Mise au point sur les Champs Phlégréens // Clarification about the Phlegraean Fields

Il y a quelques jours, j’ai été vivement critiqué par certaines personnes pour avoir utilisé le mot « routine » à propos de l’activité sismique observée actuellement dans les Champs Phlégréens. Je voulais simplement dire que les essaims sismiques ne sont pas une nouveauté dans la région. Ils sont liés au bradyséisme – mouvements verticaux du sol – qui sont observés depuis des lustres. Les épisodes de soulèvement du sol les plus récents ont été ceux de 1969-72 et de 1982-84, périodes où beaucoup de ceux qui me critiquent n’étaient pas nés. À l’époque, de nombreux habitants, en particulier dans le centre historique de Pouzzoles, ont été contraints d’abandonner leurs maisons.

Photo: C. Grandpey

De 2005 à aujourd’hui, on assiste à une nouvelle phase de bradyséisme. En avril 2025, elle avait provoqué un soulèvement d’environ 144 centimètres, avec un nombre élevé de séismes et d’essaims sismiques souvent ressentis par la population. Certains de ces événements comptent parmi les plus significatifs des 40 dernières années, avec des magnitudes supérieures à M4.0. Les réseaux de surveillance de l’INGV indiquent des épisodes de soulèvement du sol principalement centrés juste au sud-est du Rione Terra à Pouzzoles, avec une vitesse maximale qui varie au fil des ans entre 10 ± 3 mm/mois et 30 ± 5 mm/mois. En raison de cette série de phénomènes naturels, le niveau d’alerte des Champs Phlégréens a été relevé à la couleur Jaune en 2012.

Photo: C. Grandpey

Depuis 2018, le phénomène de bradyséisme s’accompagne d’une augmentation progressive de l’activité sismique. En 2023, alors que la plupart des événements avaient de faibles magnitudes (environ 90 % inférieurs à M1,0), on a observé une nouvelle augmentation de la fréquence des séismes. La plupart des événements se sont produits entre Astroni, Solfatara-Pisciarelli-Agnano, Pouzzoleset le golfe de Pouzzoles, avec des profondeurs maximales d’environ 4 km, principalement concentrées dans les 2 premiers km. La même année, les événements les plus forts se sont produits les 27 septembre et 2 octobre, avec des magnitudes de M4,2 et M4,0. En 2024, l’événement le plus fort s’est produit le 20 mai avec une magnitude de M4,4 dans la Solfatara, tandis qu’en 2025, le séisme le plus puissant a été enregistré le 13 mars lors d’un essaim sismique, avec une magnitude de M4,6 (±0,3).

Photo: C. Grandpey

Si on fait une comparaison avec la crise bradysismique des années 1980, on constate que la situation actuelle est marquée par des soulèvements du sol et des séismes d’une magnitude comparable à ceux observés lors de la crise bradysismique de 1982-1984. Cependant, en termes d’impact sur les bâtiments et les infrastructures, la situation est très différente. La crise des années 1980 a causé d’importants dégâts aux bâtiments, notamment à Pouzzoles, entraînant l’évacuation de la population de ses habitations du centre historique. Aujourd’hui, la situation est similaire à celle observée lors de la crise bradysismique des années 1970, lorsque les habitants du Rione Terra ont dû être évacués. La crise bradysismique actuelle n’a pas causé de dégâts significatifs jusqu’à présent. Cela est dû à une différente vulnérabilité des bâtiments et à l’évolution différente du bradyséisme, en termes de fréquence des séismes et de vitesse de soulèvement du sol. La plupart des structures de la région sont aujourd’hui constituées de bâtiments ne dépassant pas trois étages qui ont fait l’objet d’interventions de réhabilitation parasismique depuis les années 1980.
Au cours des derniers mois de 2023, la Commission nationale des risques majeurs a été convoquée à plusieurs reprises pour donner son avis sur la situation actuelle. À l’issue de ces réunions, la Commission a constaté que les résultats scientifiques avec la présence de magma en profondeur comme cause principale de la crise bradysismique actuelle. Cependant, en l’absence de preuve de remontée de magma vers le surface, la Commission a conclu au maintien du niveau d’alerte Jaune pour le risque volcanique.
Source : INGV.

Certes, il est très désagréable pour les habitants de Pouzzoles de ressentir les essaims sismiques qui déclenchent, surtout la nuit, des vagues d’anxiété, mais il convient de souligner que ces séismes n’annoncent en rien une super-éruption des Champs Phlégréens. Il convient de préciser que la dernière éruption a eu lieu en 1538 au Monte Nuovo et n’était absolument pas une éruption majeure. Il n’y a donc pas lieu de paniquer. J’ai prévu un voyage en Campanie en septembre et je sais déjà que je dormirai à Pouzzoles…

Cratère du Monte Nuovo (Photo: C. Grandpey)

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A few days ago, I was sharply criticized by some persons for having used the word « routine » about the current seismic activity in the Phlegeaean Fields. I just meant that earthquake swarms are nothing new in the Campi Flegrei. They are linked to the bradyseism – vertical movements of the ground – that have affected the region for centuries. The most recent episodes of upheaval were those of 1969-72 and 1982-84, periods when many of those who criticize mz were not born, and when many inhabitants of the area, especially those of the historic center of Pozzuoli, were forced to abandon their homes. From 2005 to today, a new phase of bradyseism has been underway which in April 2025 produced an uplift of about 144 centimeters, also causing a high number of earthquakes with seismic swarms often felt by the population and some of the highest energy earthquakes of the last 40 years wth magnitudes above M4.0. The INGV monitoring networks indicate a radial geometry of the uplift centered just south-east of Rione Terra in Pozzuoli, with a maximum speed that over the years has varied between 10±3 mm/month to 30±5 mm/month. Due to this series of natural phenomena, since 2012 the alert level of Campi Flegrei has been raised to Yellow.

Since 2018, the bradyseism phenomenon has been accompanied by a gradual increase in seismic activity, including the number of earthquakes and their magnitude. In 2023, while most events had low magnitudes (about 90% below M1.0), there was a new increase in the frequency of earthquakes. Most of the events occurred between Astroni, Solfatara-Pisciarelli-Agnano, Pozzuoli, and Gulf of Pozzuoli, with maximum depths of about 4 km, primarily concentrated in the first 2 km. In the same year, the strongest events occurred on September 27 and October 2, with magnitudes of M4.2 and M4.0. In 2024, the strongest event occurred on May 20 with a magnitude of M4.4 in the Solfatara, while in 2025, the strongest earthquake was recorded on March 13 during a seismic swarm, with a magnitude of M4.6 (±0.3).

Comparison with the bradyseismic crisis of the 1980’s. The current situation is marked by ground uplifts and earthquakes of a magnitude comparable to those experienced in the bradyseismic crisis of 1982-84, while in terms of impact on buildings and infrastructure, the picture is very different. The 1980s crisis caused extensive damage to buildings, particularly in the municipality of Pozzuoli, leading to the evacuation of the population from their homes in the historic center. This was similar to what happened during the bradyseismic crisis of the 1970s when the inhabitants of the Rione Terra had to be evacuated.
The current bradyseismic crisis has not caused significant damage so far. The reasons are to be found in the different vulnerabilities of the buildings and the different evolution of the phenomenon in the frequency of quakes and the rate of uplift. Most of the structures in the area today consist of buildings not exceeding three stories, mostly made of reinforced concrete or masonry, which have undergone seismic retrofitting interventions since the 1980’s.

In the last months of 2023, the National Major Risks Commission has been called several times to know its opinion on the current situation. As a result of these meetings, the Commission found that the scientific findings reinforce the evidence for the presence of deep-seated magma as the root cause of the current bradyseismic crisis. However, without evidence of rising magma, it was concluded to confirm « the yellow alert level for volcanic risk. »

Source : INGV.

Sure, it is very unpleaseant for the residents of Pozzuoli to feel the seismic swarms that trigger, above all at night, waves of anxiety, but it should be underlined that these earthquakes do not herald a super eruption of the Campi Flegrei. One should add that the last eruption occurred in 1538 at Monte Nuovo and was by no means a major eruption. I have planned a trip to Campania in September and I already know that I will sleep in Pozzuoli…

Nouvel essaim sismique dans les Champs Phlégréens (Italie) // New seismic swarm in the Phlegraean Fields (Italy)

L’état d’urgence a été déclaré dans la région des Champs Phlégréens le 13 mai 2025, suite à un séisme de magnitude M4,4 enregistré au cœur d’un essaim de 49 événements. Selon l’INGV, cet essaim a débuté à 0 h 06 (heure locale) le 13 mai et s’est terminé dans la matinée du 14 mai. La décision de déclarer l’état d’urgence a été annoncée par le ministre de la Protection civile, Nello Musumeci, afin d’accélérer les procédures de gestion des risques. Comme précédemment, l’essaim sismique est lié au bradyséismes qui affecte régulièrement la région des Campi Flegrei.
L’épicentre du séisme de magnitude M4,4 a été localisé près de Pouzzoles il a été suivi d’un séisme de magnitude M3,5.
Les séismes ont entraîné l’évacuation d’écoles et de bâtiments publics, la suspension des services ferroviaires régionaux et l’activation des centres de coordination d’urgence.
Les essaims sismiques dans les Champs Phlégréens sont liés au bradyséisme, un phénomène de déplacement vertical du sol causé par le mouvement de magma ou de fluides hydrothermaux dans les profondeurs. L’activité bradysismique est récurrente dans cette région depuis des siècles, avec des épisodes remarquables dans les années 1970 et 1980. Ils ont entraîné un important soulèvement du sol et l’évacuation temporaire de milliers de personnes.

Chaque essaim – surtout lorsqu’il survient la nuit – déclenche une vague d’inquiétude au sein de la population. Nombreux sont ceux qui craignent que la hausse de la sismicité annonce une éruption dans les Champs Phlégréens. Cependant, les instruments n’indiquent pas l’imminence d’un tel événement. Dans la presse napolitaine du 15 mai 2025, l’INGV déclare : « Se il magma dovesse risalire, avremmo segnali chiari e il tempo di avvisare la popolazione ». [Si le magma devait remonter, nous aurions des signaux clairs et le temps d’alerter la population’].

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Source : INGV.

Incrustations de coquillages sur un pilier du temple de Sérapis à Pouzzoles (Photo: C. Grandpey)

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Dernière minute : Un nouvel essaim sismique a commencé dans la caldeira des Champs Phlégréens à 14 h 23 ( heure locale) le 14 mai 2025, cinq heures seulement après la fin de l’essaim signalé ci-dessus et qui avaitconduit à la déclaration de l’état d’urgence. À 1′ h 05, 24 séismes avaient été enregistrés le 14 mai, avec des magnitudes allant jusqu’à M3,1. Les épicentres étaient situés dans la partie centre-est de la caldeira, principalement entre Pouzzoles et Solfatare, à des profondeurs comprises entre 1 et 3 km.

Photo: C. Grandpey

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Dans son dernier bulletin du 13 mai 2025, l’INGV indique que dans la semaine du 5 au 11 mai 2025 on a déjà enregistré 46 séismes de magnitude maximale de M2,3. L’Institut fait état de l’essaim du 13 mai et de l’événement de M4,4 ± 0,3 dans la zone côtière de Pozzuoli.

Depuis début avril 2025, des soulèvements de terrain continuent d’être enregistrés, avec une
valeur mensuelle moyenne d’environ 15±5 mm..
Aucune variation significative des paramètres géochimiques n’a été signalée. Le capteur de température installé à 5 mètres de la fumerolle principale de Pisciarelli montre une valeur moyenne d’environ 97 °C.
Dans la conclusion de son rapport, INGV précise qu’ « aucun élément n’émerge de nature à suggérer des évolutions significatives à court terme. »

Fumerolle de Pisciarelli (Photo: C. Grandpey)

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A state of emergency was declared for the Campi Flegrei area on May 13, 2025, following an M4.4 earthquake within a swarm of 49 registered events. The swarm began at 12:06 LT on May 13 and ended during the morning hours of May 14, according to the INGV Vesuvian Observatory. The decision to declare a state of emergency was announced by Civil Protection Minister Nello Musumeci with the goal of expediting ongoing risk mitigation procedures in response to the area’s increased seismicity attributed to bradyseism

The M4.4 earthquake occurred near Pozzuoli, and was followed by an M3.5 event.

The seismic events prompted evacuations of schools and public buildings, suspension of regional train services, and activation of emergency coordination centers.

Seismic swarms in Campi Flegrei are linked to bradyseism, a phenomenon involving vertical ground displacement caused by underground magma or hydrothermal fluid movement Bradyseismic activity has been recurrent in this area for centuries, with notable episodes in the 1970s and 1980s resulting in significant ground uplift and the temporary evacuation of thousands. Each swarm triggers a wave of anxiety among the population. Many people fear that the rise in seismicity might announce an eruption within the Phlegrean Fields. However, the instrumentsdo not indicatethe imminence of such an event.

Source : INGV.

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Last minute : A new earthquake swarm began in the Campi Flegrei caldera at 14:23 (local time) on May 14, 2025, just five hours after the end of a previous swarm described above and that led to a state of emergency declaration. By 14:05, a total of 24 earthquakes had been recorded, with magnitudes ranging up to M3.1. The epicenters were located in the central-eastern part of the caldera, mainly between Pozzuoli and Solfatara, with depths between 1 and 3 km.

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In its latest bulletin dated May 13, 2025, INGV indicates that 46 earthquakes with a maximum magnitude of M2.3 were already recorded during the week of May 5-11, 2025. The Institute reports the swarm of May 13 and the M4.4 ± 0.3 event in the coastal area of ​​Pozzuoli.
Since the beginning of April 2025, ground uplift has continued to be recorded, with an average monthly value of approximately 15 ± 5 mm.
No significant variations in geochemical parameters have been reported. The temperature sensor installed 5 meters from the main fumarole of Pisciarelli shows an average value of approximately 97°C.
In the conclusion of its report, INGV specifies that « no evidence has emerged to suggest significant changes in the short term. »

Kilauea (Hawaï) : Épisode 21 ! // Kilauea (Hawaii) : Episode 21 !

L’Épisode 20 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé le 6 mai 2025. Une lueur est réapparue peu après au-dessus des bouches éruptives nord et sud dans le cratère de l’Halema’uma’u.

Des flammes d’hydrogène ont été observées dans la bouche nord le 10 mai, signe que la lave était proche de la surface, prête déclencher un nouvel épisode éruptif.

Le 11 mai 2025 vers 8 heures (heure locale), la lave a commencé à bouillonner et à former des fontaines en dôme de quelques dizaines de mètres de hauteur dans la bouche éruptive nord.

Les spectaculaires fontaines de lave émises par la bouche éruptive nord sont apparues à 12 h 45 (heure locale) le 11 mai 2025. Les fontaines en dôme ont évolué en puissants jets de lave dont l’intensité et la hauteur ont rapidement augmenté. Elles ont atteint 150 m et ont alimenté des coulées qui ont rapidement couvert environ 10 à 20 % du plancher du cratère de l’Halema’uma’u. La bouche éruptive sud est actuellement inactive.

Le début des fontaines les plus spectaculaires s’est accompagné d’un changement rapide du tilt sommital qui est passé d’une inflation à une déflation,avec une hausse rapide du tremor éruptif. Un fort dégazage (environ 50 000 tonnes de SO2 par jour), accompagné de téphras et de cheveux de Pélé, accompagne les fontaines de lave.
Les fontaines sont toujours très intenses au moment de la rédaction de cette note.
Source : HVO.

Captures d’écran de la webcam du HVO

11 May 2025 – 20:35 (local time) / 12 mai 2025 08h35 (heure française) : Épuisée par les efforts fournie, la bouche éruptive nord vient de mettre fin à l’activité de fontaines de lave qui a duré environ 8 heures. Le HVO indique qu’à la fin de l’épisode de fontaines de lave, le tilt sommital a montré un passage rapide de la déflation à l’inflation. Cela signifie qu’un Épisode 22 est probable dans les prochains jours.

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Episode 20 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended on May 6th, 2025. A glow reappeared soon after in both the north and south vents within Halema’uma’u Crater. Hydrogen flames could be seen in the north vent on May 10th, the sign that lava was close to the surface, ready to erupt.

At about 8:00 am (local time) on May 11th, lava started bubbling and producing dome-shaped fountains a few tens of meters high in the north vent.

Sustained lava fountaining from the north vent began at 12:45 p.m. (local time) on May 11, 2025. Dome fountains evolved into to continuous lava fountains that grew rapidly in intensity and height. They reached 150 m and fed lava flows covering about 10-20% of the floor of Halema’uma’u crater. The south vent is not currently active.

The onset of sustained fountaining was accompanied by a rapid change in summit tilt from inflation to deflation along with a rapid increase in tremor. Strong degassing (about 50,000 tonnes of SO2 per day) accompanied by tephra and Pele’s hair accompany the fountaining.

The lava fountains are continuing at the time of this post.

Source : HVO.

May 11, 2025 – 8:35 PM (local time) / May 12, 2025 8:35 AM (French time): Exhausted by the efforts made, the northern eruptive vent has just ended the lava fountaining activity that lasted about 8 hours. HVO indicates that the end of episode 21 fountaining activity was accompanied by a rapid change in summit tilt from deflation to inflation. This means Episode 22 is likely in a few days.

Uturuncu, volcan ‘zombie’ en Bolivie // Uturuncu, a ‘zombie’ volcano in Bolivia

Une équipe internationale de scientifiques vient de résoudre le mystère de l’Uturuncu, un volcan supposé endormi dans le sud de la Bolivie, mais qui fait entendre des grondements. Leur étude, publiée dans les Proccedings de la National Academy of Sciences (PNAS), offre à ce jour l’approche la plus détaillée du volcan. Elle révèle que la déformation du sol et l’activité sismique qui y sont observées depuis longtemps sont dues au mouvement de fluides et de gaz à haute température, mais pas à la remontée de magma. Les chercheurs pensent qu’il n’y a pas de risque d’éruption immédiate, mais ils confirment qu’un système magmatique demeure actif sous la surface. La probabilité d’une éruption imminente reste donc faible malgré les récents grondements liés à l’activité sismique enregistrée dans la région et à la déformation du sol, avec l’élévation de la base du volcan et l’affaissement des zones environnantes.
Bien qu’il soit en théorie éteint – sa dernière éruption remonte à 250 000 ans – le volcan Uturuncu continue d’émettre des panaches de gaz. Les chercheurs ont cherché à mieux comprendre l’activité volcanique afin d’évaluer la gravité d’une éventuelle éruption, ainsi que les dégâts matériels et humains.

Crédit phoro : Wikipedia

L’équipe internationale, avec des scientifiques chinois, britanniques et américains, a réalisé des images haute résolution du magma et des gaz qui circulent sous le volcan. Leur étude révèle que le grondement entendu autour de l’Uturuncu est dû aux mouvements de liquides et de gaz sous le cratère. L’imagerie a révélé un système de conduits sous-jacent au volcan, dans lequel circule un mélange complexe de fluides et de gaz à travers des réservoirs magmatiques et des systèmes hydrothermaux.
On savait que l’Uturuncu se trouvait au-dessus du plus grand corps magmatique connu dans la croûte terrestre, relié à un système hydrothermal actif. Cependant, le mode de circulation des fluides dans ce système restait inconnu. Dans la dernière étude, les scientifiques ont ‘photographié’ l’intérieur du volcan en utilisant des méthodes similaires à celles utilisées pour l’imagerie médicale du corps humain. L’analyse de la structure souterraine et des propriétés physiques du volcan, telle que la composition des roches, a permis de détecter des chenaux de migration des fluides chauds vers le surface et de comprendre comment les liquides et les gaz s’accumulaient dans les réservoirs situés sous le cratère. Ils ont conclu que ces mouvements de fluides étaient la cause la plus probable de la déformation au centre du système volcanique.
Les résultats de l’étude montrent comment l’utilisation commune des méthodes géophysiques et géologiques peut permettre de mieux comprendre les volcans, leurs dangers et leurs ressources potentielles. Les chercheurs expliquent que les méthodes présentées dans cette étude pourraient être appliquées à plus de 1 400 volcans potentiellement actifs et à des dizaines de volcans ‘zombies’ comme l’Uturuncu, qui ne sont pas considérés comme actifs mais qui montrent des signes de vie.
Source : Médias d’information internationaux.

Image satellite de l’Uturuncu (Sourcee : Copernicus)

La Smithsonian Institution explique que l’Uturuncu fait partie de la zone volcanique centrale (ZVC) des Andes, une ceinture tectonique active qui s’étend au sud du Pérou, à l’ouest de la Bolivie, au nord du Chili et au nord-ouest de l’Argentine. Bien que la Bolivie compte moins de volcans historiquement actifs que ses voisins, le pays abrite plusieurs grands complexes volcaniques témoignant d’une activité holocène, notamment le Cerro Nuevo Mundo, le Cerro Chascon-Runtu Jarita, ainsi que les Cerro Luxsar et Irruputuncu, potentiellement actifs, près de la frontière chilienne.
Si aucune éruption explosive majeure n’a été enregistrée en Bolivie au cours de la période historique, des dépôts laissés par des événements passés majeurs sont préservés sur l’Altiplano, notamment au sein du complexe volcanique Altiplano-Puna. Ce complexe a produit certaines des plus importantes éruptions ignimbrites des 10 derniers millions d’années. Ces éruptions ont façonné une grande partie de la topographie volcanique actuelle de la région et enfoui des paysages plus anciens sous d’épais dépôts volcaniques.

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An international team of scientists has just solved the mystery about a supposed dormant volcano that is showing signs of rumbling. Their study, published in PNAS, provides the most detailed view to date of the Uturuncu volcano in southwestern Bolivia, revealing that its long-standing ground deformation and seismic unrest are driven by the movement of hot fluids and gases, not by magma ascent. Researchers conclude there is no immediate eruption risk, but confirm that a deep magmatic system remains active beneath the surface. The likelihood of an imminent eruption at what researchers called Bolivia’s “zombie” volcano remains low despite recent rumbling which has been tied to frequent earthquakes in the area as well as land deformation, causing its base to rise and surrounding areas to sink, raising fears of an imminent eruption..

In spite of being technically dead, with its last eruption 250,000 years ago, the Uturuncu volcano continues to eject plumes of gases. Researchers have sought to understand the volcano’s activity better to gauge the severity of a potential eruption, which could cause widespread damage to life and property.

An international team of scientists from China, the UK and the US has conducted high-resolution imaging of magma and gases moving around underneath the volcano. Their study reveals that the rumbling of Uturuncu is caused by the movement of liquid and gas beneath the crater, with a low likelihood of imminent eruption. The imaging uncovers the plumbing system undergirding the volcano that involves a complex mixture of fluids and gases passing through magmatic reservoirs and hydrothermal systems.

Uturuncu was known to sit above the largest known magma body in the Earth’s crust with an active hydrothermal system connecting to it. But exactly how fluids moved through this underground system remained unclear. In the latest study, scientists imaged the interior of the volcano using methods similar to those for medical imaging of the human body.

Analysing this underground structure and the volcano’s physical properties, such as rock composition, helped the authors of the study to detect upward migration channels of hot fluids and understand how liquids and gases accumulated in reservoirs below the crater. They concluded that these fluid movements were the most likely cause of the deformation in the centre of the volcanic system.

The results of the study show how linked geophysical and geological methods can be used to better understand volcanoes, and the hazards and potential resources they present. The researchers explain that the methods in this paper could be applied to the more than 1400 potentially active volcanoes and to the dozens of ‘zombie volcanoes’ like Uturuncu that aren’t considered active but that show signs of life.

Source : International news media.

The Smithsonian Institution explains that Uturuncu is part of the Central Volcanic Zone (CVZ) of the Andes, a tectonically active belt that extends through southern Peru, western Bolivia, northern Chile, and northwestern Argentina. Although the country has fewer historically active volcanoes than its neighbors, it hosts several large volcanic complexes with evidence of Holocene activity, including Cerro Nuevo Mundo, Cerro Chascon-Runtu Jarita, and the potentially active Cerro Luxsar and Irruputuncu near the Chilean border.

While no major explosive eruptions have been recorded in Bolivia during the historical period, deposits from large past events are preserved across the Altiplano, particularly within the Altiplano-Puna Volcanic Complex. This complex has produced some of the largest ignimbrite-forming eruptions in the last 10 million years. These eruptions shaped much of the region’s current volcanic topography and buried older landscapes under thick volcanic deposits.