Péninsule de Reykjanes (Islande) : l’éruption continue // The eruption continues

18 mars 2024.

7 heures (heure française – 6 heures heure locale) : L’éruption se poursuit ce matin sur la péninsule de Reykjanes. Son intensité n’a rien à voir avec celle observée au déut de l’événement samedi soir, mais l’activité sur la fissure éruptive reste significative. Toutefois, il est peu probable que la lave ait suffisamment d’énergie pour atteindre la mer. La superficie couverte par la lave est estimée à près de six kilomètres carrés. L’activité est désormais confinée à la partie la plus méridionale de la fissure éruptive..

Il faut attendre les dernières informations fournies par le Met Office et la Protection Civile islandaise.

Sans relation avec l’ éruption sur la péninsule de Reykjanes, à noter à 00h45 cette nuit un séisme de M 4, 4 au niveau du Bardabunga, sur le glacier Vatnajökull, à une profondeur de 7,8 km.

Image webcam à 7 heures le 18 mars 2024

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13h00 : L’éruption se poursuit,après quelque 36 heures d’activité, mais son intensité est estimée à seulement 2 à 5 % de ce qu’elle était au début. La situation le long de la fissure éruptive est la même que ce matin.
La coulée de lave vers le sud, en direction de la route de la côte sud et la petite ville de Hraun, a considérablement ralenti et il semble peu probable qu’elle atteigne la mer. .
La Nesvegur, la seule route menant et sortant de Grindavík, ne sera pas fermée, au moins pour le moment, comme on le craignait. Des membres de la Protection civile ont signaléé une « mare » de lave à proximité de la Suðurstrandarvegur. Si la paroi qui retient cette lave se brisait, elle pourrait s’écouler à grande vitesse et atteindre la route très rapidement, et des personnes qui se trouveraient sur la route aurait à peine le temps de s’échapper.
L’éruption actuelle devrait se comporter comme les précédentes et s’arrêter lentement. Il n’est pas possible de savoir si ce type d’éruption se reproduira souvent. L’histoire de la péninsule de Reykjanes nous apprend que l’on peut observer des périodes de dix, vingt ou trente ans avec de fréquentes éruptions.
Les premières mesures GPS après le début de l’éruption indiquent que le sol continue de se soulever sous Svartsengi, malgré l’éruption en cours.
Le Blue Lagoon reste fermé, au moins jusqu’au 19 mars 2024.
Source  : médias d’information islandais.

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17 heures : L’éruption continue ce soir. Son intensité est restée relativement stable au cours de la journée.

 

Image webcam

En conséquence, le front des coulées ne progresse pratiquement plus. C’est une bonne nouvelle au sud où la Suðurstrandarvegur ne semble plus menacée. Il faut toutefois se montrer prudent car on observe par endroit des accumulations de lave retenues par des parois qui peuvent se rompre, ce qui enverrait de nouvelles coulées en direction de la route et du littoral.

Le port de Grindavik est resté fermé aux bateaux aujourd’hui, de même que le Blue Lagoon. La centrale de Svartsengi a été momentanément évacuée ce matin à cause des gaz de l’éruption.

Cette éruption semble partie pour durer plus longtemps que les précédentes, mais elle peut aussi surprendre tout le monde en s’arrêtant soudainement.

On notera l’efficacité des digues de terre qui ont bien dévié le cours de la lave et empêché Grindavik d’être menacée.

Sauf événement exceptionnel, ce bulletin sera le dernier pour le 18 mars 2024.

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March 18th, 2024.

7:00 am (French time – 06:00 local time) : The eruption continues this morning on the Reykjanes Peninsula. Its intensity is much lower than Saturday night when the event started, but activity on the eruptive fissure remains significant. However, it is unlikely that the lava will have enough energy to reach the sea. Let’s wait for the latest news provided by the Met Office and the Civil Protection. The area covered by the lava is estimated to be almost six square kilometres, The activity is now confined to the southernmost part of the eruptive fissure

Unrelated to the eruption on the Reykjanes peninsula, an M 4.4earthquake of M 4.4 was recorded at 00:45 today at Bardabunga, on the Vatnajökull glacier, at a depth of 7.8 km.

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1:00 pm : The eruption continues, some 36 hours after it began, but its strength is estimated at just 2 to 5 percent of what it had at the start, The intensity along the eruptive fissure is the same as it was this morning.
The lava flow to the south, travelling towards the south coast road and the small town of Hraun, has slowed to a crawl ans seems unlikely to reach the sea. .
The Nesvegur, the only road in and out of Grindavík, will not be closed for the time being, as was feared. Experts from Civil Defence have identified a lava « pool » at the edge of the lava rim at Suðurstrandarvegur. If its rim broke, the lava could flow forward with great speed and reach the road very quickly, and anyone on the road would hardly have time to escape.

The current eruption is expected to behave like the prevous ones and slowly come to a stop. There is noway to know if this kind of eruption will often reteat itself. The history of the Reykjanes Peninsula tells us that we can see periods of ten, twenty or thirty years where eruptions happen quite often.

The first GPS measurements after the beginning of the eruption indicate that land continues to rise under Svartsengi, despite the eruption.

The Blue Lagoon remains closed, at least until March 19th, 2024.

Source : Icelandic news media.

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5:00 pm : The eruption continues this evening. Its intensity has remained relatively stable throughout the day (see image above).

As a result, the flow front no longer progresses. This is good news in the south where Suðurstrandarvegur no longer seems threatened. However, we should be careful because in some places there are accumulations of lava held by walls which can break open, which would send new flows towards the road and the coast.

Coulée de lave à proximité de la Suðurstrandarvegur (Crédit photo: Iceland Monitor)

The port of Grindavik has remained closed to boats today, as did the Blue Lagoon. The Svartsengi power plant was temporarily evacuated this morning due to gases from the eruption.
This eruption seems likely to last longer than the previous ones, but it can also surprise everyone by suddenly stopping.
Note the effectiveness of the earth dikes which deflected the flow of lava and prevented Grinndavik from being threatened.

Barring exceptional events, this bulletin will be the last for March 18, 2024.

 

 

Grindavik ! (3) : fracture géante dans une salle de sport // Giant fissure in a sports hall

Une impressionnante crevasse a été découverte à l’intérieur de la salle de sport Hópið de Grindavík le 6 février 2024. Les autorités savaient que le bâtiment avait subi des dégâts importants suite à l’activité sismique et volcanique dans la région, notamment le 10 novembre 2023, avec des fissures. dans la structure et un affaissement du sol autour de la salle de sport.
Le gazon artificiel qui recouvrait le terrain de football dans la salle a été retiré afin de mieux évaluer les dégâts. Il semble que la fracture présente une profondeur d’environ 9 mètres et elle s’étire perpendiculairement au terrain. De l’autre côté du bâtiment construit en 2008 se trouvent les bordures d’une dépression encore plus grande, qui s’est formée lors de l’intrusion magmatique du 10 novembre 2023.
Des efforts ont été déployés pour cartographier les crevasses à l’intérieur de Grindavík. Les habitants et les propriétaires d’entreprises ont été autorisés à entrer dans la localité le 6 février pour récupérer leurs objets de valeur. Le risque de coulée de lave et d’éruption volcanique reste élevé. Comme je l’ai écrit précédemment, le volume de magma qui s’est accumulé dans le secteur de Svartsengi ces dernières semaines a pratiquement atteint celui accumulé avant la dernière éruption du mois de janvier 2024.
La sismicité est actuellement stable autour de Svartsengi, avec des événements proches ou inférieurs à M1,0.
Source : médias islandais.

Crédit photo : Iceland Monitor

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A large crevasse was discovered beneath the Hópið sports hall in Grindavík on February 6th, 2024. The authorities were aware that the building had suffered significant damage from the recent seismic and volcanic activity in the area, most notably on November 10th, 2023, with cracks running up the structure and a subsidence hollow surrounding the sports hall.

The artificial turf on the indoor football field was removed to further assess the damage which seems to be about nine meters deep and lies perpendicular to the field. On the other side of the building, which was built in 2008, there are the boundaries of an even larger depression, which was formed during the magma intrusion on November 10th, 2023.

Efforts have been made to map the crevasses in Grindavík. Residents and business owners were allowed into Grindavík on February 6th to salvage valuables. The risk of lava flows and volcanic eruptions is still considered high. As I put it before, the estimated volume of magma under Svartsengi has reached reached the lower limit of what is believed to have accumulated prior to the last eruption.

A stable seismicity is recorded in the Svartsengi area, with events about or below M1.

Source : Icelandic newsmedia.

Fin des recherches à Grindavik// End of the search in Grindavik

Il a été décidé d’arrêter les recherches pour retrouver l’homme qui serait tombé dans une fracture à Grindavík. Les secouristes ont fait tout leur possible pour retrouver le corps en dépit du danger. La décision d’arrêter les recherches a été prises par tous les intervenants. La Disaster Response Society a publié le message suivant : « Il est extrêmement frustrant pour les secouristes de devoir abandonner les recherches sans succès. Ces recherches ont été sans précédent et extrêmement exigeantes. La coopération de toutes les équipes de secours, des pompiers de Grindavík et de la capitale, des unités spéciales de la police, a été parfaite, mais malheureusement sans résultat. Nos pensées vont aux membres de la famille. »

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The search for the man who was believed to have fallen into a fissure in Grindavík has been stopped. Emergency responders did everything they could to make it within the danger limit. It was a joint decision of all responders to stop the search. The Disaster Response Society has written this message : « It is extremely depressing for the rescue workers to have to leave the search without success. This search is unprecedented and was extremely demanding. The cooperation of all the rescue parties, the rescue teams, the fire departments of Grindavík and the capital area, special police units, went as well as expected, but sadly this is the conclusion. Our thoughts are with the family members. »

Fractures dans le sol à Grindavik (Crédit photo: Iceland Review)

Islande : ne pas oublier l’éruption du Laki….

En ce moment la forte sismicité et la déformation du sol bien visibles à Grindavik inquiètent les autorités islandaises. Grâce aux instruments terrestres et aux données satellitaires dont ils disposent, les scientifiques ont détecté une importante intrusion magmatique dans le sous-sol du sud-ouest de l’Islande. Ce dyke couvre une longueur d’une quinzaine de kilomètres et le magma se rapproche par endroit dangereusement de la surface, flirtant avec elle à moins de 1 kilomètre de profondeur. Ce sont des constations précieuses, mais les volcanologues islandais sont incapables de dire comment se comportera l’intrusion magmatique dans les prochains jours. Se soldera-t-elle par une éruption ? La bourgade de Grindavik et la centrale électrique de Svartsengi seront-elles menacées ? Y aura-t-il une éruption sous-marine au large de la péninsule de Reykjanes ? Le magma se solidifiera-t-il sous terre sans émerger à la surface ? Ce sont autant de questions auxquelles personne ne peut répondre. A Hawaii, on dirait que seule Madame Pélé connaît la suite des événements.

En constatant la longueur de l’intrusion magmatique, il me vient à l’esprit l’éruption du Laki, dans le sud-est de l’Islande, en 1783 . Il ne faudrait pas que le magma adopte un tel comportement en 2023 car les conséquences prendraient une autre ampleur que la situation actuelle

Le 8 juin 1783, une fissure de 27 kilomètres de long déchire le paysage islandais. C’est le point de départ d’une éruption qui durera jusqu’au 7 février 1784. Elle a produit 14,7 kilomètres cubes de lave qui ont recouvert une superficie de 599 kilomètres carrés. La fissure est ponctuée de quelque 140 cratères, évents et cônes orientés dans une direction SO-NE, celle du rift qui tranche l’Islande dans son ensemble.

Cette lave a menacé de nombreux Islandais, leurs animaux et leurs biens. L’éruption a produit de grandes quantités de gaz et de cendres. Ces dernières, très riches en fluor, ont empoisonné les champs, les prairies et les étangs. 50 % des bovins, 79 % des ovins et 76 % des chevaux ont péri entre 1783 et 1785.

L’éruption a également profondément affecté la vie de la population, avec la famine de la brume, ou Móðuharðindin. Le régime alimentaire islandais de l’époque était principalement basé sur la viande et le poisson, de sorte que les retombées de cette éruption ont été catastrophiques. En 1785, environ 20 % de la population islandaise était morte de faim, de malnutrition ou de maladie.

Cette éruption est remarquable par ses impacts bien au-delà de l’Islande. Les gaz – surtout le dioxyde de soufre (SO2) – ont été transportés en Europe par le jet-stream et le SO2 est apparu sous la forme d’un brouillard sec à odeur de soufre. Les populations en Europe ignoraient qu’une éruption volcanique s’était produite en Islande au même moment et que c’était cet événement qui causait ce brouillard sec inhabituel. Une autre caractéristique de l’été 1783 a été la coloration  rouge sang du ciel au coucher et au lever du soleil.

Par sa durée, le brouillard sec a pu avoir des effets négatifs sur la végétation et la santé humaine en Europe continentale. Plusieurs plantes se sont fanées, les feuilles ont changé de couleur et certains arbres ont perdu leurs feuilles. Le brouillard sec a frappé plus durement les personnes souffrant de problèmes respiratoires ou cardiaques préexistants. Dans plusieurs régions, les gens se sont plaints de douleurs aux yeux.

En parcourant les registres paroissiaux, les chercheurs ont établi un lien entre la concentration de S02 et de SO4 dans l’air et le pic de mortalité observé entre août et septembre 1783 puis janvier-Février 1784. Quant à dire que l’éruption du Laki, par ses conséquences sur l’agriculture et les famines qu’elle a générées, est l’une des causes de la Révolution Française de 1789, c’est une autre histoire…

Photo: C. Grandpey