Tristan da Cunha (Territoire britannique d’outre-mer / British overseas territory)

drapeau francaisVous n’avez probablement jamais entendu parler d’Adam Swain. Cet homme et quelque 300 de ses compatriotes ont été contraints de fuir Tristan da Cunha après l’éruption du 8 octobre 1961. M. Swain est décédé la semaine dernière. Ses funérailles ont eu lieu en l’église de Fawley, en Angleterre. Au même moment, des compatriotes s’étaient rassemblés sur Tristan da Cunha pour lui dire adieu et lui témoigner leur reconnaissance.
Adam Swain a aidé les 263 insulaires et 26 expatriés à quitter Tristan da Cunha pour l’île Nightingale, à 40 km, après l’éruption du volcan Queen Mary’s Peak le 8 octobre 1961. Parmi les personnes présentes aux obsèques figurait Chris Bates, qui pendant neuf ans, a été le premier représentant officiel de Tristan da Cunha au Royaume-Uni. M. Bates a expliqué qu’Adam Swain et son compatriote îlien Joseph Glass faisaient partie d’une expédition de la Royal Society qui s’était rendue sur l’île en 1962 pour évaluer l’étendue des dégâts.

Tristan da Cunha n’est pas la terre volcanique la plus visitée au monde. Territoire britannique d’outre-mer, elle appartient à un archipel situé à 2 807 kilomètres à l’ouest de la ville du Cap (Afrique du Sud) et à 3 360 kilomètres à l’est de l’Amérique du Sud. La terre la plus proche est l’île de Sainte-Hélène, 2 438 km au NNE. Tristan da Cunha, avec 96 km2 de superficie, culmine à 2 062 mètres au Queen Mary’s Peak..

Le 8 octobre 1961, le volcan sort brusquement de son sommeil. C’est la première fois qu’il se manifeste depuis la colonisation du pays. Avant l’éruption, les habitants avaient fait état d’essaims sismiques qui avaient provoqué des éboulements le long des falaises.

Devant l’ampleur de l’éruption, les Britanniques décident d’évacuer la population, dans un premier temps vers l’île Nightingale, puis comme réfugiés au Cap. Finalement, les Tristanais sont envoyés en Grande-Bretagne où ils sont logés sur une ancienne base militaire, Pendell Army Camp, près de Merstham (Surrey). Ils sont ensuite regroupés à la base RAF abandonnée de Calshot, près de Southampton, nom qu’ils retiendront pour désigner leur nouveau port d’attache à leur retour chez eux. Pour la plupart, ils élisent domicile sur un chemin qui a gardé le nom de Tristan Close.

En 1962, la Royal Society organise une expédition pour connaître l’ampleur des dégâts causés par l’éruption et étudier les conséquences sur la faune et la flore locales. Les membres de cette expédition découvrent que le village Edinburgh of the Seven Seas est presque intact. La lave s’est arrêtée à 300 mètres des maisons. Toutefois, les autorités décident de ne pas rapatrier les insulaires et affirment qu’ils sont plus heureux en Angleterre. Alors les Tristanais entreprennent d’organiser leur propre rapatriement. Les autorités font tout le nécessaire pour leur venir en aide. En 1963, sous la houlette de Willie Repetto (chef du conseil de l’île) et Allan Crawford (un ancien agent de santé publique), les Tristanais regagnent leur pays sauf cinq d’entre eux, et cinq autres personnes décédées lors de leur séjour en Angleterre, mais la population s’était accrue de huit nouveau-nés entre temps.

Hervé Bazin, dans Les Bienheureux de La Désolation  a fait un récit saisissant de cette évacuation, du malaise des insulaires face à la société de consommation anglaise, et de leur retour sur leur île.

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drapeau anglaisYou’ve probably never heard of Adam Swain. This man and almost 300 of his fellow countrymen were forced to flee Tristan da Cunha after the eruption of October 8th 1961. Mr Swain died last week. His funeral was held at the church of Fawley, in England. At the same moment, mourners gathered on Tristan da Cunha to say their own goodbyes.

Mr Swain helped all 263 islanders and 26 expatriates escape to the safety of Nightingale Island 40 km away after the volcano erupted.  Mourners included Chris Bates who, for nine years, was Tristan da Cunha’s first official representative in the UK. Mr Bates said Mr Swain and fellow islander Joseph Glass were among members of a Royal Society expedition that travelled to the island in 1962 to assess the extent of the damage.

Tristan da Cunha is not the most visited volcanic territory in the world. A British overseas territory, it is part of an archipelago located 2,807 kilometers west of Cape Town (South Africa) and 3360 kilometers east of South America. The nearest land is the island of St. Helena, 2438 km NNE. Tristan da Cunha, with an area 96 km2, culminates at 2062 meters at Queen Mary’s Peak ..
On October 8, 1961, the volcano suddenly came out of its sleep. This was the first time since the colonization of the country. Before the eruption, residents had reported seismic swarms that had caused landslides along the cliffs.
Given the magnitude of the eruption, the British decided to evacuate the population, initially to the island of Nightingale and as refugees to Cape Town. Finally, they were transported to Britain where they were housed on a former military base, Pendell Army Camp, near Merstham (Surrey). They were later regrouped on the abandoned Calshot Base of the Royal Air Force, near Southampton. They chose the name to designate their new home port on their return home. Most of them took up residence on a path that is still named Tristan Close.
In 1962, the Royal Society organized an expedition to assess the extent of the damage caused by the eruption and investigate the effects on the local fauna and flora. The members of the expedition discovered Edinburgh of the Seven Seas that was almost intact. The lava had stopped 300 meters from the settlement. However, the authorities decided not to repatriate the islanders and claimed they were better in England. Then most families decided to organize their own repatriation. They returned in 1963 led by Willie Repetto (head of the island council) and Allan Crawford (the former island welfare officer). They all travelled back home, except five, and five others who had died during their stay in England but the population had increased by eight newborns between.

Tristan da Cunha

Tristan da Cunha vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Nyiragongo (République Démocratque du Congo)

drapeau francaisAu cours d’une visite au sommet du Nyiragongo les 10 et 11 mars 2016, une équipe scientifique de l’Observatoire de Goma a pu constater que l’activité restait très intense au niveau de la bouche qui s’est ouverte sur la première terrasse au-dessus du lac de lave. On y observe des fontaines, tandis que la lave continue à s’épancher sur la terrasse en formant deux branches susceptibles de se rencontrer. La lave continue à se déverser dans le lac dont le niveau reste relativement bas et où on observe toutefois une activité intense.
Les scientifiques ont tiré une double conclusion de leurs observations: 1) L’activité soutenue au niveau de la nouvelle bouche ainsi que 2) les relevés de températures qui montrent une légère diminution, laissent supposer que l’activité reste encore concentrée dans le cratère et que les fractures ne sont pas encore alimentées. De plus, aucune déformation significative du cratère n’a été observée.
La conclusion du rapport de l’Observatoire est que « les populations de Goma ainsi que des agglomérations avoisinantes ne devraient donc pas s’inquiéter car l’activité des puits principal et secondaire est encore concentrée dans le cratère central ».
Vous pourrez lire le rapport dans son intégralité à cette adresse:
http://www.ovggoma.org/wp-content/uploads/2016/03/Rapport-OVG-du-10-au-11-mars-2016.pdf

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drapeau anglaisDuring a visit to the summit of Nyiragongo on 10 and 11 March 2016, a scientific team from the Observatory of Goma found that activity remained intense in the vent that opened on the first terrace above the lava lake. One can observe fountains, while the lava continues to pour onto the terrace, forming two branches likely to meet. Lava continues to flow into the lake whose level is relatively low and where an intense activity can still be observed.
Scientists have drawn two conclusions from their observations: 1) Sustained activity at the new vent and 2) the temperature measurements that show a slight decline, suggest that global activity is still concentrated in the crater and that the fractures are not yet fed. Furthermore, no significant deformation of the crater has been observed.
The conclusion of the report is that « the population of Goma and the surrounding towns should not worry because the activity of primary and secondary pits is still concentrated in the central crater. »
The whole report can be found at this address:
http://www.ovggoma.org/wp-content/uploads/2016/03/Rapport-OVG-du-10-au-11-mars-2016.pdf

Nyira mars 2016

Crédit photo: OVG.

Alaid (Iles Kouriles – Russie / Kuril Islands – Russia)

drapeau francaisDans une note publiée le 23 février dernier, j’indiquais qu’une anomalie thermique avait été détectée sur l’Alaid et que la couleur de l’alerte aérienne était passée au Jaune. Ces observations ont été confirmées début mars. Les images satellitaires et des observations effectuées depuis l’Ile Paramushir ont révélé qu’un nuage de gaz et de cendre s’étirait sur une distance d’environ 90 km en direction du SO le 6 mars. La couleur de l’alerte aérienne est alors passée à l’Orange.

Source : KVERT.

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drapeau anglaisIn a post published on February 23rd, I indicated that an intense thermal anomaly had been observed over Alaid volcano and that the alert level had been raised to Yellow. This observation was confirmed in early March. Based on satellite images and reports from observers on Paramushir Island, a gas-and-steam plume containing ash drifted 90 km SW on March 6th. The Aviation Color Code was raised to Orange.

Source: KVERT

Momotombo (Nicaragua): Retour au calme? // A return to calm?

drapeau francaisAprès une période d’activité intense, le Momotombo (dont le nom signifie «gros sommet en ébullition») semble reprendre son souffle. Il y a quelques semaines, le volcan émettait d’épaisses colonnes de cendre qui montaient jusqu’à 500 mètres de hauteur. On enregistrait parfois plusieurs explosions par demi-heure et 27 épisodes éruptifs explosifs ont été signalés depuis le 5 décembre 2015.

La vie semble avoir repris un cours normal chez les habitants qui vivent à proximité du volcan. Ils disent qu’ils s’adaptent aux éruptions. Très peu disent qu’ils ont peur de vivre près du volcan mais ils reconnaissent qu’ils n’en mènent pas large quand le sol commence à trembler avant les explosions.
Les scientifiques restent vigilants et continuent de surveiller étroitement l’activité du Momotombo. Des journalistes du Tico Times fois ont rendu visite au volcan entre le 29 février et le 1er mars, alors que se produisait une forte activité explosive. Ils n’ont rencontré aucune restriction d’accès. Ils ont pu pénétrer dans le périmètre de sécurité et rapporter les photos que vous verrez en cliquant sur ce lien :
http://www.ticotimes.net/2016/03/17/photos-a-close-up-look-at-nicaraguas-momotombo-volcano

Les journalistes ont pu avoir un aperçu de l’activité volcanique et observer la puissance de la Nature, tant au niveau sismique que volcanique. Ils étaient accompagnés d’un garde du Parc et d’un volcanologue du Costa Rica. Après deux heures de marche, ils arrivèrent près de récentes coulées de lave, d’où émergeaient « de gros rochers pointus » qui rendaient la progression difficile. Certaines zones étaient de toute évidence encore très chaudes. Le volcanologue a remarqué qu’une grande partie des matériaux rejetés par le volcan pouvait être considérés comme géologiquement jeunes.

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drapeau anglaisAfter a period of intense activity, Momotombo (which means “Big Boiling Summit”) seems to have taken a break A few weeks ago, the volcano was emitting dense ash columns more than half a kilometre in the sky. Explosions sometimes occurred several times in a half hour, and 27 similar eruptive episodes have been reported since December 5th 2015.

 Life seems to be back to relative normality for residents near the volcano. Locals say they are adapting to the eruptions. Few say they are afraid of living in the volcano’s shadow, but they admit to being afraid when the ground begins to shake ahead of explosions.

Scientists remain vigilant and continue to monitor its activity. Tico Times journalists visited Momotombo at the height of the recent explosions, from February 29th to March 1st. They encountered no security restrictions at the perimeter and were able to bring back the photos to be seen at this address:

http://www.ticotimes.net/2016/03/17/photos-a-close-up-look-at-nicaraguas-momotombo-volcano

The journalists were able to catch a glimpse of volcanic activity and witnessed nature’s powerful volcanic and seismic behaviour. Accompanying them were a Nicaraguan park ranger and a Costa Rican volcanologist. After a two-hour walk, they arrived near recent lava flows, marked by “large, sharp rocks” that made hiking difficult. Some areas obviously were extremely hot. The volcanologist noticed that much of the material around the visitors was considered geologically young.

Momotombo

Séquence éruptive sur le Momotombo (Crédit photo: INETER)