Un discours inquiétant // A disturbing speech

Donald Trump et Scott Pruitt ne sont pas les seuls hommes politiques au monde à refuser de reconnaître la réalité du changement climatique. L’ancien Premier Ministre australien Tony Abbott a déclaré à un auditoire britannique que la politique pour lutter contre le changement climatique est semblable au comportement des populations primitives qui tuent des chèvres pour apaiser les dieux des volcans
Selon M. Abbott, « au moins jusqu’à présent, c’est la politique pour lutter contre le changement climatique qui fait du mal ; le changement climatique en soi fait du bien, ou du moins plus de bien que de mal. Dans la plupart des pays, beaucoup plus de gens sont victimes de vagues de froid plus que de vagues de chaleur, de sorte qu’une hausse graduelle des températures de la planète, surtout si elle s’accompagne d’une plus grande prospérité et d’une plus grande capacité d’adaptation au changement, pourrait même être bénéfique. »
M. Abbott a déclaré que le gouvernement australien ne devait surtout pas adopter la Clean Energy Target (CET) avec son objectif d’énergie propre. Il a rejeté l’argument selon lequel une grande majorité de scientifiques affirment que le changement climatique ne fait aucun doute et a déclaré que «l’affirmation selon laquelle 99% des scientifiques croient» est «comme si la vérité scientifique était déterminée par des votes plutôt que par des faits». Il a de nouveau souligné son opposition aux énergies renouvelables.

L’intervention de M. Abbott met dans l’embarras le gouvernement australien qui est sur le point de  finaliser une politique énergétique cette année. L’ancien chef de la Clean Energy Finance Corporation, a rappelé le gouvernement fédéral  avait besoin de la Clean Energy Target (CET) et son objectif d’énergie propre. Sans cette politique, la production d’électricité serait moins fiable parce que les anciennes centrales alimentées au charbon seraient utilisées plus longtemps et deviendraient inutilisables en raison de leur âge. Les vieilles centrales continueraient probablement à fonctionner et il pourrait y avoir un hiatus avec l’arrivée de l’énergie renouvelable. Dans ce cas, les vieilles centrales âgées de 50 ans tomberaient soudainement en panne et provoqueraient des pénuries massives d’électricité.
Source: ABC News.

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Donald Trump and Scott Pruitt are not the only politicians in the world to refuse to understand climate change. Former Australian Prime Minister Tony Abbott has told an audience in Britain that policy to deal with climate change is like primitive people killing goats to appease volcano gods

According to Mr Abbott, « at least so far it is climate change policy that is doing harm; climate change itself is probably doing good, or at least more good than harm. In most countries far more people die in cold snaps than in heatwaves, so a gradual lift in global temperatures, especially if it is accompanied by more prosperity and more capacity to adapt to change might even be beneficial. »

Mr Abbott said that the Australian government should not adopt a Clean Energy Target (CET).  He dismissed the argument that a large majority of scientists argue that the science of climate change is settled, saying « the claim that 99 per cent of scientists believe » is « as if scientific truth is determined by votes rather than facts ». He again outlined his opposition to renewable power.

Mr Abbott’s intervention further complicates the Australian government’s bid to finalise an energy policy this year. The former head of the Clean Energy Finance Corporation, warned the Federal Government it needed a CET. Without the policy, power would be less reliable because older coal-fired power stations would be kept in use longer and then fail because of their age. The old power plants will probably continue operating and there could be a hiatus in the construction of renewable energy. Then what will happen is those old 50-year power stations will suddenly fall over, they will fall over in unpredictable ways and cause massive power shortages.

Source: ABC News.

 

Arctique : La glace de mer continue à fondre trop vite // Arctic sea ice is still melting too fast!

La surface occupée par la glace de la mer dans l’Océan Arctique est encore très faible cette année, mais elle n’établit pas de nouveaux records. On aurait pu penser que l’on se dirigeait vers un nouvel accès de faiblesse en septembre, mais une vague de temps orageux et plus froid s’est installée dans la région et a changé la situation. Cela a permis de préserver la glace de mer et de ralentir sa fonte. Au final, en 2017, la glace de mer n’occupe que le huitième rang le plus bas dans les données satellitaires.
L’étendue de la glace de la mer dans l’Arctique, c’est à dire la zone où la glace de mer couvre au moins 15% de la surface de l’eau, a atteint son point le plus bas de l’année le 13 septembre 2017, avec une couverture de 4,40 millions de kilomètres carrés, selon les données du National Snow and Ice Data Centre (NSIDC). C’est 1,60 millions de kilomètres carrés en dessous du minimum annuel moyen de 1981 à 2010, mais bien au-dessus du seuil record de 3,41 millions de kilomètres carrés enregistré en 2012.
Le changement de temps mentionné plus haut temps a réduit à néant ce qui, il y a six mois, ressemblait à la configuration pour un nouveau record de manque de glace cette année. En mars, lorsque la saison de gel s’est terminée, l’étendue maximale annuelle de la glace était la plus faible depuis 1979. Selon le NSIDC, dans les mois qui ont suivi, l’étendue de glace de mer flirtait avec les niveaux les plus bas jamais enregistrés.
Les 11 niveaux annuels les plus faibles de glace de mer ont tous été observés au cours des 11 dernières années. Malgré la lenteur de la fonte cette année, il convient de noter que l’étendue actuelle de la glace reste relativement faible et qu’il n’y a pas d’évolution positive prévue sur le long terme. Au niveau régional, la fonte a été la plus marquée dans les mers des Tchouktches et de Beaufort, au large de l’Alaska. Cela devrait entraîner des températures de l’air beaucoup plus chaudes que la normale dans le secteur de North Slope.

Même si la situation n’est pas pire qu’au cours des dernières années, cela ne signifie nullement que le changement climatique et le réchauffement climatique sont terminés!

Source : Alaska Dispatch News.

Dernière minute : Selon Alaska Sea Grant (University of Alaska / NOAA), à la fin du mois de septembre la surface dépourvue de glace dans les mers de Beaufort et des Tchouktches frisait les records. Il fallait parcourir quelque 1280 km depuis Nome pour atteindre la glace de mer dans l’Arctique. Selon le National Snow and Ice Data Center, cette situation risque de perdurer en octobre et même en novembre. En conséquence, la région pourrait subir des impacts encore plus sévères des tempêtes, avec une accentuation de l’érosion côtière.

Le manque de glace de mer a été particulièrement aigu dans les mers Beaufort et des Tchouktches cet été, avec des étendues d’eau libre jamais observées dans le Beaufort depuis le début des mesures satellitaires en 1979.

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Arctic sea ice extent is still low this year but it is not breaking new records. There was good reason to think it could be headed for a record low in September, but a stormy and cool pattern set in and changed the situation. It helped preserve sea ice, slowing its melting enough to rank this year’s annual ice minimum as only the eighth lowest in the satellite record, far from the worst it has been.

Arctic sea ice extent, defined as the area where sea ice covers at least 15 percent of the water’s surface, hit the year’s low mark on September 13th 2017, covering 1.79 million square miles, the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) reported. That is 610,000 square miles below the 1981-to-2010 average annual minimum, but well above the record low of 1.32 million square miles set in 2012.

The turn in the weather cancelled what, six months ago, looked like the setup for a new record low this year. In March, when the freeze season ended, the annual maximum extent of ice was the lowest on a satellite record going back to 1979. And in the months following, sea ice extents were tracking at or near record-low levels, according to the NSIDC.

The 11 lowest annual minimum sea ice extents have all been in the past 11 years. Despite the slow melt this year, it should be noted that the current year’s ice extent is still relatively low and there is no long-term recovery. Regionally, the melt was accentuated in the Chukchi and Beaufort seas off Alaska. That is expected to lead to much warmer air temperatures than normal off the North Slope.

Even though the situation is not worse than in past years, this by no means signifies that climate change and global warming are over!

Source : Alaska Dispatch News.

Last minute: According to Alaska Sea Grant (University of Alaska / NOAA), by the end of September near-record expanses of ice-free open water existed in the Beaufort and Chukchi seas. The extent of open water from Nome to the sea ice edge in the Arctic was as much as 1,280 kilometres. According to National Snow and Ice Data Center, the open water is likely to last into October or November. The region could feel more severe impacts from fall storms and coastal erosion in the area because of the open water.

Low ice conditions have been extreme in the Beaufort and Chukchi seas this summer, with open water farther north in the Beaufort than any time in a satellite record that goes back to 1979.

Photo: C. Grandpey

Un nouvel iceberg s’est détaché de l’Antarctique // A new iceberg broke off Antarctica

Les médias ne se sont guère attardés sur l’événement, mais un impressionnant iceberg s’est détaché du Glacier de l’Ile du Pin (Pine Island Glacier) en Antarctique le samedi 23 septembre 2017.
Le National Ice Center aux États-Unis a estimé la superficie de l’iceberg à 184 kilomètres carrés, soit environ trois fois la taille de Manhattan. Il se trouve maintenant dans la Mer d’Amundsen et continuera sa course dans Pine Island Bay. L’iceberg montre des signes de fracturation, ce qui signifie que des morceaux de glace plus petits vont probablement se détacher de la masse principale. Le National Ice Center pense que l’iceberg ne devrait pas poser de problèmes aux navires dans la région.
Selon le Goddard Space Flight Center de la NASA, le vêlage de cet iceberg fait partie d’un processus naturel, mais la fréquence du phénomène est inquiétante. Des forces telles que le vent, les marées, les courants et les collisions avec d’autres icebergs peuvent faire apparaître des fractures dans la glace. Par ailleurs, l’eau plus chaude qui se déplace sous les glaciers fait que la glace s’amincit, ce qui accélère probablement la fracturation. Le fait que les vêlages soient de plus en plus fréquents n’est pas de bon augure car rien n’indique que la tendance soit en passe de s’inverser. Cela signifie que l’on va assister à d’autres pertes de glace en Antarctique et donc une probable augmentation du niveau de la mer.
Le Pine Island Glacier fait partie de l’Antarctique de l’Ouest qui perd déjà 45 milliards de tonnes de glace chaque année, phénomène qui contribue à l’élévation du niveau des océans. Le glacier est connu pour être celui qui avance le plus vite en Antarctique.

La naissance du nouvel iceberg intervient deux mois après qu’un autre morceau de glace de 5,700 kilomètres carrés se soit détaché de l’Antarctique au mois de juillet. De la taille du département français de la Lozère, l’iceberg était l’un des plus grands jamais enregistrés. En 2014, un iceberg de 660 kilomètres carrés avait également rompu ses liens avec l’Antarctique.
Source: USA Today

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The media did not talk a lot about the event, but a massive iceberg broke off Antarctica’s Pine Glacier on Saturday September 23rd 2017.

The U.S. National Ice Center measured the iceberg at 184 square kilometress, about three times the size of Manhattan. It is now in the Amundsen Sea but will eventually drift into Pine Island Bay. The iceberg shows signs of fracturing, meaning smaller pieces of ice may break off. The Ice Center said it is not expected to cause any shipping hazards.

According to NASA’s Goddard Space Flight Center, the break is part of a natural process, but the frequency of the breaks is concerning. Forces such as wind, tides, currents and even collisions with other icebergs can create rifts in the ice. Warm water moving underneath the glaciers causes the ice to thin and perhaps accelerates the rifts. The fact that the calving events have got more frequent is not a good sign, and there is no indication that the trend is reversing. The continuation means further ice losses to Antarctica and possible rising sea levels as a result.

The glacier is a part of West Antarctica that already loses 45 billion tons of ice annually, contributing to sea level rises.  Pine Island Glacier is known to be the fastest-melting glacier in Antarctica. The break comes two months after a 5,700 square-kilometre piece of ice detached from Antarctica in July. At nearly the size of Delaware, the iceberg was one of the largest ever recorded. In 2014, a 660-square-kilometre iceberg also calved from Antarctica.

Source : USA Today

 Localisation du glacier de Pine Island (Source : NOAA)

 

 

Activité éruptive et changement climatique en Antarctique // Eruptive activity and climate change in Antarctica

Les résultats d’une étude publiée au début de septembre 2017 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences apportent une nouvelle lumière sur une période de presque deux siècles d’éruptions volcaniques en Antarctique, alors que le continent connaissait une rapide déglaciation il y a environ 17 700 ans.
Les mesures chimiques effectuées sur des carottes de glace de l’Antarctique montrent que des éruptions puissantes et riches en halogènes du Mont Takahe dans l’Antarctique de l’Ouest ont coïncidé exactement avec l’apparition d’un changement climatique rapide et à grande échelle dans l’hémisphère sud à la fin de la dernière période glaciaire et le début de l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre au niveau de la planète.
Les changements climatiques qui ont débuté il y a environ 17 700 ans ont été accompagnés d’un déplacement des vents d’ouest vers le pôle avec, en parallèle, des changements dans la surface occupée par la glace de mer, la circulation océanique et la ventilation de l’océan profond. Les preuves de ces changements sont observées dans de nombreuses parties de l’hémisphère sud et dans différentes archives paléoclimatiques, mais leur cause était en grande partie inexpliquée.
On sait que les évolutions climatiques rapides qui ont eu lieu à cette époque ont été provoquées par des changements intervenus dans l’ensoleillement et sur la banquise de l’hémisphère nord. Les cycles glaciaires et interglaciaires sont influencés par les paramètres orbitaux du soleil et de la Terre qui influent sur l’ensoleillement (l’intensité des rayons du soleil) ainsi que par les changements dans les couches de glace continentale et les concentrations de gaz à effet de serre. Les scientifiques pensent que les éruptions du Mt Takahe, riches en halogènes, ont créé un trou d’ozone dans la stratosphère au-dessus de l’Antarctique, semblable au trou dans la couche d’ozone de nos jours ; elles ont par ailleurs entraîné des changements à grande échelle dans la circulation atmosphérique et l’hydroclimat dans l’hémisphère sud. Même si le système climatique était déjà programmé pour subir une évolution, ces changements ont probablement entraîné le passage d’un état climatique profondément glaciaire à un état climatique largement interglaciaire.
En outre, les retombées de ces éruptions, avec des niveaux élevés d’acide fluorhydrique et de métaux lourds toxiques, se sont propagées au moins jusqu’à 2 800 kilomètres du Mont. Takahe et ont probablement atteint le sud de l’Amérique du Sud.
Ces puissantes éruptions volcaniques en Antarctique ont été découvertes et vérifiées grâce à des carottes de glace extraites de régions comme le Groenland et l’Antarctique. L’une de ces carottes, connue sous le nom de West Antarctic Ice Sheet Divide (WAIS Divide) a été forée à une profondeur de plus de 3 400 mètres, et les analyses ont mis à jour plus de 30 éléments et espèces chimiques différents. Elles confirment que l’anomalie chimique observée dans la carotte de glace WAIS Divide résulte d’une série d’éruptions du Mont. Takahe qui se trouve à 350 kilomètres au nord.
La découverte de cet événement unique dans le WAIS Divide n’était pas la première indication d’une anomalie chimique qui a eu lieu il y a environ 17 700 ans. L’anomalie a également été détectée de manière plus limitée dans une carotte de glace prélevée  sur le glacier Byrd dans les années 1990, mais les données n’ont pas pu être interprétées clairement. La plupart des études des anciennes carottes de glace en Antarctique n’ont pas pris en compte de nombreux éléments et espèces chimiques étudiés par des chercheurs, comme les métaux lourds et les éléments rares qui caractérisent l’anomalie. Donc, à bien des égards, ces autres études sont passées à côté de l’éruption Mont Takahe.
Source: Science Daily

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New findings published early in September in the Proceedings of the National Academy of Sciences document a 192-year series of volcanic eruptions in Antarctica that coincided with accelerated deglaciation about 17,700 years ago.

Detailed chemical measurements in Antarctic ice cores show that massive, halogen-rich eruptions from the West Antarctic Mt. Takahe volcano coincided exactly with the onset of the most rapid, widespread climate change in the Southern Hemisphere during the end of the last ice age and the start of increasing global greenhouse gas concentrations.

Climate changes that began about17,700 years ago included a sudden poleward shift in westerly winds encircling Antarctica with corresponding changes in sea ice extent, ocean circulation, and ventilation of the deep ocean. Evidence of these changes is found in many parts of the Southern Hemisphere and in different paleoclimate archives, but what prompted these changes has remained largely unexplained.

It is known that rapid climate change at this time was primed by changes in solar insolation and the Northern Hemisphere ice sheets. Glacial and interglacial cycles are driven by the sun and Earth orbital parameters that impact solar insolation (intensity of the sun’s rays) as well as by changes in the continental ice sheets and greenhouse gas concentrations. Scientists postulate that these halogen-rich eruptions created a stratospheric ozone hole over Antarctica that, analogous to the modern ozone hole, led to large-scale changes in atmospheric circulation and hydroclimate throughout the Southern Hemisphere. Although the climate system already was primed for the switch, these changes probably initiated the shift from a largely glacial to a largely interglacial climate state.

Furthermore, the fallout from these eruptions, containing elevated levels of hydrofluoric acid and toxic heavy metals, extended at least 2,800 kilometres from Mt. Takahe and likely reached southern South America.

These massive Antarctic volcanic eruptions were discovered and verified thanks to ice cores extracted from remote regions of the Earth, such as Greenland and Antarctica. One such ice core, known as the West Antarctic Ice Sheet Divide (WAIS Divide) core was drilled to a depth of more than 3,400 metres, and much of it was analyzed for more than 30 different elements and chemical species. These precise, high-resolution records illustrate that the chemical anomaly observed in the WAIS Divide ice core was the result of a series of eruptions of Mt. Takahe located 350 kilometres to the north.

Discovery of this unique event in the WAIS Divide record was not the first indication of a chemical anomaly occurring about 17,700 years ago. The anomaly was detected in much more limited measurements of the Byrd ice core in the 1990s, but exactly what it was or what created it was not clear. Most previous Antarctic ice core records have not included many of the elements and chemical species that are studied by researchers, such as heavy metals and rare earth elements that characterize the anomaly. So in many ways these other studies were blind to the Mt. Takahe event.

Source: Science Daily

Vue du Mont Takahe, volcan qui culmine à 2000 mètres au-dessus de l’Ouest antarctique (Source : NASA)