Vous avez dit COP 21?

Les élections régionales ont largement occulté la COP 21 ces dernières heures. A se demander si elle existe toujours. La totalité de la presse fait ses gros titres sur des élections dont la moitié de la population se fiche éperdument vu que 50% des Français ne se sont pas déplacés pour aller voter, sans compter ceux qui ont préféré la couleur blanche de leur bulletin à celle des partis politiques. .
Il faut faire de gros efforts pour trouver un article ou une rubrique consacrée à la COP21, donc à notre environnement et à celui de nos enfants, ce qui me semble au moins aussi important que les sempiternels débats politiques qui animent les chaînes de radio et de télévision dans une indifférence qui a tendance à se généraliser. Les invités y brassent du vent sans produire la moindre énergie renouvelable.
Le site web de la radio France Info est l’un des rares à s’attarder sur la COP 21 et la rubrique d’Anne-Laure Barral n’incite pas vraiment à l’optimisme : « De nombreuses interrogations persistent ». « De nombreux points cruciaux restent encore sur la table ». « Il est difficile de prévoir les contours de l’accord de Paris ». « Finalement, la question qui se pose à Paris est la suivante : le monde est-il prêt à basculer vers la fin des énergies fossiles, alors que les scientifiques nous disent que le temps presse ? Toutes ces questions restent en suspens ».
J’ai toujours été très sceptique, voire pessimiste devant cette grand’ messe de l’environnement dont l’organisation va coûter très cher aux contribuables français pour des résultats qui seront de toute évidence très modestes. Il ne faut pas compter sur des mesures contraignantes quand on connaît les positions des grandes puissances, ne serait-ce qu’au niveau de l’Arctique. La banquise et les glaciers vont continuer à fondre. Les ours polaires et les morses peuvent se lamenter et continuer à pleurer !
J’ai toujours en tête ce vieux proverbe amérindien plein de sagesse : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »

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Banquise et ours polaires sont en grand danger (Photos: C. Grandpey)

Le Festival Photo 2015 de Montier-en-Der (Haute-Marne) : Un grand cru !

Cette année, le 19ème Festival Photo animalière et de Nature de Montier-en-Der abordait la thématique du climat, à la veille de la COP 21 qui doit se tenir à Paris au début du mois de décembre. Le parrain du Festival était James Balog, photographe de référence sur les sujets du réchauffement climatique. Parmi les autres participants à cet événement international, Rémy Marion faisait pénétrer dans les blancheurs polaires où les ours sont menacés par la fonte de la banquise, tandis qu’Olivier Grünewald remontait aux origines de notre planète avec des images de très haute volée. En provenance du Parc du Denali au cœur de l’Alaska, David Tomeo montrait les effets du réchauffement climatique dans le 49ème Etat de l’Union. De mon côté, j’avais axé mon exposition sur la fonte des glaciers d’Alaska et sur les modifications de comportement des ours suite à la hausse des températures.
En dépit des événements tragiques qui ont endeuillé la capitale quelques jours plus tôt, le Festival 2015 a connu un gros succès populaire et c’est très bien ainsi.
Félicitations aux organisateurs et aux 600 bénévoles.
Rendez-vous maintenant pour l’édition 2016 qui marquera le 20ème anniversaire de ce festival.

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Des glaciers et des ours, sans oublier les grues de la région du Der!

(Photos: C. Grandpey)

Glacier National Park (Montana): Vers la disparition des glaciers // Glaciers might soon disappear

drapeau francaisJe viens de visiter le Parc National de Glacier (PNG) qui se trouve dans le Montana, près de la frontière avec le Canada. Tout comme en Alaska ou en France, les effets du réchauffement climatique sont parfaitement visibles. Il ne fait aucun doute que le recul des glaciers est une réalité et bon nombre d’entre eux ont déjà disparu. Le recul de ces petits glaciers alpins reflète les modifications climatiques dans la mesure où ils réagissent aux variations de températures et de précipitations. On a estimé qu’il y avait environ 150 glaciers dans le PNG en 1850. La plupart d’entre eux étaient encore présents en 1910 lorsque le Parc a été créé. En 2010, les scientifiques ont constaté qu’il ne restait plus que 25 glaciers de plus de 10 hectares dans le PNG. Une modélisation informatique prévoit que certains des principaux glaciers du Parc auront disparu d’ici 2030. Si cela se confirme, tous les glaciers du Parc pourraient disparaître dans les prochaines décennies. Cette disparition pourrait même se produire plus tôt car la plupart des glaciers reculent plus rapidement que prévu. La canicule qui affecte en ce moment l’Etat du Montana n’arrangera pas les choses.
La disparition des glaciers du PNG aura des conséquences importantes sur les écosystèmes du Parc ainsi que sur la beauté de paysages très appréciés des visiteurs. Les hivers continueront à déposer de la neige sur les montagnes mais cette neige saisonnière ne fonctionne pas la même façon que la glace des glaciers car elle fond au début de la saison estivale. Les glaciers constituent une réserve d’eau stockée sous forme de glace dont la fonte régulière contribue à réguler la température des rivières et maintient leur niveau à la fin de l’été et durant les périodes de sécheresse lorsque les autres sources sont épuisées. Sans eau de fonte glaciaire, la température de l’eau en été va augmenter et provoquera probablement l’extinction locale d’espèces aquatiques sensibles à la température, ce qui perturbera  la base de la chaîne alimentaire aquatique. Ces changements subis par les cours d’eau pourraient également avoir des effets néfastes sur les espèces indigènes de truites et autres salmonidés.
Source: Glacier National Park.

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drapeau anglaisI have just visited Glacier National Park (GNP) which lies in Montana, close to the border with Canada. Just like in Alaska or in France, the effects of global climate change are strikingly clear. There is absolutely no doubt glacier recession is underway, and many glaciers have already disappeared. The retreat of these small alpine glaciers reflects climate changes as glaciers respond to altered temperature and precipitation. It has been estimated that there were approximately 150 glaciers in GNP in 1850, and most glaciers were still present in 1910 when the park was established. In 2010, scientists considered there were only 25 glaciers larger than 10 hectares remaining in GNP. A computer-based climate model predicts that some of the park’s largest glaciers will vanish by 2030. If this proves true, all the park’s glaciers could disappear in the next several decades. This disappearance may occur even earlier, as many of the glaciers are retreating faster than their predicted rates. The heatwave that currently affects Montana will not improve the situation.
The loss of glaciers in GNP will have significant consequences for park ecosystems as well as impacting landscape aesthetics valued by park visitors. While winters will still deposit snow in the mountains, this seasonal snow will not function the same as glacial ice since it melts early in the summer season. Glaciers act as a “bank” of water (stored as ice) whose continual melt helps regulate stream temperatures and maintains streamflow during late summer and drought periods when other sources are depleted. Without glacial melt water, summer water temperatures will increase and may cause the local extinction of temperature sensitive aquatic species, disrupting the basis of the aquatic food chain. Such changes in stream habitat may also have adverse effects for native species of trout and other keystone Salmonid species.
Source: Glacier National Park.

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Des glaciers en voie de disparition  (Photo:  C.  Grandpey)

Laki (Islande): Une éruption à ne pas oublier // An eruption not to be forgotten

drapeau francaisIl y a 232 ans, le 8 Juin 1783, commençait l’éruption du Laki en Islande. Au cours des huit mois qui ont suivi, quelque 14 kilomètres cubes de lave émis par 135 fissures ont recouvert une superficie estimée à 2 500 kilomètres carrés.
La lave ne fut pas la seule menace pour l’Islande. La cendre de l’éruption, poussée par le vent, a contaminé la terre et la mer. Le fluor contenu dans cette cendre a anéanti la moitié du cheptel de bovins et un quart de la population de moutons et de chevaux. Rien ne poussait dans les champs et les poissons avaient disparu en mer. La nourriture et l’eau qui n’avaient pas pu être mises à l’abri de la cendre étaient contaminées et impropres à la consommation.
Les maladies et la famine qui sévirent en 1783-1784 ont tué environ neuf mille personnes, soit un cinquième de la population islandaise.
Ce n’est pas tout. L’éruption du Laki a également eu des effets à une plus grande échelle. Dans les mois qui suivirent l’éruption, une étrange brume envahit le ciel au-dessus de l’Europe, rendant la respiration difficile. En entrant dans les hautes couches de l’atmosphère, la cendre et les gaz de l’éruption absorbèrent l’humidité et la lumière du soleil, bouleversant le climat pendant plusieurs années.
De 1783 à 1785, il y eut de terribles sécheresses, des hivers exceptionnellement froids et des inondations catastrophiques. En Europe, l’été anormalement chaud de 1783 fut suivi d’hivers longs et rigoureux. Les mauvaises récoltes de cette période ont peut-être contribué à déclencher la Révolution française de 1789.

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drapeau anglais232 years ago, June 8th 1783 was the beginning of the Laki eruption in Iceland. During the next eight months, an estimated 14 cubic kilometres of lava poured out from 135 fissures, covering an estimated 2,500 square kilometres of land.

Lava was not the only threat to Iceland. Volcanic ash from the eruption was carried away by the wind and poisoned the land and sea. A severe fluorine intoxication from the ash killed half of the Icelandic cattle population and a quarter of the sheep and horse population. Nothing would grow on the fields and no more fish could be found in the sea. If not protected from the ash, food and water became poisonous.

In the resulting plague and famine from 1783-1784, an estimated nine thousand people – one-fifth of the population of Iceland – died.

But the Laki eruption also had even more widespread effects. In the months after the eruption, a strange haze covered the sky above Europe, making breathing difficult. As the ash and gases from the eruption entered the high layers of the atmosphere, they adsorbed moisture and sunlight, changing the climate for years to come.

From 1783 to 1785, there were terrible droughts, exceptional cold winters and disastrous floods. In Europe, the exceptionally hot summer of 1783 was followed by long and harsh winters. The resulting crop failures may have triggered the French Revolution of 1789.

Laki-blog

Vue de la fracture éruptive du Laki  (Photo:  C. Grandpey)