Volcan Taal : Les évacuations c’est bien, mais… // Taal Volcano : Evacuations are OK, but…

Par mesure de précaution, les autorités philippines ont commencé à évacuer les populations menacées dès que le Taal a commencé à vomir des panaches de cendres et de vapeur le 12 janvier 2020, tandis que PHIVOLCS élevait le niveau d’alerte volcanique, le faisant passer à 2, puis à 4 (sur une échelle de 5), tout en encourageant les évacuations.
C’est la bonne application du principe de précaution qui consiste à envoyer les personnes en danger vers des zones sûres où elles vivront dans des structures d’hébergement provisoires. Le problème est que la vie dans ces structures est très différente de la vie dans les maisons d’un village. Très vite, des problèmes de santé et de promiscuité apparaissent et la vie dans ces centres ne peut être éternelle.
Les autorités philippines ont déclaré le 18 janvier qu’elles se préparaient à une longue crise car le Taal pourrait ne pas entrer en éruption immédiatement et mijoter pendant des semaines ou des mois, avec un nombre important de villageois impatients de quitter les abris d’urgence.
Les autorités expliquent que plus de 900 villageois sont tombés malades depuis le début de l’éruption et ont été traités principalement pour les conséquences d’une exposition aux cendres volcaniques. Les maux comprennent des infections respiratoires, l’hypertension, la diarrhée, des lésions cutanées, la grippe ou la toux.
Environ 125 000 personnes ont fui les villages recouverts de cendres et se sont entassées dans des centaines de centres d’urgence à Batangas, tandis que de nombreuses autres se sont réfugiées chez des proches. Environ 300 000 masques ont été envoyés dans des zones sinistrées. Cependant, il y a toujours un besoin de tels masques, d’eau en bouteille, de toilettes portables, de nourriture et de nattes dans les centres d’hébergement. En effet, les autorités craignent que les évacuations s’étalent sur le moyen, voire le long terme.
Malgré un déclin de l’activité volcanique visible, la poursuite des secousses sismiques, l’assèchement du lac de cratère du Taal et d’autres paramètres indiquent que le magma est en mouvement sous le volcan. Le problème est que personne ne sait ce qui va se passer dans les prochains jours.
L’agence de gestion des catastrophes tiendra une réunion dans les prochains jours pour discuter des problèmes qui se posent, notamment de l’hygiène dans les centres d’hébergement. Les militaires ont été appelés à la rescousse pour construire des latrines et réparer des toilettes dans des abris d’urgence qui sont pour la plupart situés dans des bâtiments scolaires.
Dans la ville d’Agoncillo qui a été durement touchée par l’éruption, les 42 000 habitants ont abandonné leurs maisons. 8 000 campent dans des centres d’évacuation qui ont besoin de nourriture, d’eau et de biens de première nécessité. Agoncillo a encore environ deux semaines de nourriture et d’eau, et aura besoin de l’aide des autorités locales et nationales lorsque les réserves seront épuisées.
Tout en s’occupant des milliers de personnes déplacées, les autorités préparent des plans d’urgence pour le cas où le Taal entrerait violemment en éruption.
Source: Presse locale philippine..

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As a precaution, Philippine authorities started evacuating the threatened populations as soon as Taal Volcano started belching ash and steam plumes on January 12th, 2020, while PHIVOLCS raised the volcanic alert level to 2, then 4 (on a scale of 5) and encouraged the evacuations.

This was the right application of the precaution principle, consisting in sending people to safe areas where they will live in evacuation centres. The problem is that life in these centres is much different from life in the private houses of a village. Very soon, health and promiscuity problems appear and life in these centres cannot be for ever.

Philippine officials said on January 18th that they’re bracing for a long crisis as Taal Volcano may not erupt immediately and simmer for weeks or months, with massive numbers of displaced villagers languishing in emergency shelters.

Authorities explain that more than 900 villagers who fell ill have been treated, mostly for exposure to volcanic ash,  respiratory infections, hypertension, diarrhea, skin lesions, flu and coughs in evacuation sites since the volcano began erupting.

About 125,000 people fled from ash-blanketed villages and crammed into hundreds of emergency centres in Batangas alone and many others took shelter in relatives’ homes. About 300,000 masks have been sent to calamity-hit areas. However, there is still a need for masks, bottled water, portable toilets, food and sleeping mats in the evacuation centres. Indeed, authorities fear that the evacuations are not going to be for the short term, but for the medium if not long term.

Despite a perceived waning of visible activity, continuing volcanic quakes, the drying of Taal’s crater lake and other signs indicate magma is moving beneath the volcano. The problem is that nobody knows what will happen next.

The government’s main disaster-response agency will hold a meeting in the coming days to discuss concerns, including hygiene in evacuation camps. The military have been called to build latrines and repair toilets in emergency shelters which are mostly located in school buildings.

In the hard-hit town of Agoncillo, all 42,000 residents abandoned their homes, including 8,000 who are now encamped in evacuation centres and need food, water and aid. Agoncillo still has about two weeks worth of food and water, and will need help from the provincial and national governments when supplies get depleted.

While tending to the thousands of displaced residents, officials are preparing contingency plans in case Taal erupts violently.

Source : Local Philippine newspapers.

Source: NASA.

Eruption du volcan Taal : Interdiction d’accès à certaines localités // Access to some municipalities is forbidden

Comme d’habitude en période d’éruption dans cette partie du monde, un certain nombre de paysans ignorent les mises en garde du gouvernement et retournent s’occuper de leurs dermes et de leurs animaux, mais cela deviendra plus difficile à l’avenir. Depuis le 15 janvier 2020, les villes d’Agoncillo, Laurel et Talisay sont totalement bloquées, ce qui signifie qu’aucune personne, en particulier les habitants, n’est autorisée à entrer dans les trois localités qui sont actuellement les plus durement touchées par les retombées de cendre. Un nombre important de policiers, aidés par les forces militaires, a été déployé aux entrées et sorties des trois villes pour s’assurer que personne n’y entrera. La police et les militaires évacuent également des personnes de 21 barangays (petites unités administratives) de la ville de Tanauan, ainsi que de Malvar, Lipa et Cuenca qui sont proches du Taal. La police évacue ces zones pour s’assurer qu’en cas d’éruption majeure, il n’y aura personne dans la zone de danger. Outre la zone de danger de 14 kilomètres, une «zone tampon» d’un kilomètre de rayon a été ajoutée à titre de précaution.
Selon le bureau de gestion des risques (PDRRMO), le nombre de personnes évacuées a rapidement augmenté depuis le début de l’éruption. Sur la base des dernières données, 27 312 familles, soit 125 107 personnes, sont logées dans 373 centres d’hébergement provisoires.
Le PDRRMO indique également qu’il n’y a pas de maisons endommagées, mais la police a signalé des maisons qui se sont effondrées sous le poids de la cendre sur leur toit toit. En agriculture, les dégâts sont actuellement estimés à 548 millions de pesos.
Source: Manila Bulletin.

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Dans son dernier bulletin, le PHIVOLCS indique que de nouvelles fractures laissant échapper de la vapeur – ce qui révèle des volumes importants de magma – ont  été découvertes sur le versant nord de Volcano Island. Les fractures déjà observées en plusieurs autres endroits se sont élargies de quelques centimètres. L’activité dans le cratère principal du Taal au cours des dernières 24 heures s’est caractérisée par «une émission régulière de vapeur et de faibles explosions peu fréquentes qui ont généré des panaches de cendres gris foncé de 100 à 800 mètres de hauteur». La sismicité reste élevée.
Le niveau d’alerte 4 est toujours en vigueur, ce qui signifie qu’une puissante éruption est toujours possible dans les prochaines heures ou les prochains jours.

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As usual when an eruption occurs in that part of the world, a number of farmers are ignoring government warnings to keep away and have gone back to tend or rescue their animals.This will become more difficult in the future. Since January 15th, 2020, the towns of Agoncillo, Laurel, and Talisay are in a total lockdown which means that not a single person, especially local residents, is allowed to enter the three municipalities, currently the hardest hit by the ash ejections from the volcano. A significant number of policemen, helped by military forces, have been deployed in entry and exit points of the three towns to ensure that no one would dare to enter them. Police and military forces are also evacuating people from 21 barangays of Tanauan City, and some barangays of Malvar, Lipa, and Cuenca which are close to Taal Volcano. They are evacuating these areas because they want to make sure that if a major eruption occurs, there will be no people within the danger zone. Aside from the 14-kilometer danger zone, an additional one-kilometre radius “buffer zone” has been added as a precaution.

According to the Provincial Risk Reduction and Management Office (PDRRMO), the number of evacuees has been quickly rising since the start of the eruption. Based on the latest PDRRMO data, a total of 27,312 families, or 125,107 people, are being housed in 373 evacuation centers.

PDRRMO also indicates that there are no damaged houses although there are reports from the police about houses that collapsed due to thick ash that covered the roof. In agriculture, the initial assessment disclosed that the damage has already reached P548 million.

Source: Manila Bulletin.

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In its latest bulletin, PHIVOLCS indicates that steaming fissures, indicating high volumes of magma, were discovered on the northern slopes of Volcano Island. Existing fissures already identified in several places widened by a few centimetres. The activity in the volcano’s Main Crater in the past 24 hours has been characterized by “steady steam emission and infrequent weak explosions that generated dark grey ash plumes 100 to 800 metres tall.” Seismicity is still elevated.

Alert Level 4 is still in effect in and around Taal Volcano, which means that a hazardous eruption is still possible within hours or days,

Le panache éruptif du Taal vu depuis l’espace (Source: NASA)

Eruption du Taal (Philippines): Dernières nouvelles // Latest news

Le Taal vomit moins de lave et de cendre en ce moment, mais le PHIVOLCS explique que cela ne signifie pas que le volcan est en train de se calmer et que les villageois qui ont fui le 12 janvier peuvent maintenant rentrer chez eux. L’Institut maintient son niveau d’alerte à 4 sur 5, ce qui signifie « une éruption explosive dangereuse est possible dans quelques heures ou quelques jours. L’activité sismique intense couplée à la fracturation de la caldeira signifie probablement qu’une intrusion magmatique est en cours sous l’édifice volcanique, ce qui pourrait entraîner une reprise encore plus intense de l’activité éruptive. Les éruptions du passé ont duré des mois, il est donc impossible de prévoir la fin de l’activité actuelle. » Les dernières images satellitaires révèlent que le lac à l’intérieur du cratère principal (Main Crater) s’est vidangé; de nouvelles bouches sont apparues à l’intérieur du cratère ainsi que sur le versant nord du volcan.
Comme je l’ai déjà écrit, les autorités ont évacué près de 16 000 personnes qui vivent désormais dans 75 centres d’évacuation dans les provinces de Batangas et Cavite. Les gouvernements locaux tentent d’évacuer tous les habitants des villages situés dans la zone de danger de 14 km de rayon déterminée par le PHIVOLCS. La priorité est donnée aux personnes. Les animaux des fermes et les animaux de compagnie seront évacués plus tard.
Le PHIVOLCS et les autorités craignent que Taal ne déclenche une déferlante basale (basal surge, en anglais), autrement dit une vague pyroclastique avec des matériaux chauffés à haute température pouvant atteindre jusqu’à 14 km, sur la base des données et des dépôts laissés par l’éruption du de 1754.
Source: PHIVOLCS, Philippine Daily Inquirer.

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Taal Volcano is emitting less lava and ash, but PHIVOLCS explains it is not an indication that the volcano is quieting down and that villagers who fled on January 12th could now return to their homes. The Institute maintains its alert level at 4 out of 5, meaning “a hazardous explosive eruption is possible within hours to days. The intense seismic activity coupled with fissuring in the caldera region likely signifies continuous magma intrusion beneath the Taal edifice, which lead to further eruptive activity.” Taal’s previous eruptions had lasted months, so it is impossible to predict an end to the current activity. Newly acquired satellite images show that the Main Crater Lake  has been drained and new vents have formed inside the Main Crater and on the north flank of the volcano.

As I put it before, authorities evacuated close to 16,000 people, who now stay in 75 evacuation centres in the provinces of Batangas and Cavite. Local governments are trying to evacuate all residents of villages within the 14-km radius danger zone designated by PHIVOLCS. Priority is given to people. Farm animals and pets will be evacuated later.

PHIVOLCS and the authorities fear Taal might trigger a pyroclastic density current, or base surge that might reach as far as 14 km, based on data and deposit found from the 1754 eruption of the volcano.

Source: PHIVOLCS, Philippine Daily Inquirer.

Carte tracée en s’appuyant sur l’éruption de 1754. Les marques de couleur orange désignent les zones susceptibles d’être affectées par des déferlantes basales. (Source : PHIVOLCS)

Effets du réchauffement climatique de la Russie à l’Australie // Effects on climate change from Russia to Australia

2019 devrait être la deuxième année la plus chaude de tous les temps – juste après 2016 – à l’échelle de la planète. De son côté, la Russie vient de vivre en 2019 l’année la plus chaude depuis le début des relevés météorologiques il y a presque 130 ans. Symbole du réchauffement climatique en Russie, Moscou est en train de vivre un hiver sans neige. La température annuelle moyenne enregistrée dans la capitale en 2019 a battu le précédent record de chaleur avec une hausse de 0,3°C. Au cours de la deuxième quinzaine de décembre, la température à Moscou a dépassé 4°C, alors que la moyenne du mois de décembre est de -6°C, avec une épaisse couche de neige. Il fait tellement doux que des plantes annonçant traditionnellement l’arrivée du printemps sont déjà en fleurs, avec au moins trois mois d’avance.

D’une manière plus générale, la température pendant le mois de décembre à Moscou a été pratiquement dix degrés au-dessus de la moyenne ! Il se pourrait que le phénomène s’explique par des cyclones passagers venus de l’Atlantique, mais aussi par le changement climatique qui semble s’être bien installé en Russie. Pour preuve les nombreux incendies de forêts qui ont frappé la Sibérie au cours de l’été. Les climatologues russes expliquent qu’ils sont liés directement aux effets du changement climatique.

Les incendies de l’été 2019 en Sibérie n’ont pas atteint l’ampleur de ceux qui dévastent en ce moment certaines régions d’Australie où le pays n’arrête pas de battre des records de chaleur. La situation est tellement sérieuse que le 29 décembre plus de 30 000 personnes ont reçu l’ordre d’évacuer la région touristique d’East Gippsland, dans l’Etat de Victoria, au sud-est du pays. En effet, les pompiers redoutent que le feu entraîne la coupure de la circulation sur la dernière route principale de la région encore ouverte. Si cela se produisait, les habitants et les vacanciers risqueraient d’être pris au piège.

Cette année, les feux de forêts sont particulièrement violents. Depuis le mois de septembre, ils ont fait dix morts, détruit plus d’un millier de maisons et plus de trois millions d’hectares, soit une superficie plus grande que la Belgique.

Source : Presse internationale.

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2019 is expected to be the second hottest year ever – just after 2016 – worldwide. For its part, Russia has just lived in 2019 the hottest year since the start of weather archives 130 years ago. A symbol of global warming in Russia, Moscow is experiencing a winter without snow. The average annual temperature recorded in the capital in 2019 broke the previous heat record with an increase of 0.3°C. During the second half of December, the temperature in Moscow exceeded 4°C, while the average for December was -6°C, with a thick layer of snow. The weather is so mild that plants traditionally announcing the arrival of spring are already in bloom, at least three months in advance.
More generally, the temperature during the month of December in Moscow was practically ten degrees above the average! The phenomenon could be explained by occasional cyclones from the Atlantic, but also by climate change which seems to have settled well in Russia. As a proof, the numerous forest fires that hit Siberia during the summer. Russian climatologists explain that they are directly linked to the effects of climate change.

The fires of summer 2019 in Siberia have not reached the scale of those that are currently devastating certain regions of Australia where heat records are regularly broken. The situation is so serious that on December 29th more than 30,000 people were ordered to evacuate the tourist region of East Gippsland in the state of Victoria, in the south-east of the country. Firefighters fear that the wildfires will cut traffic on the last main road that is still open in the region. If this happened, residents and vacationers would be in danger of being trapped.
This year, forest fires are particularly violent. Since September, they have killed ten people, destroyed more than a thousand houses and more than three million hectares, an area larger than Belgium.
Source: International press.

Source: ESA