Etna (Sicile) : Vers un retour à la normale ? // Back to normal ?

Au cours des dernières heures, on a observé une baisse de la sismicité ainsi que du tremor éruptif. Cela signifie que la pression du magma est moins forte dans les conduits d’alimentation du volcan et que l’activité strombolienne est en train de décliner dans les cratères sommitaux. La lave a cessé de couler depuis plusieurs jours dans la Valle del Bove. S’agit-il d’une simple pause ou d’un début de calme susceptible de durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois ? Nul ne le sait. L’INGV reste vigilant car les scientifiques n’excluaient pas ces dernières heures une reprise d’activité à plus basse altitude.

Qu’il y ait reprise d’activité ou non, le dernier épisode éruptif laissera des marques. Le séisme de M 4,8 dont l’épicentre a été localisé dans la région de Viagrande n’était certes pas directement lié à l’activité volcanique mais, comme je l’ai indiqué précédemment, la secousse a probablement été provoquée par des contraintes et des déformations exercées sur les flancs du volcan par le magma au cours de son ascension. Il ne faudrait pas oublier que le versant oriental de l’Etna est parcouru de failles dont le mouvement a déjà provoqué des séismes dévastateurs (voir ma note précédente).

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In recent hours, there has been a decline in both seismicity and the eruptive tremor. This means that magma pressure is lower in the volcano feeding system and strombolian activity is declining in the summit craters. The lava has stopped flowing for several days in the Valle del Bove. Is this a simple pause or the beginning of a period of quiescence likely to last several weeks, or even months? Nobody knows. INGV remains vigilant as scientists did not exclude a resumption of activity at lower altitude.
Whether there is resumption of activity or not, the last eruptive episode will leave marks. The M 4.8 earthquake whose epicentre was located in the Viagrande area was certainly not directly related to volcanic activity but, as I indicated earlier, the quake was probably caused by constraints and deformations exerted on the flanks of the volcano by the magma during its ascent. It should not be forgotten that the eastern slopes of Mount Etna are crossed by faults whose movement has already caused devastating earthquakes (see my previous note).

Profil du tremor éruptif au cours des dernières heures (Source: INGV)

Tenorio (Costa Rica) [suite / continued]

J’aimerais revenir sur l’activité sismique observée ces derniers jours en Amérique Centrale. Tout a commencé avec un puissant séisme de M 7,6 enregistré à 02h51 (GMT) le mercredi 10 janvier 2018 au large du Honduras (voir carte ci-dessous), à 44 kilomètres à l’est des Iles Swan et à une profondeur de 10 kilomètres (Source : USGS). .

Le Réseau sismologique national (RSN) du Costa Rica indique que depuis le 9 janvier 2018, il a localisé 42 secousses sur le versant oriental du volcan Tenorio, considéré comme étant au repos. Ces séismes ont eu des magnitudes comprises entre M 2,2 et M 5,3. La sismicité a commencé le 9 janvier avec un séisme de magnitude M 4,7 à 20h56. 11 répliques ont par la suite été enregistrées avec des magnitudes comprises entre M 2,7 et M 4,3. Le 10 janvier, la sismicité a diminué et sept secousses ont été détectées, entre M 2,2 et M 3,5. Le 11 janvier, on a observé une reprise de la sismicité, avec 23 séismes dont trois avaient une magnitude supérieure à M 5,0.

Comme je l’ai indiqué précédemment, ces différents séismes avaient des hypocentres situés entre 2 et 15 km de profondeur, et des épicentres à proximité des failles Caño Negro et Chiquero, pas très loin du volcan Tenorio dont le Parc National a été fermé par crainte des glissements de terrain..

Il sera intéressant de voir l’évolution de la situation dans les prochains jours et les prochaines semaines. Selon le RSN, la sismicité observée ces derniers temps est probablement due aux mouvements des failles qui viennent d’être mentionnées, ainsi que d’autres dans la région.

Cette sismicité réveillera-t-elle le Tenorio ? Personne ne le sait. Le lien entre activité sismique d’origine tectonique et activité volcanique n’a jamais été formellement démontré. Par exemple, en mars 2011, les volcanologues japonais ont craint que le séisme de M 9,0 observé le 11 de ce même mois réveille le Mont Fuji. Il n’en fut rien et, à ce jour, le volcan – dont la dernière éruption remonte à 1707 – ne s’est toujours pas manifesté.

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I would like to write again about the seismic activity observed in recent days in Central America. It all started with a powerful M 7.6 earthquake registered at 02:51 (GMT) on Wednesday, January 10th, 2018 off Honduras (see map below), 44 kilometers east of the Swan Islands and at a depth of 10 kilometres (Source: USGS). .
Costa Rica’s National Seismological Network (RSN) reports that since January 9th, 2018, it has located 42 tremors on the eastern slope of the Tenorio volcano, considered to be at rest. These earthquakes had magnitudes between M 2.2 and M 5.3. Seismicity began on January 9th with an earthquake of magnitude M 4.7 at 20:56. 11 aftershocks were subsequently recorded with magnitudes between M 2.7 and M 4.3. On January 10th, seismicity decreased and seven events were detected, between M 2.2 and M 3.5. On January 11th, there was a resumption of seismicity, with 23 earthquakes, three of which had a magnitude greater than M 5.0.
As I put it before, these different earthquakes had hypocentres located between 2 and 15 km deep, and epicentres near the Caño Negro and Chiquero faults, not far from the Tenorio volcano whose National Park was closed for fear of landslides ..
It will be interesting to see the evolution of the situation in the coming days and weeks. According to RSN, the seismicity observed recently was probably due to the movements of the faults I have just mentioned, as well as others in the region.
Will this seismicity wake up Tenorio? Nobody knows. The link between seismic activity of tectonic origin and volcanic activity has never been formally demonstrated. For example, in March 2011, Japanese volcanologists feared that the M 9.0 earthquake observed on the 11th of that month, might wake Mount Fuji. It was not so, and to date, the volcano – whose last eruption dates back to 1707 – has not shown any significant sign of activity.

Source: RSN / The Watchers

Forte sismicité dans l’ouest de la Turquie // Strong seismicity in western Turkey

drapeau-francaisDes essaims sismiques à faible profondeur affectent en ce moment la pointe de la péninsule de Biga dans l’ouest de la Turquie. En particulier, on a enregistré quatre événements supérieurs à M 5 qui ont gravement endommagé plus de 350 bâtiments. Les séismes se produisent à l’intersection de la faille de Kestanbol et de la ligne de failles d’Edremit. L’événement le plus significatif jusqu’à présent a atteint une magnitude de M 5.4 le 6 février 2017, à une profondeur de 6 km. Il a été précédé d’un événement M 5.2. Le même secteur avait déjà été secoué par un séisme de M 5.3 le 7 février et un autre de M 5.0 le 12 février. Tous se sont produits à des profondeurs entre 6 et 10 km. Selon les données fournies par le CSEM, depuis le 1er janvier 2017 la région a enregistré un total de 1 096 séismes

Suite aux séismes ayant causé la plus de dégâts, le gouvernement turc a mis en place un petit village constitué de maisons de chantier pour les personnes ayant besoin d’un abri et il a été demandé aux habitants de ne pas pénétrer dans des bâtiment tant que l’évaluation officielle des risques n’a pas été effectuée.
Le dernier grand séisme sur la faille d’Edremit a atteint M 6.7 en 1944. Il ne serait donc pas surprenant qu’un puissant séisme se produise à nouveau dans cette région. La faille d’Edremit fait actuellement l’objet de toutes les attentions.
La région possède l’une des activités hydrothermales les plus remarquables de la Turquie, avec des températures de l’eau pouvant atteindre174 ºC. On a remarqué que les essaims sismiques se produisent souvent dans les zones géothermales où les failles sont lubrifiées par l’eau chaude, ce qui facilite leur glissement.
Source: The Watchers.
Https://watchers.news/2017/02/12/earthquake-swarm-western-turkey/

La Turquie est un pays souvent secoué par des séismes. Cela est dû à la présence de plusieurs failles actives. La plus célèbre est la faille nord-anatolienne qui traverse la Turquie d’est en ouest, de l’Iran à la Thrace. Même si, en général, on ne la considère pas comme une faille transformante comme la faille de San Andreas en Californie, elle résulte du jeu des mouvements des plaques lithosphériques, notamment de la plaque arabique qui s’enfonce dans la plaque eurasienne tout en ouvrant la Mer Rouge. En conséquence, le sud et le nord de la Turquie coulissent le long de cette fracture à une vitesse moyenne d’environ 2,5 cm par an, en remarquant que les mouvements se produisent de façon brutale, par à-coups, avec des déplacements pouvant atteindre 3 mètres en moins d’une minute dans la région d’Izmit où le séisme du 17 août 1999 a atteint une magnitude de 7,4. La sismicité de la faille nord-anatolienne a migré d’est en ouest au fil des décennies.

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A noter que, selon le maire d’Ankara, les séismes enregistrés actuellement en Turquie pourraient bien être provoqués par une main étrangère..! Vous aurez plus de détails en cliquant sur ce lien:

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=137550

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drapeau-anglaisA series of shallow are shaking the tip of the Biga Peninsula in Western Turkey this month. The sequence includes four events above M 5 that seriously damaged more than 350 buildings. The quakes are occurring at the intersection of the Kestanbol Fault and the Edremit Fault Zone. The strongest quake so far was M 5.4 on February 6th, 2017at a depth of 6 km. It was preceded by an M 5.2 event. The same area was hit by an M 5.3 quake on February 7th and M 5.0 on February 12th. All quakes occurred at depths between 6 and 10 km. Since January 1st, the region has seen a total of 1 096 earthquakes, according to data provided by the EMSC.

As a result of the most damaging earthquakes, the Turkish Government has built a small village from container houses for those who needed shelter and asked residents not to enter any building before official building assessment.

The last large earthquake on the Edremit fault was an M 6.7 event in 1944. Therefore, a similar quake in the future would not be surprising. Thus, seismicity around the Edremit fault should be closely monitored.

The area is one of the most active geothermal regions in Turkey, with some water temperatures reaching 174 ºC.  It has been noticed that seismic swarms generally occur in geothermal areas where faults are lubricated by hot water, making them easier to slip.

Source: The Watchers.

https://watchers.news/2017/02/12/earthquake-swarm-western-turkey/

Turkey is a country which is often shaken by earthquakes. This is due to the presence of several active faults. The most famous is the North-Anatolian fault which crosses Turkey from east to west, from Iran to Thrace. Although it is not generally considered to be a transforming fault like the San Andreas fault in California, it results from the movement of the lithospheric plates, notably the Arabic plate which penetrates into the Eurasian plate while opening the Red Sea. As a result, southern and northern Turkey slide along this fracture at an average velocity of about 2.5 cm per year. The movements occur suddenly, with displacements up to 3 metres in less than a minute in the Izmit region where the earthquake of 17 August 1999 reached a magnitude of  M 7.4. The seismicity of the North-Anatolian fault has migrated from east to west over decades.

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According to the mayor of Ankara, the current earthquakes in Turkey might well be caused by « a foreign hand »! You’ll get more details by clicking on this link:

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=137550

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Les failles de la Turquie occidentale et les impacts sismiques actuels.

(Source: tremblor.net)

Complexité de la sismicité en Nouvelle Zélande // Complexity of seismicity in New Zealand

drapeau-francaisAu cours de l’introduction à mon diaporama «Welcome to New Zealand» dimanche après-midi à Nice, à l’occasion du festival Explorimages, j’ai fait allusion au séisme qui s’était produit quelques heures auparavant dans ce pays de l’hémisphère sud. J’ai indiqué qu’à l’heure actuelle la prévision sismique était égale à zéro et qu’elle n’était guère plus élevée concernant les éruptions volcaniques. Les dernières informations scientifiques concernant le séisme de dimanche confirment mes propos.
Le tremblement de terre qui a frappé la Nouvelle-Zélande peu après minuit (heure locale) le 14 novembre, en tuant deux personnes, rappelle que l’activité sismique néo-zélandaise est très complexe. La rupture de faille ne s’est pas produite le long de la frontière entre deux plaques tectoniques, là où des séismes majeurs sont observés le plus fréquemment. Comme l’a dit un sismologue néo-zélandais, «nous découvrons une activité sismique que nous ne connaissions pas vraiment».
L’USGS a placé l’épicentre du séisme de M 7,8 près de Kaikoura, une ville touristique côtière à 92 kilomètres au nord-est de Christchurch, à une profondeur d’environ 23 kilomètres. L’événement a causé des dégâts considérables aux bâtiments. Des glissements de terrain ont bloqué la route principale de la région et obstrué temporairement la Clarence River. Les répliques ont continué tout au long de la journée de lundi.
L’épicentre du séisme ne se trouve pas sur une faille majeure connue. La Nouvelle-Zélande est à cheval sur la zone de collision entre les plaques tectoniques australienne et Pacifique. La frontière entre les deux plaques longe la côte est de l’île du Nord et se prolonge le long de la côte ouest de l’île du Sud. Les cartes de risque sismique de la Nouvelle Zélande prévoient des violents séismes au niveau des failles complexes qui cisaillent ce secteur. Pourtant, le dernier séisme s’est produit sur une faille intraplaque peu étudiée. Tout comme les événements qui ont frappé Christchurch en 2010 et 2011, le dernier séisme nous montre que la côte est de l’île du Sud est un endroit beaucoup sensible qu’on ne le pensait. Les cartes de risque sismique de la Nouvelle-Zélande, en particulier celles qui concernent les risques aux bâtiments, devront être réexaminées. L’autre sujet d’inquiétude, c’est que le séisme de dimanche fasse naître de nouvelles contraintes sur les limites de plaques, avec le risque d’une rupture de faille qui pourrait déclencher un séisme de M 8.
Le dernier séisme a provoqué un tsunami d’environ un mètre de hauteur, ce qui est inhabituel pour une faille située à l’intérieur des terres. Il se pourrait qu’un soulèvement d’environ un mètre du sol côtier provoqué par le mouvement de la faille ait affecté suffisamment le fond de la mer pour déclencher le tsunami.
Source: Journaux néo-zélandais.

Au vu des heures auxquelles se sont produits les derniers séismes en Nouvelle Zélande et dans le centre de l’Italie, certaines personnes se demandent si les séismes n’ont pas tendance à se produire davantage pendant la nuit. J’ai effectué une recherche personnelle en m’appuyant sur le listing des séismes tectoniques de magnitude supérieure à M 3 recensés pat l’USGS au cours de l’année 2016. Sur les quelque 106 événements mentionnés, 46 ont eu lieu de nuit (heure locale), entre 21 heures et 7 heures du matin. Il ne semble donc pas que la nuit soit plus favorable à la forte sismicité. D’autres personnes ont songé à l’influence de la super lune, mais les scientifiques rejettent cette hypothèse.

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drapeau-anglaisDuring the introduction to my diaporama « Welcome to New Zealand » on Sunday afternoon at the Explorimages Festival in Nice, I made an allusion to the earthquake that had occurred a few hours before in that country. I said that our prevision about earthquakes amounted to zero and was not much higher concerning volcanic eruptions. The lafest scientific observations of Sunday’s quake do confirm my words.

The earthquake that struck New Zealand shortly after midnight (local time) on November 14th, killing two people, is a stark reminder that New Zealand’s seismic activity is very complex. The ruptured fault is not along the tectonic plate boundaries where major quakes are expected. As one New Zealand seismologist put it, « we are finding out again that there is seismic activity that we didn’t really know about. »

The U.S. Geological Survey placed the epicenter of the M 7.8 earthquake near Kaikoura, a coastal tourist town 92 kilometres northeast of Christchurch, at a depth of about 23 kilometres. The shallow quake caused extensive damage to infrastructure. Landslides blocked the main highway through the region and temporarily dammed the Clarence River. Aftershocks continued throughout Monday.

The earthquake’s epicenter was not on a known major fault. New Zealand straddles the collision zone between the Australian and Pacific tectonic plates. The boundary between the two plates runs off the east coast of the North Island and along the west coast of the South Island. New Zealand’s earthquake hazard maps anticipate strong quakes emanating from the complex faults in those boundaries. The latest quake, however, occurred on a little studied intraplate fault. The quake, as well as strong temblors that struck Christchurch in 2010 and 2011, indicates that the east coast of the South Island is a far more risky place than was thought. New Zealand’s earthquake hazard maps, which affect building codes, will have to be reconsidered. Another worry in that Sunday’s quake might increase stress on the plate boundaries, where a rupture could produce an M 8 earthquake.

The quake triggered a 1-metre-or-so tsunami, which is unusual for a fault located beneath land. It might be that about 1 metre of coastal ground uplift resulting from the fault movement disturbed the sea floor enough to trigger the tsunami.

Source :New Zealand newspapers. .

Given the hours of recent earthquakes in New Zealand and Central Italy, some people wonder whether the earthquakes do not tend to occur more frequently during the night. I conducted a personal search based on the list of tectonic earthquakes with a magnitude greater than M 3 recorded by the USGS during the year 2016. Out of the 106 events mentioned, 46 occurred at night ( local time) between 9 pm and 7 am. Thus, it does not seem that the night is more favorable to a strong seismicity. Other people have thought about the influence of the super moon, but scientists reject this hypothesis.

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Carte montrant les failles et l’acticité sismique dans la partie NE de l’Ile du Sud.

(Source : GeoNet)