Les Iles Salomon après l’éruption du Tinakula // The Solomon Islands after the Tinakula eruption

Le 21 octobre 2017, une éruption modérée de catégorie 3 a secoué le volcan Tinakula dans les Iles Salomon (voir mes notes des 21 et 24 octobre). La principale préoccupation des autorités était l’impact de la cendre volcanique sur les zones habitées sous le vent où il se disait que les réserves d’eau avaient été contaminées.
Dans certains secteurs comme les Iles Reef, d’importantes chutes de cendre ont endommagé les cultures et contaminé les réserves d’eau. Selon le Haut Commissariat d’Australie aux Îles Salomon, 11 500 sources d’eau primaires, telles que des réservoirs, des puits et des eaux souterraines, ont été contaminées.
L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont expédié plus de 200 000 litres d’eau potable qui ont été acheminés à Honolara via Temotu le week-end dernier. Cependant, certains environnementalistes de la province de Temotu se demandent si les milliers de bouteilles d’eau en plastique seront recyclées. Ils pensent que si l’Australie et la Nouvelle-Zélande pouvaient investir dans des unités de dessalement dans la région, cela permettrait de répondre aux besoins immédiats en eau et éviterait les bouteilles d’eau en plastique susceptibles de polluer l’environnement.
Le Bureau National de Gestion des Catastrophes aux Iles Salomon a indiqué que des biens de première nécessité sont également envoyés vers la province de Temotu pour les îles de Tikopia, Anuta et Duff qui ont connu d’importants problèmes alimentaires après le passage du cyclone Donna qui a ravagé les cultures au début du moi de mai.
Source: Radio Nouvelle-Zélande.

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On October 21st, 2017, a moderate category three eruption occurred at Tinakula volcano on the Solomon Islands (see my notes of October 21st and 24th). The major concern was the impact of ash from the volcano on downwind communities where there were reports that water supplies had been contaminated.

On some nearby islands, including in the Reef group, significant volcanic ashfall covered crops and contaminated water supplies. According to Australia’s High Commission in Solomon Islands, an estimated 11,500 people’s primary water sources such as tanks, wells and ground water were contaminated.

Australia and New Zealand contributed to a shipment with over 200,000 litres of potable water that embarked for Temotu from Honiara during the last weekend. However some Temotu community advocates have questioned whether the thousands of plastic water bottles will be recycled. They said that if Australia and New Zealand could invest in desalinator units in the region, it would help address immediate water needs rather than rely on water bottles which can be damaging to the environment.

The Solomon Islands National Disaster Management Office said relief supplies are also being sent to the Temotu region for Tikopia, Anuta and Duff Islands which have been experiencing critical food shortages after Cyclone Donna damaged root crops in early May.

Source: Radio New Zealand.

Tinakula en 2001 (Crédit photo: NASA)

Nouvelle forte explosion sur le Stromboli (Sicile) // New strong explosion on Stromboli Volcano (Sicily)

Le Stromboli a connu une violente séquence explosive aujourd’hui 1er novembre 2017 à 8h29 (TU). L’événement a duré environ 3 minutes, avec des caractéristiques similaires à celui du 23 Octobre dernier. L’analyse de l’image de la caméra de surveillance a montré que la séquence a débuté par un événement particulièrement intense dans la zone cratérique centre-sud, suivi d’une diminution des explosions dans les minutes suivantes.
L’explosion a produit des retombées de matériaux en abondance sur la Sciara del Fuoco et le Pizzo sopra la Fossa, avec un panache de cendre dense qui a rapidement été emporté par le vent sur le versant sud du volcan.
L’analyse du tracé sismique montre qu’il s’agit d’une séquence explosive typique qui n’est pas nécessairement liée à la montée d’un nouveau magma. La sismicité est redevenue normale après cet événement.

Source : INGV.
Il est à noter que l’activité du Stromboli était très calme au cours des derniers jours, comme on pouvait le voir sur la webcam qui donne en direct de superbes images du volcan. Il n’est donc pas impossible qu’un bouchon se soit formé dans un conduit d’alimentation et que la pression des gaz ait provoqué sa désintégration.

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Stromboli went through a violent explosive sequence today, November 1st, 2017 at 8:29 am (GMT). The event lasted about 3 minutes, with features similar to that of October 23rd. Analysis of the surveillance camera images showed that the sequence began with a particularly intense event in the south-central crater zone, followed by a decrease in explosive activity in the following minutes.
The explosion produced abundant material fallout on the Sciara del Fuoco and the Pizzo sopra la Fossa, with a dense ash plume that was quickly swept away by the wind on the southern slope of the volcano.
The analysis of the seismic data shows that this is a typical explosive sequence that is not necessarily related to the ascent of new magma. Seismicity returned to normal after this event.
Source: INGV.
It should be noted that Stromboli was very quiet during the last days, as could be seen on the webcam which gives great images of the volcano. It is therefore not impossible that a plug was formed in a feeding conduit and that the pressure of the gas caused its disintegration.

Source: INGV

La séquence explosive vue par la caméra thermique (Source: INGV)

La séquence explosive vue par le sismographe (Source: INGV)

Le Stromboli vu par la webcam Skyline quelques heures avant l’éruption

 

Mt Agung: Les conséquences économiques pour Bali // The economic consequences for Bali

Selon les sources officielles, l’incertitude qui a entouré le risque d’éruption de l’Agung a coûté 128 millions d’euros à l’île de Bali depuis le 22 septembre 2017, jour où le niveau d’alerte du volcan a été élevé à son maximum. Il n’est pas surprenant de constater que c’est le secteur du tourisme à Bali qui a été le plus affecté, avec des pertes d’environ 16 millions d’euros à lui seul. Au final, ce seront les banques de l’île qui devront supporter le poids des pertes. En effet, de nombreux Balinais ont perdu des emplois et donc des salaires, et ils ne seront plus en mesure de rembourser leurs dettes. Cela va coûter 70 millions d’euros aux banques de la région.
Les autorités balinaises ont abaissé le niveau d’alerte de l’Agung à trois le 29 octobre, suite à une diminution de l’activité sismique sur le volcan. La décision a été accueillie avec soulagement par les propriétaires d’hôtels sur l’île. Cependant, malgré cette baisse du niveau d’alerte, le VSI a prévenu que la menace d’une éruption n’était pas encore passée. Un volcanologue a déclaré: « L’activité volcanique ne s’est pas complètement calmée et il existe toujours un risque d’éruption. »
La zone d’exclusion autour du volcan a été réduite de 12 km à 7,5 km, ce qui a permis à des milliers de réfugiés de rentrer chez eux. Il n’y a plus que six villages dans la zone dangereuse, contre 28 auparavant.
Même si le niveau d’alerte a été abaissé, il est conseillé aux voyageurs qui se rendent à Bali de suivre les consignes diffusées par les médias locaux, ainsi que les conseils des autorités locales, et de rester en dehors de la zone d’exclusion. Si une éruption se produit, il se peut que les nuages ​​de cendre volcanique entraînent la fermeture des aéroports et occasionnent des perturbations aériennes dans la région.
Source: Journaux britanniques.

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Official estimates suggest uncertainty around the eruption of Mt Agung has cost the island of Bali 128 million euros since the alert was first raised on September 22nd 2017. Unsurprisingly, Bali’s tourism sector has been particularly damaged by the volcano, suffering losses of about 16 million euros alone. However, it is the island’s banking industry that is expected to bear the brunt of the losses. Indeed, Balinese locals have lost jobs and income and will no longer be able to repay their debts, costing banks in the region 70 million euros.

Bali officials downgraded Mount Agung’s alert status to level three on October 29th , after a decrease in seismic activity beneath the volcano, a move that will be welcomed by hotel owners on the island. However, despite the reduction, the VSI has warned that the threat of an eruption has not yet passed. Said one volcanologist: “The volcanic activities have not completely calmed down and there is still a potential for an eruption.”

The exclusion zone around the volcano has been reduced from 12km to 7.5km, allowing thousands of refugees to return home. There are now only six villages in the danger zone, down from the previous 28.

Even though the alert level has been downgraded, travellers to Bali are advised to monitor local media reports, follow the advice of the local authorities and stay outside the exclusion zone. Should an eruption occur, volcanic ash clouds could result in airport closures and flight disruption in the region.

Source : British newspapers.

Vue du Mt Agung (Source: Wikipedia)

Agung (Bali / Indonésie): Les personnes évacuées trouvent le temps long // Evacuees are getting impatient to return home

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le niveau d’alerte de l’Agung est à son maximum (AWAS) depuis le 22 septembre, mais aucune éruption n’a encore eu lieu. La sismicité est actuellement en baisse mais les autorités sont réticentes à autoriser les quelque 185 000 personnes évacuées à rentrer chez elles car il y a toujours le risque que le volcan se réveille brutalement. La dernière éruption de l’Agung en 1963 a entraîné la mort de 1 100 personnes.
Comme on pouvait s’y attendre, les villageois qui sont entassés dans les centres d’hébergement provisoires trouvent le temps long et certains ont décidé de retournent chez eux, dans la zone dangereuse autour de l’Agung. 4 000 des 185 000 personnes évacuées ne tiennent pas compte des mises en garde des autorités et vont s’occuper des récoltes et des temples en prévision de la fête religieuse – Galungan – de la semaine prochaine qui est l’une des plus importantes pour les Hindous balinais car elle symbolise la victoire du bien sur le mal. Elle devrait commencer le 1er novembre. Beaucoup de personnes dans les camps pensent qu’elles doivent retourner dans leur village pour cette fête de 10 jours.
Selon le directeur d’une agence distribuant les biens et denrées essentiels aux centres d’hébergement, de nombreuses personnes évacuées sont de plus en plus stressées. Elles veulent aller s’occuper de leur jardin, de leurs récoltes et de leur temple. De grandes bannières ont été installées dans les zones d’évacuation afin de mettre en garde les gens sur les risques d’un retour chez eux.
À la fin du mois de septembre, lorsque l’évacuation a commencé, les volcanologues ont déclaré que le Mont Agung pourrait rester actif et à un niveau d’alerte élevé pendant des mois. Le problème est que les centres d’hébergement provisoire sont mal équipés et n’ont pas les ressources nécessaires pour garder des gens dans un confort suffisant pendant des semaines ou des mois. Alors que les évacuations sont maintenues et qu’il n’y a toujours pas d’éruption, un sentiment de méfiance entre le public et les autorités commence à se faire sentir.
Au début du mois d’octobre, le porte-parole de l’Agence en charge des catastrophes naturelles à Bali a déclaré qu’environ 10 000 sur les 150 000 personnes évacuées étaient malades ; certaines souffrent d ‘«hypertension» causée par le stress prolongé. Les gens dans les camps se plaignent souvent de douleurs corporelles; ils ont des rhumes parce qu’il fait froid dans les camps où ils dorment à même le sol.
Les responsables des camps s’inquiètent du manque de préparation si le volcan entre en éruption. Dans la nuit du 22 septembre, quand on a dit aux gens de quitter leurs maisons, il y a eu des embouteillages pendant des heures ; tout le monde criait sur la montagne. Depuis le début de l’évacuation, les carrières ont rouvert sur le volcan et des camions transportant du sable et des pierres ont recommencé à emprunter les routes étroites et sinueuses. Ils bloqueraient ces routes en cas d’éruption et de deuxième évacuation. La situation deviendrait alors très problématique.

Le VSI a prévu actualiser le niveau d’alerte de l’Agung ce 26 octobre. Il pourrait rester inchangé ou être abaissé, avec le risque que cela comporte..
Source: Presse australienne.

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As I put it before, the alert level on Mt Agung has been at its highest (AWAS) since September 22nd and no eruption has occurred yet. Seismicity is currently declining but local authorities are reluctant to let the 185,000 or so evacuees to return home because there is still the risk the volcano might erupt. The last time Mt Agung erupted back in 1963, 1,100 people were killed.

As could be predicted, villagers who have been crammed into evacuation camps this whole time have had enough and are heading home, back into the danger zone around Mt Agung. Up to 4,000 of the 185,000 evacuees are defying authorities to tend crops and take care of temples in preparation for next week’s religious festival – Galungan – which is one of the most important for Balinese Hindus, symbolising the victory of good over evil. It is due to start on November 1st. Many people in the evacuation camps feel they need to return to their village for the 10-day festival.

According to the director of an agency distributing the bare necessities to the evacuation camps, many evacuees are growing increasingly stressed. They have their garden, their crops and their temple. Big banners have been set up in the evacuation zones in order to warn people of the risks of coming back to their homes.

In late September, when the evacuation began, volcanologists said Mt Agung could stay at a heightened level of unrest for months. The problem is that the emergency shelters are poorly equipped and do not have resources to keep people comfortable for weeks or months. As the evacuations go on and no eruption occurs, there starts to be a level of distrust between the public and officials.

In early October, the spokesman for the Disaster Mitigation Agency in Bali said about 10,000 of the 150,000 evacuees from the mountain were sick, some with « hypertension » caused by the prolonged stress. People in the camps often suffer from body aches; they got colds because the conditions of living in the camps are cold and uncomfortable; they sleep on the ground.

Those in charge of the evacuation camps are concerned about the lack of preparation if the volcano does erupt. On the night of September 22nd, when people were told leave their homes, there were traffic jams for hours as everyone went screaming down the mountain. Since the initial evacuation, mountain quarries have reopened and trucks hauling sand and rock have begun descending the narrow, winding mountain roads, potentially clogging up the roads if there was an eruption and a second evacuation. This one would be a big mess.

The Indonesian Centre for Volcanology and Geologic Hazard Mitigation (CVGHM), is due to post an updated threat level on October 26th.  It could remain the same or it could be lowered.

Source : Australian press.

Temple de Besakih à Bali (Photo: C. Grandpey)