Réchauffement climatique : l’Indonésie pollue et l’ONU se désole // Global warming : Indonesia is polluting and the UN is dismayed

Concentrations de CO2 : 426,52 ppm (23 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

Les médias adorent parler des émissions de gaz à effet de serre, alors que ce sont les concentrations de ces gaz dans l’atmosphère qui conditionnent le réchauffement de notre planète. S’agissant des émissions, les journalistes doivent se régaler en observant la situation actuelle en Indonésie où les incendies de forêts prennent une ampleur inquiétante. Depuis janvier 2026, près de deux millions d’hectares sont partis en fumée. Le 20 octobre 2026, un épais brouillard toxique recouvrait l’île de Bornéo avec peu de visibilité à l’extérieur et un quotidien de plus en plus compliqué pour les habitants. La fumée gagne les pays voisins. Elle s’étend jusqu’à Singapour et même en Malaisie. À Kuala Lumpur, les célèbres Tours Petronas ont presque disparu du paysage.

Les experts estiment qu’il faudra attendre la mi-novembre et la période de la mousson pour voir le brouillard se dissiper.

Source : presse indonésienne

Dans un tel contexte, ce n’est pas demain que l’atmosphère terrestre retrouvera un semblant d’équilibre. Selon Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, les engagements mondiaux pour limiter le réchauffement climatique restent largement insuffisants et placent le monde sur une trajectoire de réchauffement de 2,6°C d’ici à 2100. La limite de 1,5°C », objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris, lors de la COP21 de 2015, n’est plus à l’ordre du jour. À titre personnel, je me pose des questions sur l’utilité des COP dont les décisions non contraignantes ne servent strictement à rien, alors que l’organisation de ces événements coûte un argent fou qui pourrait être utilisé ailleurs.

Selon le rapport annuel du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) , même si les nations honorent leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les températures mondiales seront supérieures de 2,6°C aux niveaux préindustriels à la fin du siècle. Ces projections sont plus sombres que celles de 2025, notamment en raison du retrait des États-Unis, deuxième plus grand pollueur mondial, de l’Accord de Paris. En se retirant de l’accord de Paris et en abandonnant tout objectif d’atteindre la neutralité carbone, les États-Unis du président Trump seront à eux seuls responsables, d’ici la fin du siècle, d’une hausse de la température moyenne mondiale d’environ  0,1°C. Parmi les six plus grands émetteurs de gaz à effet de serre, les données préliminaires pour 2025 montrent une hausse des émissions aux États-Unis, en Indonésie et en Chine, et une baisse en Inde, en Russie et dans l’Union européenne.

Sur la seule base des politiques actuelles, le réchauffement mondial pourrait même atteindre 2,8°C d’ici 2100, soit le double de son niveau actuel, alors que le monde subit déjà nombre de phénomènes climatiques extrêmes comme ceux qui ont frappé l’Europe au cours de l’été 2026.

Les émissions de gaz à effet de serre, liées à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, restent « à des niveaux records » en 2025 selon le rapport de l’ONU qui ajoute que les plans climatiques nationaux et les politiques actuelles sont « dangereusement insuffisants ». On verra ce qu’en pensent les participants à la COP31 qui se déroulera en Turquie au mois de novembre, mais je ne me fais guère d’illusions sur les résultats de cette énième réunion.

Source : Presse internationale et ONU.

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The media loves to talk about greenhouse gas emissions, even though it is the concentration of these gases in the atmosphere that determines the warming of our planet. As far as emissions are concerned, the current situation in Indonesia—where forest fires are reaching alarming proportions—must be a major focus for the media. Since January 2026, nearly two million hectares have gone up in smoke. On October 20, 2026, a thick, toxic haze blanketed the island of Borneo, severely limiting visibility and making daily life increasingly difficult for the local inhabitants. The smoke is spreading to neighboring countries, reaching as far as Singapore and Malaysia. In Kuala Lumpur, the iconic Petronas Towers have all but vanished from the skyline.
Experts estimate that the haze will not dissipate until mid-November, when the monsoon season arrives.

Given this context, it will be a long time before the Earth’s atmosphere returns to anything resembling a state of balance. According to UN Secretary-General Antonio Guterres, global commitments to limit climate change remain woefully inadequate, putting the world on a trajectory toward 2.6°C of warming by 2100. The 1.5°C limit—the most ambitious goal set out in the 2015 Paris Agreement (COP21)—is effectively off the table. Personally, I question the value of these COP summits; their decisions are non-binding and ultimately serve no purpose, yet organizing them costs an exorbitant amount of money that could be better spent elsewhere.
According to the annual report from the United Nations Environment Programme (UNEP), even if nations fulfill their pledges to reduce greenhouse gas emissions, global temperatures by the end of the century will still be 2.6°C higher than pre-industrial levels. These projections are bleaker than those from 2025, partly due to the withdrawal of the United States—the world’s second-largest polluter—from the Paris Agreement. By withdrawing from the Paris Agreement and abandoning any goal of achieving carbon neutrality, the United States under President Donald Trump will, by itself, be responsible for an increase in the global average temperature of approximately 0.1°C by the end of the century.Among the six largest greenhouse gas emitters, preliminary data for 2025 indicate an increase in emissions in the United States, Indonesia, and China, while showing a decline in India, Russia, and the European Union.
Based solely on current policies, global warming could even reach 2.8°C by 2100—double the current level—at a time when the world is already grappling with numerous climate-related extreme phenomena, like those that struck Europe during the summer of 2026.
Greenhouse gas emissions, linked to the burning of coal, oil, and gas, remain « at record levels » in 2025, according to a UN report, which adds that national climate plans and current policies are « dangerously inadequate. » It remains to be seen what the participants at COP31—taking place in Turkey this November—will think, but I have few illusions about the outcome of this latest in a long series of such meetings.
Source: International press and the UN.

L’accélération des catastrophes naturelles // The acceleration of natural disasters

Le 6 octobre 2020, j’ai publié une note intitulée « Du jamais vu, mais que l’on reverra » ; elle faisait suite aux inondations catastrophiques dans les Alpes Maritimes. Afin d’illustrer mes propos sur la répétition des événements climatiques extrêmes, je donnais quelques exemples recensés au cours du mois de septembre à travers le monde.

Un rapport du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNSDIR) vient apporter de l’eau à mon moulin. On y apprend que le changement climatique est le principal responsable du doublement des catastrophes naturelles dans le monde depuis l’an 2000. Le nombre de catastrophes climatiques est passé de 3 656 pour la période 1980-1999 à 6 681 pour la période 2000-2019. Ces catastrophes naturelles ont tué plus de 1,2 million de personnes depuis 2000.

Les événements les plus fréquents au cours des deux dernières décennies sont les inondations et les tempêtes, et l’ONU s’inquiète de la survenue de vagues de chaleur dans la prochaine décennie.

Le coût lié à ces désastres est de près de 3 000 milliards de dollars depuis 2000. Toutefois, ce chiffre est en dessous de la réalité car un grand nombre de pays, notamment en Afrique et Asie, ne fournissent pas d’informations sur l’impact économique des catastrophes survenues ces 20 dernières années.

Source : ONU.

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On October 6th, 2020, I released a post entitled « Never seen before, but that we will see again »; it followed the catastrophic floods in the Alpes Maritimes. In order to illustrate the repetition of extreme weather events, I gave a few examples identified during the month of September around the world.
A report from the United Nations International Strategy for Disaster Reduction (UNSDIR) brings water to my mill. We learn that climate change is chiefly responsible for the doubling of natural disasters in the world since 2000. The number of climate disasters has increased from 3,656 for the period 1980-1999 to 6,681 for the period 2000-2019 . These natural disasters have killed more than 1.2 million people since 2000.
The most common events over the past two decades are floods and storms, and the UN is concerned about the occurrence of heat waves in the next decade.
The cost linked to these disasters has been close to 3 trillion dollars since 2000. However, this figure is below the reality because a large number of countries, especially in Africa and Asia, do not provide information on the economic impact of disasters over the past 20 years.
Source: UNO.

Anomalies de température annuelle globale de 1979 à 2019 d’après huit agences météorologiques (Source : NOAA)

L’ONU tire la sonnette d’alarme climatique // UNO sounds the alarm about the climate

Le lundi 10 septembre 2018, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a prononcé un discours particulièrement alarmiste, autour de la question climatique, de la même façon que Nicolas Hulot l’a fait devant notre Assemblée Nationale avant de démissionner. Selon M. Guterres, « nous sommes confrontés à une menace existentielle directe. Le changement climatique est la question déterminante de notre époque » Pour lui, « si nous ne changeons pas de cap d’ici 2020, nous risquons de manquer le moment où nous pouvons éviter un changement climatique incontrôlé, avec des conséquences désastreuses pour les humains et tous les systèmes naturels qui nous soutiennent. »

Le secrétaire général de l’ONU a dressé un bilan particulièrement inquiétant de l’état de la planète : « Nous connaissons des températures record dans le monde entier. Selon l’Organisation Météorologique Mondiale, 18 des années les plus chaudes depuis 1850 ont été enregistrées au cours des deux dernières décennies et 2018 s’annonce comme la quatrième plus chaude.  Les vagues de chaleur extrêmes, les incendies, les tempêtes et les inondations laissent une trace de mort et de dévastation. »

Antonio Gutteres estime encore que beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter les scientifiques et dans certaines régions, la situation ressemble aux pires scénarios imaginés par les chercheurs. Selon lui, « nous avons été prévenus. Les scientifiques nous le disent depuis des décennies, mais beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter. »  Comme le disait Nicolas Hulot à l’Assemblée, « tout le monde s’en fiche ».

Antonio Guterres donne l’exemple de la banquise arctique qui « disparaît plus vite que nous ne l’avions imaginé. » Cette année, pour la première fois, la glace de mer épaisse et permanente au nord du Groenland a commencé à se fragmenter. « Le réchauffement spectaculaire dans l’Arctique affecte les conditions météorologiques dans l’hémisphère nord »  Autre conséquence : « Les océans deviennent de plus en plus acides, et menacent les fondements des chaînes alimentaires qui soutiennent la vie. Et, sur terre, le niveau élevé de dioxyde de carbone dans l’atmosphère rend les cultures de riz moins nutritives, menaçant le bien-être et la sécurité alimentaire de milliards de personnes. »

Face à ce désastre annoncé, Antonio Guterres estime qu’il est encore possible d’agir, même si manque, selon lui, la volonté politique des dirigeants.

L’Accord de Paris, signé il y a trois ans, qui prévoit de contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels », était « vraiment le strict minimum pour éviter les pires impacts du changement climatique », mais même ces objectifs ne seront pas tenus. « Ce qui nous manque encore, même après l’Accord de Paris, c’est le leadership et l’ambition de faire ce qui est nécessaire. »

Antonio Guterres a demandé aux dirigeants et à chacun de se mobiliser. « Il est impératif que la société civile […] demande des comptes aux dirigeants. » Dans son discours, il a cité plusieurs pistes : « Nous devons arrêter la déforestation, restaurer les forêts détériorées et changer notre manière de cultiver. Il faut aussi revoir la manière de chauffer, de refroidir et d’éclairer nos bâtiments pour gaspiller moins d’énergie. »  Selon lui, l’action climatique et le progrès socio-économique se renforcent mutuellement.

Sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr !

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On Monday, September 10th, 2018, Antonio Guterres, UN Secretary-General, delivered a particularly alarmist speech about the climate issue, in the same way that Nicolas Hulot did in front of our National Assembly before resigning . According to Guterres, « we are facing a direct existential threat. Climate change is the critical issue of our times. » For him, »if we do not change course by 2020, we risk missing the moment when we can avoid uncontrolled climate change, with disastrous consequences for humans and all the natural systems that support us. »
The UN Secretary General made a particularly disturbing record of the state of the planet: « We are experiencing record temperatures worldwide. According to the World Meteorological Organization, 18 of the warmest years since 1850 have been recorded in the last two decades, and 2018 promises to be the fourth warmest. Extreme heat waves, wildfires, storms and floods leave a trail of death and devastation. »
He still believes that far too many leaders have refused to listen to scientists and in some areas, the situation resembles the worst scenarios imagined by researchers. In his opinion, « we have been warned. Scientists have been telling us for decades, but far too many leaders have refused to listen. As Nicolas Hulot said in front of the National Assembly, « everyone does not care ».
Antonio Guterres gave the example of the Arctic sea ice which « disappears faster than we had imagined. This year, for the first time, the thick, permanent sea ice in northern Greenland has begun to fragment. « Spectacular warming in the Arctic affects weather conditions in the northern hemisphere » Another consequence: « Oceans are becoming more and more acidic, threatening the basic elements of the food chains that support life. And, on Earth, the high level of carbon dioxide in the atmosphere makes rice crops less nutritious, threatening the well-being and food security of billions of people. »
Faced with this announced disaster, Antonio Guterres believes that it is still possible to act, even if the political will of the leaders is too often absent.
The Paris Agreement, signed three years ago, which plans to contain by 2100 global warming « well below 2°C compared to pre-industrial levels, » was « really the bare minimum to avoid the worst impacts of climate change, « but even these goals will not be met. What we still lack, even after the Paris Agreement, is leadership and the ambition to do what is needed. »
Antonio Guterres asked leaders and everyone to mobilize. « It is imperative that civil society […] hold leaders accountable. In his speech, he made several suggestionss: « We must stop deforestation, restore degraded forests and change the way we cultivate. We also need to review how to heat, cool and light our buildings to waste less energy. In his opinion, climate action and socio-economic progress are mutually reinforcing.
Will he be heard? Nothing is less sure !

La fonte des glaciers et de la banquise menace notre planète (Photo: C. Grandpey)