L’ONU tire la sonnette d’alarme climatique // UNO sounds the alarm about the climate

Le lundi 10 septembre 2018, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a prononcé un discours particulièrement alarmiste, autour de la question climatique, de la même façon que Nicolas Hulot l’a fait devant notre Assemblée Nationale avant de démissionner. Selon M. Guterres, « nous sommes confrontés à une menace existentielle directe. Le changement climatique est la question déterminante de notre époque » Pour lui, « si nous ne changeons pas de cap d’ici 2020, nous risquons de manquer le moment où nous pouvons éviter un changement climatique incontrôlé, avec des conséquences désastreuses pour les humains et tous les systèmes naturels qui nous soutiennent. »

Le secrétaire général de l’ONU a dressé un bilan particulièrement inquiétant de l’état de la planète : « Nous connaissons des températures record dans le monde entier. Selon l’Organisation Météorologique Mondiale, 18 des années les plus chaudes depuis 1850 ont été enregistrées au cours des deux dernières décennies et 2018 s’annonce comme la quatrième plus chaude.  Les vagues de chaleur extrêmes, les incendies, les tempêtes et les inondations laissent une trace de mort et de dévastation. »

Antonio Gutteres estime encore que beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter les scientifiques et dans certaines régions, la situation ressemble aux pires scénarios imaginés par les chercheurs. Selon lui, « nous avons été prévenus. Les scientifiques nous le disent depuis des décennies, mais beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter. »  Comme le disait Nicolas Hulot à l’Assemblée, « tout le monde s’en fiche ».

Antonio Guterres donne l’exemple de la banquise arctique qui « disparaît plus vite que nous ne l’avions imaginé. » Cette année, pour la première fois, la glace de mer épaisse et permanente au nord du Groenland a commencé à se fragmenter. « Le réchauffement spectaculaire dans l’Arctique affecte les conditions météorologiques dans l’hémisphère nord »  Autre conséquence : « Les océans deviennent de plus en plus acides, et menacent les fondements des chaînes alimentaires qui soutiennent la vie. Et, sur terre, le niveau élevé de dioxyde de carbone dans l’atmosphère rend les cultures de riz moins nutritives, menaçant le bien-être et la sécurité alimentaire de milliards de personnes. »

Face à ce désastre annoncé, Antonio Guterres estime qu’il est encore possible d’agir, même si manque, selon lui, la volonté politique des dirigeants.

L’Accord de Paris, signé il y a trois ans, qui prévoit de contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels », était « vraiment le strict minimum pour éviter les pires impacts du changement climatique », mais même ces objectifs ne seront pas tenus. « Ce qui nous manque encore, même après l’Accord de Paris, c’est le leadership et l’ambition de faire ce qui est nécessaire. »

Antonio Guterres a demandé aux dirigeants et à chacun de se mobiliser. « Il est impératif que la société civile […] demande des comptes aux dirigeants. » Dans son discours, il a cité plusieurs pistes : « Nous devons arrêter la déforestation, restaurer les forêts détériorées et changer notre manière de cultiver. Il faut aussi revoir la manière de chauffer, de refroidir et d’éclairer nos bâtiments pour gaspiller moins d’énergie. »  Selon lui, l’action climatique et le progrès socio-économique se renforcent mutuellement.

Sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr !

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On Monday, September 10th, 2018, Antonio Guterres, UN Secretary-General, delivered a particularly alarmist speech about the climate issue, in the same way that Nicolas Hulot did in front of our National Assembly before resigning . According to Guterres, « we are facing a direct existential threat. Climate change is the critical issue of our times. » For him, »if we do not change course by 2020, we risk missing the moment when we can avoid uncontrolled climate change, with disastrous consequences for humans and all the natural systems that support us. »
The UN Secretary General made a particularly disturbing record of the state of the planet: « We are experiencing record temperatures worldwide. According to the World Meteorological Organization, 18 of the warmest years since 1850 have been recorded in the last two decades, and 2018 promises to be the fourth warmest. Extreme heat waves, wildfires, storms and floods leave a trail of death and devastation. »
He still believes that far too many leaders have refused to listen to scientists and in some areas, the situation resembles the worst scenarios imagined by researchers. In his opinion, « we have been warned. Scientists have been telling us for decades, but far too many leaders have refused to listen. As Nicolas Hulot said in front of the National Assembly, « everyone does not care ».
Antonio Guterres gave the example of the Arctic sea ice which « disappears faster than we had imagined. This year, for the first time, the thick, permanent sea ice in northern Greenland has begun to fragment. « Spectacular warming in the Arctic affects weather conditions in the northern hemisphere » Another consequence: « Oceans are becoming more and more acidic, threatening the basic elements of the food chains that support life. And, on Earth, the high level of carbon dioxide in the atmosphere makes rice crops less nutritious, threatening the well-being and food security of billions of people. »
Faced with this announced disaster, Antonio Guterres believes that it is still possible to act, even if the political will of the leaders is too often absent.
The Paris Agreement, signed three years ago, which plans to contain by 2100 global warming « well below 2°C compared to pre-industrial levels, » was « really the bare minimum to avoid the worst impacts of climate change, « but even these goals will not be met. What we still lack, even after the Paris Agreement, is leadership and the ambition to do what is needed. »
Antonio Guterres asked leaders and everyone to mobilize. « It is imperative that civil society […] hold leaders accountable. In his speech, he made several suggestionss: « We must stop deforestation, restore degraded forests and change the way we cultivate. We also need to review how to heat, cool and light our buildings to waste less energy. In his opinion, climate action and socio-economic progress are mutually reinforcing.
Will he be heard? Nothing is less sure !

La fonte des glaciers et de la banquise menace notre planète (Photo: C. Grandpey)

Eruptions volcaniques majeures et manipulation climatique // Major volcanic eruptions and geo-engineering

En 1991, le Mont Pinatubo a connu une éruption majeure aux Philippines. Il a vomi quatre kilomètres cubes de roches et de cendre et envoyé 20 millions de tonnes de dioxyde de soufre dans l’atmosphère. Le gaz s’est répandu à la surface de la Terre et, mélangé à la vapeur d’eau, il a formé des aérosols qui ont réfléchi la lumière du soleil. Il s’en est suivi une baisse globale des températures d’environ 0,5 ° C pendant plusieurs années.
L’impact climatique d’une éruption du Pinatubo est la réplique naturelle d’une idée qui a germé dans le cerveau des scientifiques il y a plusieurs années: la géo-ingénierie. Cela revient à manipuler l’atmosphère pour refroidir la planète. Vous trouverez sur ce blog deux articles à ce sujet publiés les 15 janvier et 24 novembre 2017.
Une technique de géo-ingénierie consisterait à pulvériser des produits chimiques dans la stratosphère comme le fait un volcan pendant une éruption majeure. En étudiant la prochaine grande éruption volcanique, les scientifiques pourraient savoir si une telle technique, connue sous le nom de gestion du rayonnement solaire – Solar Radiation Management ou MSR – serait vraiment efficace.
L’étude d’une éruption de type Pinatubo impliquerait l’utilisation de ballons à haute altitude et d’autres méthodes pour recueillir des données sur l’événement le plus tôt possible après son début et pendant plusieurs années après. L’idée a connu un regain d’intérêt ces dernières semaines avec l’éruption du Mont Agung en Indonésie. La dernière éruption majeure de ce volcan a eu lieu en 1963, et si un événement identique devait avoir lieu aujourd’hui, il pourrait envoyer assez de SO2 dans l’atmosphère pour produire un effet de refroidissement mesurable. Une éruption majeure pourrait affecter temporairement la couche d’ozone, phénomène que les scientifiques étudieraient également.
Si l’on considère l’Indice d’Explosivité Volcanique (VEI), l’éruption de l’Agung en 1963 a été classée au niveau 5, comme celle du Pinatubo en 1991. Toutefois, l’Indice n’est pas nécessairement corrélé à l’impact sur le climat. Ainsi, l’éruption du Mont St. Helens en 1980 avait un VEI identique mais elle a eu peu d’effet de refroidissement car la plus grande partie des cendres et des gaz a été expulsée latéralement et non verticalement.
Les chercheurs de la NASA élaborent une stratégie pour étudier une éruption de type Pinatubo. Il serait particulièrement intéressant de mesurer la quantité de SO2 émise dans les premières semaines, avant que le gaz se mélange à la vapeur d’eau pour former les aérosols réfléchissants. Il serait également important de surveiller ces aérosols au fil du temps, d’observer leur volume et comment ils se dispersent. De volumineux aérosols auraient tendance à se disperser plus tôt dans l’atmosphère, ce qui réduirait l’effet de refroidissement.
Certains satellites peuvent surveiller les éruptions volcaniques, mais les ballons constitueraient une composante importante dans tout programme d’intervention rapide. Les ballons sont relativement peu coûteux et peuvent être lancés à partir de divers endroits. Il serait important de les faire voler à la même latitude que le volcan en éruption, car le panache de gaz a tendance à se propager d’est en ouest. À plus long terme, un programme de surveillance sérieux nécessiterait des avions de la NASA et d’autres agences. Cela impliquerait probablement de retirer ces avions d’autres projets de recherche.
La géo-ingénierie traîne depuis pas mal de temps une mauvaise réputation dans la communauté scientifique. Elle est considérée comme un dernier recours risqué pour résoudre les problèmes climatiques qui seraient mieux traités en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.  Cependant, au cours des dernières années, certains scientifiques et décideurs ont commencé à plaider en faveur de recherches limitées sur les concepts de géo-ingénierie pour mieux comprendre leur potentiel et leurs risques, et être mieux préparés si le réchauffement climatique atteignait un niveau tel qu’il faille intervenir en urgence.
Les scientifiques ne savent pas prévoir les éruptions volcaniques. Même si le Mont Agung est surveillé de près depuis sa reprise d’activité, on ne peut pas dire avec certitude s’il connaîtra une éruption majeure. Et même si le volcan devait connaître un tel événement, rien ne prouve que l’éruption serait suffisamment puissante pour envoyer des quantités significatives de gaz et de cendre dans l’atmosphère. De même, l’éruption actuelle du Mayon aux Philippines ne devrait pas avoir d’impact sur le climat.
Source: The New York Times.

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In 1991, Mt Pinatubo went through a major eruption in the Philippines. It spewed four cubic kilometres of rock and ash and 20 million tons of sulphur dioxide into the atmosphere. The gas spread around the world and combined with water vapour to make aerosols that reflected some sunlight away from the Earth. As a result, average global temperatures dropped by about 0.5°C for several years.

The climate impact of a Pinatubo-size eruption is also a natural analog of an idea that has existed for years: geoengineering, or intervening in the atmosphere to deliberately cool the planet. I wrote articles on this topic on January 15th and November 24th 2017.

One geoengineering approach would use high-flying jets to spray similar chemicals in the stratosphere. So by studying the next big volcanic eruption, scientists would also gain insights into how such a scheme, known as solar radiation management, or S.R.M., might work.

The study of a Pinatubo-like eruption would involve high-altitude balloon flights and other methods to gather data about the event as soon as possible after it begins and for several years afterward. The idea has gained some urgency in recent weeks with the eruption of Mount Agung in Indonesia. The volcano’s last major eruption occurred in 1963, and should it fully blow with similar fury it could send enough SO2 high enough into the atmosphere to have a measurable cooling effect. A huge eruption could also temporarily damage the ozone layer, which scientists would also study.

Considering the Volcanic Explosivity Index (VEI), Agung’s 1963 eruption was rated 5 on the scale, as was Pinatubo’s in 1991. But the index does not necessarily correlate to impact on climate: The eruption of Mount St. Helens in Washington in 1980 was of similar explosiveness but had little cooling effect because most of the ash and gas was expelled laterally rather than upward.

NASA researchers are mapping out a plan to monitor a Pinatubo-like event. Of particular interest would be to measure the amount of SO2 in the first few weeks, before the gas combines with water vapour to make the reflective aerosols. It would also be important to monitor the aerosols over time, to see how big they get and how they eventually break down. Bigger aerosols would fall out of the atmosphere sooner, lessening the cooling impact.

Some environmental satellites can monitor volcanic eruptions, but balloon flights would be an important component of any rapid-response program. Balloons are relatively low cost and can be launched from various locations. It would be important to fly them near the same latitude as the erupting volcano, because the gas plume tends to spread east-west first. Over the longer term, a robust monitoring program would need aircraft from NASA and other agencies. That would most likely involve diverting aircraft time from other research projects.

Geoengineering has long had an outlaw image among much of the scientific community, viewed as risky last-resort measures to solve climate problems that would be better dealt with by cutting greenhouse gas emissions. However, in the past few years, some scientists and policymakers have begun to argue for limited direct research into geoengineering concepts to better understand their potential as well as risks, and be better prepared should global warming reach a point where some kind of emergency action were deemed necessary.

Scientists cannot predict precisely when a volcano will blow. Even though Mount Agung is being closely monitored since coming back to life, scientists cannot say for certain when or if it will fully erupt. And even if Agung were to erupt soon, there is no guarantee it would be explosive enough to send significant amounts of gas and ash high enough into the atmosphere to be worth monitoring. Similarly, the current eruption of Mayon in the Philippines is not expected to have any climate impact.

Source : The New York Times.

Panache éruptif du Pinatubo en 1991 (Crédit photo: Wikipedia)

Climat: Une bataille de chiffres stérile // Global climate: A useless war of figures

Dans une note publiée le 18 janvier 2018, j’indiquais que – selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) – 2017 a été la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, juste après 2016. Ce fut aussi l’année la plus chaude sans l’influence d’El Niño. Ces faits viennent d’être confirmés par la NASA, alors que la NOAA prétend que 2017 arrive en troisième position. Toutefois, toutes les agences s’accordent pour dire que 2017 a été l’année la plus chaude sans l’influence d’El Niño. À titre de comparaison, 1998 a été une année record car elle coïncidait avec un très fort épisode El Niño, mais la température de 2017 dépasse maintenant allègrement les relevés de 1998.
La différence entre les deux agences gouvernementales américaines vient du fait qu’elles utilisent des méthodologies différentes pour calculer les températures globales. Cependant, quel que soit le type de mesures, les quatre dernières années constituent la période la plus chaude de leurs archives qui remontent à 138 années en arrière.
Selon la NOAA, 2017 a connu une température moyenne supérieure de 0,55 degrés Celsius à celle observée au 20ème siècle. Selon l’Institut Goddard pour les études spatiales de la NASA, 2017 a également été supérieure de 1,12 degrés Celsius aux températures de la fin du 19ème siècle. C’est la troisième fois de suite dans les archives de la NASA que les températures dépassent d’au moins un degré Celsius les températures à la fin du 19ème siècle.
Les climatologues de la NASA et de la NOAA s’accordent pour dire que la température record enregistré à nouveau en 2017 devrait attirer l’attention des chefs de gouvernements, y compris le président Trump, sur l’ampleur et l’urgence des risques que le changement climatique fait peser sur les populations du monde entier. La NASA et la NOAA, qui tiennent toutes deux des relevés indépendants de la température de la Terre, ont adopté ces dernières années une pratique consistant à annoncer conjointement leurs chiffres, même s’ils peuvent différer.
Source: Médias américains.

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In a post released on January 18th 2018, I indicated that – according to the World Meteorological Organisation (WMO) – 2017 was the second hottest year ever recorded, just after 2016. It was also the hottest year without the influence of El Niño. These facts have just been confirmed by NASA, while NOAA reported 2017 was the third-warmest they have ever recorded. All agencies agree on the fact 2017 was the hottest year without the influence of El  Niño. As a comparison, 1998 was at the time a record year for global temperatures, as it coincided with a very strong El Nino, but 2017’s temperature now comfortably surpasses it.

The difference between the two U.S. government agencies comes from the fact that they use different methodologies to calculate global temperatures. However, by either standard, the 2017 results make the past four years the hottest period in their 138-year archive.

2017 achieved a temperature of 0.55 degrees Celsius above the average temperature seen in the 20th century, according to NOAA. 2017 was also 1.12 degrees Celsius above late 19th century temperatures, according to NASA’s Goddard Institute for Space Studies. It’s the third straight year in NASA’s records that temperatures have eclipsed 1 degree Celsius above temperatures in the late 19th century.

Both NASA and NOAA climatologists agree to say that the record temperature should focus the minds of world leaders, including President Trump, on the scale and urgency of the risks that people, rich and poor, face around the world from climate change. NASA and NOAA, which both keep independent records of the Earth’s temperature, have adopted a practice in recent years of jointly announcing their numbers, even though they can differ.

Source: American news media.

Source: Global-climat

2017 : année la plus chaude sans El Niño ! // 2017 : The hottest year without El Niño !

L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) vient de confirmer ce que j’écrivais officieusement le 14 janvier 2018 : Les années 2015, 2016 et 2017 ont été les plus chaudes jamais enregistrées. L’année 2016 a été la plus chaude des trois, avec une température moyenne de surface du globe qui a dépassé de 1,2°C celle de l’époque préindustrielle. 2017 arrive en deuxième position et devance légèrement 2015. La température moyenne a excédé de 1,1°C celle de l’époque préindustrielle (1880-1900).

Toutefois, l’année 2017 est l’année la plus chaude jamais observée sans le phénomène naturel El Niño dans l’Océan Pacifique qui se traduit par une hausse de la température à la surface de l’eau (sur une dizaine de mètres d’épaisseur) dans l’est de l’océan Pacifique, autour de l’équateur. El Niño contribue ainsi la hausse la moyenne mondiale des températures.

Il faut noter que 17 des 18 années les plus chaudes appartiennent au 21ème siècle, avec un rythme du réchauffement exceptionnel ces trois dernières années. Comme je l’ai fait remarquer à plusieurs reprises, c’est dans l’Arctique que la hausse de températures a été particulièrement marquée. Selon l’OMM, cela aura « des répercussions durables et de grande ampleur sur le niveau de la mer.

Source : France Info.

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The World Meteorological Organization (WMO) has just confirmed what I wrote informally on January 14th 2018 : The years 2015, 2016 and 2017 were the hottest ever recorded. The year 2016 was the warmest of the three, with an average surface temperature of the globe that exceeded by 1.2°C that of the pre-industrial era. 2017 arrives second, slightly before 2015. The average temperature exceeded by 1.1°C that of the pre-industrial era (1880-1900).
However, the year 2017 is the hottest year ever observed without the El Niño natural phenomenon in the Pacific Ocean which results in a rise in the temperature at the surface of the water (about ten metres deep) in the eastern Pacific Ocean, around the equator. El Niño contributes to pushing up the global average temperatures.
It should be noted that 17 out of the 18 hottest years belong to the 21st century, with an exceptional rate of warming over the past three years. As I have pointed out on a number of occasions, the rise in temperatures in the Arctic has been particularly dramatic. According to WMO, this will have « long-lasting and far-reaching impacts on the sea level. »
Source: France Info.

Source: NCEP-NCAR