Il y a 70 ans: Le séisme du 1er avril 1946 en Alaska // 70 years ago: The April 1st 1946 earthquake in Alaska

drapeau francaisLe séisme du Vendredi Saint 1964 en Alaska est l’un des plus puissants jamais observé dans le monde, avec une magnitude de M 9,2 sur l’échelle de Richter. Il a fait 115 victimes dans cet Etat. Le tsunami qu’il a déclenché a tué 14 personnes en Californie et a causé des dégâts importants le long de la côte ouest des États-Unis
Un autre événement – beaucoup moins connu – a également affecté l’Alaska au petit matin du 1er avril 1946. Ce jour-là, la terre s’est fracturée au coeur de la fosse des Aléoutiennes, à 140 km plus au sud. Une immense portion du plancher océanique s’est soulevée et a envoyé une immense masse d’eau de mer à travers le Pacifique Nord. Le séisme a été particulièrement violent, de l’ordre de M 8,1. Le tsunami qui en a résulté a tué 159 personnes à Hawaii, a provoqué la noyade d’un nageur à Santa Cruz, fracassé des bateaux de pêche au Chili et détruit une cabane en Antarctique. La forme arquée des Aléoutiennes a protégé une grande partie de l’Alaska, mais cinq hommes en poste au phare du Cap Scotch sur l’île Unimak ont perdu la vie.
Une vague de 40 mètres de haut a frappé le phare à 02h18, ne laissant apparaître que la fondation de la structure en béton armé. Les scientifiques ont longtemps pensé que la vague avait été provoquée par une rupture au niveau d’une faille, mais un chercheur de U.S Geological Survey à Denver a récemment décelé un amoncellement de roches sur le plancher océanique qui semble avoir été provoqué par un important glissement de terrain sous-marin. Ce glissement de terrain aurait généré la vague géante qui a frappé le phare.
Au moment du séisme, un électricien des gardes-côtes était en poste sur l’île Unimak où il réparait un appareil de radiogoniométrie. Il était en train de lire dans sa couchette tôt ce matin-là dans un bâtiment situé sur une terrasse à une trentaine de mètres au-dessus du phare. Lorsque le séisme s’est produit, il a raconté que le bâtiment craquait et gémissait bruyamment tandis que des objets s’agitaient sur les étagères. La secousse a duré entre 30 et 35 secondes. L’électricien a pensé que ce pouvait être une éruption du volcan Shishaldin. Il a regardé à l’intérieur des terres en pensant voir la lueur de l’éruption mais il ne vit que les étoiles. 20 minutes après la première secousse, une autre se produisit, plus courte mais aussi plus forte que la précédente.
Quelques minutes plus tard, une vague frappa le bâtiment où se trouvait l’électricien. Il a entendu «un grondement terrible, suivi presque immédiatement d’un coup violent contre le flanc du bâtiment », tandis que 10 centimètres d’eau pénétraient dans la structure. Il s’est alors précipité dans la salle de contrôle pour envoyer un message d’urgence indiquant que des hommes avaient été frappés par un raz de marée et devraient probablement abandonner la station. Il est ensuite sorti et a essayé de marcher dans l’obscurité jusqu’au bord de la falaise au-dessus du phare. Il ne vit aucune lumière au-dessous de lui. La corne de brume était silencieuse. Le phare avait disparu.
A l’aube le lendemain matin, plusieurs hommes descendirent la colline qui avait été fortement entamée par le tsunami (voir l’image ci-dessous). L’océan s’était calmé et avait repris son visage habituel. Les hommes commencèrent à fouiller autour de l’emplacement du phare. Au sommet d’une colline derrière le phare ils découvrirent un pied humain, amputé à la cheville, quelques petits morceaux d’intestin qui appartenaient apparemment à un être humain, et ce qui semblait être une rotule. Trois semaines plus tard, un technicien a découvert un autre corps. D’autres hommes rassemblèrent et identifièrent les restes de l’un des hommes qui étaient en poste dans le phare grâce à ses pommettes hautes et à sa barbiche. Ils trouvèrent aussi la cuisse droite et le pied d’un autre homme. Ces restes ont été réunis dans de vieux sacs de courrier et placés dans un cercueil en bois brut. Le corps complet a été placé dans un cercueil individuel. Trois jours plus tard, juste avant que les hommes quittent Unimak, ils ont enterré leurs camarades. Les tombes ont été clairement indiquées par des croix en bois blanc sur lesquelles ils ont fixé solidement des plaques en laiton où figurent les noms des victimes. Ces hommes ont été tués par un tsunami local, proche des côtes, causé par un glissement de terrain sous-marin, l’une des menaces les plus grandes et les plus imprévisibles qui menacent les villages côtiers de l’Alaska lors des grands tremblements de terre.

Adapté d’un article de l’Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisThe 1964 Good Friday Earthquake in Alaska was one of the most powerful ever observed in the world with an M 9.2 magnitude on the Richter scale. It killed 115 persons in Alaska. The tsunami it triggered killed 14 more people in California and caused major damage along the western coast of the U.S.

Another event – more discreetly mentioned – also affected Alaska in the early morning of April 1st 1946. On that day – ironically called April Fools’ Day – the earth ruptured deep within the Aleutian Trench 140 km to the south. An immense block of ocean floor rose, moving saltwater across the North Pacific.

The earthquake was huge, at least M 8.1. The resulting tsunami killed 159 people in Hawaii, drowned a swimmer in Santa Cruz, banged up fishing boats in Chile and wrecked a hut on Antarctica. The curve of the Aleutians protected much of Alaska, but five men stationed at the Scotch Cap lighthouse on Unimak Island lost their lives.

A 40-metre-high wave struck the lighthouse at 2:18 a.m., leaving nothing but the foundation of the reinforced concrete structure. Though scientists long thought the wave was due to the earthquake rupture, a U.S. Geological Survey researcher in Denver recently showed a mountain of rocks on the sea floor that appears to be from a massive underwater landslide. That slide may have created the giant wave that hit the lighthouse.

At the moment of the earthquake, a Coast Guard electrician was stationed on Unimak Island to maintain a radio direction-finding system. He was reading in his bunk early that morning in a building located on a terrace about 30 metres above the lighthouse. When the earthquake struck, he said the building creaked and groaned loudly and objects were shaken from the shelves. It lasted approximately 30 to 35 seconds. He thought it was a possible eruption of Shishaldin volcano. So, he looked inland for the glow of a possible eruption but saw nothing but stars. 20 minutes after the first earthquake, a second quake was felt, shorter but more severe than the first one.

Minutes later, the wave struck the electrician’s quarters. In his words, “a terrible roaring sound was heard, followed almost immediately by a very heavy blow against the side of the building” while about 10 centimetres of water got into the structure. He went to the control room and broadcast a priority message stating they had been struck by a tidal wave and might have to abandon the station. He then stepped outside and tried to walk in the darkness as far as the edge of the hill above the lighthouse. He saw no lights below. The foghorn was silent. The Light Station had been completely destroyed.

At dawn the next morning, several men descended the scarred hillside (see image below). The ocean had calmed, looking no different than on any other day. The group searched the surrounding area. On top of a hill behind the Light Station they found a human foot, amputated at the ankle, some small bits of intestine which were apparently from a human being and what seemed to be a human knee cap. Three weeks later, a technician discovered another body. Others gathered and identified one of the men who were stationed in the lighthouse from his high cheekbones and goatee. Searchers then found the right thigh and foot of another man. These remains were gathered in old mail sacks and placed in a rough coffin. The complete body was placed in an individual coffin. Three days later, just before the men left Unimak, they buried their comrades. The graves were plainly marked with white wooden crosses with brass plates securely attached. They were victims of a near-field local tsunami caused by an underwater landslide, one of the greatest and most unpredictable threats to Alaska coastal villages during big earthquakes.

Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.

Phare-AleoutLes restes du phare du Cap Scotch après le tsunami du 1er avril 1946  (Source: NOAA)

Eruption du Pavlof (Alaska) [suite / continued]

drapeau francaisL’éruption du Pavlof s’est produite brusquement et a surpris tout le monde, y compris l’Alaska Volcano Observatory (AVO). Les premiers signaux sont apparus sur les sismographes environ 25 minutes avant l’événement. On ne peut pas appeler cela de la prévision; Cela revient à dire qu’un orage va arriver quand on voit des nuages ​​sombres à l’horizon!
Au cours de l’éruption, une couche de cendre noire a recouvert le petit village de Nelson Lagoon. Selon un habitant, « les gens pouvaient sentir la cendre sur leur visage et percevoir son odeur hier [dimanche] soir. Puis vers 1h30 ce matin, il y a eu comme une pluie de cendre. » Une couche noire a recouvert les véhicules et les services de santé ont distribué des masques aux personnes âgées. Il a été conseillé à la population de rester à l’intérieur des maisons jusqu’à ce que l’éruption se calme.
L’éruption a annulé des dizaines de vols à destination et en provenance de plusieurs localités à travers l’Alaska. Alaska Airlines a annulé 41 vols, y compris ceux en provenance et à destination de Fairbanks. Les connexions avec Barrow, Bethel, Fairbanks, Kotzebue, Nome et Prudhoe Bay ont été suspendues. PenAir a également annulé la plupart de ses vols lundi, ce qui a affecté plusieurs centaines de passagers.
En fin de journée lundi, l’Alaska Volcano Observatory a indiqué que l’éruption s’était calmée, au moins temporairement. En général, la cendre reste en suspension dans l’atmosphère et est détectable par les satellites pendant un jour ou deux après l’éruption, avant de se disperser. C’est une donnée importante pour l’aviation en Alaska car les services météorologiques s’appuient sur les images satellites pour déclencher les alertes liées à la cendre volcanique Toutefois, au final, c’est aux compagnies aériennes de décider si les avions peuvent voler..

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisThe eruption of Pavlof volcano occurred very suddenly and surprised the Observatory. The first signals appeared on the seismographs about 25 minutes before the event. This is not prevision; it is like saying a storm will occur when one sees dark clouds on the horizon!

During the eruption, the ash covered the tiny village of Nelson Lagoon with a blanket of black grit. According to one resident, “people could feel the ash on their face and smell it in the air yesterday [Sunday] evening. Then around 1:30 this morning it looked like it was basically raining ash.”  A layer of black covered vehicles and health aides were giving out face masks to elder residents. People were told to stay inside until the eruption subsided.

The eruption cancelled dozens of flights to and from communities across Alaska. Alaska Airlines alone cancelled 41 flights, including those to and from Fairbanks. Connections with Barrow, Bethel, Fairbanks, Kotzebue, Nome and Prudhoe Bay were suspended. PenAir also cancelled most of its flights on Monday, affecting several hundred passengers.

By late afternoon Monday, the Alaska Volcano Observatory noted that Pavlof had settled down, at least temporarily. Typically, ash remains airborne and detectable by satellites for a day or two post-eruption before dispersing. This is important for aviation in Alaska because the National Weather Services relies on satellite detection to determine ash-related warnings. It’s up to airlines to make flight determinations.

Source: Alaska Dispatch News.

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Image satellite du panache de cendre du Pavlof (Source: NASA / AVO)

Pavlof (Alaska): Déclin de l’éruption

drapeau francaisL’activité éruptive du Pavlof a diminué de façon significative à partir d’hier vers 12h30 (heure locale) et on n’observe plus d’émissions de cendre au sommet du volcan sur les images satellites. En conséquence, l’AVO a abaissé la couleur de l’alerte aérienne à Orange. La sismicité a retrouvé un niveau relativement bas, tandis que le tremor est légèrement supérieur à la normale. Le nuage de cendre s’étire entre la mer de Béring et l’intérieur de l’Alaska. Il peut encore présenter un danger pour le trafic aérien.

Bien que l’intensité de l’éruption ait diminué, les conditions peuvent changer à tout moment. Des émissions de cendre importantes peuvent reprendre sans prévenir et affecter la zone à proximité immédiate du volcan.
Source: AVO.

Alaska Airlines a dû annuler 41 vols à cause de l’éruption, bloquant 3300 passagers dans les aéroports.

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drapeau anglaisEruptive activity at Pavlof volcano has declined significantly starting Sunday at about 12:30 pm (local time) and continuous ash emission from the summit vent is not being observed in satellite imagery. Thus, AVO has lowered the Aviation Color Code to ORANGE. Seismicity has dropped to low levels. The tremor is still slightly above background. A drifting ash cloud extending from the southern Bering Sea into interior Alaska is still present and may pose a hazard to air travel.

However, although the intensity of the eruption has diminished, conditions might change at any time and significant ash emissions may resume with little to no warning and affect the area in the immediate vicinity of the volcano.

Source: AVO.

Because of the eruption, Alaska Airlines cancelled 41 flights, which affected 3,300 passengers.

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Le Pavlof lundi en début d’après-midi (Crédit photo: AVO)

Eruption du Pavlof (Alaska)

drapeau francais16 heures: L’Alaska Volcano Observatory (AVO) indique que le Pavlof est entré en éruption pendant l’après-midi du 27 mars, avec un panache de cendre qui, selon un pilote d’avion, a atteint une altitude de 6 km. La sismicité a commencé à augmenter à 15h53 (heure locale), avec une hausse du tremor qui se poursuit à l’heure actuelle à un niveau élevé.

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Source: AVO

La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge tandis que l’alerte volcanique a été élevée au niveau Vigilance.

Le volcan est caché par les nuages et est invisible sur les images de la webcam. Aucune image satellite n’est actuellement disponible.

Le Pavlof se trouve dans la première partie de l’arc des Aléoutiennes, à environ 353 km au SO d’Anchorage.

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Il présente un diamètre de 7 km à la base et des bouches actives sur les versants N et E, à proximité du sommet. On a recensé une quarantaine d’éruptions historiques, caractérisées par des épisodes stromboliens avec fontaines de lave qui peuvent se prolonger sur plusieurs mois. Les panaches de cendre peuvent atteindre une altitude de 14 km. Au cours de l’éruption de 2013, ils atteignaient 8 km et s’étiraient sur une distance d’environ 500 km. Ci-dessous, l’AVO montre l’étendue probable du panache de l’éruption en cours.

Ci-dessous une vue de l’éruption, avec activité strombolienne typique,  à 3 heures du matin le 28 mars 2016 depuis Cold Bay.

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20 heures : Dans son dernier bulletin émis ce matin (heure locale) l’AVO indique que l’éruption du Pavlof continue. Le remor se maintient à un niveau élevé. Le panache de gaz révélé par les images satellitaires s’étire vers le NE sur une distance de plus de 650 km. Les fontaines de lave qui continuent à jaillir du cratère sommital ont été observées pendant la nuit par des marins, des pilotes d’avion, ainsi que par les habitants de Cold Bay (voir photo ci-dessous). Avec la fonte de la neige et de la glace, des coulées de boues pourraient se déclencher et représenter une menace dans les vallées autour du volcan.

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drapeau anglais16:00: The Alaska Volcano Observatory indicates that Pavlof Volcano began erupting abruptly during the afternoon of March 27th, sending an ash cloud to 6 km a.s.l., as reported by a pilot. Seismicity began to increase from background levels at about 3:53 pm (local time) with quick onset of continuous tremor, which remains at high levels (see above). The Aviation Color Code has been raised to RED and the Volcano Alert Level to WARNING.
The view from the webcam is obscured by clouds and there are no current satellite images.

Pavlof volcano is located at the start of the Aleutian arc, about 953 km southwest of Anchorage. The volcano is about 7 km in diameter and has active vents on the north and east sides, close to the summit. About 40 historic eruptions have been recorded, generally characterized by sporadic Strombolian lava fountaining continuing for a several-month period. Ash plumes as high as 14 km a.s.l. have been generated by past eruptions. During the 2013 eruption, they reached 8 km a.s.l. extending as much as 500 km from the volcano. Here below, AVO shows the probable extent of the current ash plume.

Here below a view of the eruption, with typical Strombolian acivity,  at 03:00 a.m. from Cold Bay.

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20:00 : In its latest update released this morning (local time), AVO indicates that the eruption of Pavlof continues. Seismic tremor remains at very high levels. The ash plume observed in satellite images extends over a distance of more than 650 km to the NE. Lava fountaining from the summit crater was observed throughout the night by mariners, pilots, and by residents in Cold Bay (see photo below). Volcanic mudflows are likely on the flanks of the volcano and could present a hazard in the local river valleys.

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L’éruption du Pavlof vue depuis Cold Bay (Crédit photo: Royce Snapp / AVO)

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Le panache éruptif vu d’avion (Crédit photo: N. Robinson / AVO)

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Etendue probable du panache de cendre de l’éruption actuelle (Source: AVO)

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Vue de l’éruption aux premières heures du 28 mars 2016

( Crédit photo: R. Snapp / AVO)