Catastrophes glaciaires // Glacial disasters

Le réchauffement climatique augmente le risque d’effondrements catastrophiques de glaciers. L’eau de fonte générée par des étés plus chauds constitue une réelle menace. Un exemple de ce phénomène est survenu en 2013 avec l’effondrement soudain d’un pan de 500 mètres de long sur le glacier de Flat Creek en Alaska. Les blocs de glace sont tombés en cascade dans une vallée heureusement déserte dans le Parc National de Wrangell-St Elias. Les sercices du Parc font remarquer qu’un événement semblable s’est produit au même endroit deux ans plus tard.
Personne n’a été blessé au cours de ces effondrements glaciaires en Alaska, mais des événements semblables ont été observés dans des régions moins isolées au cours des deux dernières décennies, avec des morts à la clé. Quelque 140 personnes ont été tuées et un village entier a été englouti en 2002 lorsque des masses de glace se sont détachées du glacier Kolka  dans la région d’Ossétie du Nord (Russie). En juillet 2016, un amas de glace et de roches s’est détaché du glacier Aru et a parcouru une vallée étroite du Tibet, tuant neuf bergers et des centaines de moutons et de yaks.
Une étude publiée par les chercheurs du l’Université de Colorado à Boulder dans la revue Geology a révélé que les deux effondrements glaciaires en Alaska se sont produits au plus fort de la saison de fonte estivale. Cela laisse penser que ces événements hautement destructeurs pourraient se produire plus fréquemment avec le réchauffement climatique.
Un projet de recherche a été lancé pour étudier ce qui s’est passé à Flat Creek. Pour ce faire, les scientifiques ont utilisé différents outils comme l’imagerie satellite, les mesures sur le terrain, les modèles numériques de variations de niveau et la modélisation des eaux de fonte. Les images satellitaires haute résolution collectées il y a dix ans montrent qu’un gonflement anormal de 70 mètres de hauteur était présent sur la langue du glacier avant le premier effondrement de 2013. La partie inférieure de la langue glaciaire était très mince et collée par le gel sur le soubassement du glacier. Cette langue gelée a probablement bloqué la glace en provenance de la partie supérieure du glacier, ce qui a provoqué le gonflement. Cela a également ralenti l’évacuation de l’eau de fonte qui s’est accumulée sous le glacier. L’augmentation de pression de cette eau accumulée sous le glacier a provoqué la rupture soudaine de la langue, avec deux très importantes masses de matériaux qui ont recouvert chacune environ trois kilomètres carrés de forêts vieilles de 400 ans.
La ressemblance entre les effondrements glaciaires en Alaska et au Tibet montre qu’ils sint dus une cause commune. D’autres effondrements ont été observés ailleurs dans le monde. Cela montre bien que de telles phénomènes pourraient se produire de plus en plus fréquemment à cause du réchauffement climatique.
Source: The Independent.

En France, au-dessus de Saint-Gervais (Haute-Savoie), le glacier de Tête Rousse fait partie de ces glaciers dont le comportement peut être catastrophique. En 2010, on a découvert une énorme poche d’eau sous la glace, à 3200 mètres d’altitude. Les autorités ont alors décidé de mettre en place une spectaculaire opération de pompage pour éviter une catastrophe. Tout le monde avait en tête le drame du 12 juillet 1892 quand la rupture d’une poche glaciaire avait entraîné une gigantesque vague de 300 000 mètres cubes qui avait enseveli les thermes de Saint-Gervais et fait au moins 175 victimes.

Depuis 2010, le glacier de Tête Rousse est placé sous haute surveillance. Avec le réchauffement climatique, on sait que la fonte de la glace s’est accélérée. On a récemment décelé la présence de deux nouvelles poches d’eau, à une profondeur plus grande que prévu. L’une aurait un volume de 20 à 25 000 mètres cubes, l’autre de près de 15 000, soit un volume total d’environ 40 000 mètres cubes.. C’est moins que les 65 000 mètres cubes de 2010, mais c’est suffisant pour que la menace soit prise très au sérieux. Le maire de St Gervais estime aujourd’hui que 2300 personnes pourraient mourir en cas de nouvelle déferlante provoquée par la vidange brutale de la poche d’eau glaciaire. En 2010, grâce aux opérations de pompage,, le volume d’eau présent dans la cavité avait été ramené à 10.000 m3. Aujourd’hui, de nouvelles mesures sont en train d’être prises pour éviter que l’eau continue de s’accumuler.

Si la fonte et le recul des glaciers vous intéressent, je vous conseille fortement de regarder l’émission très pédagogique de C’est pas sorcier réalisée en 2006 et consacrée à ce sujet. Jamy Gourmaud et Frédéric Courant y expliquent parfaitement cette libération de poches d’eau sous-glaciaires.

https://www.youtube.com/watch?v=7Oymnk-hPk0

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With global warming, there is an increasing the risk of catastrophic glacier detachments. Meltwater generated by warmer summers is posing a new threat. An example of this pnenomenon is the 500-metre-long slab of the Flat Creek glacier (Alaska) broke off suddenly in August 2013 and cascaded down a mountain valley in the remote Wrangell-St. Elias National Park and Preserve. A similar event was documented at the same location two years later by the National Park Service.

No one was hurt in either of the ice surges in Alaska, but similar glacier detachments in less remote areas in the last two decades have been deadly. Some 140 people were killed when masses of ice broke loose from the Kolka glacier and buried an entire village in Russia’s North Ossetia region in 2002. In July 2016, a wall of ice and rocks from the Aru glacier gushed down a narrow valley in Tibet, killing nine herders and hundreds of sheep and yaks.

A study published by the Colorado Boulder researchers in the journal Geology found both Alaskan detachments occurred at the height of the summer melt seasons and suggests these highly destructive events could occur more frequently with global warming.

A research project was launched to investigate what had happened at Flat Creek. Scientists used a variety of tools, including satellite imagery, field measurements, digital elevation models, and meltwater modelling, to piece together what happened. Ten-year-old, high-resolution satellite images showed that an unusual, 70-metre-high ice bulge existed on the glacier’s tongue prior to the first detachment in 2013. The lowermost part of the glacier tongue was very thin, stagnant, and firmly frozen to the glacier bed. This frozen tongue probably blocked ice flowing down from higher on the glacier, forcing it to bulge; it also slowed meltwater drainage, allowing the water to pool under the glacier. The resulting increase in water pressure under the glacier eventually caused the tongue to suddenly detach, resulting in two mass flows so large that they each buried about three square kilometres of 400-year-old forest.

The similarity of the glacier detachments in Alaska and Tibet suggest they shared a common cause. Other detachments elsewhere in the world have also been discovered, suggesting that large-scale glacier detachments may be exacerbated by global warming.

Source: The Independent.

In France, above Saint-Gervais (Haute-Savoie), the Tête Rousse glacier is one of this type of glacier. In 2010, a huge pocket of water was discovered under the ice, at an altitude of 3,200 meters. The authorities then decided to set up a spectacular pumping operation to avoid a disaster. Everyone had in mind the drama of July 12, 1892 when the rupture of a glacial pocket had led to a gigantic wave of 300,000 cubic meters which had buried the thermal baths of Saint-Gervais and claimed at least 175 victims.
Since 2010, the Tête Rousse glacier has been under close surveillance. With global warming, we know that the melting of the ice has accelerated. Two new pockets of water have recently been detected at a depth greater than expected. One would have a volume of 20 to 25,000 cubic meters, the other nearly 15,000, for a total volume of around 40,000 cubic meters. This is less than the 65,000 cubic meters of 2010, but it is enough for the threat to be taken very seriously. The mayor of St Gervais estimates today that 2300 people could die in the event of a new wave caused by the brutal emptying of the ice pack. In 2010, thanks to pumping operations, the volume of water present in the cavity was reduced to 10,000 m3. Today, new measures must be taken to prevent water from continuing to accumulate.

Schéma  expliquant le processus de la catastrophe du 12 juillet 1892 à Saint Gervais (Source : Joseph Vallot).

Vues du front du glacier d’Argentière en 2018, à comparer avec les imagess proposées par C’est pas sorcier en 2006. (Photos : C. Grandpey)

L’effondrement des Alpes // The collapse of the Alps

J’ai déjà rédigé plusieurs notes à propos des effondrements que l’on observe depuis plusieurs années dans les Alpes. A la différence de certains journalistes climato-sceptiques, je n’hésiterai pas une seconde à montrer du doigt le responsable de ces événements : le réchauffement climatique dont est victime notre planète. Les deux épisodes caniculaires qui se sont enchaînés depuis la fin du mois de juin ont eu un effet dévastateur.

J’ai expliqué pourquoi ces effondrements se produisent. Avec la hausse des températures, le permafrost de roche qui sert de ciment et assure la stabilité des parois est en train de fondre à une vitesse incroyable de sorte que des pans entiers de montagne s’effondrent dans les vallées avec parfois des conséquences dramatiques. Facteur aggravant, les fortes chaleurs sont arrivées très tôt en 2019. Fin juin, on a relevé une température de 6,9°C 50 mètres en dessous du sommet du mont Blanc. Du jamais vu. Un record absolu.
Dans le massif du Mont-Blanc, près de 70 éboulements ont été recensés jusqu’à présent sur l’année 2019. Ils font suite à ceux observée en 2018, comme l’effondrement d’une section de l’Arête des Cosmiques le 22 août 2018, pas très loin de l’Aiguille du Midi. Que ce soit au Mont Maudit, sous l’Aiguille des Deux Aigles, ou à la Tour Ronde, les éboulements s’enchaînent à un rythme effréné. Il est évident que les alpinistes doivent redoubler de prudence et être très vigilants pendant leurs courses
Il ne faudrait pas oublier, non plus, que ces matériaux qui s’accumulent au pied des parois sont particulièrement instables et risquent d’être emportés vers l’aval à l’occasion de très fortes intempéries. Le village de Chamoson dans le Valais suisse en sait quelque chose. En l’espace d’une année, une lave torrentielle a déferlé à deux reprises sur la commune. Le 7 août 2018, le torrent Saint-André a craché 20 000 mètres cubes de boue et causé près de 500 000 francs de dégâts. Les experts évoquaient alors une crue centennale. Le problème, c’est que le 11 août 2019 une lava torrentielle identique s’est engouffrée dans le lit de la Losentze. Elle a coûté la vie à un Genevois de 37 ans et une fillette de 6 ans.

Habituellement, le mois d’août est la période où les éboulements sont les plus fréquents au Mont-Blanc en raison de la chaleur qui s’installe, mais ce qui est prévu pour les années à venir aura une autre ampleur. On s’attend à des chutes de plusieurs centaines ou milliers de mètres cubes en automne et en hiver à cause des conditions climatiques actuelles.

Même si les éboulements sont moins violents habituellement au cœur de l’été, ils ont déjà causé la mort de deux alpinistes suisses le 22 juillet 2019.Un guide et son client ont été emportés par un éboulement à 4.300 mètres d’altitude sur le Cervin en Suisse.
D’autres témoignages d’alpinistes dans les Alpes font froid dans le dos. Il est fait état d’une chute de pierres subite depuis la célèbre arête de Kuffner, dans le secteur du Cirque Maudit. D’énormes éboulements se sont également produits sur la face Nord de la Tour Ronde et sur de nombreux couloirs du Mont-Blanc du Tacul, de jour comme de nuit. Des éboulements s’étaient déjà enchaînés lors de la canicule de 2003, mais rien de comparable à cette année.
La température des glaces augmente de 0,1°C par an dans le massif du Mont-Blanc, soit plus rapidement que la température de l’air. Les montagnes vont donc dégeler progressivement dans les Alpes. Les premiers concernés, les guides de haute montagne, voient déjà les changements qui s’opèrent d’année en année. Beaucoup pensent que la pratique du métier doit changer pour s’adapter aux mutations de la montagne. Comme je l’ai déjà indiqué,  parmi « Les Cent plus belles courses » recensées dans les années 1970 par Gaston Rebuffat dans le massif du Mont-Blanc, la plupart n’ont plus leur visage d’antan : 93 sont affectées par les effets du changement climatique, dont 26 très affectées, et trois d’entre elles n’existent plus.

Source : France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Le Nouvelliste.

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 I have already written several posts about the collapse that has been observed for several years in the Alps. Unlike some climate-skeptical journalists, I will not hesitate one second to point the finger at the culprit of these events: the global warming of our planet. The two heat waves that have been observed since the end of June have had a devastating effect.
I explained oreviously why these collapses occur. With rising temperatures, the rock permafrost that serves as a cement and ensures the stability of the walls is melting at an incredible speed so that whole sections of mountains collapse in the valleys with sometimes dramatic consequences. As an aggravating factor, the hot weather arrived very early in 2019. At the end of June, a temperature of 6.9°C was recorded 50 metres below the summit of Mont Blanc. Never seen before. An absolute record.
In the Mont-Blanc massif, nearly 70 landslides have been recorded so far in 2019. They follow those observed in 2018, as the collapse of a section of L’Arête des Cosmiques on 22 August 2018, not far from the Aiguille du Midi. Whether at Mont Maudit, under the Aiguille des Deux Aigles, or at the Tour Ronde, landslides are occurring at a frantic pace. Mountaineers must be extra careful during their races
It should not be forgotten, either, that these materials that accumulate at the foot of the walls are particularly unstable and may be carried downstream during very severe weather. The village of Chamoson in the Swiss Valais has been confronted with such events. In the space of a year, a torrential lava has swept twice on the municipality. On August 7th, 2018, the Saint-André stream poured 20,000 cubic metres of mud and caused nearly 500,000 francs in damages. The experts then evoked a centennial flood. The problem is that on August 11th, 2019 an identical torrential lava rushed into the bed of the Losentze River. It cost the life of a 37-year-old Genevois and a 6-year-old girl.
Usually, the month of August is the time when landslides are the most frequent in Mont Blanc due to the heat that settles, but what is planned for the coming years will have another magnitude. Collapses of several hundred or thousands of cubic metres are expected in autumn and winter due to current weather conditions.
Although the landslides are less violent usually in the heart of summer, they have already caused the death of two Swiss mountaineers on July 22nd, 2019. A guide and his client were swept away by a landslide at 4.300 metres above sea level on the Matterhorn in Switzerland.
Other alpinists’ testimonies in the Alps are cold in the back. There is a report of a sudden rock fall from the famous Kuffner Ridge in the Cirque Maudit area. Huge landslides also occurred on the north face of the Tour Ronde and on many corridors of the Mont-Blanc du Tacul, day and night. Rockfalls had already been observed during the heat wave of 2003, but nothing comparable to this year.
The temperature of the ice increases by 0.1°C per year in the Mont-Blanc massif, faster than the temperature of the air. The mountains will gradually thaw in the Alps. The first concerned, the high mountain guides, already see the changes that occur from year to year. Many believe that the practice of the profession must change to adapt to the changes in the mountain. As I have already mentioned, among « The hundred most beautiful races » recorded in the 1970s by Gaston Rebuffat in the Mont-Blanc massif, most are different from the old days: 93 are affected by the effects climate change, of which 26 are highly affected, and three of them no longer exist.
Source: France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Le Nouvelliste.

Alpes: Les glaciers fondent, les montagnes s’écroulent (Photo: C. Grandpey)

Merapi (Indonésie)

Le dôme de lave du Merapi continue de croître et a atteint un volume estimé à 453 000 mètres cubes le 16 janvier 2019, avec une vitesse de croissance de 2 300 mètres cubes par jour. Il existe de nombreux effondrements qui déclenchent des chutes de blocs incandescents.
Le niveau d’alerte du Merapi est maintenu à 2, sur une échelle à quatre niveaux. Les habitants doivent éviter de mener des activités dans un rayon de trois kilomètres du sommet.
Source: Antara News.

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The lava dome of Mount Merapi keeps growing and has now reached a volume estimated at 453,000 cubic metres on January 16th, 2019, with the growth rate of 2,300 cubic metres per day. There are numerous dome collapses that trigger incandescent rockfalls.

The alert level for Mt Merapi is kept at 2, on a four-level scale. Residents should avoid conducting activities within a three-kilometre radius of the summit.

Source: Antara News.

Source: BPPTKG

Effondrements dans les Alpes // Collapses in the Alps

Les Alpes s’effondrent. Cette affirmation peut paraître exagérée, mais elle ne l’est pas tant que ça. Depuis quelques années, on observe une augmentation inquiétante des éboulements dans nos montagnes, qu’elles soient françaises, suisses ou italiennes. Les glaciers fondent à vue d’œil, mais ce sont les chutes de blocs ou de parois rocheuses entières qui inquiètent le plus les alpinistes.

Le dernier événement de la sorte a eu lieu le 22 août 2018 avec l’effondrement d’un pan entier de l’Arête des Cosmiques, à proximité de l’Aiguille du Midi.

Il ne faudrait pas oublier non plus l’énorme masse de glace qui s’est détachée du glacier de Charpoua, sur la face Sud-Est de l’Aiguille Verte, le 9 septembre 2018.

Avec la fonte de la neige et du permafrost de roche, certains itinéraires glaciaires comme le couloir du Goûter, qui permet d’accéder au Mont-Blanc, sont de moins en moins enneigés en période estivale, ce qui favorise les chutes de pierres. Les statistiques montrent que les dérochements sont responsables de 29 % des accidents, souvent mortels. .

Au cours des dernières années, l’effondrement le plus spectaculaire des Alpes françaises fut celui du pilier Bonatti en 2005. Cette paroi verticale de 1 000 mètres de hauteur était un des symboles de l’alpinisme de haute difficulté. Elle s’est effondrée en quatre fois entre le 29 et le 30 juin 2005. 292 000 m3 de roche sont tombés, soit l’équivalent de cinq fois l’Arc de Triomphe !

Plus récemment, le 24 août 2017, l’effondrement du Piz Cengalo en Suisse a provoqué la mort de huit alpinistes et randonneurs (voir ma note du 29 août 2017). Plus de trois millions de mètres cubes se sont décrochés. Quand cette masse de roche est tombée sur le glacier juste en dessous, il s’est liquéfié. Cela a provoqué une avalanche rocheuse puis une coulée de boue – aussi appelée lave torrentielle – qui a parcouru six kilomètres et a envahi le village de Bondo. Heureusement, grâce à un système d’alerte mis en place par les autorités suisses, la population a pu être évacuée à temps. Selon le service sismologique suisse, les vibrations causées par cet effondrement équivalaient à un séisme de magnitude 3.

Selon les guides de haute montagne de Chamonix, l’alpinisme tel qu’on le pratiquait il y a trente ans n’existe plus. Les courses imaginées en 1973 par Gaston Rebuffat sont devenues plus difficiles ou beaucoup plus dangereuses. Certaines sont même devenues impraticables en été car les parois ne sont plus englacées et enneigées et il n’est plus possible d’escalader le rocher mis à nu.

La situation ne semble pas en voie d’amélioration. Les températures continuent d’augmenter ; la glace et la neige désertent les sommets. De nouveaux effondrements sont donc à craindre, en espérant qu’ils n’emporteront pas avec eux les alpinistes en train d’escalader les parois.

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The Alps are collapsing. This statement may seem exaggerated, but it is not. In recent years, there has been a worrying increase in landslides in our mountains, whether French, Swiss or Italian. The glaciers are melting, but it is the rockfalls and the collapse of entire rock faces that worry mountaineers most.
The last event of this kind took place on August 22nd, 2018 with the collapse of an entire section of the Arête des Cosmiques (Cosmic Ridge), near the Aiguille du Midi.
We should not forget either the huge mass of ice that broke away from the Charpoua glacier, on the south-east face of the Aiguille Verte, on September 9th, 2018.
With the melting of snow and rock permafrost, some glacier routes such as the Couloir du Goûter, which provides access to Mont-Blanc, are becoming less snow-covered during the summer months, which favours falling rocks. Statistics show that such rockfalls are responsible for 29% of accidents, often fatal. .
In recent years, the most spectacular collapse in the French Alps was that of the Bonatti pillar in 2005. This vertical wall , 1,000 metres high, was one of the symbols of high difficulty mountaineering. It collapsed four times between 29 and 30 June 2005. 292 000 cubic metres of rock fell, the equivalent of five times the Arc de Triomphe!
More recently, on August 24th, 2017, the collapse of Piz Cengalo in Switzerland caused the death of eight mountaineers and hikers (see my note of August 29th, 2017). More than three million cubic metres were broke loose. When this mass of rock fell on the glacier just below, it liquefied. This caused a rocky avalanche and then a mudslide – also called torrential lava – which travelled six kilometres and invaded the village of Bondo. Fortunately, thanks to an alert system set up by the Swiss authorities, the population was evacuated in time. According to the Swiss Seismological Service, the vibrations caused by this collapse amounted to an earthquake of magnitude 3.
According to the mountain guides of Chamonix, mountaineering as it was practiced thirty years ago can no longer be performed. The itineraries imagined in 1973 by Gaston Rebuffat have become more difficult or much more dangerous. Some have even become impassable in summer because the walls are no longer covered with ice and snow and it is no longer possible to climb the rock which is now exposed.
The situation does not seem to be improving. Temperatures continue to rise; ice and snow desert the peaks. New collapses are therefore to be feared, hoping that they will not take with them mountaineers climbing the walls.

Glacier Blanc dans les Hautes Alpes (Photo: C. Grandpey)