edifice, contrary to what was observed before the start of the eruption.
The analysis of the materials emitted confirms that the first phase of the eruption (21 November 2017) was phreatic. Presence of juvenile magma.
Satellite data regularly showed a thermal anomaly on November 27th, 28th and 29th, 2017 with temperatures between 286.6 and 298.8 +/- 6 degrees Celsius and a maximum power of 97 megawatts. Satellite data also indicate that effusive eruptions still occur in the crater. This explains the glow that reflects on the plume at night.
This effusive eruption has implications for the volume of lava in the crater. It is estimated at about 20 million cubic meters, a third of the total volume of the crater. [Editor’s note: It seems that in the current situation we are still far from the formation of a large dome likely to overflow the crater and collapse, triggering pyroclastic flows. However, as I indicated previously, one must remain cautious because a rapid ascent of magma is always possible. Seismos should however warn of such an eventuality]
VSI concludes its report reminding its readers that Mt Agung’s activity remains high, which justifies the maintenance of the maximum alert level (4 – AWAS) and the expansion of the security zone to the north-east and south East-South-South-West up to 10 km from Mount Agung’s crater.
Source: VSI.

Webcam VSI