Une éruption bientôt aux portes de Rome ? // An eruption soon in the vicinity of Rome ?

drapeau francaisLes Monts Albains – Colli Albani – un ensemble de collines formant un demi-cercle de 15 km de diamètre à proximité de Rome, étaient considérés comme un volcan éteint. Selon la Smithsonian Institution, la caldeira de 10 x 12 km de ce complexe volcanique s’est formée au cours d’une période éruptive avec six grands événements explosifs qui ont produit au moins 280 km3 d’éjectas il y a entre environ 560 000 et 350 000 ans. Les éruptions historiques signalées au cours de la période romaine sont incertaines mais des essaims sismiques d’une durée allant jusqu’à deux ans ont été enregistrées depuis cette époque.

Les auteurs d’une nouvelle étude publiée dans Geophysical Research Letters ont constaté que le complexe volcanique des Colli Albani fonctionne sur un cycle de 31 000 ans alternant périodes éruptives et phases de repos, et il serait en train de commencer un nouveau cycle éruptif. L’éruption, prévue dans le prochain millénaire, pourrait affecter les villes situées à proximité.
Au cours des dernières années, les scientifiques ont observé de nouvelles bouches de vapeur, une activité sismique et une élévation du niveau du sol dans les collines et la région environnante. Ces observations s’ajoutent à de nouvelles preuves d’éruptions passées et à des données satellitaires. Les vestiges d’anciennes éruptions montrent que le volcan a le potentiel d’être aussi destructeur que le Vésuve. Le centre de Rome, qui se trouve à une trentaine de kilomètres des Monts Albains, ne serait sérieusement affecté par l’éruption que si le vent soufflait dans cette direction, mais les banlieues de la ville qui s’étendent jusqu’à la base du volcan pourraient être dévastées.
Les géologues ont commencé à soupçonner que quelque chose se passait dans la région des Colli Albani il y a 20 ans quand ils ont remarqué que ces collines se soulevaient anormalement. Un essaim sismique qui a secoué Rome entre 1991 et 1995, ainsi que l’apparition récente d’une bouche de vapeur à proximité de l’aéroport international Léonard de Vinci de Rome, ont donné lieu à des recherches sur le danger potentiel pour la région.
Dans le cadre de la nouvelle étude, les scientifiques ont déterminé l’âge des matériaux émis par les éruptions passées et ils ont étudié des images satellites de la région fournies par le système InSAR pour déterminer son histoire éruptive.
La nature cyclique du volcan est due à la géologie inhabituelle de la région. Selon l’étude, une «bulle» géante de magma sous pression se forme périodiquement sous la croûte terrestre et elle se fraye un chemin vers la surface en empruntant une fracture entre deux gros éléments de terrain. Au niveau des Colli Albani, les deux éléments qui enserrent la fracture au-dessus de la bulle de magma sont pressés l’un contre l’autre par la géologie environnante, ce qui empêche la bulle de magma de monter et de provoquer une éruption.
Le signe de la présence de cette bulle de magma est une augmentation de la hauteur des collines et de la région environnante provoquée par la poussée qu’elle exerce. Au cours des 200 000 dernières années, la terre autour des Colli Albani s’est soulevée d’une cinquantaine de mètres et le phénomène continue à raison de plus de 2 millimètres par an, ce qui laisse supposer que la bulle de magma continue à se développer. La nouvelle étude indique que la fracture qui retient la bulle en profondeur a évolué au cours des 2 000 dernières années. Aujourd’hui, au lieu d’une poussée simultanée l’un contre l’autre, les deux éléments de terrain qui encadrent la fracture glissent l’un contre l’autre. Avec une telle modification, la pression qui s’exerce sur la bulle devient moins forte et le magma a la possibilité de se frayer un chemin vers la surface et de provoquer une éruption.

La dernière éruption des Monts Albains a eu lieu il y a 36 000 ans, ce qui signifie que le volcan est « en retard ». Bien que la région montre des signes d’activité volcanique, les auteurs de l’étude pensent que la prochaine éruption majeure est peu probable avant un millier d’années et sera précédée par une activité volcanique plus modérée.

NDLR : Cet article appelle de ma part une double réflexion. J’ai toujours dit que j’avais de grands doutes sur l’existence des cycles éruptifs qui n’a jamais été formellement prouvée. A mes yeux, prétendre qu’un volcan est « en retard » pour une éruption n’a pas de sens. De nombreux volcans censés avoir un cycle éruptif (Yellowstone aux Etats-Unis ou l’Hekla en Islande, par exemple) ont montré un jour ou l’autre que ce cycle se rompait et qu’ils entraient en éruption quand ils en avaient envie.

D’autre part, l’étude indiquant qu’une éruption des Colli Albani se produira dans 1000 ans me fait bien rire. À l’heure actuelle, nous ne sommes pas en mesure de prédire les éruptions à court terme. Prédire une éruption sur le long terme fait partie de nos rêves et, de toute façon, aucun d’entre nous ne sera encore en vie pour observer l’éruption des Colli Albani et vérifier la véracité de cette dernière étude!

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drapeau anglaisThe Alban Hills – Colli Albani – a 15-km semicircle of hills outside Rome was previously considered an extinct volcano. According to the Smithsonian Institution, the large, 10 x 12 km-wide caldera of the Colli Albani complex, formed during an eruptive period with six major explosive eruptions producing at least 280 km3 of ejecta between about 560 000 and 350 000 years ago. Reported historical eruptions during the Roman period are uncertain, but seismic swarms of up to two years duration have been recorded since Roman times..

The authors of a new study published in Geophysical Research Letters have found that the volcano operates on a 31 000-year cycle of eruption and dormancy and is now starting a new eruptive cycle. The eruption, expected in the next 1 000 years, could affect nearby cities.

In recent years, scientists have observed new steam vents, earthquakes and a rise in ground level in the hills and the surrounding area. These observations come along with new evidence of past eruptions and satellite data. The remains of Colli Albani’s ancient eruptions suggest that the volcano has the potential to be as destructive as Mt. Vesuvius. The centre of Rome is about 30 km away from Colli Albani and would only be severely affected by the eruption if the wind blew in the right direction, but the city’s suburbs reach all the way to the base of the volcano and could be devastated by the event.

Geologists began to suspect something was happening around Colli Albani 20 years ago when they noticed the hills had risen unexpectedly. An earthquake swarm, which shook Rome from 1991-1995, plus the recent appearance of a steam vent near Rome’s Leonardo da Vinci international airport, sparked an investigation into the area’s potential danger.

In the new study, scientists determined the age of rocks from past eruptions and studied satellite images of the land around Colli Albani to determine its eruptive history.

The volcano’s cyclical nature is due to the unusual underlying geology of the region. According to the study, periodically, a giant “bubble” of pressurized magma forms under Earth’s crust, forcing its way upwards into a fracture between two pieces of land. At Colli Albani, two pieces of land forming the fracture above the magma bubble are being pressed together by the surrounding geology, keeping the magma bubble from erupting.

The most visible sign of this magma bubble is an increase in height of the hills and the surrounding area as the bubble pushes up from underneath the ground. Over the last 200 000 years, the land around Colli Albani has risen by 50 metres and it is continuing to rise more than 2 millimetres a year, indicating the underground bubble of magma is likely still growing. The new study finds the fracture keeping the magma bubble underground has changed over the last 2 000 years. Now, instead of the land being pushed together, the two pieces are sliding against one another. When the land shifts, the pressure over the bubble is released and the magma has the opportunity to erupt to the surface.

The volcano last erupted 36 000 years ago, meaning Colli Albani is overdue for an eruption,

Although the area is showing signs of volcanic activity, the authors of the study think the next serious eruption is unlikely to occur for another 1 000 years and will be preceded by more moderate volcanic activity.

I have always said that I have great doubts about eruptive cycles. Pretending that a volcano is “overdue” for an eruption does not make sense. Many volcanoes that are supposed to have an eruptive cycle (Mt Hekla in Iceland, for instance) showed some day or other that they erupted when they felt like it.

The study indicating that an eruption at Colli Albani will happen in the next 1,000 years makes me laugh. At the moment, we are not able to predict eruptions in the short term. Predicting an eruption in the long term is part of our dreams and none of us will still be alive to observe the event!

Colli Albani

Vue aérienne de la région des Colli Albani. On peut y voir deux lacs, le Lago Albano et le Lago di Nemi.  Les points culminants sont les deux cônes de scories du Monte Cavo (950 m) et du Maschio delle Faete (956 m). (Source: Wikipedia)

Volcans du Guatemala: Dernières nouvelles // Guatemala volcanoes: Latest news

drapeau francaisLe Pacaya est relativement calme en ce moment. On observe essentiellement des émissions de gaz et de vapeur. Quelques petites explosions se produisent parfois dans le cratère MacKenney où l’incandescence est visible de nuit.

Même si l’activité du Fuego est moins intense que pendant ces dernières semaines, le volcan reste très actif avec des explosions (3 ou 4 événements par heure) qui génèrent des panaches de cendre jusqu’à plus de 4000 mètres d’altitude. Certaines de ces explosions s’accompagnent de projections incandescentes de 200-300 mètres de hauteur. Des avalanches de matériaux dévalent parfois la pente jusqu’à la limite de la végétation. On observe de temps à autre des ondes de chocs et des grondements.

Le dôme Caliente du Santiaguito est secoué périodiquement par des explosions, comme celle mentionnée dans un bulletin spécial le 15 juillet. L’explosion a produit un panache de cendre qui s’est élevé jusqu’à 4900 mètres d’altitude. Poussé par le vent, il était susceptible de provoquer des retombées jusque sur la ville de Quetzaltenango.

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drapeau anglaisPacaya is relatively quet these days. One can mostly observe gas and vapour emissions. A few small explosions are observed in the MacKenney crater. Low incandescence is visible at night in the crater.

Even if activity at Fuego is less intense than in recent weeks, the volcano remains very active with explosions (3 or 4  events per hour) that generate ash plumes up to more than 4,000 metres a.s.l. Some of these explosions are accompanied by incandescent projections 200-300 metres high. Avalanches of material sometimes travel down the slope as far as the limit of the vegetation. Occasional shock waves and rumblings are also onserved.

The Caliente dome of Santiaguito is shaken periodically by explosions, like the one mentioned in a special bulletin on July 15th. The explosion produced an ash plume that rose to an altitude of 4,900 metres. Pushed by the wind, it was likely to cause ashfall on the city of Quetzaltenango.

Pacaya-sommet

Vue du sommet du Pacaya (Photo: C. Grandpey)

Copahue (Chili / Argentine)

drapeau francaisOn parle peu du Copahue, à la frontière entre le Chili et Argentine, mais le volcan est très actif. Le SERNAGEOMIN indique qu’entre le 16 et le 30 juin, l’éruption se caractérisait par des explosions phréato-magmatiques et une activité strombolienne. Le 4 juillet, le SERNAGEOMIN a mis en ligne sur sa page Facebook des photos prises lors d’un survol du volcan. Les clichés montrent une activité strombolienne dans le cratère El Agrio, au sommet d’un cône pyroclastique qui s’est formé sur le plancher de ce cratère (voir les photos ci-dessous). Au vu des images fournies par les webcams et les satellites, le VAAC de Buenos Aires a indiqué que les 7 et 8 juillet, des panaches diffus de gaz et de vapeur avec un peu de cendre montaient à une altitude de 3 km avant de s’étirer vers l’E et le SE. Le niveau d’alerte est resté à la couleur Jaune. Le SERNAGEOMIN déconseille l’entrée dans une zone à moins de 1,5 km du cratère.
Source: Global Volcanism Network..

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drapeau anglaisLittle is said about Copahue, on the border between Chile and Argentina, but the volcano is quite active. SERNAGEOMIN has reported that between June 16th and 30th, the eruption was characterized by phreato-magmatic explosions and strombolian activity. On July 4th, SERNAGEOMIN posted on their Facebook page photos from an overflight showing strombolian activity from a crater atop of a pyroclastic cone which was forming on the floor of El Agrio crater (see photos below). Based on webcam and satellite views, the Buenos Aires VAAC reported that on July 7th and 8th, diffuse gas-and-steam plumes with minor amounts of ash rose to an altitude of 3 km a.s.l. and drifted E and SE. The Alert Level remained at Yellow. SERNAGEOMIN recommends no entry into a restricted area within 1.5 km of the crater.

Source: Global Volcanism Network.

Copahue

Source: SERNAGEOMIN.

Hawaii: Dernières nouvelles // Hawaii: Latest news

drapeau francaisLa coulée de lave 61g continue à avancer à travers la plaine côtière. Comparée à la coulée du 27 juin qui menaçait Pahoa mais est maintenant inactive, la coulée 61g ne  présente pas de danger immédiat pour les zones habitées. Cependant, bien que le risque aux personnes et aux biens ait diminué, le danger potentiel pour les visiteurs est plus grand car la lave est plus accessible. La possibilité d’admirer une coulée de lave active attire des centaines de touristes qui s’exposent aux dangers mentionnés dans ma note précédente sur Hawaï.
Si la lave atteint l’océan, de nouveaux risques vont apparaître. En général, les entrées de lave dans l’océan représentent un danger certain en raison des effondrements imprévisibles de la banquette littorale formée par la lave au cours de son écoulement. En plus du risque d’effondrement de cette banquette, il ne faudrait pas oublier les explosions dues au mariage difficile de la lave et de l’eau ou bien les panaches de gaz et de vapeur brûlante. Le danger est bien réel ; plusieurs personnes sont mortes au niveau des entrées océaniques au cours des dernières années.
La carte ci-dessous montre en bleu où l’on peut garer sa voiture près de Kalapana, à la fin de la Highway 130. La ligne jaune est la longue distance à parcourir le long de la route d’urgence pour atteindre la limite du Parc National des Volcans d’Hawaï. Ensuite, il faut marcher sur un terrain difficile avant d’arriver à la coulée. Les visiteurs sont priés d’éviter les propriétés privées en cours de route. Toutefois, d’ici quelques jours, la lave va probablement traverser la route d’urgence en avançant vers l’océan. Bien que la distance à parcourir soit longue depuis le parking, ce sera moins difficile que maintenant. Dans son dernier rapport, la HVO indique que la lave a ralenti sa progression et le front de coulée se trouve à 1,1 km de l’océan qu’il devrait atteindre d’ici une bonne huitaine de jour….à moins que le front s’immobilise d’ici là !

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drapeau anglaisThe 61g lava flow keeps moving forward across the coastal flat. Compared to the June 27 flow, which threatened Pahoa but is now inactive, the location of the 61g lava flow presents no immediate hazard to residential areas. However, although the hazard to property has diminished, the potential hazard to people is greater now that the flow is more accessible. The opportunity to see an active lava flow is already drawing hundreds of visitors which are exposed to the dangers I mentioned in my previous post about Hawaii.

If lava reaches the sea and forms an ocean entry, new hazards will appear. In general, ocean entries are the most dangerous part of a lava flow field due to unpredictable bench collapses, explosions, and scalding steam plumes. This danger is not theoretical ; several people have died near Kilauea ocean entries in past years.

The map below shows you in blue where you can park your car near Kalapana, at the end of Highway 130. The yellow line is the distance you will have to walk along the emergency road to reach the boundary of the Hawaii Volcanoes National Park. Then, you will have to walk across difficult terrain before getting to the lava front. Notice that you will have to avoid private property on the way. However, if you can wait a few more days, lava will cross the emergency road on its way to the ocean. Although it is a long way from the parking lot, it will be less difficult than now. In its latest report, HVO indicates that the lava front lies 1.1 km from the ocean which it should reach in at least 8 days…unless the flow front comes to a halt!

Carte coulée

Source: USGS / HVO.