Le réchauffement climatique met à mal une capsule temporelle dans l’Arctique // Global warming causes problems to a time capsule in the Arctic

Depuis les années 1990, on assiste à une fonte accélérée de la banquise arctique sous les coups de boutoirs du réchauffement climatique. La glace de mer rétrécit comme peau de chagrin et sa perte de surface bat des records d’année en année. Les mesures du mois d’octobre 2020 montrent que la banquise a perdu 8,2% de sa superficie en seulement dix ans.

Au mois de novembre 2020, la presse a fait état d’un événement qui confirme la vitesse de fonte de la glace dans l’Arctique. Tout commence par un simple fait divers. Alors qu’ils se promenaient sur les plages du comté de Donegal (Irlande), deux surfeurs de la région ont découvert un objet pour le moins déconcertant. Il s’agissait d’un cylindre en acier qui, à première vue, ressemblait à une pièce perdue par un bateau. En y regardant mieux, ils ont découvert des inscriptions  rédigées en russe et ont tout d’abord cru qu’il s’agissait d’un engin explosif, mais à la vue de la date inscrite, ils en ont déduit qu’il pouvait s’agir des cendres d’un défunt. Ils ont donc décidé de ne pas ouvrir l’objet.

Les deux hommes ont demandé à un ami russe de leur traduire les inscriptions sur le cylindre. La traduction a révélé qu’il s’agissait en fait une capsule temporelle, autrement dit un concept qui consiste à enterrer des objets du présent pour qu’ils soient redécouverts plusieurs générations plus tard.

Les deux surfeurs se demandèrent d’où pouvait venir ce cylindre en acier.  Son origine se trouvait à bord du brise-glace russe  50 Let Pobedy (en russe : 50 лет Победы) – ou en français « les 50 ans de la Victoire » – où plusieurs explorateurs de l’Arctique avaient décidé d’emprisonner la capsule dans un de ces nombreux blocs de glace qui flottent à la surface de l’Océan Arctique. Le brise-glace nucléaire de la marine russe parcourt les mers du Nord depuis 2007. Il est capable d’embarquer jusqu’à 140 passagers – scientifiques et touristes – ainsi que 128 membres d’équipage à travers les eaux gelées de l’Arctique.

La capsule temporelle a été emprisonnée dans les glaces de l’Arctique en 2018 et elle a été retrouvée deux ans seulement après y avoir été déposée, alors que la majorité de l’équipage du brise-glace pensait la revoir d’ici 30 à 50 ans. Le réchauffement climatique en a décidé autrement ; la capsule a refait surface dans le nord-ouest de l’Irlande à plus de 3.800 kilomètres de sa cage de glace, seulement deux ans après y avoir été emprisonnée.

L’idée de départ pour les passagers du brise-glace russe était d’enfermer une capsule temporelle dans les glaces de l’Arctique pour les futures générations. À l’intérieur, ils avaient déposé des lettres, des cartes postales, des photos, signes d’un passé plus ou moins lointain. Parmi les objets présents dans la capsule, il y a une lettre rédigée en anglais et datée du 4 août 2018 ; elle rend compte de la situation de l’époque, « Devant nous, s’étend à perte de vue une étendue glacée. Lorsque la capsule sera retrouvée, cela voudra probablement dire qu’il n’y a plus de glace dans cette partie de l’Arctique« . Raté !

Source : Médias d’information français.

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Since the 1990s, there has been an accelerated melting of the Arctic sea ice under the blows of global warming. Sea ice is shrinking rapidly and its loss of surface is breaking records year after year. Measurements for October 2020 show that the sea ice has lost 8.2% of its area in just ten years.

In November 2020, the press reported on an event confirming the rate of ice melting in the Arctic. It all starts with a simple news item. While walking on the beaches of County Donegal (Ireland), two surfers from the region discovered a disconcerting object. It was a steel cylinder that, at first glance, looked like a piece of steel lost by a ship. Upon closer inspection, they discovered inscriptions written in Russian and at first believed that it was an explosive device, but seeing the date inscribed, they thought it could be an urn containing the ashes of a deceased. So they decided not to open the object.

The two men asked a Russian friend to translate the inscriptions on the cylinder for them. The translation revealed that it was, in fact, a time capsule, meaning a concept of burying objects in the present so that they can be rediscovered generations later.

The two surfers wondered where this steel cylinder could come from. Its origin was on board the Russian icebreaker 50 Let Pobedy (in Russian: 50 лет Победы) – or in French « 50 years of Victory » – where several Arctic explorers had decided to imprison the capsule in one of the many blocks of ice that float on the surface of the Arctic Ocean. The Russian Navy’s nuclear icebreaker has been traveling the northern seas since 2007. It is capable of carrying up to 140 passengers – scientists and tourists – as well as 128 crew members through the frozen waters of the Arctic.

The time capsule was trapped in the Arctic ice in 2018 and was found just two years after being dropped there, when the majority of the icebreaker crew believed to see it again within 30 to 50 years. years. Global warming has decided otherwise; the capsule resurfaced in northwestern Ireland more than 3,800 kilometres from its ice cage, just two years after being imprisoned there. The original idea for the passengers of the Russian icebreaker was to enclose a time capsule in the Arctic ice for future generations. Inside, they had left letters, postcards, photos, signs of a more or less distant past. Among the objects in the capsule, there is a letter written in English and dated August 4th, 2018; it describes the environment at the time, « Ahead of us lies an expanse of ice as far as the eye can see. When the capsule is found, it will probably mean that there is no more ice in this part of the Arctic « .

Source: French news media.

Le brise-glace russe (Source : Wikipedia)

Fonte et recul des glaciers islandais // Melting and retreat of Icelandic glaciers

Selon une nouvelle étude publiée dans Frontiers in Earth Science, les glaciers islandais ont perdu environ quatre milliards de tonnes de glace en moyenne au cours des 130 dernières années. La moitié de cette perte s’est produite au cours du dernier quart de siècle.

Des scientifiques islandais du Met Office et de différents organismes des Sciences de la Terre ont retracé l’évolution des glaciers depuis leur plus grande étendue de la fin du 19ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Au total, les glaciers ont perdu entre 410 et 670 milliards de tonnes de glace entre 1890 et 2019. Ils ont reculé rapidement au cours de la première partie du 20ème siècle, mais les fluctuations naturelles du modèle climatique ont ralenti leur recul des années 1960 aux années 1990. Aujourd’hui, ils fondent de plus en plus rapidement en raison du réchauffement climatique.

Environ la moitié de la perte de masse de glace des glaciers islandais s’est produite entre l’automne 1994 et l’automne 2019, avec une perte d’environ 220 à 260 milliards de tonnes, soit environ 10 milliards de tonnes par an. Ainsi, les glaciers ont perdu près de 16% de leur volume au cours de cette période. Le changement climatique est tenu responsable de ces changements rapides.

Selon la dernière étude, les glaciers islandais rétrécissent plus rapidement que leurs homologues ailleurs dans le monde, en dehors des calottes polaires. C’est l’un des effets  les plus évidents du réchauffement climatique. Même si les pays réussissaient à contenir leurs émissions de gaz à effet de serre et à empêcher une accélération du réchauffement climatique, les glaciers continueraient de fondre pendant des décennies.

Cependant, le réchauffement climatique n’est probablement pas le seul facteur qui explique  la fonte des glaciers islandais. Les scientifiques ont découvert que le glacier Vatnajökull a perdu 3,7 milliards de tonnes de glace lors de l’éruption volcanique de Gjálp en octobre 1996 et au cours de l’été 2010 – soit deux fois la perte de glace habituelle – en raison de l’éruption de l’Eyjafjallajökull. L’activité géothermique, le vêlage dans les lagons glaciaires et le frottement de la calotte glaciaire sur le substrat rocheux ont également contribué à la perte de masse de la glace.

Si l’on considère les glaciers individuellement, on constate que le Vatnajökull a perdu 45 mètres, le Langjökull 66 mètres et le Höfsjökull 56 mètres au cours des 130 dernières années. Dans le même temps, le Vatnajökull a perdu 12% de son volume, le Langjökull 29% et le Höfsjökull 25%.

Les glaciers ne reculent pas de façon linéaire et leur volume fluctue chaque année. Malgré une perte générale de glace au cours des dernières décennies, les glaciers ont repris de la vigueur au cours de l’hiver 2014-2015. Durant cette période, plusieurs systèmes de basse pression ont apporté des précipitations abondantes et ont été suivis d’un été relativement frais. C’est la dernière fois que les glaciers islandais ont pris de la masse pendant l’hiver et le seul hiver de ce type au cours des 25 dernières années.

Le rapport de 2018 de l’Icelandic Science and Technology Council prévoit que les glaciers islandais disparaîtront dans les siècles à venir à cause du réchauffement climatique si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. À l’échelle de la planète, la fonte des glaciers pourrait entraîner une hausse moyenne d’un mètre du niveau des océans au cours de ce siècle. Cette hausse est plus difficile à prévoir en Islande. En raison du rebond isostatique que j’ai mentionné précédemment (élévation des terres en raison de la masse plus faible de la glace), la hausse du niveau de la mer pourrait être moins significative autour de l’Islande, voire être inversée en certains endroits. De plus, certains scientifiques pensent que l’élévation des terres due à la fonte des glaciers pourrait augmenter la fréquence des éruptions volcaniques, mais cela reste à prouver. Pour mémoire, les dernières ont eu lieu en 2010 et 2014.

Source: Iceland Review.

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According to a new study published in Frontiers in Earth Science, Iceland’s glaciers have lost about four billion tonnes of ice on average over the past 130 years, and about half the loss of volume has occurred in the past 25 years.

Icelandic scientists from the Met Office and Earth Sciences organisations have traced the glaciers’ development from their largest extent at the end of the 19th century to now. In total, the glaciers have lost between 410-670 billion tonnes of ice between 1890 and 2019. They receded quickly during the first part of the 20th century but natural climate pattern fluctuations slowed their recession from the sixties to the nineties. Since then, they have receded quicker than before due to global warming.

About half of the ice mass loss on Icelandic glaciers happened from autumn 1994 to autumn 2019, with a loss of about 220-260 billion tonnes of ice, which amounts to about 10 billion tonnes per year. The glaciers have lost close to 16% of their volume in this period. Climate change is held responsible for these swift changes.

The result of the research is that on average, Icelandic glaciers shrink faster than most glacial areas in the world, outside the polar ice caps. This is one of the most evident results of global warming in the world. Even if people managed to contain their emission of greenhouse gasses and prevent further global warming, glaciers would continue to melt for decades.

However, global warming is probably not the only factor in Icelandic glaciers melting. Scientists found that Vatnajökull glacier lost 3.7 billion tonnes of ice during the Gjálp volcanic eruption in October 1996 and over the summer of 2010, twice the usual amount of ice melted due to the Eyjafjallajökull eruption. Geothermal activity, glacial lagoon calving, and ice cap friction with bedrock also added to the loss of ice mass.

Individual glaciers have thinned by dozens of metres in the last century. Vatnajökull has lost 45 metres, Langjökull 66 metres, and Höfsjökull 56 metres for the past 130 years. During that time, Vatnajökull has lost 12% of its volume, Langjökull 29% and Höfsjökull 25%.

The glaciers don’t shrink linearly, and their volume fluctuates every year. Despite an overall recession in the past decades, glaciers gained mass in the winter of 2014-2015. That winter saw several low-pressure systems arriving one after the other, bringing large amounts of precipitation and was followed by a relatively cool summer. That was the last time Iceland’s glaciers gained mass over winter and the only such winter for the past 25 years.

The science committee of the Icelandic Science and Technology Council’s 2018 report on how climate change would affect Iceland forecasted that Icelandic glaciers would disappear in the coming centuries if the emission of greenhouse gasses continues the way it has.

Globally, melting glaciers might raise ocean levels, on average, by one metre in this century. The development in Iceland is less clear. Due to the isostatic rebound I mentioned previously, ocean levels might rise less around Iceland, even drop in some places. Land rise due to glaciers melting might make volcanic eruptions more frequent, cut this remains to be proved.

Source: Iceland Review.

Au pied du Vatnajökull (Photo : C. Grandpey)

 

L’Arctique ne sera plus jamais comme avant // The Arctic will never be the same again

Il n’est pas une journée sans mauvaises nouvelles de l’Arctique. Un article paru dans The Guardian nous rappelle qu’à la fin du mois de juillet 2020, 40% de la plate-forme glaciaire de Milne, sur la bordure nord-ouest de l’île d’Ellesmere, sont partis dans la mer. Cela signifie que la dernière banquise encore parfaitement intacte au Canada n’existe plus. De l’autre côté de l’île, dans la région la plus septentrionale du Canada, les calottes glaciaires de la baie St Patrick ont ​​totalement disparu. Selon les scientifiques, la calotte glaciaire du Groenland a probablement dépassé le point de non-retour. Les chutes de neige annuelles ne suffisent plus pour compenser la perte de neige et de glace pendant la fonte estivale des 234 glaciers du territoire. En 2019, la calotte glaciaire a perdu sa glace à raison d’un million de tonnes par minute.
L’Arctique fond plus rapidement qu’on l’imaginait il y a seulement quelques décennies. Le nord de la Sibérie et l’Arctique canadien se réchauffent maintenant trois fois plus vite que le reste du monde. Au cours de la dernière décennie, les températures de l’Arctique ont augmenté de près de 1°C. Si les émissions de gaz à effet de serre restent sur la même trajectoire, le nord du globe se sera réchauffé de 4°C d’ici le milieu de ce siècle.
L’Arctique tel que nous le connaissons aujourd’hui ne sera bientôt plus qu’un souvenir.
Une nouvelle étude parue dans Nature Climate Change explique que la glace de mer qui flotte pendant l’été à la surface de l’océan Arctique pourrait disparaître entièrement d’ici 2035. Jusqu’à relativement récemment, les scientifiques pensaient que cette situation attendrait 2050 au plus tôt. Confirmant les prévisions de l’étude, la glace de mer arctique en septembre 2020 a atteint sa deuxième plus faible étendue en 41 ans.
S’ajoutant à ce qui précède, le pergélisol de l’Arctique canadien dégèle 70 ans plus tôt que prévu. Les routes se déforment. Les maisons s’affaissent. En Sibérie, des cratères géants apparaissent brusquement dans la toundra lorsque les températures montent en flèche; il ne faut pas oublier qu’elles ont atteint 38°C dans la ville de Verkhoyansk en juillet 2020. Il ne faudrait pas oublier non plus qu’au printemps de cette année, un réservoir de carburant dans une centrale électrique russe, s’est renversé sous l’effet du dégel du pergélisol et a déversé 21 000 tonnes de diesel dans un cours d’eau à proximité.
Le dégel du pergélisol libère dans l’atmosphère du gaz carbonique et du méthane, deux puissants gaz à effet de serre, ce qui aggrave le réchauffement climatique. Les vagues de chaleur successives ont provoqué des incendies de forêt qui font rage dans les régions les plus chaudes et les plus sèches de l’Arctique. Cela a un effet négatif sur les millions de rennes et de caribous qui se nourrissent des mousses, des lichens. A l’inverse, entre 2013 et 2014, environ 61 000 animaux sont morts dans la péninsule russe de Yamal en raison d’une famine à grande échelle pendant un hiver pluvieux. Dans son ensemble, la population mondiale de rennes et de caribous a diminué de 56% au cours des 20 dernières années. Ces pertes ont des conséquences désastreuses pour les peuples autochtones dont la culture et les moyens de subsistance dépendent de ces animaux.
A côté de cela, le changement climatique dans l’Arctique est une aubaine pour les gouvernements peu scrupuleux qui trouvent des opportunités dans la crise climatique actuelle:
– La fonte des glaces est en train de rendre accessibles les ressources minérales et les réserves de pétrole et de gaz de la région Au Groenland, la fonte de la glace révèle une richesse en uranium, zinc, or, fer et autres minéraux. On comprend pourquoi Donald Trump a affirmé en 2019 qu’il envisageait d’acheter le Groenland au Danemark.
– La Chine investit massivement dans la route maritime du Nord de plus en plus exempte de glace au-dessus de la Russie. Cela promet de réduire de 10 à 15 jours les trajets par bateau entre l’Extrême-Orient et l’Europe. Le passage du Nord-Ouest à travers l’archipel arctique canadien fournira probablement bientôt un autre raccourci maritime.
Jamais auparavant l’Arctique n’avait été autant convoité.
Pour arrêter le changement climatique dans l’Arctique, il faudrait réduire considérablement les émissions de combustibles fossiles, et le monde n’est pas engagé sur cette voie pour le moment. Comme je l’explique lors de mes conférences, en supposant que nous cessions toutes les émissions de gaz à effet de serre par un coup de baguette magique, il faudrait des décennies pour que l’atmosphère se purifie et pour que et les températures se stabilisent.
Une chose est sûre, on ne reverra jamais l’Arctique tel qu’il était dans le passé. Au train où vont les choses, il sera impossible de revenir aux conditions qui prévalaient il y a seulement une trentaine d’années..
Adapté d’un article paru dans The Guardian.

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Nearly everyday brings bad news about the Arctic. An article in The Guardian reminds us that at the end of July 2020, 40% of the Milne Ice Shelf, on the north-western edge of Ellesmere Island, calved into the sea. This means Canada’s last fully intact ice shelf does not exist any more. On the other side of the island, the most northerly in Canada, the St Patrick’s Bay ice caps completely disappeared. Scientists concluded that the Greenland Ice Sheet may have already passed the point of no return. Annual snowfall is no longer enough to replenish the snow and ice loss during summer melting of the territory’s 234 glaciers. In 2019, the ice sheet lost a record amount of ice, equivalent to one million tons every minute.

The melting of the Arctic is happening faster than anyone could have imagined just a few decades ago. Northern Siberia and the Canadian Arctic are now warming three times faster than the rest of the world. In the past decade, Arctic temperatures have increased by nearly 1°C. If greenhouse gas emissions stay on the same trajectory, we can expect the north to have warmed by 4°C by the middle of the century.

There is no facet of Arctic life that remains untouched by global warming. The Arctic as we know it today will soon be frozen only in memory.

A new Nature Climate Change study predicts that summer sea ice floating on the surface of the Arctic Ocean could disappear entirely by 2035. Until relatively recently, scientists thought it would reach this point in 2050 at the earliest. Reinforcing the study’s prediction, Arctic sea ice in September 2020 reached its second-lowest extent in the 41-year satellite record.

What is more, in the Canadian Arctic, permafrost is thawing 70 years sooner than predicted. Roads are distorted. Houses are sinking. In Siberia, giant craters pockmark the tundra as temperatures soar; we should not forget they reached 38°C in the town of Verkhoyansk in July. We should not forget either that his spring, a fuel tank at a Russian power plant collapsed and leaked 21,000 tons of diesel into nearby waterways, because of the subsiding permafrost.

This thawing permafrost releases two potent greenhouse gases, carbon dioxide and methane, into the atmosphere and, as such, exacerbates global warming.

The heatwaves led to raging wildfires which are getting common in hotter and drier parts of the Arctic. This has a negative effect on the millions of reindeer and caribou who eat mosses, lichens, and stubbly grasses. Between 2013 and 2014, an estimated 61,000 animals died on Russia’s Yamal peninsula due to mass starvation during a rainy winter. Overall, the global population of reindeer and caribou has declined by 56% in the last 20 years. Such losses have disastrous consequences for the indigenous people whose culture and livelihoods depend on these animals.

Yet climate change in the Arctic is a godsend for unscrupulous governments that find opportunities in the crisis:

– Melting ice has made the region’s abundant mineral deposits and oil and gas reserves more accessible by ship. In Greenland, vanishing ice is unearthing a wealth of uranium, zinc, gold, iron and rare earth elements. In 2019, Donald Trump claimed he was considering buying Greenland from Denmark.

– China is heavily investing in the increasingly ice-free Northern Sea Route over the top of Russia, which promises to cut shipping times between the Far East and Europe by 10 to 15 days. The Northwest Passage through the Canadian Arctic Archipelago could soon yield another shortcut.

Never before has the Arctic enjoyed such political relevance.

Stopping climate change in the Arctic requires an enormous reduction in the emission of fossil fuels, and the world is not on the way to do it. As I explain during my conferences, supposing we cease all emissions like a fairy with a magic wand, it would take the atmosphere decades to clear and temperatures to stabilize.

One thing is sure, the Arctic of the past is already gone. Following our current climate trajectory, it will be impossible to return to the conditions that prevailed three decades ago.

Adapted from an article in The Guardian.

 

Les glaciers du Groenland: une espèce en voie de disparition (Photos : C. Grandpey)

Glaciers du Groenland : une catastrophe annoncée // Greenland glaciers: an inevitable disaster

Sous l’effet du réchauffement climatique, les glaciers du Groenland fondent à une vitesse incroyable et les scientifiques s’accordent aujourd’hui pour dire qu’ils ont atteint un point de non-retour. Ils ne retrouveront jamais leur majesté d’autrefois. En fondant, ces glaciers envoient dans l’océan des quantités phénoménales d’eau douce, avec des conséquences faciles à imaginer, que ce soit sur le niveau de mers ou même sur le comportement des courants océaniques. S’agissant du niveau des océans, les scénarios les plus défavorables estiment qu’on se dirige vers une hausse qui atteindrait 15 millimètres d’ici l’année 2100. Toutefois, de nombreux chercheurs préviennent que ces prévisions sont probablement trop optimistes et que la hausse sera supérieure car on sous-estime trop souvent la perte de masse glaciaire.

Pour comprendre à quel point la situation est alarmante, il suffit d’observer le Jakobshavn, le plus volumineux glacier du Groenland. C’est aussi celui qui se déplace le plus rapidement. Son vêlage donne naissance à d’impressionnants icebergs. Depuis la fin du 19ème siècle, entre 1880 et 2012, on pense qu’il a perdu au moins de 1500 milliards de tonnes de glace.

Le Kangerlussuaq est le plus gros de la côte est. Une bosse dans le substrat rocheux sur lequel repose le glacier l’a provisoirement protégé. Mais une fois le front du glacier disparu, les eaux chaudes ont pu faire leur œuvre et creuser peu à peu la glace. Le glacier a perdu 1381 milliards de tonne entre 1900 et 2012.

Toujours sur la côte Est, le glacier Helheim est l’un des plus importants systèmes d’exutoire en eau solidifiée du Groenland. Depuis le 19ème siècle, il a perdu 31 milliards de tonnes de glace.

Ces chiffres montrent que sous les assauts du réchauffement climatique, ces trois glaciers ont reculé de manière spectaculaire. Les images satellites et les photos prises sur le terrain n’autorisent pas le moindre doute.

Les chercheurs estiment qu’au cours de la dernière décennie, la fonte de ces glaciers a entraîné une élévation du niveau de la mer de 8,1 millimètres. Selon une étude qui vient d’être publiée dans la revue Nature Communications, le plus inquiétant, c’est que les modèles climatiques actuels sous-estiment très probablement ce qui se passera dans le futur. Les trois glaciers que je viens d’évoquer contiennent suffisamment d’eau pour faire monter le niveau de la mer de plus d’un mètre.

Les experts du GIEC estiment que la fonte des glaces, qu’elle provienne des glaciers ou des calottes, pourrait faire monter le niveau des mers entre 30 et 110 cm d’ici la fin du siècle, en fonction des niveaux d’émissions de gaz à effet de serre.

Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, le scénario le plus pessimiste du GIEC implique l’absence de toute mesure pour limiter les émissions tout au long du 21ème siècle. Cela conduirait à une hausse des températures d’au moins 3°C par rapport aux niveaux pré-industriels, et ne répondrait donc pas à l’objectif de moins de +2°C défini par l’Accord de Paris sur le climat.

Selon les modèles climatiques mettant en oeuvre le scénario du pire, les trois glaciers du Groenland mentionnés plus haut contribueraient à une augmentation du niveau des océans entre 9,1 et 14,9 mm d’ici 2100.

Les chercheurs sont persuadés aujourd’hui que ce scénario du pire est sous-estimé. Pour les trois glaciers étudiés, la perte de glace pourrait être trois ou quatre fois plus importante que les prévisions ne l’anticipaient.

Une étude publiée en septembre dans la revue Nature a conclu que si les émissions de CO2 continuent au rythme actuel, la calotte glaciaire du Groenland pourrait se réduire de 36 000 milliards de tonnes entre 2000 et 2100, suffisamment pour rehausser les océans de 10 cm.

Source : Presse internationale.

J’aime montrer cette vidéo d’un vêlage majeur du glacier Ilulissat dans l’ouest du Groenland en 2008. Les images parlent d’elles-mêmes et décrivent ce qui va se passer sur l’ensemble de cette grande île dans les prochaines années :

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

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As a result of global warming, Greenland’s glaciers are melting at an incredible speed and scientists today agree that they have reached a point of no return. They will never regain their former majesty. As they melt, these glaciers send huge amounts of fresh water into the ocean, with consequences that are easy to imagine, be it on sea levels or even on the behaviour of ocean currents. Regarding the level of the oceans, the most unfavorable scenarios estimate that we are heading for an increase of 15 millimetres by the year 2100. However, many researchers warn that these forecasts are probably too optimistic and that the increase will be greater because the loss of ice mass is too often underestimated.

To understand how alarming the situation is, we just need to look at Jakobshavn, the largest glacier in Greenland. It’s also the fastest moving one. Its calving gives birth to impressive icebergs. Since the end of the 19th century, between 1880 and 2012, it is thought to have lost at least 1.5 trillion tonnes of ice.

Kangerlussuaq is the largest on the east coast. A bump in the bedrock on which the glacier rests temporarily protected it. But once the front of the glacier disappeared, the warm waters were able to do their work and gradually dig the ice. The glacier lost 1,381 billion tonnes between 1900 and 2012.

Also on the east coast, Helheim Glacier is one of the largest solidified water outlet systems in Greenland. Since the 19th century, it has lost 31 billion tonnes of ice. These figures show that under the assaults of global warming, these three glaciers have retreated dramatically. Satellite images and photos taken on the field leave no room for doubt.

Researchers estimate that over the past decade, the melting of these glaciers has caused sea level to rise by 8.1 millimetres. What is more worrying, according to a study just published in the journal Nature Communications, is that current climate models have probably underestimated what will happen in the future. The three glaciers I just mentioned contain enough water to raise the sea level by more than one metre.

IPCC experts estimate that melting ice, whether from glaciers or ice caps, could cause sea levels to rise between 30 and 110 cm by the end of the century, depending on the levels of greenhouse gas emissions. As I have indicated in previous notes, the IPCC’s most pessimistic scenario involves the absence of any measures to limit emissions throughout the 21st century. This would lead to a rise in temperatures of at least 3°C above pre-industrial levels, and therefore would not meet the target of less than 2°C set by the Paris Climate Agreement.

According to the climate models using the worst-case scenario, the three glaciers in Greenland mentioned above would contribute to an increase in ocean level between 9.1 and 14.9 mm by 2100.

Researchers are now convinced that this worst-case scenario is underestimated. For the three glaciers studied, the loss of ice could be three or four times greater than expected. A study published in September in the journal Nature concluded that if CO2 emissions continue at the current rate, the Greenland ice sheet could shrink by 36 trillion tonnes between 2000 and 2100, enough to raise the oceans by 10 cm.

Source: International news media.

I love this video of a major calving of the Ilulissat Glacier in West Greenland in 2008. The images speak for themselves and describe what will happen across this large island in the coming years :

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

Photos : C. Grandpey