Les premiers hommes ont-ils assisté à l’éruption du Toba (Indonésie)? // Could the early humans see the Toba eruption (Indonesia)?

Selon une récente étude publiée dans la revue Nature, les premiers êtres humains sont arrivés en Indonésie beaucoup plus tôt qu’on le pensait initialement, ce qui pourrait signifier qu’ils étaient présents au moment de l’éruption du Toba il y a plus de 71 000 ans. Les fossiles récemment analysés placent ces premiers hommes dans des environnements de forêt tropicale, différents de ceux que l’on imaginait jusqu’à présent. Les chercheurs ont longtemps pensé que les premiers êtres humains s’étaient déplacés le long de la côte pour des raisons de sécurité et parce qu’ils y trouvaient de meilleures ressources que dans la jungle.
Les trajets migratoires des premiers hommes à travers le monde sont l’objet de nombreuses questions, avec des réponses qui varient lorsque de nouvelles preuves fossiles sont mises à jour. Par exemple, les plus anciens fossiles d’Homo Sapiens ont été récemment découverts au Maroc, loin de l’Afrique du Sud et de l’Est qui était censée être le «berceau de l’humanité».
Dans l’étude publiée dans la revue Nature, les scientifiques révèlent qu’ils ont daté avec précision deux dents humaines découvertes pour la première fois sur l’île de Sumatra à la fin du 19ème siècle, ce qui montre que nos ancêtres y vivaient entre 73 000 et 63 000 ans avant notre ère. Des études génétiques avaient fait pénétrer les êtres humains en Asie du Sud-Est il y a 60 000 ans, mais des données fossiles antérieures les ont font remonter à seulement 45 000 ans. La nouvelle datation des dents change la donne complètement. Ces dents sont la première preuve de la présence d’êtres humains en Indonésie et la preuve qu’ils ont vécu dans un environnement de forêt tropicale.
Les chercheurs soulignent également le lien potentiel entre la présence des premiers hommes et l’éruption du Toba. Si les premiers humains sont arrivés il y a 73 000 ans, il n’est pas impossible qu’ils aient assisté à l’événement. Une datation récente indique que l’éruption du Toba est survenue il y a 71,600 ans. En tout cas, si les hommes étaient présents, ils ont été affectés par le nuage de cendre volcanique et ses effets dévastateurs sur l’environnement. Cependant, les scientifiques pensent qu’il est plus probable qu’ils sont arrivés après l’éruption.
D’autres preuves fossiles seront nécessaires pour établir la date exacte d’arrivée des premiers hommes en Indonésie, mais la nouvelle chronologie correspond à des recherches récentes montrant l’époque où ils sont arrivés en Australie. Les dernières études ont repoussé leur date d’arrivée de 15 000 ans en arrière, avec des preuves fossiles montrant qu’ils sont probablement arrivés dans le nord de l’Australie il y a au moins 65 000 ans.
Source: Newsweek.

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According to a recent study published in the journal Nature, the first humans arrived in Indonesia thousands of years before previously thought, which could mean they were probably present for the eruption of Toba just over 71,000 years ago. Newly analyzed fossil evidence also places these early humans in rainforest environments, causing a major rethink of how these people migrated across the land after leaving Africa. Researchers have long theorized that early humans likely moved along the coast because it was safer and had better resources than the jungle terrain.

How and when humans dispersed across the globe are ongoing questions that grow more difficult to answer as new fossil evidence is unearthed. For example, the earliest Homo Sapiens fossils ever found were recently discovered in Morocco, far away from the parts of south and east Africa that were supposed to be the “cradle of humanity.”

In the study published in Nature, scientists have now accurately dated two human teeth first discovered on the island of Sumatra in the late 19th century, showing our ancestors were living there between 73,000 and 63,000 years ago. Genetic studies have placed humans in Southeast Asia by 60,000 years ago, but the previous oldest fossil evidence dated to just 45,000 years. This new evidence pushes the timeline back thousands of years farther.

The teeth are the first evidence of humans in Indonesia and the first evidence of humans occupying a rainforest environment.

The researchers also highlight the potential link with the eruption at Lake Toba during this period. Had these early humans arrived at the upper limit of the new timeline – 73,000 years ago – they would have been there for the event. A recent recalibration indicates the Toba eruption occurred 71,600 years ago. This means that there is a slim chance that the modern humans arrived in the region just before the event. If so, they would have been affected by the extensive volcanic ash cloud and the devastating effects on the environment. However, the scientists think it is more probable they arrived after the event.

More fossil evidence will be required to put an exact time of arrival in Indonesia, but the new chronology fits with recent research showing when humans reached Australia. The latest study pushed back the date of arrival by 15,000 years, with fossil evidence showing they must have arrived in northern Australia by at least 65,000 years ago.

Source : Newsweek.

La caldeira du Toba vue depuis l’espace (Source : NASA)

Des volcans sous la glace de l’Antarctique // Volcanoes below the Antarctic ice sheet

Des scientifiques ont découvert ce qui pourrait bien être la plus vaste région volcanique sur Terre. Elle se trouve à deux kilomètres de profondeur sous la calotte de glace qui recouvre l’Antarctique de l’Ouest. La mission scientifique, réalisé par des chercheurs de l’Université d’Édimbourg, a révélé près de 100 volcans dont le plus haut a la taille que l’Eiger qui culmine à près de 4 000 mètres en Suisse.
Les géologues affirment que cette vaste région dépasse en taille celle du rift d’Afrique de l’Est, considérée actuellement comme ayant la plus forte concentration de volcans dans le monde. L’activité de cette chaîne volcanique antarctique pourrait avoir des conséquences inquiétantes. En effet, si l’un de ces volcans devait entrer en éruption, cela pourrait déstabiliser encore davantage la couche de glace qui recouvre l’Antarctique de l’Ouest. Une telle éruption provoquerait inévitablement la fonte de la glace.

La grande question est de savoir quel est le niveau d’activité de ces volcans.
L’étude des chercheurs écossais a consisté à examiner la partie inférieure de la couche de glace de l’Antarctique de l’Ouest afin d’y détecter des  structures basaltiques semblables aux autres volcans de la région. Leurs sommets se dressent au-dessus de la glace et ont été repérés par les explorateurs polaires au cours du siècle dernier.
L’étude a consisté à analyser les mesures effectuées par des missions précédentes avec utilisation d’un radar capable de pénétrer la glace, installé à bord d’avions ou de véhicules terrestres. Les résultats ont ensuite été comparés aux données satellitaires et à la base de données, ainsi qu’aux informations géologiques fournies par d’autres relevés aériens.
Après avoir rassemblé toutes ces données, l’équipe scientifique a recensé 91 volcans inconnus qui sont venus s’ajouter aux 47 autres déjà découverts au cours des explorations de la région le siècle dernier. Ces volcans récemment découverts sont des hauteurs allant de 100 à 3 850 mètres. Tous sont recouverts d’une glace dont l’épaisseur atteint parfois 4 km. La région concernée s’étend sur 3 500 km entre la plate-forme glaciaire de Ross et la Péninsule Antarctique.
La découverte est particulièrement importante parce que l’activité de ces volcans pourrait avoir des conséquences terribles pour le reste de la planète. Une éruption pourrait déstabiliser et faire fondre encore davantage la glace de la région qui est déjà affectée par le réchauffement climatique. L’arrivée massive d’eau de fonte dans l’Océan Antarctique entraînerait probablement la hausse du niveau de la mer.
Il convient de noter que la plus grande partie du volcanisme dans le monde à l’heure actuelle se déroule dans des régions comme l’Islande et l’Alaska qui ont récemment perdu leur couverture glaciaire à la fin de la dernière période glaciaire. La plupart des scientifiques pensent que ce volcanisme a lieu  parce que, la couche de glace ayant disparu, il y a une pression moindre exercée sur les volcans de ces régions et ils deviennent plus actifs. Il en va de même dans l’Antarctique de l’Ouest où le réchauffement climatique a commencé à affecter la calotte glaciaire. Si cette dernière continue à s’amincir de manière significative, elle exercera moins de pression sur les volcans qui se trouvent en dessous et cela pourrait conduire à des éruptions susceptibles de déstabiliser les calottes de glace et faire monter le niveau de la mer, phénomène qui affecte déjà nos océans.

La situation doit donc être surveillée très attentivement.

Source: The Guardian.

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Scientists have uncovered the largest volcanic region on Earth, two kilometres below the surface of the vast ice sheet that covers West Antarctica. The project, by Edinburgh University researchers, has revealed almost 100 volcanoes, with the highest as tall as the Eiger, which stands at almost 4,000 metres in Switzerland.

Geologists say this huge region is likely to dwarf that of east Africa’s volcanic ridge, currently rated the densest concentration of volcanoes in the world. And the activity of this range could have worrying consequences. Indeed, if one of these volcanoes were to erupt it could further destabilise west Antarctica’s ice sheets. Anything, like an eruption, that causes the melting of ice is likely to speed up the flow of ice into the sea.

The big question is to know how active these volcanoes are.

The Edinburgh volcano survey involved studying the underside of the West Antarctica ice sheet for hidden peaks of basalt rock similar to those produced by the region’s other volcanoes. Their tips actually lie above the ice and have been spotted by polar explorers over the past century.

The study involved analysing measurements made by previous surveys, which involved the use of ice-penetrating radar, carried either by planes or land vehicles, to survey strips of the west Antarctic ice. The results were then compared with satellite and database records and geological information from other aerial surveys.

After the team had collated the results, it reported a staggering 91 previously unknown volcanoes, adding to the 47 others that had been discovered over the previous century of exploring the region. These newly discovered volcanoes range in height from 100 to 3,850 metres. All are covered in ice, which sometimes lies in layers that are more than 4km thick in the region which stretches 3,500km from Antarctica’s Ross ice shelf to the Antarctic peninsula.

The discovery is particularly important because the activity of these volcanoes could have crucial implications for the rest of the planet. If one erupts, it could further destabilise some of the region’s ice sheets, which have already been affected by global warming. Meltwater outflows into the Antarctic Ocean could trigger sea level rises.

It should be noted that the most volcanism that is going in the world at present is in regions like Iceland and Alaska that have only recently lost their glacier covering after the end of the last ice age. Theory suggests that this is occurring because, without ice sheets on top of them, there is a release of pressure on the regions’ volcanoes and they become more active. The same could happen in West Antarctica where significant warming in the region caused by climate change has begun to affect its ice sheets. If they are reduced significantly, this could release pressure on the volcanoes that lie below and lead to eruptions that could further destabilise the ice sheets and enhance sea level rises that are already affecting our oceans.

It is something scientists will have to watch closely.

Source: The Guardian.

Emplacement des volcans (Source: Université d’Edimbourg)

 

 

Antarct

La menace des volcans de la Chaîne des Cascades // The threat of the Cascade Range volcanoes

Tout au long de la Chaîne des Cascades, jusqu’au sud de la Californie, la côte ouest des Etats-Unis abrite la plupart des volcans les plus actifs du pays, et ils ont été répertoriés par l’United States Geological Survey (USGS). Le Mont Shasta arrive en tête de liste pour la Californie, mais il existe sept autres zones volcaniques dans cet Etat qui sont également susceptibles d’entrer en éruption.
Les huit volcans les plus menaçants se divisent en trois catégories:
– Très haut risque: Shasta, Lassen et Long Valley
– Haut risque: Clear Lake, Medicine Lake et Salton Buttes
– Risque moyen: Ubehebe et Coso
En 2005, une équipe dirigée par un volcanologue de l’Observatoire Volcanologique des Cascades a mis en place un système pour déterminer lesquels, parmi les 169 volcans des Etats-Unis, sont les plus dangereux et nécessitent une surveillance accrue. L’équipe a identifié 57 volcans prioritaires aux États-Unis. Parmi les 18 «volcans à très haut risque», 11 sont situés dans trois états le long de la Chaîne des Cascade (l’Alaska et Hawaï possèdent les autres volcans):
– Californie: Lassen, Long Valley, Shasta
– Oregon: Crater Lake, Mont Hood, Newberry, South Sister (Three Sisters)
– Washington: Mont Baker, Glacier Peak, Mont Rainier, Mont St. Helens
La liste a été créée non seulement pour montrer à la population que la Terre est une planète vivante, mais aussi pour déterminer quels volcans du pays ont besoin d’une surveillance accrue.
L’équipe de volcanologues a pris en compte 25 facteurs pour déterminer le niveau de risque d’un volcan: son passé ; son mode de fonctionnement ; sa fréquence éruptive ; son mode éruptif : Lahars? Coulées pyroclastiques? Son niveau explosif ; l’activité actuelle ;  la sismicité (présence d’essaims sismiques) ; les émissions de gaz volcaniques à haute température ; les déformations de l’édifice, etc.

En plus de la géophysique d’un volcan, l’équipe scientifique a examiné le nombre de personnes vivant ou travaillant à proximité, ainsi que le nombre et le type d’infrastructures (production d’électricité, installations portuaires, etc.)
L’équipe a également examiné les risques pour l’aviation et comptabilisé le nombre de vols   traversant quotidiennement l’espace aérien au-dessus du volcan. Les volcanologues avaient en tête l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande en 2010. Elle a entraîné la fermeture de l’espace aérien européen pendant plus d’une semaine, avec un impact financier de 10 milliards de dollars.
L’éruption la plus récente en Californie est celle de Lassen Peak qui se trouve au coeur d’une région très active. On sait que ce volcan connaîtra de nouvelles éruptions. En effet, le Lassen Volcanic Center a connu au moins 13 éruptions au cours des 100 000 dernières années. Cela ne semble pas très fréquent. Cela représente un intervalle de récurrence d’environ 7500 ans. Cependant, il y a eu trois éruptions au cours des 1100 dernières années.
Source: The Oregonian.

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Throughout the Cascade Range to southern California, the West Coast is home to most of the United States’ highest-threat volcanoes, as ranked by the United State Geological Survey. Mount Shasta tops the list of very-high threat volcanoes in California, but there are seven other volcanic areas in the state that are also likely to erupt.

The eight threatening volcanoes fall into three danger categories:

– Very-high threat: Mount Shasta, Lassen Volcanic Center and Long Valley Volcanic Region

– High threat: Clear Lake Volcanic Field, Medicine Lake Volcano and Salton Buttes

– Moderate threat: Ubehebe Crater and Coso Volcanic Field

In 2005, a national team led by a volcanologist with the USGS Cascades Volcano Observatory, established a system for deciding which of the United States’ 169 young volcanoes are the most dangerous and most in need of monitoring. The team identified 57 priority volcanoes in the U.S. Among the 18 « very high threat volcanoes, » 11 are along the Cascade Range in three states (Alaska and Hawaii have the others):

– California: Lassen Volcanic Center, Long Valley Caldera, Mount Shasta

– Oregon: Crater Lake, Mount Hood, Newberry, South Sister of The Three Sisters

– Washington: Baker, Glacier Peak, Rainier, St. Helens

The volcano threat list was created not simply to alert people that the Earth is alive but also to set a foundation for determining which of the country’s volcanoes need extensive monitoring.

The team used 25 factors to determine a volcano’s danger status: What has the volcano done in the past? What’s its modus operandi? When does it tend to erupt? What kind of phenomenon does it produce? Lahars? Pyroclastic flows? Is it a highly explosive volcano? How active is the volcano right now? Are there seismic swarms? Is it emitting hot volcanic gases? Is the edifice changing its shape?

In addition to the geophysics of a volcano, the team examined how many people live or work near it, plus the amount and type of infrastructure has been built up around it … power generation, port facilities, etc.

The team also considered the aviation exposure and how many flights a day pass through the volcanic airspace. A good example is the 2010 eruption of Eyjafjallajökull in Iceland which shut down European airspace for over a week and which ran up about a $10 billion impact cost.

The most recent volcano to erupt in California, Lassen Peak, sits in the middle of a region ready to blow. It is active and it will erupt again. The Lassen Volcanic Center has had at least 13 eruptions in the last 100,000 years. That does not sound like very often. It is a recurrence interval of about 7,500 years. However there have been three eruptions in the last 1,100 years.

Source: The Oregonian.

4000 années d’éruptions le long de la Chaîne des Cascades (Source: USGS)

Mont Baker (Photo: C. Grandpey)

Mont Hood (Photo: C. Grandpey)

Mont Rainier (Photo: C. Grandpey)

Mont St Helens (Photo: C. Grandpey)

Lassen Peak (Photo: C. Grandpey)

 

Belles images du Sinabung (Indonésie) // Great images of Mt Sinabung (Indonesia)

Sur les volcans, les bonnes observations sont souvent une affaire de chance. Il faut se trouver au bon endroit au bon moment. Franck Gueffier, fidèle visiteur de mon blog, a eu cette chance et il a pu réaliser de superbes clichés de la dernière colère du Sinabung. J’avais publié certaines images dans ma note du 25 juin 2017. Voici deux autre photos spectaculaires de l’éruption. Avec tous mes remerciements.

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On volcanoes, good observations are often a matter of chance. You have to be in the right place at the right time. Franck Gueffier, a faithful visitor of my blog, was quite lucky to be there at the moment of an eruption and he was able to make superb shots of Mt Sinabung’s last anger. I had published some images in my note of June 25th, 2017. Here are two other spectacular photos of the eruption. With many thanks.

Photos: Franck Gueffier