Séismes et éruptions en Islande (1996 -2011) // Earthquakes and eruptions in Iceland (1996-2011)

drapeau-francaisEn cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo de 4 minutes qui montre 15 années de séismes et d’éruptions en Islande entre janvier 1996 et fin mai 2011. Les couleurs sombres indiquent les séismes profonds, tandis que les couleurs vives font référence aux événements superficiels. La taille des cercles montre la magnitude des séismes. Les étoiles indiquent les éruptions.
À raison de 24 images par seconde et un jour par image, chaque seconde de la vidéo montre l’activité sismique pendant presque un mois. Au total, on peut voir 242 724 séismes et 7 éruptions volcaniques.
Dans le même temps temps, on observe toujours une sismicité relativement soutenue sur le Bárðarbunga. Les séismes se produisent à des profondeurs peu importantes (souvent autour d’un kilomètre), ce qui tend à prouver qu’ils ne sont pas causés par une nouvelle ascension du magma. Il s’agit probablement de réajustements au niveau du plancher de la caldeira, sous le glacier.
https://vimeo.com/24442762

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drapeau-anglaisBy clicking on the link below, you will see a 4-minute video that shows 15 years of earthquakes and eruptions in Iceland between January 1996 and the end of May 2011. Dark colours indicate deep quakes, while bright coloured ones are shallow. The size of the circles indicates the quakes’ magnitudes. The stars in the video indicate eruptions.

At 24 frames per second and one day per frame, every second of this video shows the seismic activity for almost a month. All in all, the video shows 242,724 earthquakes and 7 volcanic eruptions.

Meantime, increased seismicity is still recorded at Bardarbunga. The quakes are occurring at very shallow depths (often about 1 km), which tends to prove they are not caused by any new magma ascent. The likely cause has to do with readjustments on the caldeira floor beneath the glacier.

https://vimeo.com/24442762

Iceland 2

Source: Vimeo.com

Etude de l’Orakei Basin à Auckland (Nouvelle Zélande) // Study of Orakei Basin in Auckland (New Zealand)

drapeau-francaisEn Nouvelle-Zélande, la ville d’Auckland a été construite sur un champ volcanique potentiellement actif. L’Orakei Basin (voir image satellite ci-dessous) est aujourd’hui un endroit très prisé des amateurs de sports nautiques dont beaucoup ignorent probablement qu’il s’agit de l’un des volcans de l’Auckland Volcanic Field. . Il présente un cratère d’explosion d’environ 700 mètres de diamètre, bordé d’un anneau de tuf. Après une éruption il y a environ 85 000 ans, le cratère s’est rempli d’un lac d’eau douce dont le déversoir se situait dans les environs du pont actuel sur Orakei Road. Lorsque le niveau de la mer s’est élevé au terme de la dernière période glaciaire, le lac, qui était alors devenu un marécage, a été envahi par la mer et est devenu le lagon que nous connaissons aujourd’hui.
Les scientifiques ont foré jusqu’à plus de 100 mètres sous l’Orakei Basin afin de mettre à jour l’histoire éruptive de l’ancien site d’Auckland. Les échantillons récemment extraits d’anciens dépôts de sédiments lacustres donneront des détails sur les éruptions volcaniques qui ont secoué la région sur une période qui remonte probablement à 140 000 ans. L’activité éruptive des 53 volcans de l’Auckland Volcanic Field remonte à quelque 250 000 ans, avec les événements les plus récents à Rangitoto il y a entre 550 et 600 ans. Nous savons déjà beaucoup de choses sur la région, en particulier sur les 50 000 dernières années, mais nos connaissances sont très réduites sur les périodes éruptives précédentes. .
Bien qu’il soit devenu un estuaire peu profond suite à l’activité explosive qui l’a formé, l’Orakei Basin a surtout été, au cours de son histoire, un lac d’eau douce profond au fond duquel se sont accumulés des sédiments, des cendres volcaniques et des vestiges biotiques, autrement dit les restes d’interactions du vivant sur le vivant dans cet écosystème. Les sédiments lacustres se sont, pour la plupart, déposés en fines couches et joueront un rôle essentiel dans la compréhension de l’histoire des éruptions passées dans et autour de la ville d’Auckland. .
Tout en permettant une meilleure compréhension des risques volcaniques à Auckland, les échantillons permettront également aux scientifiques de reconstituer le climat de la région au cours des 100 000 dernières années. Ils pourront ainsi établir une comparaison avec des échantillons correspondants recueillis sous la glace de l’Antarctique et ailleurs sur la planète, à une époque où on essaye de tirer des leçons de périodes plus chaudes du passé de la Terre.
Source: New Zealand Herald.

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drapeau anglaisIn New Zealand, Auckland was built on a potentially active volcanic field. A popular place for watersports today is the Orakei Basin (see satellite image below). It is one of the volcanoes in an area known as the Auckland Volcanic Field. It has an explosion crater around 700 metres wide, with a surrounding tuff ring. After an eruption that occurred about 85,000 years ago, it became a freshwater lake that had an overflow stream in the vicinity of present Orakei Road bridge. As sea level rose after the end of the Last Ice Age, the lake, which by then had shallowed to a swamp, was breached by the sea and has been a lagoon ever since.
Scientists have probed more than 100 metres beneath Orakei Basin in order to reveal the explosive history of ancient Auckland. The samples they have just retrieved from ancient deposits of lake sediment will detail volcanic eruptions that have taken place in the region over a period potentially stretching back 140,000 years. Eruptive activity among the 53 volcanoes of the Auckland Volcanic Field went back some 250,000 years – and most recently, at Rangitoto, between 550 and 600 years ago. We know quite a lot, especially about the last 50,000 years, but prior to that, we have very little understanding of the eruptive events.
Although it’s now a shallow estuary, following the volcanic explosion that formed it, the Orakei Basin was for most of its history a deep freshwater lake collecting sediment, volcanic ash and biotic remains. These lake sediments were mostly very finely layered and would be crucial in compiling the most detailed history of past eruptions in and around the city area.
Along with a better understanding of Auckland’s volcanic risks, the samples might also help scientists reconstruct the region’s climate over the past 100,000 years. These would provide a comparison to corresponding records recovered from deep below the ice in Antarctica and elsewhere on the planet, at a time scientists are racing to learn lessons from warmer periods in the Earth’s past.
Source : New Zealand Herald.

Orakei Basin

Image satellite de l’Orakei Basin (Source: Google maps)

Des volcans dans la Grotte Chauvet (Ardèche) ? // Volcanoes in the Chauvet Cave (Ardèche – France) ?

drapeau-francaisSelon une équipe française associant des physiciens et des préhistoriens, les gerbes rouges qui éclaboussent le « Sacré-Cœur », un des panneaux ornés de la grotte Chauvet-Pont-d’Arc, ou encore d’autres marques de doigts qui dessinent des faisceaux sur les parois tendres de la grotte ardéchoise, représenteraient des éruptions des volcans tout proches du Bas-Vivarais. Cette approche inédite est apparue dans la revue PLoS One du 8 janvier 2016. Selon ces scientifiques, les volcans auraient projeté leurs fontaines de laves il y a 36 000 ans, selon une datation grâce à des isotopes d’argon qui concorde avec celle de l’occupation humaine de la caverne.
Cette hypothèse rejoint celle émise par Frédéric Lavachery, fils d’Haroun Tazieff, qui a mis en place le Centre Haroun Tazieff pour les Sciences de la Terre au cœur même du massif du Mézenc. Selon Frédéric, « la nature n’offre pas de spectacle plus captivant, plus sidérant, qu’un volcan en éruption. Sur un axe de 100 km de long et 20 de large, sont alignés les volcans les plus puissants sur le plan paysager, dominés par le Mont Mézenc. Au bout de cet axe se trouve la grotte Chauvet. C’est dans ce couloir, au bout de cette chaîne volcanique, que les hommes de la préhistoire ont vu pendant 200 000 ans exploser les volcans. Les hommes qui ont peint les merveilleuses fresques de Chauvet, ont vu les derniers volcans du Vivarais entrer en éruption. Cette connaissance, ils l’ont accumulée sur des milliers d’années se transmettant leurs observations de génération en génération. On ne peut donc pas aborder l’étude de ces fresques, sans conserver en tête que ces hommes là avaient intégré les éruptions volcaniques dans leur croyance, leur mythe, leur connaissance, leur cosmogonie. A noter que les archéologues ne se sont pas encore penchés sur cette question. » [Hebdo Ardèche – 12 décembre 2014]

Dans la préhistoire, il existe peu d’exemples de représentations de volcans. Le site de Çatalhöyük, en Turquie, vieux de 8 000 ans, était jusqu’alors considéré comme offrant la plus ancienne représentation d’une éruption. Reste à savoir si la peinture murale de Çatalhöyük représente vraiment un volcan!. Tout le monde n’est pas d’accord (voir ma note du 4 novembre 2013).

Turquie

Volcan ou peau de léopard? L’un des mystères de la fresque de Çatalhöyük!

L’idée d’un lien entre des gerbes rouges de la Grotte Chauvet et l’activité volcanique du Vivarais est intéressante mais l’hypothèse est trop récente pour être définitive et elle reste à prouver.
L’idée de Frédéric Lavachery d’une « diagonale » qui recouperait les édifices volcaniques du Vivarais (comme le Mont Mézenc) et aboutirait à la Grotte Chauvet est plausible, mais reste, elle aussi, à démontrer. La gravure de la grotte n’est pas suffisamment suggestive pour que l’on puisse affirmer de manière irréfutable qu’il s’agit de la représentation d’un volcan en éruption.
Les grottes préhistoriques ne contiennent guère de paysages et les gravures présentent avant tout une symbolique animalière et parfois humaine.

Chauvet

Rhinocéros dans la Grotte Chauvet, en Ardèche (Crédit photo: Wikipedia)

Pech merle

Main dans la grotte du Pech Merle, dans le Lot (Crédit photo: Wikipedia)

J’ai abordé le sujet récemment avec le généticien Axel Kahn. Nous siégions côte à côte au cours d’un festival du livre à Le Blanc dans l’Indre. Selon Axel Kahn, les hommes préhistoriques n’ont pas représenté de scènes de paysages et de volcans parce que c’était pour eux une évidence. Cette nature était leur environnement quotidien et ils ne ressentaient pas le besoin de la représenter sur les parois des cavernes. Les êtres vivants revêtaient une plus grande importance dans leur vie, voire leur survie.

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drapeau-anglaisAccording to a French team of physicists and prehistorians, the red sheaves splashing the « Sacred Heart », one of the panels that adorn the cave of Chauvet-Pont-d’Arc, or other fingerprints that draw beams on soft walls of the Ardeche cave, represent eruptions of volcanoes in nearby Bas-Vivarais. This new approach appeared in the journal PLoS One on 8 January 2016. According to these scientists, volcanoes that ejected the fountains of lava are 36 000 years old, according to a dating with argon isotopes consistent with that of the human occupation of the cave.
This assumption is similar to that emitted by Frédéric Lavachery, Haroun Tazieff’s son, who set up the Haroun Tazieff Centre for Earth Sciences at the heart of the Massif du Mézenc. According to Frederic, « nature does not offer a more captivating, more astonishing show than an erupting volcano. On an axis of 100 km long and 20 km wide, are lined up the most powerful volcanoes, in terms of landscape, dominated by Mount Mézenc. At the end of this axis is the Chauvet cave. It was in this place, at the end of this volcanic chain, that prehistoric men could see exploding volcanoes around them for 200,000 years. The men who painted the wonderful frescoes of Chauvet, could see the last of Vivarais volcanoes erupt. They accumulated this knowledge over thousands of years, sharing their observations from generation to generation. We can not approach the study of these frescoes without keeping in mind that those men integrated volcanic eruptions in their beliefs, their myths, their knowledge, their cosmogony. However, archaeologists have not yet addressed this issue. « [Hebdo Ardèche – December 12, 2014]

In prehistoric times, there are few examples of representations of volcanoes. The site of Çatalhöyük, Turkey, 8,000 years old, was previously considered offering the oldest representation of an eruption. The question is to know whether the mural of Çatalhöyük is really a volcano !. Everyone does not agree (see my note of November 4, 2013).

The idea of a link between the red sheaves of the Chauvet Cave and volcanic activity in Vivarais is interesting but the assumption is too recent to be definitive and it remains unproven.
Frédéric Lavachery’s idea of a « diagonal » that crosses the volcanic edifices of Vivarais (with Mount Mezenc) and comes to an end at the Chauvet Cave is plausible, but remains to be demonstrated. The frescoes in the cave are not suggestive enough to be sure that they represent an erupting volcano.
Prehistoric caves contain very few landscapes and mainly include symbolic images of animals and sometimes humans.

I tackled the topic recently with geneticist Axel Kahn. We were sitting side by side during a book festival in Le Blanc in the French Indre departement. According to Axel Kahn, prehistoric men did not represent scenes of landscapes and volcanoes because it was obvious for them. This nature was their daily environment and they did not feel the need to represent it on the walls of the caves. Living beings were of much greater importance in their lives, even their survival.

Les dernières éruptions affectent le tourisme en Indonésie // The latest eruptions affect tourism in Indonesia

drapeau-francaisAvec l’alerte Orange (SIAGA) décrétée le 4 janvier, le Soputan est venu s’ajouter au Bromo, au Lokon et au Karangetang qui sont dans la même situation, tandis que le Sinabung reste en alerte maximale (AWAS). Il ne faudrait pas oublier non plus l’éruption du Rinjani – actuellement en alerte Jaune (WASPADA) – dont les panaches de cendre ont fortement perturbé le trafic aérien entre Bali et l’Australie fin octobre et début novembre.
Ces dernières éruptions ont eu un impact négatif sur l’arrivée de touristes étrangers en Indonésie, avec une baisse de 23% en moyenne en novembre 2015 dans les trois aéroports les plus touchés. En effet, d’Octobre à Novembre 2015, la plupart les aéroports indonésiens ont enregistré des augmentations d’arrivées de touristes étrangers, à l’exception des aéroports de Lombok, de Ngurah Rai à Bali et de Tanjung Balai dans les Iles Riau qui ont enregistré respectivement des baisses de 39,6, 28,5 et 2,1 pour cent.
Sur une base annuelle et à l’échelle nationale, le nombre d’arrivées de touristes étrangers en novembre 2015 a baissé de 29,1%, par rapport à novembre 2014, ce qui confirme la baisse observée en octobre 2015 qui présentait une chute de 32,4% par rapport à octobre 2014.
Source : Presse indonésienne.

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drapeau-anglaisWith Orange alert (Siaga) decided on January 4th, Soputan volcano has been added to Bromo, Lokon and Karangetang which are on the same level, while Sinabung remains on highest alert (AWAS). We should not forget the eruption of Rinjani – currently Yellow Alert (Waspada) – whose ash plumes disrupted air traffic between Bali and Australia late October and early November.
These last eruptions reduced foreign tourist arrivals by 23% on average in November 2015 at the three most-affected airports. Indeed, from October to November 2015, most airports recorded increases in foreign tourist arrivals except for Lombok International Airport, Ngurah Rai Bali, and Tanjung Balai Karimun Riau Island which recorded 39.6, 28.5 and 2.1 per cent decreases respectively.
On a yearly basis, the number of foreign tourist arrivals nationwide in November 2015 was down by 29.1%, compared to November 2014, continuing the decline seen in October, which was 32.4% lower than October 2014.
Source: Indonesian newspapers.

Sinabung  2 blog

Eruption du Sinabung (Photo: J.P. Vauzelle)