Prévisions sur la coulée de lave en Islande // Predictions about the lava flow in Iceland

Après que la lave ait escaladé la digue édifiée par les bulldozers dans la vallée de Nátthagi, la grande question était:de savoir si elle atteindrait Suðurstrandarvegur (la route le long de la côte sud), si elle menacerait un câble à fibre optique et si elle parviendrait à atteindre la mer.

Un géophysicien de l’Université d’Islande a tenté d’apporter des réponses à ces questions sur le site Internet Iceland Monitor. En supposant que l’éruption de Fagradalsfjall se poursuive, il pense que la lave pourrait prendre trois mois pour remplir la vallée.

Selon les premières estimations des scientifiques, au vu de la morhologie de Nátthagi et de la pente ailleurs sur le  site éruptif, il faudra environ trois mois pour que la vallée se remplisse. Les scientifiques ont cartographié la progression de lave une fois par semaine ; les résultats montrent que la lave semble se comporter de la même manière que dans les vallées de Meradalir. Elle ne couvre pas une longue distance chaque jour. La coulée s’épaissit d’environ un mètre par jour et il lui faut une certaine pente pour avancer. Plus sa longueur de la coulée devient importante, plus la lave devient visqueuse. Elle s’épaissit parfois plus lentement, d’une cinquantaine de centimètres par jour. La progression de la coulée n’est pas constante. Il y a des périodes où la lave s’accumule, puis d’autres où elle stagne parce qu’elle s’écoule dans un autre secteur.

En outre, les scientifiques expliquent que le paysage de la vallée contribue à refroidir la lave. En effet, sa température diminue au fur et à mesure qu’elle s’étale sur la pente. Cela la rend plus visqueuse et plus susceptible de s’accumuler, de sorte qu’elle avance moins vite.

Afin de ralentir la progression de la lave, une nouvelle digue au sud de la vallée de Nátthagi pourrait permettre de gagner du temps. Si un tel édifice atteint dix mètres de hauteur et que la lave s’épaissit de 50 centimètres par jour, il lui faudra 20 jours avant de passer par-dessus le mur de protection.

Comme je l’ai indiqué précédemment, le sentier A a été interdit d’accès car la lave menace de le recouvrir et d’isoler le point d’observation le plus populaire car le plus facile d’accès. Pour le moment, la coulée de lave n’a pas encore effectué la jonction avec la lave de l’autre vallée, mais son front reste actif.

Source: Iceland Monitor.

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After lava climbed over the protective wall built by the bulldozers in the Nátthagi valley, the big question was : will lava invade Suðurstrandarvegur (the road along the south coast), threaten a fiber optic cable and manage to reach the sea?

A geophysicist at the University of Iceland tried to bring some answers on the Iceland Monitor website. In his opinion, assuming the Fagradalsfjall eruption continues, the lava could take three months to fill the valley.

According to the scientists’ first assessment, based on the size of Nátthagi and the slope of the lava elsewhere, it will take about three months for the valley to fill up. The researchers have been mapping the lava once a week, and lava appears to behave in a similar way as it does in Meradalir valleys. It is not moving a long distance. It thickens by about a metre a day and requires a certain slope to move on. The more extensive it gets, the more viscous, and then one can expect it to thicken more slowly, or by half a metre a day.

However, this development is not continuous. There are periods when the lava accumulates, and then there are periods when it stays still, because it is flowing elsewhere.

Besides, the scientists explain that the landscape in the valley works like a cooling system for the lava. It flows down slopes and its temperature decreases as it spreads. This, in turn, makes the lava more viscous and likelier to accumulate, so that it is moving forward less fast.

In order to slow down the advance of the lava, a new protective wall south of Nátthagi valley could help to save some time. If such a wall is ten metres high and the lava thickens by half a metre a day, it will need 20 days before it flows over a potential protective wall.

As I put it before, Trail A was closed because lava threatens to cover it and isolate the most popular observation point whose access was the easiest. For the moment, the lava flow has not yet made the junction with the lava of the other valley, but its front remains active.

Source: Iceland Monitor.

Faudra-t-il construire une nouvelle digue pour freiner les ardeurs de la lave? (Photo : http://www.ruv.is)

Islande : La bataille contre la lave // Iceland : Battle against the lava

Une partie de la bouche éruptive dans la Geldingadalur (Islande) s’est effondrée à l’intérieur du cratère le 17 mai 2021 dans la soirée. Cet événement spectaculaire a été observé en direct, par l’une des webcams:

https://youtu.be/yj4qMud_0xs

L’effondrement a d’abord généré un nuage de poussière, puis a provoqué une grande projection de lave très fluide en direction des digues de terre qui sont en train d’être érigées pour essayer d’arrêter la coulée de lave et l’empêcher d’atteindre la Suðurstrandarvegur. Des itinéraires alternatifs sont prévus dans le cas où une partie de la route finirait sous la lave. Aucune localité ne sera isolée et l’accès au site éruptif sera toujours possible.

Ces derniers jours, les travaux ont continué pour construire une digue de 4 mètres de haut afin d’empêcher la lave de s’écouler en direction de la route. Malheureusement, il est probable que cette hauteur ne sera pas suffisante et la Protection Civile a demandé qu’elle soit doublée et portée à huit mètres. Cela devrait au moins permettre de ralentir la progression de la lave vers la Suðurstrandarvegur.

Les ingénieurs sur le terrain expliquent que ces mesures sont expérimentales. Elles serviront de test pour les futures éruptions qui pourraient se produire sur la péninsule de Reykjanes. La coulée de lave en provenance du cratère se dirige actuellement dans trois directions, vers la Meradalir et la Geldingadalur. Avec la pression qu’elle exerce, la lave finira par trouver un point faible et continuera à avancer inexorablement. L’ingénieur en charge des bulldozers souhaite que les fortifications atteignent une vingtaine de mètres de hauteur si nécessaire.

Il ne reste plus qu’à attendre pour voir qui gagnera la bataille!

Source: médias d’information islandais.

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The top of the most active crater vent at Geldingadalir collapsed inward, into the molten lava below, on May 17th, 2021 in the evening. It was a spectacular sight caught, live, on one of the  webcams:

 https://youtu.be/yj4qMud_0xs

The collapse first brought a cloud of dust and then caused a large ejection of molten lava high into the air, which was thrown in the direction of the new earth banks that have been erected to try and stop lava flowing in the direction of the Suðurstrandarvegur road. Alternative routes are available in the event that part of the road does eventually succumb to lava. No communities would be cut off and access for volcano visitors would also continue.

In the last few days, work has been underway to build a 4-metre-high protective wall in order to hinder lava from the Geldingadalur volcano flowing in direction towards the road. The wall consists of large soil hills. Unfortunately, these walls do not seem to be enough, as Civil Protection wants immediate action in order to raise the height to eight metres. Experts believe that the soil hills will at least delay the lava from reaching Suðurstrandarvegur. The engineers admit that these measures will delay the flow but that they are experimental. They will be a great practice for future eruptions which might occur on the Reykjanes peninsula.

The lava flow from the crater is currently flowing in three directions, into Meradalir and Geldingadalur. Due to the lava building up pressure and flowing forward, it is only a matter of time when and where the lava will find a weak spot in the soil fortification. In fact, lava has already started to collapse over the first emergency wall and continues to flow further. The engineer managing the bulldozers wants the fortifications to be bigger, reaching up to twenty metres if necessary. Let’s now see who will win the battle!

Source: Icelandic news media.

Réchauffement climatique : Lacanau (France) en danger // Global warming : Lacanau (France) in danger

Avec le réchauffement climatique et la hausse du niveau des océans qui s’ensuit, les côtes françaises sont de plus en plus exposées à l’assaut des vagues, en particulier au moment des tempêtes avec des marées de forts coefficients. Aujourd’hui, plusieurs municipalités de la côte atlantique s’inquiètent de voir leur littoral mangé par l’océan et craignent de voir des habitations disparaître dans la mer

Le problème est particulièrement visible à Lacanau, le paradis des surfeurs, mais un paradis fragile menacé par l’érosion. Selon les prévisions, la côte pourrait reculer de 65 mètres d’ici 2040 et 165 mètres d’ici 2100. Les grandes tempêtes de 2013-2014 ont causé de gros dégâts et il a fallu renforcer l’enrochement de la plage. Cette parade revient à mettre un emplâtre sur une jambe de bois car on sait que l’océan a le potentiel de détruire cet ouvrage en moins de temps qu’il faut pour le construire.

À l’horizon 2050, la municipalité de Lacanau envisage deux solutions. La première consisterait à construire une énorme digue, un ouvrage coûteux qu’il faudra entretenir. L’autre projet, beaucoup plus radical, consisterait à détruire une partie du front de mer et le reconstruire dans les terres. Cela concernerait 1200 logements et une centaine de commerces. Ce sont de belles paroles, mais il faudra trouver le financement pour un tel projet et la loi française ne prévoit rien dans le cadre d’une relocalisation à grande échelle à cause du changement climatique. Personnellement, je ne serais par surpris de voir un jour l’accès à Lacanau devenir payant pour aider à financer la reconstruction, de la même façon que l’on fait payer pour emprunter le pont de l’île de Ré…

Il y a quelques jours, en contemplant la majesté et la puissance des vagues de l’Atlantique à proximité de Lacanau, je me disais que nos côtes ont bien du souci à se faire. Au bord de la mer comme sur les volcans, c’est la Nature qui commande et nous devons lui obéir…

Source : France Info.

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With global warming and the subsequent rise in the level of the oceans, the French coast is increasingly exposed to the constant pounding of the waves, especially during storms with tides of high coefficients. Today, many municipalities on the Atlantic coast are worried when they see their shoreline eaten away by the ocean and afraid of seeing homes disappear into the sea
The problem is particularly visible in Lacanau, a surfer’s paradise, but a fragile paradise threatened by erosion. According to forecasts, the coast could retreat by 65 metres by 2040 and 165 metres by 2100. The major storms of 2013-2014 caused great damage and it was necessary to reinforce the riprap of the beach. This protection amounts to putting a plaster on a wooden leg because we know that the ocean has the potential to destroy this work in less time than it takes to build it.
By 2050, the municipality of Lacanau is considering two solutions. The first would be to build a huge dyke, an expensive work that will need to be maintained. The other, much more radical project would be to destroy part of the waterfront and rebuild it on the land. This would involve 1200 homes and a hundred shops. These are fine words, but it will be necessary to find the money to finance such a project and the French law does not foresee anything in the context of a relocation on a large scale because of climate change. Personally, I would not be surprised to see one day a paying access to Lacanau to help finance the reconstruction, in the same way that we have to pay to drive on the bridge of the Ile de Ré. ..
A few days ago, contemplating the majesty and power of the waves of the Atlantic near Lacanau, I told myself that our coasts have much to worry about. At the seaside as on the volcanoes, Nature has all the powers and we must obey …
Source: France Info.

La plage de Lacanau-Océan après la tempête de 2013-2014 (Crédit photo: Wikipedia)

Une côte où les dunes subissent les assauts de l’océan (Photo: C. Grandpey)