De nouveaux forages en mer ? Pas si sûr ! // New offshore drilling ? Not so sure !

Fidèle à ses promesses électorales, Donald Trump envisage de donner des instructions au Département de l’Intérieur pour annuler la décision prise par le président Barack Obama en décembre de mettre à l’abri de tout forage des centaines de millions d’hectares d’océan au large des côtes américaines. La décision, qui devrait être officialisée dans les prochaines semaines, a pour but de développer l’exploration des ressources énergétiques américaines en annulant les restrictions mises en place par les administrations précédentes. Il faudra toutefois beaucoup de temps pour que de Département de l’Intérieur mette en application les aspects de la nouvelle directive.
La côte du Pacifique est fermée à toute nouvelle prospection de pétrole et de gaz depuis la marée noire catastrophique de Santa Barbara, en Californie, en 1969. Il n’y a pas eu de forage le long de la côte atlantique depuis le début des années 1980. Au début de son administration, Barack Obama a envisagé d’autoriser une étude sismique en vue de l’exploration pétrolière sur la côte sud-est des Etats-Unis, entre la Floride et la Virginie. Il ne s’est pas opposé à la Royal Dutch Shell quand la compagnie a entrepris de forer un puits exploratoire dans la mer des Tchouktches, au large de la côte arctique de l’Alaska; Le puits a été un échec et, à la fin de sa présidence, Obama a fermé de vastes zones à toute exploration.
Il existe une forte opposition au nouveau projet de forage. L’expansion des forages en mer dans de nouvelles zones des océans Arctique, Atlantique et Pacifique mettrait en danger des écosystèmes océaniques dynamiques et serait mauvais pour les entreprises. Cela menacerait des économies côtières prospères et des industries lucratives, y compris le tourisme, les loisirs et la pêche. Les chefs d’entreprise le long de la côte atlantique ont exprimé leur opposition à tout forage en mer. La volonté de forer dans l’Arctique, qui existe depuis des décennies, a mis en danger son écosystème unique et diversifié, a coûté des dizaines de milliards de dollars et créé une controverse importante sans résultat tangible.
Il n’est pas du tout certain que l’ouverture des mers des Tchouktches et de Beaufort aux forages pétroliers attire beaucoup de candidats. Après que Shell ait dépensé plus de 7 milliards de dollars dans un puits exploratoire qui s’est soldé par un échec, d’autres grandes compagnies pétrolières ont abandonné leurs projets de forage dans la région.
Sources: The Washington Post & Alaska Dispatch News.

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The White House is considering issuing instructions to the Interior Department to reverse President Barack Obama’s withdrawal of hundreds of millions of offshore acres from future drilling in December 2016. The executive order, expected tocome out in the next few weeks, represents President Donald Trump’s latest attempt to promote domestic energy exploration by rolling back restrictions put in place by previous administrations, though it would take considerable time for Interior to carry out aspects of the proposed directive.

The Pacific coast has been closed to new oil and gas exploration since the disastrous oil spill off Santa Barbara, California, in 1969. There has been no drilling off the Atlantic coast since the early 1980s. Early in his administration, Obama considered allowing seismic work in preparation for exploration off the southeastern coast, from Florida to Virginia. And he did not move to stop Royal Dutch Shell from drilling an exploratory well in the Chukchi Sea off Alaska’s Arctic coast; the well turned out to be a dry hole. But near the end of his presidency he closed off vast areas.

There is widespread opposition to renewed drilling efforts. Expanding offshore drilling into new areas like the Arctic, Atlantic and Pacific oceans would put vibrant ocean ecosystems at risk and be bad for business, threatening thriving coastal economies and lucrative industries, including tourism, recreation and fishing. Business leaders along the Atlantic coast have been vocal in their opposition to offshore drilling, and the decades-long push to drill in the Arctic has put its unique and diverse ecosystem at risk, cost tens of billions of dollars and created significant controversy without profitable results.

It remains unclear whether opening up the remote Chukchi and Beaufort Seas for leasing would attract any bids. After Shell spent more than $7 billion to lease and drill an uneconomic well, other major oil companies have dropped plans to drill in the region.

Sources: The Washington Post & Alaska Dispatch News.

Puits de forage exploratoire de la compagnie Shell dans la mer des Tchouktches (Source : Polar News)

Le forage profond est terminé en Islande // Deep drilling is now complete in Iceland

drapeau-francaisDans deux notes publiées le 28 octobre et le 16 décembre 2016, j’ai expliqué que les Islandais avait entamé un projet de forage profond (IDDP) qui devait descendre à 5 kilomètres de profondeur dans un ancien champ de lave de la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de l’Islande. Le forage avait commencé le 12 août 2016.

Dans ma note du 16 décembre, j’expliquais également que le but du projet était d’atteindre 5 km car à cette profondeur la roche fondue se mélange à l’eau. Grâce à la chaleur et la pression extrêmes, l’eau devient de la « vapeur supercritique » qui possède une énorme énergie. L’idée est que lorsque la vapeur remontera à la surface et sera transformée en électricité, elle créera jusqu’à 10 fois plus d’énergie que les puits géothermiques classiques.
Un article de la BBC nous informe aujourd’hui que la phase de forage est terminée. Les géologues ont foré jusqu’à 4 659 mètres, créant ainsi le plus profond puits de forage volcanique au monde. Ils ont enregistré des températures de 427°C, mais ils pensent que le puits sera plus chaud une fois qu’il sera élargi dans les prochains mois. L’équipe de l’IDDP a également prélevé 21 mètres de carottes qui seront analysées.

Au cours des prochains mois, l’étape suivante consistera à injecter de l’eau froide dans le puits, ce qui l’élargira. L’équipe attendra ensuite que le puits monte en chaleur. Les ingénieurs pensent que la température pourrait dépasser 500°C, ce qui ferait de ce forage le plus chaud jamais réalisé. Ensuite, l’équipe verra si le puits génère autant d’énergie que prévu.
Source: BBC News.

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drapeau-anglaisIn two notes released on October 28th and December 16th 2016, I explained that a rig was drilling 5 kilometres into the old lava flows of the Reykjanes Peninsula, in south-west Iceland.It was part of the Iceland Deep Drilling Project (IDDP). The drilling had begun on August 12th.

In the December 16th note, I also explained that the final goal of the project was to reach 5 km down because at this depth, molten rock mixes with water. With the extreme heat and pressure, the water becomes « supercritical vapour » and holds a huge amount of energy. The idea is that when the steam is brought back to the surface and converted into electricity, it will create up to 10 times more energy as conventional geothermal wells.

A BBC news article now informs us that the drilling phase is now complete. Geologists have penetrated 4,659m down, creating the deepest-ever volcanic borehole. They have recorded temperatures of 427°C, but believe the hole will get hotter when they widen it in the coming months. The IDDP team also collected 21 metres of cores, which will now be analysed.

Over the coming months, the next stage will be to pump cold water into the well, which will open it up. Then the team will wait for the well to warm up again. They think the temperatures could exceed 500°C, which would make this the hottest borehole ever drilled. Then the team will see whether it generates as much energy as they hope.

Source : BBC News.

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Islande: Le paradis de la géothermie (Photo: C. Grandpey)

Ouverture du Refuge National de la Faune Arctique à l’exploitation pétrolière ? // Will the Arctic National Wildlife Refuge open to oil drilling ?

drapeau-francaisQuelques heures après l’investiture de Donald Trump comme 45ème président des Etats-Unis, la page du site Internet de la Maison Blanche concernant le climat, mise en place sous la présidence Obama, a été supprimée. De plus, la Maison Blanche a annoncé vendredi 20 janvier l’abandon de sa politique de réduction des énergies polluantes et la reprise du forage du pétrole et du gaz de schiste.
Encouragés par l’élection de Donald Trump, les Républicains de l’Etat d’Alaska font le forcing pour que reprenne l’exploration pétrolière dans le Refuge National de la Faune Arctique – the Arctic National Wildlife Refuge – qui oppose depuis des décennies les foreurs et les écologistes..
Créé par le Congrès en 1980, le Refuge constitue une zone de protection et un terrain de reproduction extrêmement importants pour, entre autres, les ours polaires, les loups, les caribous et les oiseaux migrateurs. Il couvre environ 77 000 km2 dans le nord-est de l’Alaska, entre les montagnes de la chaîne Brooks et ses forêts boréales, et une vaste plaine côtière qui se déploie jusqu’à l’Océan Arctique.
Personne ne sait vraiment quelle quantité de pétrole se cache sous le Refuge. Une étude menée en 2005 par l’USGS a révélé qu’il pourrait y avoir jusqu’à 11,8 milliards de barils de brut. Si ce chiffre était confirmé, il serait de l’ordre de grandeur du gisement de Prudhoe Bay qui a déclenché un oil rush il y a une quarantaine d’années.
Personne ne sait, non plus, quel est l’intérêt porté à ce gisement potentiel par des compagnies comme ExxonMobil et ConocoPhillips à une époque où le monde est inondé par le pétrole de schiste bon marché du Texas et des gisements au large des côtes africaines. Alors que le gouvernement estime que la zone pourrait contenir 12 milliards de barils de pétrole brut, ce qui en ferait l’une des plus grandes réserves inexploitées aux États-Unis, personne n’a foré de puits dans la région depuis les années 1980. Les résultats d’un projet réalisé en 1985 par BP et Chevron n’ont jamais été rendus publics
La situation est peut-être sur le point de changer. L’oléoduc trans-Alaska est vieillissant. Son débit a diminué avec l’épuisement des ressources pétrolières à l’extérieur du Refuge et avec le développement du pétrole de schiste dans les latitudes inférieures. L’ouverture du Refuge au forage signifierait la survie de l’oléoduc et le maintien des emplois qui vont de pair.

Un autre obstacle au forage dans le Refuge est le prix du pétrole qui en sortirait. Étant donné les conditions extrêmes en Alaska, le pétrole devrait se vendre à environ 70 dollars le baril pour être rentable. Aujourd’hui, les prix oscillent autour de 55 dollars. Avec les températures glaciales et l’éloignement des sites d’exploitation, le forage en Alaska coûterait environ trois fois plus cher que dans les latitudes autour du 48ème parallèle..
Au final, c’est l’Argent sur lequel surfe Donald Trump qui pourrait sauver le Refuge National de la Faune Arctique. Espérons le!

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisA few hours after the oath of Donald Trump as 45th President of the United States, the page of the White House website on the climate, under the Obama presidency, was suppressed. In addition, the White House announced on Friday (January 20th) the abandonment of its policy to reduce polluting energies and the resumption of drilling oil and shale gas.

Buoyed by Donald Trump’s election, Alaskan Republicans are pushing to allow oil exploration in the Arctic National Wildlife Refuge that has been a battleground for drillers and conservationists for decades.

Created by Congress in 1980, the refuge provides a critical habitat and breeding ground for polar bears, wolves, migratory birds and caribou, among other species. It covers 19 million acres in northeastern Alaska, stretching from the mountains of the Brooks Range and boreal forests to a vast coastal plain that slides into the Arctic Ocean.

No one really knows how much oil actually lies beneath the refuge. A 2005 review by the U.S. Geological Survey revealed that might hold as many as 11.8 billion barrels of crude. If that were proven true, it would rival the mammoth Prudhoe Bay field that sparked the Alaskan oil rush 40 years ago.

No one knows either how much producers like ExxonMobil and ConocoPhillips care about it in a world awash in cheap oil, from Texas to offshore Africa. While the government estimates the area could hold 12 billion barrels of crude, making it one of the biggest untapped reserves in the U.S., no one’s sunk a well there since the 1980s. The results of a 1985 project by BP and Chevron were never made public

That may be about to change. The aging trans-Alaska pipeline is now on the verge of obsolescence. Its output has been falling as fields outside the refuge fade out and supplies from shale oil in the lower states grow. Opening the refuge to drilling would go a long way toward ensuring the survival of the pipeline and the jobs that go with it.

Another obstacle to drilling in the refuge is the price of the oil that would come out of it. Given the extreme conditions in Alaska, oil would have to sell at about $70 a barrel to make most of it economical to recover. Today, prices hover around $55. The subzero weather and remote distances mean drilling in Alaska typically costs three times as much as in the Lower 48.

Thus, big money could save the Arctic National Wildlife Refuge. Let’s hope for the best!

Source: Alaska Dispatch News.

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Source: Wikipedia.

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Oléoduc trans-Alaska: Fin de vie ou regain d’activité? (Photo: C. Grandpey)

Islande : Recherche de l’énergie à grande profondeur (suite) // Iceland : Looking for very deep energy (continued)

drapeau-francaisDans une note publiée le 28 octobre 2016, j’ai expliqué que les Islandais avait entamé un Projet de Forage Profond – Iceland Deep Drilling Project (IDDP) – prévu pour descendre jusqu’à 5 kilomètres de profondeur dans d’anciennes coulées de lave sur la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de l’Islande. Le forage avait commencé le 12 août. À la fin de l’année 2016, le trépan devrait avoir creusé le trou le plus chaud au monde, avec des températures entre 400 et 1000°C. La BBC nous indique aujourd’hui que le forage est maintenant descendu à près de 4.500 mètres et devrait atteindre 5000 m d’ici la fin de l’année, profondeur où la température devrait dépasser 500°C.
Lorsque le forage aura atteint 5 km, l’équipe de forage s’attend à trouver des roches fondues mélangées à de l’eau. Toutefois, avec la chaleur extrême et la pression énorme rencontrées à cette profondeur, l’eau se transforme en « vapeur supercritique » qui n’est ni un liquide ni un gaz, mais détient beaucoup plus d’énergie que l’un ou l’autre. C’est cette vapeur supercritique que l’équipe de forage veut faire remonter à la surface pour la convertir en électricité. Les propriétés particulières de la vapeur supercritique permettraient de produire jusqu’à 10 fois plus d’énergie que la vapeur issue des puits géothermiques conventionnels.
Si le forage est un succès, cela voudra dire qu’à l’avenir il suffira de forer moins de puits pour produire la même quantité d’énergie. Cela signifiera également qu’une surface moindre sera impactée, avec moins de conséquences négatives pour l’environnement, et un coût inférieur. Cependant, la partie n’est pas gagnée d’avance et il faut être prudent. En effet, en 2009, un forage très profond a été effectué dans un autre site volcanique islandais. A 2100 m de profondeur, le trépan est entré en contact avec un réservoir magmatique  peu profond et la plateforme de forage a été détruite. Que le projet actuel soit un succès ou non, il permettra de mieux savoir à quoi ressemble l’intérieur d’un volcan.
Source: BBC News.

L’article de la BBC s’accompagne d’une vidéo visible à cette adresse :

http://www.bbc.com/news/science-environment-38296251

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drapeau-anglaisIn a note released on October 28th 2016, I explained that a rig was drilling 5 kilometres into the old lava flows in Reykjanes, at the south-west corner of Iceland. The drilling had begun on August 12th. By the end of the year, the Iceland Deep Drilling Project (IDDP) hoped to have created the hottest hole in the world, hitting temperatures anywhere between 400 and 1000 °C. The BBC is now informing us that the drilling has now descended nearly 4,500m and is expected to reach 5km down, where temperatures are expected to exceed 500°C, by the end of the year.

When the drill gets to 5 km, the drilling team expects to find molten rock mixed with water. But with the extreme heat and immense pressure found at this depth, the water becomes what is known as « supercritical steam ». It is neither a liquid nor a gas, but it holds far more energy than either. And it is this supercritical steam that the team wants to bring back up to the surface to convert into electricity. They believe its special properties mean it could produce up to 10 times as much energy as the steam from conventional geothermal wells.

If this works, in the future fewer wells would need to be drilled to produce the same amount of energy. This would also mean that less surface would be touched, with less environmental impact and lower costs. However, it might also fail and there is a good reason to be cautious. In 2009, a very deep drilling was attempted into another volcanic site. But at 2,100m, they accidentally hit a shallow reservoir of magma and the drill was destroyed. Whether it is a success or not, the project will help to know what the interior of a volcano looks like.

Source: BBC News.

A video accompanies the BBC article :

http://www.bbc.com/news/science-environment-38296251

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La géothermie a toujours joué un rôle important en Islande.

(Photo: C. Grandpey)