Records de température en série // A series of temperature records

Les médias ont beaucoup parlé du 3 juillet 2023 comme étant la journée la plus chaude jamais enregistrée, avec une température globale de 17,01°C. Cependant, ils ont souvent oublié de mentionner que le record a été battu le 4 juillet et le 5 juillet avec 17,18 °C, selon les données fournies par le Climate Change Institute de l’Université du Maine. Selon les climatologues, ces températures sont « totalement inédites et terrifiantes ».
Les scientifiques pensent que les records de chaleur quotidiens devraient continuer à tomber dans les semaines à venir avec l’arrivée progressive d’El Niño dans l’océan Pacifique tropical.
La NOAA indique que les températures moyennes à l’échelle de la planète ont augmenté de 1,1 °C (2 °F) depuis la révolution industrielle, ce qui a entraîné des vagues de chaleur plus extrêmes et plus durables. Le 5 juillet 2023, 54 millions d’Américains étaient sous le coup d’une alerte canicule, principalement dans le sud, le sud-ouest et certaines parties du Midwest et du Mid-Atlantic. Des vagues de chaleur similaires se produisent dans tout l’hémisphère nord. L’une d’elles en Inde a tué au moins 44 personnes ; le Royaume-Uni a connu son mois de juin le plus chaud depuis le début des relevés en 1884, et la Chine a connu le plus grand nombre de jours à plus de 35°C sur une période de six mois dans son histoire.
Des records de température ont été établis les 3 et 4 juillet au Québec et au Pérou. Les températures inhabituellement élevées ont exacerbé les incendies de forêt au Canada, qui ont envoyé de la fumée dans le nord des États-Unis et jusqu’en Europe au cours des dernières semaines.
Néanmoins, les conditions météorologiques peuvent varier à la surface du globe. Ainsi, sur la côte californienne, le temps a été récemment « inhabituellement frais et nuageux », en raison d’une série de systèmes de basse pression qui se sont arrêtés au-dessus de l’État,
Cependant, d’autres situations sont alarmantes. Bien que ce soit l’hiver dans l’hémisphère sud, cette partie du globe a connu des températures plus élevées que la normale pour cette période de l’année et la glace de mer en Antarctique est à son niveau le plus bas (voir ma note précédente à ce sujet).
De plus, environ 40 % des océans de la planète subissent actuellement des vagues de chaleur, ce qui est, selon la NOAA, le taux le plus élevé depuis le début du suivi par satellite en 1991. L’agence prévoit que cette proportion passera à 50 % d’ici septembre 2023. Habituellement, seuls 10 % des océans connaissent des vagues de chaleur à un moment donné. Les vagues de chaleur marine peuvent tuer les poissons, blanchir les coraux et alimenter des ouragans encore plus puissants. Depuis 1901, les océans se sont réchauffés de 0,8 °C (1,5 °F).
Les climatologues affirment que la chaleur extrême que nous connaissons actuellement n’est que le début de ce qui nous attend si les émissions de gaz à effet de serre, qui résultent de la combustion de combustibles fossiles tels que le charbon, le pétrole et le gaz naturel, ne sont pas éliminées.
Source : Médias internationaux.

Confirmant ces nouveaux records de température, le mois de juin 2023 a été le plus chaud jamais enregistré, avec +0.706°C au-dessus de la moyenne 1981-2010. Le précédent record de 2019 (+0.542°C) est largement battu alors qu’El Niño émerge à peine.

De son côté, la France a connu son 2ème mois de juin le plus chaud des annales, derrière 2003.

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There awas a lot od f talk in the media about July 3rd, 2023 being the hottest day ever recorded with a global temperature of 17.01°C. However, the media often forgot to mention that the record was broken on July 4th and July 5th with 17.18°C, according to the University of Maine’s Climate Change Institute. According to climate scientists, these temperatures are “totally unprecedented and terrifying.”

Scientists say that daily heat records are likely to continue falling in the weeks ahead with the progressive arrival of El Niño in the tropical Pacific Ocean.

NOAA indicates that global average temperatures have risen 1.1°C (2°F) since the Industrial Revolution, resulting in more extreme and enduring heat waves. 54 million Americans were under heat advisories on July 5th, 2023, primarily across the South, the Southwest and parts of the Midwest and mid-Atlantic. Similar heat waves are occurring throughout the Northern Hemisphere. A heat wave in India killed at least 44 people, the United Kingdom had its hottest June since records began in 1884, and China has had the most days over 35°C in a six-month period in its recorded history.

All-time-high temperature records were set on July 3rd and 4th in Quebec and in Peru. Unusually high temperatures have exacerbated the wildfires in Canada that have sent smoke across the northern United States and as far as Europe in recent weeks.

Nonetheless, the weather will always vary. In coastal California, recent weather has been “unusually cool and cloudy,” due to a series of low-pressure systems that have been stalling over the state,

However, other temperatures are alarming. Though it is winter in the Southern Hemisphere, that portion of the globe has been experiencing higher temperatures than normal for this time of year and Antarctic sea ice is at its lowest (see my previous post about this topic).

Moreover, approximately 40% of the world’s oceans are currently experiencing heat waves, the most since satellite tracking started in 1991, according to NOAA. The agency projects that proportion to rise to 50% by September 2023. Usually, only around 10% of the oceans experience heat wave conditions at a given time. Marine heat waves can kill fish, bleach coral and fuel more powerful hurricanes. Since 1901, the oceans have warmed 0.8°C (1.5°F).

Climate scientists say the extreme heat we are experiencing is just the beginning of what is to come if greenhouse gas emissions, the result of burning fossil fuels such as coal, oil and natural gas, are not eliminated.

Source : International news media.

Confirming these new temperature records, June 2023 was the warmest month on record, at +0.706°C above the 1981-2010 average. The previous record set in 2019 (+0.542°C) was beaten by a wide margin, while El Niño is only just emerging.
France had its 2nd hottest June on record, behind 2003.

 Source : Climate Change Institute, University of Maine

Les caprices du vortex polaire (suite) // The whims of the polar vortex (continued)

Après une première quinzaine de janvier 2023 inhabituellement chaude en France, avec un manque cruel d’enneigement dans les stations de sports d’hiver, il semble que le temps se refroidisse, mais sans atteindre les basses températures auxquelles on pourrait s’attendre en cette saison.
La France n’est pas le seul pays concerné par la météo un peu folle qui prévaut actuellement. Certaines parties de l’est du Canada connaissent des températures exceptionnellement chaudes. Certaines villes canadiennes sont en train de connaître l’hiver le plus chaud de leur histoire. Toronto pourrait bien connaître son premier hiver avec une température moyenne au-dessus de zéro.
Dans le même temps, des températures extrêmement froides sont enregistrées en Sibérie avec -62,4°C à Tongulakh le 14 janvier. Il s’agit de la température la plus froide sur Terre enregistrée en 2023. C’est également la température la plus froide en Russie depuis plus d’une décennie. Par comparaison, cette température n’est qu’à 0,3°C de la température moyenne sur la planète Mars et gèlerait en quelques secondes une peau qui serait exposée à un tel froid.
Cette situation surprenante est due à la situation globale sur la planète. Une fois encore, le responsable est le vortex polaire. Le vortex présente des ondulations prononcées (voir image ci-dessous) et se brise parfois, permettant à des langues d’air froid de se déplacer vers des latitudes plus basses. Le noyau du vortex polaire séjourne actuellement sur la Russie, ce qui explique la température extrême enregistrée à Tongulakh. En revanche, cette situation envoie de l’air doux à travers le Canada.
Le jet-stream (ou courant-jet) zonal du Pacifique a maintenu ces conditions pendant une période prolongée, mais les modèles de prévisions à longue portée entrevoient des changements. Selon ces modèles, vers la fin du mois de janvier, le courant-jet tend vers un schéma amplifié. C’est le signe d’une arrivée de froid arctique plus intense vers le sud, au-dessus du Canada. Cette prévision doit, bien sûr, être confirmée.
Source : The Weather Network.

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After a first fortnight of January 2023 unusually warm in France , with a severe lack of snow in winter sport resorts, it looks as if the weather is getting colder, but noth with the low temperatures one could expect in this season.

France is not the only concerned with the current crazy weather. Parts of eastern Canada are experiencing unusually warm temperatures. Canadian cities are on pace for the warmest winter on record. Toronto could see its first winter with an average temperature above freezing.

Meantime, extremely cold temperatures are recorded in Siberia with an astonishing -62.4°C in Tongulakh on January 14th. This was Earth’s coldest temperature recorded in 2023. It was also the coldest temperature Russia has experienced in over a decade. For perspective, this temperature is a mere 0.3°C from the average temperature on Mars and would freeze exposed skin in seconds.

This surprising situation comes down to the global pattern. The polar vortex is showing pronounced ondulations (see image below) and sometimes breaks open, allowing tongues of cold air to travel to lower latitudes. The core of the polar vortex has currently taken an extended vacation in Russia, ushering in this extreme cold and sending mild air across Canada.

The recent zonal Pacific jet stream has kept these conditions in place for a prolonged period, but long-range models hint that change is coming. Closing out the month of January, the jet stream trends into an amplified pattern. This is a signal for a more active pattern and gives extreme arctic cold more opportunities to travel south over Canada.

Source : The Weather Network.

Source : The Weather Network

C’est ce qui nous attend… // This is what awaits us…

Ce qui se passe actuellement en Floride et vient de se passer en Alaska et dans l’Est du Canada avec, pour ce pays, les effets désastreux de la puissante tempête Fiona, devrait retenir notre attention car c’est ce qui se produira de plus en plus fréquemment avec l’accélération du réchauffement climatique. En effet, le réchauffement de la planète renforce l’humidité et les vents à l’intérieur de ces ouragans et les rend plus violents. Fiona s’est accompagnée des pressions atmosphériques les plus basses jamais enregistrées au Canada. Des centaines de milliers de foyers se sont retrouvés sans électricité lorsque des lignes électriques ont été abattues et des centaines de maisons ont été détruites, en particulier le long des côtes où elles ont été carrément emportées par la mer. En effet, c’est au moment où les tempêtes frappent, notamment lors des grandes marées, que l’impact de la montée des océans se fait sentir. Les photos ci-dessous prises au Canada et en Alaska se passent de commentaire.
Il ne fait aucun doute que le réchauffement climatique va faire remonter des eaux océaniques plus chaudes à des latitudes plus élevées. Avec la hausse des températures, il y aura des tempêtes de plus en plus intenses, comme celle qui vient de frapper le Canada. Il convient de noter qu’en plus des grosses vagues et des ondes – ou marées – de tempête, ces événements extrêmes apportent également de fortes précipitations qui inondent la surface de la terre et peuvent affecter les nappes phréatiques dans les zones côtières.
Les ouragans et les fortes tempêtes en dehors des zones tropicales provoquent une élévation du niveau de la mer, connue sous le nom d’onde – ou marée – de tempête, une érosion importante du littoral et d’autres effets géologiques entraînant la perte de biens et de vies. Ces puissantes tempêtes génèrent de forts courants qui peuvent éroder les côtes en modifiant leurs formes. Les enrochements construits pour les protéger les sont rapidement détruits par de puissantes vagues. Ces courants peuvent également affecter la qualité de l’eau en mettant en suspension et en répandant des contaminants dans les ports.
Source : Service météorologique canadien.
Essayer de s’adapter au réchauffement climatique est une bonne chose, mais tant que rien n’est fait pour lutter contre les causes du phénomène – les concentrations de plus en plus élevées de gaz à effet de serre dans l’atmosphère – les catastrophes de grande envergure se multiplieront inévitablement en laissant d’énormes dégâts dans leur sillage.

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What is currently happening in Florida and recently happened in Alaska and in in Eastern Canada, with the disastrous effects of the powerful storm Fiona for this country, is what will happen more and more frequently with the acceleration of global warming. Indeed, the warming of the planet is making hurricanes wetter, windier and more intense. Fiona was the lowest-pressured storm to make landfall on record in Canada. Hundreds of thousands of homes were left without power when power lines were knocked down and hundreds were destroyed, especially along the coasts where they were wahed into the sea. Indeed, it is when the storms strike, especially during the high tides, that the impact of ocean rise will be seen. The photos below taken in Canada and in Alaska do not need any comment.

There is little doubt that global warming will lead to warmer ocean water at higher latitudes. A warmer future increases the probability of more intense storms like the one that has just struck Canada. It should be noted that in addition to large waves and storm surges, powerful storms and hurricanes also bring heavy precipitation that floods the land surface and can affect coastal groundwater systems.

Hurricanes and extreme extratropical storms cause elevated sea level, known as storm surge, and extensive shoreline erosion and other geologic effects leading to the loss of property and life. These powerful storms drive strong currents that can erode sediments and change the shape and forms of coasts. The ripraps built to protect the coasts will be rapidly destroyed by powerful waves. These currents can also affect water quality by suspending and spreading contaminants in harbours.

Source: Canadian Weather Service.

Trying to adapt to global warming is a good thing, but as long as nothing is done to fight the causes of the phenomenon – higher and higher concentrations of greenhouse gases in the atmosphere – large-sacle disasters will inevitably multiply with huge damage in their wake.

Source: Canadian news media

Source: U.S. news media

L’effondrement des Alpes (suite) // The collapse of the Alps (continued)

Avec l’effondrement des Alpes à cause du réchauffement climatique, plusieurs refuges ont dû être fermés ces derniers mois. La dernière victime de la hausse des températures et de la sécheresse est le Bivacco Alberico, plus connu sous le nom de Bivouac de la Fourche. La cabane de montagne qui était précairement perchée a lâché prise lors d’un éboulement. Elle a fini sa course sur le glacier de la Brenva en dessous. Aucun mort ou blessé n’a été signalé.
La petite cabane en bois reposait sur une charpente métallique au col de la Fourche sur la face sud-ouest du Mont Maudit, l’un des sommets de 4 000 m permettant d’accéder au Mont Blanc. Le refuge était un abri essentiel pour les alpinistes qui s’engageaient sur l’arête classique de Kuffner jusqu’au Mont Maudit. C’était aussi une étape utile pour ceux qui partaient à l’assaut du Mont Blanc depuis l’éperon de la Brenva, l’Aiguille Blanche et les Aiguilles du Diable.
Dans la vidéo ci-dessous, postée par Aosta Sera, un hélicoptère montre les vestiges de la cabane éparpillés le long de la paroi rocheuse.

https://youtu.be/KWwswBzndyU

D’autres refuges alpins à travers le monde ont également ressenti les effets du réchauffement climatique. Au début de cet été, les responsables des parcs nationaux canadiens ont démantelé l’Abbot Hut, construite il y a 100 ans dans les Rocheuses. L’érosion et le recul du glacier avaient trop endommagé la plate-forme sur laquelle elle reposait.

En France, dans le Parc National des Ecrins, le refuge de la Pilatte (Isère)a fermé définitivement ses portes pour des raisons de sécurité. Il avait été construit en 1954 sur un promontoire rocheux, autrefois soutenu par le glacier de la Pilatte. Ce dernier a perdu près de 50 mètres d’épaisseur depuis le début des années 1990 en raison du réchauffement climatique. Suite à ce phénomène,des fissures sont apparues dans le bâtiment qui est devenu trop dangereux pour héberger des randonneurs.

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With the collapse of the Alps because of global warming, several refuges had to be closed in the past months. The latest casualty of soaring temperatures and drought has been the Bivacco Alberico, better known as Bivouac de la Fourche. The precariously perched mountain hut lost its support in a rockslide, sending the entire cabin tumbling to the Brenva Glacier far below. No deaths or injuries have been reported.

The small wooden cabin sat on a metal frame at Col de la Fourche on the southwest Face of Mont Maudit, one of the 4,000 m peaks leading to Mont Blanc. The refuge was an essential shelter for climbers attempting the classical Kuffner Ridge up Mont Maudit. It was also a useful stopover for those eyeing Mont Blanc from the Brenva Spur, the Aiguille Blanche, and the Aiguilles du Diable.

In the video below, posted by Aosta Sera, a helicopter reveals the remains of the building scattered along the rocky face.

https://youtu.be/KWwswBzndyU

Other alpine huts around the world have also felt the effects of climate change. Earlier this summer, Canadian national park officials dismantled the 100-year-old Abbot Hut in the Rockies. Erosion and glacial retreat had left the platform on which it rested beyond repair.

In France, in the Parc National des Ecrins Ecrin, the Pilatte refuge (Isère) has closed its doors for safety reasons. It was built in 1954 on a rocky promontory, once supported by the Pilatte glacier. The latter has lost nearly 50 meters in thickness since the early 1990s due to global warming. Following this phenomenon, cracks appeared in the building which became too dangerous to accommodate hikers.

Source: International news media.

Le bivouac de la Fourche avant son effondrement (Crédit photo: CAI)