Le lithium est il vraiment bon pour l’environnement ?

Afin de lutter contre les conséquences du réchauffement climatique, beaucoup de pays se tournent vers les énergies renouvelables. Nos écrans de télévision regorgent de publicités pour les véhicules électriques. En théorie plus propres que les véhicules thermiques, ils comportent actuellement deux handicaps majeurs : leur prix et leur autonomie. Le prix d’achat à la source n’est jamais mentionné pour ne pas effrayer les clients potentiels ; on ne nous parle que de mensualités. De plus, l’autonomie indiquée dans les publicités est théorique et ne prend pas en compte le nombre de passagers, le poids des bagages, ou l’effet des basses températures – donc du chauffage – sur le nombre de kilomètres pouvant être parcourus dans ces conditions.

Le lithium est la clé de voûte de tous les véhicules électriques. Il n’existe pas à l’état libre : il est dispersé dans les roches, l’argile et la saumure, un mélange d’eau et de sels. Son extraction est lente, énergivore et nécessite de très grandes quantités d’eau, une ressource de plus en plus rare.

Les réserves de ce minerai dans le monde étaient de 26 millions de tonnes en 2022, un chiffre bien en dessous des réserves estimées, qui tournent autour des 100 millions de tonnes. Trois pays se partagent l’essentiel de la production mondiale : l’Australie, avec 47% ; le Chili, avec 30%, et la Chine, avec 15%.

La société chilienne SQM extrait du lithium dans le désert de l’Atacama, dans le nord du Chili. (Crédit photo: Reuters / Ivan Alvarado)

La moitié des réserves de lithium se situe dans les magnifiques salars de Bolivie, du Chili et d’Argentine qui sont en passe d’être défigurés par des entreprises multinationales dont le seul but est de faire du profit, avec un mépris total pour l’environnement. J’ai eu la chance de visiter ces salars il y a quelques années – celui d’Uyuni en particulier – et je peux affirmer que leur saccage serait une catastrophe environnementale.

Le salar d’Uyuni, une merveille de la nature (Photo: C. Grandpey)

En France, la société Imerys projette d’ouvrir à Échassières, dans l’Allier, une très grande mine de lithium. Elle inclurait 30 hectares de site industriel, des galeries à 400 mètres sous terre, sans compter les infrastructures de chargement de fret, de traitement des déchets, etc. Un tel projet va consommer beaucoup d’électricité et beaucoup d’eau. 600 000 mètres cubes par an seront prélevés dans la Sioule, avec des conséquences faciles à imaginer en période de canicule. La Commission nationale du débat public a organisé des réunions publiques sur le sujet et les opposants au projet se mobilisent pour faire entendre leurs objections, qui sont nombreuses.

La carrière de kaolin d’Echassières. (Crédit photo : AFP – Cormon Francis)

Les promoteurs de la mine d’Échassières font valoir que l’extraction se ferait dans de meilleures conditions en France, en minimisant les dommages écologiques et en recyclant l’eau utilisée. Ce sont des arguments fallacieux car tout le monde sait qu’une mine ne peut pas vraiment être écologique. Même avec toutes les précautions du monde, l’activité minière porte atteinte à l’environnement local.

Dans sa rubrique Zéro Emission sur France Info, François Gemesse, membre du GIEC, a déclaré : « Le cas de la mine d’Échassières illustre bien la double contradiction de la transition. La première, c’est que tout le monde veut des batteries au lithium, mais personne ne veut que le lithium soit extrait près de chez soi. »

Photo: C. Grandpey

Islande : le Snæfellsjökull en lice pour l’élection présidentielle // Iceland : Snæfellsjökull in the running for presidential election

La campagne présidentielle islandaise – l’élection doit avoir lieu le 1er juin 2024 – a un nouveau candidat : le glacier Snæfellsjökull. Ses supporters affirment qu’il remplit les conditions requises pour se présenter : c’est un citoyen islandais âgé de plus de 35 ans, sans casier judiciaire et avec une pétition pour le soutenir.

Lancée officiellement le 15 mars, la campagne met l’accent sur l’écologie afin de « progresser vers une prise de conscience environnementale et une unité globale. » Dans un récent communiqué de presse, on peut lire : « Nous pensons qu’il est temps de remettre en question le statu quo dans le paysage politique conventionnel, et d’élire un candidat qui symbolise l’endurance, la résilience et l’interconnectivité globale. Le Snæfellsjökull est déjà un emblème de l’Islande et un gardien de la sagesse géoculturelle ; il représente l’essence même de la stabilité et de la durabilité. Avec une présence imposante et une attitude sereine, le Snæfellsjökull incarne un équilibre entre fermeté et adaptabilité, des qualités indispensables dans notre monde en évolution rapide. »
La campagne souligne également l’importance de la gestion de l’environnement. En présentant un être non humain à la présidence de l’Islande, la campagne espère sensibiliser davantage à la durabilité et à l’éco-justice.

Le Snæfellsjökull – glacier sur une montagne enneigée – est un stratovolcan coiffé d’un glacier vieux de 700 000 ans, dans l’ouest de l’Islande, à l’extrémité de la péninsule de Snæfellsnes.

Le Snaefellsjökull vu depuis le ciel (Photo: C. Grandpey)…

…et depuis le sol (Icelandic Met Office)

La montagne est l’un des sites les plus célèbres d’Islande, principalement grâce au roman Voyage au centre de la Terre (1864) de Jules Verne, dans lequel les protagonistes trouvent sur le Snæfellsjökull l’entrée d’un passage menant au centre de la Terre. Le volcan figure également en bonne place dans le roman Kristnihald undir Jökli (1968) du prix Nobel islandais Halldór Laxness. publié en français sous le titre Úa ou Chrétiens du glacier.

« Nous descendions une sorte de vis tournante. » Gravure d’Edouard Riou pour l’édition du Voyage au Centre de la Terre de 1867 (Source: Wikipedia)

D’un point de vue géologique, le Snæfells possède de nombreux cônes pyroclastiques sur ses flancs. Les cratères sur les flancs inférieurs ont produit des coulées de lave basaltique tandis que ceux sur les flancs supérieurs ont produit les laves plus riches en silice. Les coulées de lave de l’Holocène descendent jusqu’à la mer sur toute la moitié ouest du volcan. Les roches volcaniques les plus anciennes datent d’environ 800 000 ans. Durant l’Holocène, il y a eu entre 20 et 25 éruptions.
Trois éruptions pliniennes majeures (avec un VEI 4) se sont produites il y a 8 000 à 9 000 ans, il y a 4 000 ans et il y a 1 800 ans. Cette dernière est considérée comme le plus importante de l’Holocène ; l’événement a émis jusqu’à 1 km3 de matériaux et donné naissance à un champ de lave d’environ 30 km2.
Source  : médias d’information islandais, Global Volcanism Program.

A noter que le Snaefellsjökull est, lui aussi, victime du réchauffement climatique. Dans une note publiée le 23 mai 2019, j’expliquais qu’en août 2012, pour la première fois de son histoire, le sommet du Snæfellsjökull avait perdu sa calotte de glace.

Le Snæfellsjökull (Islande) : un glacier en péril // A glacier at risk

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Iceland’s presidential race – due to be held on June 1st, 2024 – has a new candidate : Snæfellsjökull glacier. Its defenders assert that it meets the requirements of being an Icelandic citizen, aged over 35, with no criminal record, and with a supporting petition.

Launched officially on March 15th, the campaign emphasises ecology in order to “move towards environmental consciousness and global unity.” In a recent press release, one coulsd read : “Amidst the conventional political landscape, we believe it’s time to challenge the status quo and elect a candidate that symbolizes endurance, resilience, and global interconnectedness. Snæfellsjökull is already an emblem of Iceland and a custodian of geo-cultural wisdom, representing the very essence of stability and sustainability. With a towering presence and serene demeanor, Snæfellsjökull embodies a balance of steadfastness and adaptability, qualities much needed in today’s rapidly changing world.”

The campaign also stresses the importance of environmental stewardship. By nominating a non-human being to the presidency of Iceland, the campaign hopes to bring greater awareness to sustainability and eco-justice.

Snæfellsjökull – glacier on a snow mountain – is a 700,000-year-old glacier-capped stratovolcano in western Iceland, at the end of the Snæfellsnes peninsula.

The mountain is one of the most famous sites of Iceland, primarily due to the novel Journey to the Center of the Earth (1864) by Jules Verne, in which the protagonists find the entrance to a passage leading to the center of the Earth on Snæfellsjökull. The volcano also figures prominently in the novel Under the Glacier (1968) by Icelandic Nobel laureate Halldór Laxness.

From a geological point of view, Snæfells has many pyroclastic cones on its flanks. Lower-flank craters produced basaltic lava flows and upper-flank craters intermediate-to-silicic material. Holocene lava flows extend to the sea over the entire western half of the volcano. The oldest volcanic rocks date back around 800,000 years. During the Holocene, there were between 20 and 25 eruptions.

Three major Plinian eruptions (with a VEI 4) occurred 8,000 to 9,000 years ago, 4,000 years ago and 1,800 years ago. The latter was identified as the largest of the Holocene ; the event released up to 1 km3 of volcanic material and generated a lava field that covered approximately 30 km2.

Source : Icelandic news media, Global Volcanism Program.

Snaefellsjökull is also a victim of global warming. In a post published on May 23rd, 2019, I explained that in August 2012, for the first time in its history, the summit of Snæfellsjökull had lost its ice cap. (see link above).

Nouveau projet de forage pétrolier en Alaska // New oil drilling project in Alaska

Je n’ai jamais caché mon amour pour l’Alaska où j’ai pris conscience du drame de la fonte des glaciers en visitant les zones volcaniques de la région.

Le voyageur qui parcourt le 49ème État de l’Union du nord au sud ne peut pas rater l’oléoduc trans-Alaska qui étire ses 1288 km entre Prudhoe Bay au nord et le port de Valdez au sud où l’or noir est embarqué à bord des pétroliers. On ne saurait oublier la catastrophe environnementale du 24 mars 1989 quand l’Exxon Valdez a heurté des récifs dans la Baie du Prince William, entraînant la pire marée noire que le pays ait jamais connue.

En Alaska le pétrole est roi et il assure un mode de vie confortable à une grande partie de la population. Il n’est donc pas surprenant qu’un projet de forage dans la région de Barrow, au nord de l’État soit approuvé par une majorité d’habitants. Situé dans la région de North Slope, dans la National Petroleum Reserve qui appartient au gouvernement fédéral, le projet Willow ne date pas d’aujourd’hui. Acté sous Donald Trump, il aurait coûté 5 milliards de dollars d’amende aux États Unis s’il avait été abandonné. La zone où le projet est prévu contient jusqu’à 600 millions de barils de pétrole. Ce pétrole mettra toutefois des années à atteindre le marché puisque les infrastructures n’ont pas encore été construites.

Malgré ses promesses de campagne, Joe Biden a donné son feu vert au Willow Project en mars dernier. Cette décision est un scandale pour les associations de défense de l’environnement, au moment où la COP28 vise à sortir progressivement des énergies fossiles, et alors que l’Alaska se réchauffe deux fois plus vite que les autres États américains.

Au nord-ouest de l’Alaska, là où va s’installer le projet Willow, vit le peuple autochtone Iñupiat et ses 5 000 habitants. Environ 40 à 50% de la population est dans l’industrie pétrolière. Beaucoup de gens n’aiment pas ça, mais ils ont besoin de l’industrie pétrolière pour maintenir leur mode de vie.

Une fois opérationnel, Willow sera le plus grand projet pétrolier du pays : 8 milliards de dollars, 600 millions de barils de pétrole brut produits sur 30 ans, plus de 9 millions de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone par an, mais surtout 2 500 emplois et 17 milliards de dollars de recettes pour le gouvernement fédéral. Comme l’explique la directrice des ressources naturelles de la communauté Iñupiat, « les taxes des compagnies pétrolières financent nos écoles, notre système de santé, notre logement et notre système de travaux publics. »

Une pétition contre le Willow Project a rassemblé plus de 3,5 millions de signatures dans le pays, mais les opposants locaux au projet sont peu nombreux.

A côté de ce projet qui ne fera pas reculer le réchauffement climatique, le gouvernement fédéral a décrété en septembre 2023 l’interdiction de toute nouvelle exploitation de gaz ou de pétrole dans une autre zone du nord de l’Alaska, grande comme le Danemark. Cette interdiction restera-t-elle en place éternellement? Au vu de ce qui vient de se passer avec le projet Willow, on est en droit de se le demander…

Source : Anchorage Daily News, France Info.

 

Emplacement du projet de forage pétrolier de Willow (Source : Bureau of Land management / North Slope Science Initiative)

Vue de l’oléoduc trans-Alaska (Photo: C. Grandpey)

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I have never concealed my love for Alaska, the 49th State of the Union where I became aware of the drama of melting glaciers while visiting the volcanic areas of the region.
The traveler who drives across Alaska from north to south cannot miss the trans-Alaska oil pipeline which stretches over 1288 km between Prudhoe Bay in the north and the port of Valdez in the south where the black gold is loaded on board the tankers. We cannot forget the environmental disaster of March 24th, 1989 when the Exxon Valdez hit reefs in Prince William Sound, resulting in the worst oil spill the country has ever experienced.
In Alaska, oil is king and it ensures a comfortable lifestyle for a large part of the population. It is therefore not surprising that a drilling project in the Barrow region in the north of the State would be approved by a majority of residents. Located in the North Slope region, in the National Petroleum Reserve which belongs to the federal government, the Willow project is not new. Acted under Donald Trump, it would have cost the United States $5 billion in fines if it had been abandoned. The area where the project is planned contains up to 600 million barrels of oil. However, this oil will take years to reach the market since the infrastructure has not yet been built.
Despite his campaign promises, Joe Biden gave the go ahead to the Willow Project last March. This decision is a scandal for environmentalists, at a time when COP28 aims to gradually move away from fossil fuels, and when Alaska is warming twice as fast as other American states.
In northwest Alaska, where the Willow project will be located, live the indigenous Iñupiat people.(pop.5,000). About 40-50% of the population is in the oil industry. A lot of people don’t like it, but they need the oil industry to maintain their way of life.
Once operational, Willow will be the largest oil project in the country: $8 billion, 600 million barrels of crude oil produced over 30 years, more than 9 million tons of carbon dioxide emissions per year, but more importantly 2 500 jobs and $17 billion in revenue for the federal government. As the Iñupiat community’s director of natural resources explains, « taxes from oil companies fund our schools, our health care system, our housing and our public works system. »
A petition against the Willow Project has gathered more than 3.5 million signatures nationwide, but local opponents of the project are few in number.
Alongside this project which will not reduce global warming, the federal government decreed in September 2023 a ban on any new gas or oil exploitation in another area of northern Alaska, the size of Denmark. Will this ban exist forever ? Judging fromwhat has just happened with the Willow project, we can have some doubts……

Source : Anchorage Daily News, France Info.

Effets d’un environnement volcanique sur la santé // Health effects of a volcanic environment

La mission scientifique sur le Mont Michael (île Sanders) a permis aux scientifiques de faire des observations intéressantes sur l’environnement volcanique. Ils avaient établi leur camp de base sur un champ de neige au pied du volcan et ils pensaient pouvoir faire fondre cette neige pour leurs besoins en eau. Malheureusement, les tests d’acidité ont révélé que l’eau n’était pas potable car la neige avait été polluée par les gaz volcaniques. Ils ont dû utiliser l’eau produite par le désalinisateur à bord du voilier qui leur avait permis d’atteindre l’île.

Cette situation vécue par l’expédition doit nous rappeler qu’environ un dixième de l’humanité vit dans un rayon de moins de 100 km d’un volcan actif, avec les risques que cela comporte. La vapeur d’eau, à laquelle se mêlent le CO2 et le SO2, constitue plus de 90% d’un panache volcanique, en sachant que la lave émet également du fluor, du chlore et du brome en s’approchant de la surface, autrement dit d’autres éléments acides.

Ce qui est observé à petite échelle sur l’île Saunders se retrouve dans des régions volcaniques plus vastes comme la Grande Ile d’Hawaii où les gaz émis par le Kilauea en période éruptive génèrent un brouillard volcanique baptisé vog – contraction de volcanic smog – qui présente des risque pour la santé. Il est recommandé aux personnes souffrant de troubles respiratoires d’éviter de sortir et de s’adonner à une activité physique. Les horticulteurs situés sous le panache de vog constatent des dégâts sur leur s plantations à cause des pluies acides.

S’agissant de l’eau en milieu volcanique, elle peut avoir des effets sur la santé si elle n’est pas traitée. Une étude très sérieuse réalisée par des chercheurs américains a montré que la population d’Ambrym au Vanuatu est exposée à la fluorose qui, comme son nom l’indique est due à un excès de fluor dans l’organisme. Cette pathologie se manifeste particulièrement au niveau des dents qui prennent une couleur marron. Selon les scientifiques, la fluorose dentaire à Ambrym est liée au dégazage du volcan dont les composés fluorés contaminent l’eau de pluie consommée par les habitants de la région. Des observations similaires ont été faites dans d’autres régions volcaniques comme celle du Kawah Ijen en Indonésie où le trop-plein du lac devient une petite rivière qui irrigue ensuite les cultures, de riz et de canne à sucre. Cette eau d’un pH de 3 à 4,5 et trop riche en fluorure est nocive pour la santé. On a remarqué que les populations autour du Kawah Ijen avaient les dents plus noires qu’ailleurs en Indonésie à cause de l’eau rejetée par le volcan.

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The scientific mission to Mount Michael on Sanders Island allowed scientists to make interesting observations on the volcanic environment. They had established their base camp on a snowfield at the base of the volcano and they believed they could melt this snow for their water needs. Unfortunately, acidity tests revealed that the water was not drinkable because the snow had been polluted by volcanic gases. They had to use the water produced by the desalinator on board the sailboat that allowed them to reach the island.
This situation experienced by the expedition should remind us that around a tenth of humanity lives within a radius of less than 100 km from an active volcano, with the risks that this entails. Water vapor, mixed with CO2 and SO2, constitutes more than 90% of a volcanic plume, without forgetting that lava also emits fluorine, chlorine and bromine, other acidic elements, as it approaches the surface.
What is observed on a small scale on Saunders Island is found in larger volcanic regions such as Hawaii Big Island where the gases emitted by Kilauea during an eruptive period generate a volcanic fog called vog which presents health risks. It is recommended that people suffering from respiratory problems avoid going out and engaging in physical activity. Horticulturists located under the vog plume observe damage to their plantations, due to acid rain.
Regarding water in a volcanic environment, it can have health effects if it is not treated. A very serious study carried out by American researchers has shown that the Ambrym population in Vanuatu is exposed to fluorosis which, as its name suggests, is due to excess fluoride in the body. This pathology particularly affects the teeth which take on a brown color. According to scientists, dental fluorosis in Ambrym is linked to degassing from the volcano, whose fluorinated compounds contaminate the rainwater consumed by residents. Similar observations have been made in other volcanic regions such as Kawah Ijen in Indonesia where the overflow from the lake becomes a small river which then irrigates crops of rice and sugar cane. This water with a pH of 3 to 4.5 and too rich in fluoride is harmful to health. It was noticed that the populations around Kawah Ijen had blacker teeth than elsewhere in Indonesia because of the water released by the volcano.

Panaches de vapeur et de gaz du Kilauea (Photos: C. Grandpey)