Morts sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Les corps de deux jeunes randonneurs âgés de 19 ans, étudiants de l’Université de La Réunion, ont été découverts le jeudi 22 avril au matin sur le Piton de la Fournaise, à proximité du site éruptif. Des autopsies doivent être réalisées le 23 avril.

Disparus depuis le 20 avril, les deux garçons étaient recherchés depuis le lever du jour. Les corps ont finalement été découverts vers 11h50 à proximité du cône éruptif. Selon la procureure, il est impossible pour l’heure de connaître l’origine de la mort qui pourrait aussi bien être due à des gaz toxiques qu’à la foudre. Selon le commandant du PGHM, les randonneurs étaient partis avec du matériel pour dormir, de quoi s’alimenter et un réchaud.

Cette tragédie ne va pas accélérer l’ouverture de l’Enclos Fouqué en période éruptive, comme certains l’ont demandé à plusieurs reprises. Les autorités rappellent que l’accès à l’Enclos reste interdit depuis le début de l’éruption, le 9 avril dernier. Elles appellent à la responsabilité de tous les randonneurs et rappellent également l’interdiction de bivouac et de circulation après 18h. Les forces de l’ordre préviennent qu’elles n’hésiteront pas à faire de la répression à l’avenir.

Les gendarmes expliquent que le volcan est une zone extrêmement étendue, sans végétation. Avec le brouillard, on peut se perdre facilement. Le contexte orageux de ces derniers jours était un danger supplémentaire.

Le commandant du PGHM insiste sur le message de prévention autour des randonnées à l’intérieur de l’Enclos. Elles sont interdites en période d’éruption, comme c’est le cas ces jours-ci. La meilleure solution est d’aller voir le volcan la journée, ou tôt le matin à partir de 6h, au niveau du Piton de Bert.

Source : Presse réunionnaise.

Personnellement, même si je ne connais pas les circonstances de la découverte des corps, je pense que les deux jeunes ont été foudroyés. Il y a une vingtaine d’années, j’ai eu l’occasion d’aider à la recherche de deux jeunes randonneurs qui ont été foudroyés côte à côte sur l’Etna. C’est le sujet de l’une des Volcanecdotes que je raconte dans un ouvrage aujourd’hui épuisé. Si les randonneurs avaient été tués par les gaz sur ce volcan, ils ne seraient pas morts aussi vite ensemble. Le SO2 n’entraîne pas une mort aussi rapide en milieu ouvert et ventilé, comme c’est le cas sur le Piton. Seule une nappe de CO2 aurait pu tuer aussi vite. Que je sache, on ne relève pas de telles concentrations de ce gaz sur le volcan. Il va être très intéressant d’avoir les résultats des autopsies.

Photo : C. Grandpey

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : nouvelles photos !

Christian Holveck vient de m’envoyer de nouvelles photos de l’éruption du Piton de la Fournaise prises le 19 avril 2021. Confirmant les bulletins de l’OVPF, Christian me dit que l’éruption semble avoir pris son rythme de croisière et se laisse admirer… entre deux averses. La météo n’est guère clémente ces derniers jours à la Réunion et les scientifiques de l’observatoire n’ont pas été en mesures de faire de bonnes observations. Les webcams montrent le temps est actuellement bouché sur le volcan.

Photos : Christian Holveck

Islande: l’éruption continue, les fermiers craignent pour leur bétail // Iceland: The eruption continues, farmers fear for their cattle

L’éruption se poursuit sur la péninsule de Reykjanes. Cela fait maintenant un mois que la lave s’échappe de plusieurs fractures éruptives.

Le débit effusif moyen pour ces 30 journées d’éruption est de 5,6 m3/seconde ; il est relativement stable mais pas très important. Il ne représente que la moitié du débit de l’éruption de Fimmvörðuháls en 2010 qui était déjà une petite éruption. Il représente aussi entre 6 et 7% de l’éruption de 2014 dans Holuhraun.

Les scientifiques s’attendent à ce que la coulée de lave qui est en passe de sortir de la Geldingadalir rejoigne la lave déjà présente dans la Meradalir. Si la jonction s’effectue (probablement très bientôt), l’un des meilleurs points de vue sur l’éruption deviendra une île dans une mer de lave. Il ne sera accessible que par hélicoptère. Cependant, d’autres bons points de vue demeurent. Un de mes amis qui a visité l’éruption a expliqué que le champ de lave s’était tellement agrandi qu’il était devenu plus difficile de s’approcher des nouvelles coulées. Il me dit aussi que l’un des cônes jumeaux du début de l’éruption a cessé son activité effusive et dégaze abondamment. L’éruption est très dynamique au point que les webcams ont du mal à suivre son évolution.

Une nouvelle ouverture d’où s’est échappée une coulée de lave est apparue au sein des autres fractures au cours du week-end, mais l’éruption reste globalement stable. En y réfléchissant, on se rend compte qu’elle est stable depuis un mois maintenant !. La fracture la plus active semble être l’une de celles qui se sont ouvertes le 13 avril. Elle laisse échapper une rivière de lave de plus de deux mètres d’épaisseur qui recouvre désormais l’ancien sentier d’accès au site éruptif. La lave se déplace à vitesse variable, de un à trois mètres par heure. Les visiteurs doivent faire un détour important pour contourner cette coulée qui semble susceptible de se diriger vers la Meradalir.

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Les fermiers de la péninsule de Reykjanes craignent que l’éruption dans la  Geldingadalir et la Meradalir provoque un pic de pollution au fluor qui les empêcherait de récolter le foin cet été et les empêcherait aussi de laisser paître les moutons. Sans leurs pâturages et sans le foin, les paysans devraient abattre une partie de leurs troupeaux et / ou recevoir une aide financière importante. Il y a environ 330 moutons dans les fermes près de Grindavík pendant l’hiver, et beaucoup plus après l’agnelage au printemps. Les animaux peuvent paître n’importe où dans larégion pendant les mois d’été, comme c’est le cas dans toute l’Islande.

Le vent jouera un rôle important. Heureusement, le vent dominant vient du sud-est dans la région, de sorte que les gaz volcaniques ne viennent pas vers Grindavik. Si le vent soufflait du nord-est, la situation serait beaucoup plus compliquée.

Source: www.ruv.is

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The eruption continues on the Reykjanes Peninsula. Lava has flowed for one month now.

The average lava flow for the first 30 days is 5.6 m3/second and is relatively stable. It is only half of the average flow of the first 10 days at Fimmvörðuháls in 2010, which itself was a relatively small eruption. Compared to the large 2014 Holuhraun eruption, the current eruption only produces 6-7% of the average lava flow.

Scientists expect the lava tongue pushing its way out of Geldingadalir to merge with the lava already in Meradalir. If this happens (probably very soon), one of the best eruption viewpoints of the eruption will become an island in a sea of lava. It will be accessible only by helicopter. However, other good viewpoints remain. A friend of mine who visited the eruption said that the lava field has enlarged so much that it has become more difficult to get near the new lava. He also told me that one of the original  twin cones has apparently stopped lava production and is just smoking heavily now. It’s a really dynamic eruption changing almost too fast to keep up with even with all the live cams.

A small new opening started erupting amid the other fissures over the weekend and the eruption remains globally stable. Thinking about it, it has been stable for a month now!.

The most powerful fissure vent now appears to be one of those that opened up on April 13th; it is producing a stream of lava over two metres thick that now covers the old hiking trail. The lava is moving at variable speed, from one to three metres per hour. People need to take a significant detour around the lava, which seems likely to head into Meradalir.

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Farmers on the Reykjanes Peninsula fear the Geldingadalir/Meradalir eruption could cause a spike in fluorine pollution that stops them producing hay this summer and prevents them from allowing sheep out to graze. Without their pastures and hay fields, they would need to cull their flocks and/or receive significant financial assistance. There are around 330 sheep on farms close to Grindavík during the wintertime, and many more after lambing each spring. Nearly all are usually allowed to roam freely during the summer months, as is the case all over Iceland.

The wind will play an important part. Luckily, the prevailing wind is from the southeast in the region, so volcanic gas does not go over Grindavik. Should it blow from the north-east, it would be much worse.

Source: www.ruv.is

Nouvelle vue de l’éruption (Source: www.ruv.is)

Islande et Réunion : des éruptions parties pour durer ?

La lave continue de s’écouler à partir de plusieurs fractures en Islande. L’éruption, très populaire auprès de la population islandaise qui s’y rend en grand nombre, reste probablement alimentée par le dyke qui avait été détecté sous la Péninsule de Reykajenes dans les semaines qui ont précédé la sortie de la lave. Il est bien évident que personne ne sait combien de temps durera encore l’éruption. Les volcanologues islandais se sont égarés à plusieurs reprises dans leurs prévisions et c’est maintenant le calme plat de ce côté-là !  Les agences de voyage croisent les doigts pour que la lave coule encore lorsque les frontières ouvriront, avec une entrée en Islande plus facile qu’aujourd’hui.

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L’éruption du Piton de la Fournaise continue sur l’île de la Réunion. La situation est relativement stable comme le montre le tracé du tremor éruptif. L’activité effusive reste confinée au plateau qui s’étend en aval des bouches éruptives.

Comme en Islande, personne ne sait combien de temps la lave va continuer à s écouler. Les remarques de l’Observatoire dans le dernier bulletin du 18 avril 2021 sont très intéressantes. On peut lire que la déflation de l’édifice volcanique a cessé et tend à être remplacée par une phase d’inflation. Si on associe à cette remarque la hausse du flux de CO2 observée ces derniers jours dans les zones proches du volcan, il n’est pas impossible que l’on assiste à une arrivée de magma qui pourrait donner une nouvelle vigueur à l’éruption actuelle. A surveiller.

Côté popularité, l’éruption n’est visible que depuis le Piton de Bert, avec respect du couvre-feu et de la distanciation sociale. La pandémie de Covid-19 fait obstacle aux foules de Zoreilles qui pourraient déferler au parking de Foc-Foc! L’Enclos Fouqué reste fermé. La préfecture de la Réunion ne semble pas près d’adopter une politique d’ouverture semblable à celle pratiquée en Islande…. !

Crédit photo : OVPF