Mauna Loa (Hawaii): Ne pas oublier que c’est un volcan actif ! // Don’t forget it’s an active volcano !

De temps en temps, l’Observatoire des Volcan d’Hawaii (HVO) rappelle à la population que le Mauna Loa est un volcan actif avec des éruptions récentes. Si certaines d’entre elles se sont limitées à la zone sommitale, d’autres sont rapidement devenus une menace pour les zones habitées.
En 2013-2014, on a observé une hausse de l’activité sismique sur le Mauna Loa, avec un gonflement du volcan. Cette activité persistait en septembre 2015, ce qui a incité le HVO a faire passer le niveau d’alerte du volcan de «Normal» à «Vigilance». Cependant, ce niveau d’alerte ne signifie pas qu’une éruption se produira dans le court terme. La sismicité et le gonflement du Mauna Loa ont ralenti au cours des derniers mois, mais ils restent supérieurs aux niveaux d’avant 2013. C’est pourquoi le niveau d’alerte est maintenu à « Vigilance ».
La population sur l’île d’Hawaï a presque doublé depuis la dernière éruption du Mauna Loa en 1984. En conséquence, une génération d’Hawaiiens nés depuis cette époque, ainsi que de nombreux nouveaux arrivants, n’ont pas connu d’éruption du Mauna Loa. Ces personnes doivent garder à l’esprit que les éruptions sont susceptibles d’émettre d’énormes quantités de lave. Par exemple, au cours de l’éruption de 1984, le Mauna Loa a vomi en une vingtaine de minutes le même volume de lave que le Kilauea actuellement, en moyenne, en une journée. Une coulée de lave du Mauna Loa en 1950 a parcouru 21 km depuis la Zone de Rift Sud-Ouest jusqu’à la côte sud de Kona en un peu plus de trois heures. En comparaison, la coulée de lave du Kilauea qui a menacé Pahoa en 2014 a mis quatre mois pour parcourir la même distance.
Afin de mettre en garde la population, le HVO donne régulièrement des informations sur l’histoire éruptive du Mauna Loa, ses dangers et son statut actuel. L’objectif est de sensibiliser les gens et de les préparer à une future éruption sans créer de panique inutile.
Compte tenu du passé du Mauna Loa, il est bon de se rappeler que le volcan, qui couvre plus de la moitié  de la surface de l’île d’Hawaï, est entré en éruption à 33 reprises depuis 1843. Il se manifestera à nouveau, mais il est impossible de dire quand.
Les 33 éruptions qui ont eu lieu depuis 1843 ont commencé au sommet du Mauna Loa. Parmi toutes ces éruptions, environ la moitié sont restées dans la zone sommitale et n’ont présenté aucune menace.
A côté de cela, 24% des éruptions ont débuté au sommet et ont ensuite migré vers la Zone de Rift Nord-Est, située plus en aval. Les éruptions qui se produisent le long de cette zone de rift produisent des coulées susceptibles de menacer Hilo, comme cela s’est produit en 1984, mais la pente est assez douce ; il faudrait donc des semaines ou des mois pour que la lave atteigne la côte est de l’île.
Environ 21% des éruptions qui ont débuté au sommet ont ensuite migré vers des altitudes plus basses le long de la Zone de Rift Sud-Ouest. Avec les pentes abruptes de part et d’autre de cette zone de rift, les coulées de lave peuvent atteindre l’océan en quelques heures ou quelques jours. Des coulées a’a très rapides ont atteint la côte sud de Kona en 3 à 18 heures en 1950, 24 heures en 1919 et 4 jours en 1926.
Les autres éruptions avaient leur source dans des bouches radiales sur les flancs nord et ouest du volcan. En 1859, une coulées a’a émise à 3.300 m. d’altitude a atteint la côte en huit jours.
Le HVO espère que les Hawaiiens prendront conscience de la présence du risque éruptif du Mauna Loa et se prépareront à la prochaine éruption sans peur ni panique. L’Observatoire ne pense pas que le Mauna Loa entrera en éruption dans un proche avenir. Cependant, les scientifiques continuent de surveiller le volcan et informeront les autorités et les habitants de l’île en cas d’évolution de la situation.
Source: USGS / HVO.

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From time to time, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) reminds the population that Mauna Loa is an active volcano with recent eruptions. If some of them were limited to the summit area, others rapidly became a threat to populated areas.

In 2013-2014, seismic activity increased on Mauna Loa, together with a swelling of the volcano. By September 2015, this unrest was persistent enough for HVO to change the alert level from “normal” to “advisory.” However, this alert level does not mean that an eruption will happen in the near future. Mauna Loa’s seismicity and swelling have both slowed in recent months, but they are still above the pre-2013 rate. So, the alert level is kept at “advisory.”

Population on the Island of Hawaii has nearly doubled since Mauna Loa’s most recent eruption in 1984. So, a generation of Hawaii born residents, as well as numerous newcomers, have not experienced a Mauna Loa eruption. These people should keep in mind the the eruptions are likely to emit huge amounts of lava. For instance, during the 1984 eruption, Mauna Loa erupted in about 20 minutes the same volume of lava that Kilauea erupts, on average, in one day. A 1950 Mauna Loa lava flow travelled 21 km from the Southwest Rift Zone to the South Kona coast in just over 3 hours. In contrast, the 2014 Kilauea lava flow that threatened Pahoa took four months to travel a similar distance.

In order to warn the population, HVO is informing residents about Mauna Loa’s eruptive history, hazards, and current status. The aim is is to increase people’s awareness and to prepare them for a future eruption without creating unnecessary anxiety.

Considering Mauna Loa’s history, it is good to remember that the volcano, which covers more than half Hawaii Island’s surface area, has erupted 33 times since 1843. It will erupt again, but exactly when is not yet known.

All 33 eruptions since 1843 started at the summit of Mauna Loa. Among all these eruptions, about half of them began at the summit, stayed in the summit area, and posed no threat.

However, 24 percent started at Mauna Loa’s summit and then migrated down the volcano’s Northeast Rift Zone. Eruptions along this rift zone produce flows that could advance toward Hilo, as happened in 1984, but the slopes are gentle enough, so it typically would take weeks to months for lava to reach the island’s east coast.

Around 21 percent of the eruptions started at the summit then migrated to lower elevations along Mauna Loa’s Southwest Rift Zone. With steep slopes on both sides of this rift zone, lava flows can reach the ocean in a matter of hours to days. Fast-moving ‘a‘ā flows reached the South Kona coast in 3-18 hours in 1950, 24 hours in 1919, and 4 days in 1926.

The remaining Mauna Loa eruptions are from radial vents on the volcano’s north and west flanks. In 1859, an eruption from a radial vent at 3,300 m. elevation sent an ‘a‘ā flow to the coast in eight days.

HVO hopes Hawaii residents will become more aware of Mauna Loa and how they can prepare for the volcano’s next eruption without fear or panic. The Observatory does not expect Mauna Loa to erupt in the near future. However, scientists continue to closely monitor the volcano and will notify authorities and island residents of any changes.

Source: USGS / HVO

Photo: C. Grandpey

Photo: USGS

Photo: C. Grandpey

Photo: C. Grandpey

Photo: C. Grandpey

Carte montrant les zones de rift du Mauna Loa (Source : USGS / HVO)

Les leçons de l’éruption du Moto-Shirane (Japon) // The lessons of the Moto-Shirane eruption (Japan)

Les Japonais sont des gens très scrupuleux. Chaque fois qu’un problème survient, ils essaient d’en déterminer les causes et de trouver des solutions. Cet état d’esprit peut être observé dans de nombreux domaines d’activité et les volcans en font partie.
Lorsque le Mont Moto-Shirane est entré soudainement en éruption le 23 janvier 2018, tuant une personne et en blessant 11 autres, l’Agence Météorologique Japonaise (JMA) a été dans l’impossibilité d’émettre un bulletin d’alerte immédiatement après l’événement. Le premier a été publié seulement environ une heure plus tard. La ville de Kusatsu, une station de ski près du volcan, a réussi à diffuser un bulletin d’alerte par radio 50 minutes après l’éruption. L’Agence a réagi avec un tel retard parce qu’il fallait qu’elle vérifie non seulement ce qui s’est passé sur volcan, mais aussi si le système d’observation et d’alerte des volcans de la région avait fonctionné. Cet événement montre que le gouvernement japonais et la communauté scientifique (en l’occurrence les volcanologues) auraient tout intérêt à revoir le système actuel de surveillance et d’alerte, et examiner les moyens de répondre au mieux aux éruptions une fois qu’elles ont eu lieu.
Le Japon compte 111 volcans actifs, ce qui  représente environ 7% des volcans actifs de la planète, et 50 sont surveillés 24 heures sur 24. La zone volcanique où l’éruption s’est produite le 23 janvier en fait partie. L’Institut de Technologie de Tokyo a un observatoire sur le Moto-Shirane ; ce qui s’est passé est donc d’autant moins excusable.
L’éruption a eu lieu au niveau du cratère Kagamiike sur le Mont Moto-Shirane. Les volcanologues et l’Agence ne s’attendaient pas à une éruption sur ce site car il n’y avait pas eu d’activité volcanique depuis environ 3 000 ans. Les efforts de surveillance dans la région se concentrent sur le cratère Yugama, à environ 2 km au nord. Les données indiquent que l’éruption du 23 janvier a été très soudaine. Une activité sismique a été enregistrée vers 9h59 et l’éruption a eu lieu à 10h02. Tout bulletin d’alerte aurait donc été inutile en matière d’évacuations.
La dernière éruption semble montrer que le système d’observation du Moto-Shirane est inadéquat, même si un meilleur équipement n’aurait  pas forcément permis de prévoir une éruption phréatique. Cet événement devrait toutefois inciter la JMA à vérifier si le réseau national de sismomètres et de caméras de surveillance volcanique ne présente pas des lacunes. Bien qu’il y ait des contraintes budgétaires, l’Agence devrait utiliser au mieux ses ressources pour accroître l’efficacité du réseau d’observation. Par exemple, il n’y avait pas de carte à risques couvrant le site de la dernière éruption. La JMA devra donc revoir la façon dont la carte est élaborée en tenant compte du fait que les activités volcaniques peuvent être très irrégulières.
La JMA devra analyser les données de la dernière éruption pour déterminer l’étendue exacte des dégâts. Pour cela, il faudra identifier les zones où le volcan a envoyé des projectiles et de la cendre, le type spécifique et l’ampleur de l’éruption, si de l’eau chaude a été émise et s’il y a eu des coulées pyroclastiques. L’Agence devra également étudier pourquoi il a fallu si longtemps pour émettre une alerte d’éruption. Le premier bulletin a été émis environ une heure après l’éruption, avec élévation du niveau d’alerte de 1 à 2 sur une échelle de 5, niveau qui indique que l’entrée dans la zone du cratère est limitée. Environ une heure et 50 minutes après l’éruption, le niveau d’alerte est passé à 3, en vertu duquel l’entrée dans la zone du cratère est soit interdite, soit restreinte. Le problème est que l’Agence n’a pas partagé ce bulletin d’alerte avec les autorités locales à Kusatsu.
Le système d’alerte éruptive rapide a été mis en place à la suite de l’éruption du Mont Ontake en 2014, qui a tué 58 personnes. Le but est d’inciter les gens à évacuer la zone et ainsi à limiter le nombre de victimes. Afin d’expliquer pourquoi les bulletins d’alerte n’ont pas été émis immédiatement, la JMA a déclaré qu’il a fallu du temps pour confirmer les faits liés à l’éruption en raison du manque de caméras de surveillance près du site. Dans un tel cas et dans un but de sécurité, il faudrait que l’Agence obtienne le plus rapidement possible des informations auprès des randonneurs et des touristes qui se trouvent près du site de l’éruption et qu’elle émette des bulletins d’informations appropriés, même si ces informations ne peuvent pas être vérifiées. Les municipalités proches des volcans devraient également agir selon le même principe, même si elles sont susceptibles d’obtenir des informations contradictoires, comme ce fut le cas pour la mairie de Kusatsu.
Beaucoup de volcans japonais sont des lieux touristiques et les gens ne se rendent pas forcément compte du risque éruptif. La plupart des municipalités situées à proximité des volcans ne possèdent pas de plans d’évacuation pouvant être utilisés en cas de problème..
Bien que l’éruption du Mont Moto-Shirane nous rappelle la difficulté à prévoir de tels événements, elle devrait pousser le gouvernement japonais à intensifier ses efforts pour améliorer le système de surveillance volcanique. Un bon point de départ consisterait à allouer des ressources suffisantes pour former une nouvelle génération de volcanologues, car le pays souffre cruellement d’une pénurie de jeunes scientifiques dans ce domaine.
Source: The Japan Times.

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The Japanese are very scrupulous people. Each time a problem occurs, they try to find its causes and possible solutions. This behaviour can be observed in many fields of activity and volcanoes are concerned too.

When Mount Moto-Shirane erupted without warning on January 23rd 2018, killing one person and injuring 11 others, the Japan Meteorological Agency (JMA) was unable to issue an alert immediately after the eruption; the first one was issued only about an hour later. The town of Kusatsu, the site of a ski resort near the volcano, only managed to broadcast a disaster warning through a wireless system 50 minutes after the eruption. Along with verifying what happened at the volcano, the Agency needs to look into whether the volcano observation and alert system in the area worked. The government and the volcanologist community should re-examine the current monitoring and alert system, and review ways to best respond to eruptions once they have taken place.

Japan has 111 active volcanoes accounting for about 7% of active volcanoes around the world, and 50 of them are observed round the clock. The volcanic area where the eruption occurred last week is one of these 50 areas. The Tokyo Institute of Technology has an observatory there, making what happened all the more shocking.

The eruption took place at the Kagamiike crater on Mount Moto-Shirane. Volcanologists and the Agency had not anticipated an eruption at that site since there had been no volcanic activity there in some 3,000 years. The monitoring efforts in the area are concentrated at the Yugama crater of Mount Shirane, some 2 km to the north. Data indicate the January 23rd eruption was very sudden. Volcanic tremors were observed in the area around 9:59 a.m. and the eruption took place at 10:02 a.m.

It is clear that the system to observe Mount Moto-Shirane is inadequate, although even a better one may not have enabled the prediction of a phreatic eruption. This event should prompt the Agency to look into whether the nation’s network of seismometers and video cameras to monitor volcanic activities has too many holes. While there are budgetary constraints, the Agency should make the best use of its resources to increase efficiency of the observation network. The hazard map for volcanic activities and eruptions did not cover the site where last week’s eruption took place. Thus, the Agency should review the way the map is created based on the understanding that volcanic activities can be very irregular.

The Agency needs to analyze data from the latest eruption to determine the exact extent of the damage, including identifying the areas where the volcano spewed stones and ash, the specific type and scale of the eruption, whether hot water was discharged and whether there were debris flows. It should also scrutinize how and why it took so long to issue an eruption alert. The first warning came about an hour after the eruption, raising the volcanic status level from 1 to 2 on a scale of 5, a level at which entry into the crater area is restricted. About one hour and 50 minutes after the eruption, it raised the status level to 3, under which entering the mountain area is either banned or restricted. However, the Agency did not share this warning with the Kusatsu Municipal Government.

The system of issuing a prompt eruption alert was established in the wake of the 2014 eruption of Mount Ontake which killed 58 people, in an effort to encourage people to evacuate and limit casualties as much as possible. Explaining why the warnings were not issued immediately, JMA said it took time to confirm the facts related to the eruption due to the lack of monitoring cameras near the site. In such a case, the Agency should get information from climbers and tourists who were near the scene as quickly as possible and issue relevant warnings – even if the information provided cannot be verified – under the principle that safety comes first. Municipalities near volcanoes also should act under the same principle, although they may get conflicting information, as the Kusatsu town office did.

Many of Japan’s volcanoes constitute tourism resources, and people may not have a sufficient sense of caution regarding the possibility of eruptions. Most municipalities near volcanoes are said to lack advance evacuation plans in the event of an incident.

Although what happened last week at Mount Moto-Shirane reminds us of the difficulty of forecasting volcanic eruptions, that should not lead the government to slacken its efforts to improve the system to monitor volcanic activities. A good starting point would be to allocate sufficient resources to train a new generation of volcanologists since the nation is suffering from an acute shortage of young experts in the field.

Source : The Japan Times.

Zone sommitale du Moto-Shirane (Crédit photo: F. Gueffier)

Pas plus d’éruptions et de séismes qu’autrefois // Not more eruptions and earthquakes than in the past

Très souvent, les gens que je rencontre me disent qu’ils ont l’impression qu’il y a plus d’éruptions volcaniques ou de catastrophes naturelles que par le passé. Je leur explique que ce n’est pas vrai. Ils ont cette impression car aujourd’hui les nouvelles se propagent à la vitesse de la lumière grâce aux nouvelles technologies comme Internet. Je leur rappelle aussi que le fonctionnement de la planète s’observe en prenant en compte l’échelle géologique et non notre petite échelle humaine !
Des dizaines de milliers de personnes se sont inquiétées récemment en entendant parler des activités sismique et volcanique le long de la Ceinture de Feu du Pacifique. Un puissant séisme dans le Golfe d’Alaska, une avalanche et une éruption volcanique dans le centre du Japon, ainsi que l’éruption du Mayon aux Philippines se sont tous produits à quelques jours d’intervalle.
Pour rassurer les gens qui commençaient à s’inquiéter de cette accumulation d’événements, le Bureau des Nations Unies pour la Réduction des Risques liés aux Catastrophes a envoyé un tweet pour rappeler que la Ceinture de Feu était « active ». Il convient de rappeler que la Ceinture de Feu du Pacifique désigne une série de volcans, de sites sismiques et de plaques tectoniques autour de l’Océan Pacifique. Elle s’étend sur 40 000 km depuis la pointe sud de l’Amérique du Sud jusqu’à la Nouvelle-Zélande. Environ 90% des séismes de notre planète se produisent le long de cette zone et la Ceinture est jalonnée de 75% des volcans actifs sur Terre, ce qui représente 452 édifices.

Voici quelques exemples des derniers événements :
– Le 23 janvier 2018, un séisme de magnitude M 7,9 a été enregistré dans le Golfe d’Alaska. Il a brièvement déclenché une alerte tsunami dans les zones côtières de l’Alaska et de la Colombie-Britannique au Canada.
– Le même jour, un soldat a été tué et au moins 11 autres ont été blessés dans le centre du Japon par une avalanche qui a probablement été déclenchée par une éruption volcanique du mont Moto-Shirane. L’explosion soudaine a également fait pleuvoir des projections sur un domaine skiable près de Kusatsu en blessant des skieurs dans une télécabine.
– Au début de l’année dernière, l’éruption du Mont Agung à Bali a entraîné la fermeture de l’aéroport de Denpasar et l’évacuation d’au moins 100 000 personnes.
– Le Sinabung, sur l’Ile de Sumatra en Indonésie, était en sommeil depuis 400 ans avant d’entrer à nouveau en éruption en 2010. En 2016, au moins sept personnes sont mortes, victimes de coulées pyroclastiques. Le Sinabung a connu un regain d’activité en 2017 et l’éruption continue toujours.
– Le Kadovar, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, crache de la cendre depuis plusieurs semaines, provoquant l’évacuation de milliers de personnes des îles voisines. Tous ces volcans sont situés le long de la Ceinture de Feu et leur comportement actuel n’a rien d’extraordinaire. Bien que ces différents événements se produisent quasiment en même temps dans différentes parties de la région, il n’existe pas nécessairement de relation entre eux.

Sans oublier l’éruption du Mayon qui, si elle n’a pas fait de victimes, a déplacé plus de 50 000 personnes.

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Very often, the people I meet tell me they get the impression there are more volcanic eruptions or natural disasters than in the past. I usually tell them that this is not true. They get this impression because today news travels at the speed of sound thanks to new technologies like the Internet.

Tens of thousands of people have had their lives disrupted recently by seismic and volcanic activity along the Ring of Fire. An earthquake in the Gulf of Alaska, an avalanche and volcanic eruption in central Japan and the eruption of Mayon in the Philippines all occurred within days of each other.

To comfort the people who were starting to worry about this accumulation of events,  the UN Office for Disaster Risk Reduction sent a tweet on Tuesday warning that the Ring of Fire was « active ». It should be remembered that the Ring of Fire refers to a string of volcanoes, earthquake sites and tectonic plates around the Pacific. It spreads across 40,000km from the southern tip of South America all the way to New Zealand. Roughly 90% of all earthquakes occur along the area and the Ring is dotted with 75% of all active volcanoes on Earth, which means 452 individual active volcanoes.

Here are a few examples of the latest events:

  • On January 23rd 2018, an M 7.9 earthquake struck off the coast of Alaska.The quake briefly triggered a tsunami warning for coastal areas of Alaska and British Columbia in Canada.
  • On the same day, one soldier was killed and at least 11 others injured in central Japan by an avalanche that may have been triggered by a volcanic eruption. The eruption of Mount Moto-Shirane also sent rocks raining down a ski area near Kusatsu in central Japan and caused injuries among skiers in a gondola.
  • Earlier last year, the eruption of Bali’s Mount Agung led to the closure of the city’s international airport and forced up to 100,000 people to evacuate.
  • Mount Sinabung, more than 3,000 km away in Sumatra, Indonesia, had been dormant for 400 years before it began erupting again in 2010. In 2016, at least seven people died after pyroclastic flows travelled across the region. Sinabung began erupting again in 2017 and is still going.
  • Mount Kadovar, a volcano in Papua New Guinea, has been spewing ash for weeks, causing the evacuation of thousands of people from nearby islands.

Without forgetting the eruption of Mayon. It did not cause casualties but displaced more than 50,000 persons.

All these volcanoes are located along the Ring of Fire and there is nothing unusual about what we are seeing at the moment. These events are occurring at the same time in different parts of the region. There is not necessarily a relationship between them.

Moto-Shirane (Crédit photo: F. Gueffier)

Mont Agung (cvapture image webcam)

Sinabung (Crédit photo: J.P. Vauzelle)

Fonte des glaciers et éruptions volcaniques // Glacier melting and volcanic eruptions

Voici un sujet qui va de pair avec le titre de mon blog: comment la fonte des glaciers peut favoriser le déclenchement des éruptions dans des régions volcaniques comme l’Islande. L’hypothèse a déjà été examinée plusieurs fois par des scientifiques et a été récemment abordée dans une nouvelle étude conduite par l’Université de Leeds. Les chercheurs ont confirmé l’idée qu’il y avait moins d’activité volcanique en Islande lorsque la couverture glaciaire était plus étendue. En revanche, avec la fonte des glaciers, les éruptions deviennent plus fréquentes du fait de la baisse de pression exercée par la glace.
Les scientifiques anglais ont examiné en Islande la cendre volcanique contenue dans des dépôts de tourbe et des sédiments lacustres et a identifié une période d’activité volcanique particulièrement réduite entre 5 500 et 4 500 ans. Cette période est intervenue après une baisse importante de la température de la planète et la croissance des glaciers en Islande.
Les résultats de l’étude, publiés dans la revue Geology, montrent qu’il y a eu un décalage d’environ 600 ans entre l’événement climatique et la diminution significative du nombre d’éruptions. L’étude indique que l’on est en droit de s’attendre à un décalage similaire avec le changement climatique actuel et des températures plus chaudes qu’il génère.
Le système volcanique islandais se remet du «Petit âge glaciaire», une période de climat plus froid entre 1500 et 1850. Depuis la fin du Petit âge glaciaire, une période de réchauffement climatique fait à nouveau fondre les glaciers islandais. Selon l’un des auteurs de l’étude, «la part prise par l’homme dans le réchauffement climatique rend difficile toute prévision, mais les tendances du passé prouvent qu’un plus grand nombre d’éruptions est susceptible de se produire en Islande dans les prochaines années.»
Le volcanisme islandais dépend des interactions complexes entre les rifts le long de plaques continentales, l’accumulation de gaz et de magma en profondeur et la pression exercée par les glaciers sur la surface du volcan. Les variations de pression à la surface peuvent modifier les contraintes qui s’exercent sur les chambres peu profondes, là où le magma est stocké. En effet, lorsque les glaciers se retirent, il y a moins de pression sur la surface de la Terre. Cela peut accélérer la fonte du manteau, affecter le comportement du magma, ainsi que la quantité de magma que la croûte peut contenir. Même de faibles variations de pression en surface peuvent modifier la probabilité d’éruptions sur les volcans recouverts de glace.
Source: Université de Leeds.

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Here is a topic that goes hand in hand with the title of my weblog : how glacier melting can influence eruptions in volcanically active regions like Iceland. The hypothesis has already been considered several times by scientists and was recently developed in a new study led by the University of Leeds. It confirmed the idea that there was less volcanic activity in Iceland when glacier cover was more extensive and as the glaciers melted volcanic eruptions increased due to subsequent changes in surface pressure.

The study examined Icelandic volcanic ash preserved in peat deposits and lake sediments and identified a period of significantly reduced volcanic activity between 5,500 and 4,500 years ago. This period came after a major decrease in global temperature, which caused glacier growth in Iceland.

The findings, published in the journal Geology, found there was a time lag of roughly 600 years between the climate event and a noticeable decrease in the number of volcanic eruptions. The study suggests that perhaps a similar time lag can be expected following the more recent shift to warmer temperatures.

Iceland’s volcanic system is in process of recovering from the ‘Little Ice Age’, a recorded period of colder climate roughly between the years 1500 to 1850. Since the end of the Little Ice Age, a period of climate warming is causing Icelandic glaciers to melt again. According to one of the authors of the study, « the human effect on global warming makes it difficult to predict how long the time lag will be but the trends of the past show us more eruptions in Iceland can be expected in the future.”

Icelandic volcanism is controlled by complex interactions between rifts in continental plate boundaries, underground gas and magma build-up and pressure on the volcano’s surface from glaciers and ice. Changes in surface pressure can alter the stress on shallow chambers where magma builds up. Indeed, when glaciers retreat there is less pressure on Earth’s surface. This can increase the amount of mantle melt as well as affect magma flow and how much magma the crust can hold. Even small changes in surface pressure can alter the likelihood of eruptions at ice-covered volcanoes.

Source: University of Leeds.

Photo: C. Grandpey