Fonte précoce de la glace le long des rivières arctiques // Earlier melting of river ice in the Arctic

Une étude récente s’appuyant sur des images satellites a révélé que les dépôts de glace en couches qui s’accumulent le long des rivières du nord de l’Alaska fondent actuellement presque un mois plus tôt qu’en 2000. L’étude, publiée dans la revue Geophysical Research Letters, analyse les dépôts de glace le long de 147 rivières entre la Colville River dans le District de North Slope et la Firth River dans le nord du Yukon.
Autrefois, ces accumulations de glace fondaient en général à la mi-juillet. Toutefois, entre 2000 et 2015, la date de fonte s’est avancée en moyenne de 26 jours. L’étude indique que sur les 122 formations de glace qui ont complètement disparu, plus de la moitié ont fondu bien plus tôt qu’en 2000. Sur les 25 sites où la glace persiste pendant l’été, 14 avaient en 2015 des quantités minimales nettement inférieures à celles de l’an 2000. En 2015, l’ensemble de la glace encore en place à la fin de l’été représentait moins de 10% du minimum estival mesuré en 2000.
Cette glace de rivière est différente de celle qui recouvre les cours d’eau de l’Arctique en hiver, même si cette dernière a, elle aussi, tendance à fondre beaucoup plus tôt. Les accumulations de glace observées le long des rivières proviennent de l’eau souterraine et de remontée d’eau de source qui s’élèvent à partir du lit des rivières et gèlent pour former des ensembles de strates qui ont généralement plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur. Ils peuvent couvrir jusqu’à 10 kilomètres carrés et atteindre la taille d’un immeuble de trois étages.
Bien que la fonte précoce de cette glace soit imputable au réchauffement climatique, l’étude n’examine pas vraiment les causes du phénomène. Il se peut qu’il y ait une relation simple entre les températures plus chaudes et la fonte de la glace, ou bien il pourrait y avoir une cause plus complexe au niveau hydrologique dans laquelle le réchauffement climatique modifierait la relation entre les eaux souterraines et les rivières. Quoi qu’il en soit, la disparition accélérée de cette glace de surface est susceptible d’affecter les poissons et la faune de la région.
Source: Alaska Dispatch News.

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A recent study relying on satellite images has revealed that the layered ice mounds that build up along Arctic Alaska rivers are now melting nearly a month earlier than they did in 2000. The study, in the journal Geophysical Research Letters, evaluates trends for 147 river icing spots found between the Colville River on Alaska’s North Slope and the Firth River in northern Yukon.

In the past, those spots would normally melt out in mid-July. But from 2000 to 2015, the melt date advanced, on average, by 26 days. Of the 122 ice formations that disappeared entirely, more than half melted out significantly earlier than in 2000. For the 25 spots that usually had ice persisting through the summers, 14 had significantly smaller minimums by 2015. By 2015, the end-of-summer total of lingering surface ice in the study area was less than 10 percent of the summer minimum measured in 2000.

This river icing is different from the typical freeze-up of river water which is globally occurring sooner than on the past. River icing is the product of groundwater and spring water seeps that rise up out of riverbeds and freeze in pancake-like layers that create formations that are typically several ten of centimetres thick. They can spread as wide as 10 square kilometres and rise as high as a three-story building.

Though the earlier melt of river icing correlates to climate warming, the study does not examine exactly what is causing the change. There could be a simple relationship between the warmer temperatures and melt, or there could be a more complex hydrological change cause by climate warming that is altering the relationship between groundwater and rivers. The accelerated loss of this surface ice might affect fish and wildlife.

Source: Alaska Dispatch News.

Glace de rivière en Alaska (Crédit photo: Wikipedia)

Orques contre narvals // Orcas vs. narwhals

Une étude* effectuée par l’Institut de Biologie Arctique de l’Université de Fairbanks a suivi en parallèle les comportements des orques et des narvals dans une partie de l’Arctique canadien ; elle a révélé que dès que les orques se trouvent à une centaine de kilomètres des narvals, ces derniers se mettent à nager plus vite que d’habitude pour se réfugier dans des eaux peu profondes près du rivage. Une fois que les orques ont quitté la zone, les narvals, connus pour leurs longues défenses qui leur ont valu le surnom de «licornes des mers», ont repris leurs habitudes dans les eaux profondes de l’océan. Les résultats ont surpris les scientifiques qui s’attendaient à ce que les narvals soient certes effrayés par les orques, mais pas aussi rapidement et régulièrement
Le nouveau comportement des narvals est indubitablement lié au changement climatique. En effet, ces animaux  vivent dans les zones où la glace est épaisse. Au fur et à mesure que la glace de mer s’amincit et que l’accès aux eaux ouvertes devient plus facile, les orques fréquentent de plus en plus les eaux de l’Arctique au large de l’est du Canada et du Groenland, là où vivent la plupart des narvals de la planète. En Alaska, les orques ont agrandi leur territoire en se dirigeant vers le nord par le détroit de Béring pour s’installer dans la Mer des Tchouktches, à l’image des baleines à bosse et des rorquals.
La nouvelle étude a utilisé des données de suivi satellitaire recueillies en 2009 dans Admiralty Inlet, un fjord profond au large de l’île de Baffin. Les orques ne sont pas vraiment une nouveauté à Admiralty Inlet, écosystème marin partiellement clos, mais les nombres de ces cétacés a considérablement augmenté, en particulier au cours des deux dernières décennies.
L’étude a été la première à utiliser le suivi simultané par satellite de toutes les espèces de prédateurs marins et de leurs proies. Le déplacement des orques a été suivi à l’aide de balises implantées temporairement dans leur graisse, tandis que les narvals ont été suivis par des dispositifs fixés à leurs crêtes dorsales. Les études antérieures sur le comportement des narvals avaient utilisé des enregistrements de sons émis par les orques ou avaient observé des suites immédiates d’attaques de ces mammifères.
La nouvelle étude a montré que lorsque les orques sont entrés dans Admiralty Inlet, les narvals se sont dirigés vers les zones moins profondes où ils étaient probablement moins vulnérables. Lorsque les orques ont quitté le fjord, les narvals ont regagné les eaux profondes avant de quitter le fjord à leur tour, un par un. Les données de télémétrie recueillies après 2009 confirment les observations faites par les populations indigènes de la région. Les Inuits de la Baie de Baffin ont vu les mammifères marins s’éloigner pour éviter leurs prédateurs. Ils utilisent le mot Aarlirijuk qui signifie « peur des orques» pour faire référence à ce comportement. Ces observations sont présentées dans le détail dans une étude canadienne publiée en 2012. Un habitant de la région a déclaré aux chercheurs avoir vu un narval s’échouer pratiquement sur la plage pour éviter les orques ; d’autres autochtones ont affirmé qu’ »il y avait une fois tant de narvals sur le rivage que les gens auraient même pu les toucher ».
En ce qui concerne les narvals mentionnés dans la dernière étude, on ignore si l’un des animaux équipés de balises a été attaqué par les orques. Tous ont survécu pendant la période d’étude, ce qui semble montrer que les attaques susceptibles de se produire ont échoué. L’étude aura des implications pour d’autres mammifères marins de l’Arctique qui pourraient devenir des proies pour la population d’orques en hausse.

* http://www.pnas.org/content/114/10/2628.abstract

Source: Alaska Dispatch News.

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A study* by the Institute of Arctic Biology at the University of Fairbanks that simultaneously tracked movement of orcas and narwhals in a portion of the Canadian Arctic found that as soon as killer whales were within about 100 kilometres of narwhals, narwhals swam faster than normal to shallower waters close to shore. Once the orcas left the area, the narwhals, known for their distinctive long tusks and sometimes referred to as « unicorns of the sea, » returned to their normal swimming patterns in deep offshore waters. The results surprised the scientists who expected narwhals to be scared away by killer whales but not in such an immediate pattern triggered by the predators’

The new behaviour of narwhals is undoubtedly linked to climate change. Narwhals thrive in areas of heavy pack ice. But as sea ice diminishes and open-water access increases, orcas are becoming more common in the Arctic waters off eastern Canada and Greenland that are home to most of the world’s narwhals. In Alaska as well, orcas have been expanding their range northward through the Bering Strait into the Chukchi Sea, as have normally subarctic humpback and fin whales.

The new study used satellite-tracking data collected in 2009 in Admiralty Inlet, a deep fjord off northern Baffin Island. Killer whales are not entirely new to Admiralty Inlet, a body of water that is a partially enclosed marine ecosystem, but orca numbers there have increased substantially, especially in the last decade or two.

The study was the first to use simultaneous satellite tracking of any marine predator and prey species. The killer whales’ movement was tracked by tags temporarily attached to the blubber, while the narwhals were tracked by devices attached to their dorsal ridges. Past studies of narwhal responses have used recordings of killer whale sounds or have observed immediate aftermath of killer whale attacks.

The new study showed that when killer whales entered the inlet, the narwhals headed toward the shallower areas where they were presumably less vulnerable. When the killer whales departed the inlet, the narwhals moved back to their patterns of swimming as individuals in deeper waters before migrating out of the inlet one by one. The telemetry data, which was also collected in years beyond 2009, confirms observations made by the region’s indigenous people. The Inuit of Baffin Bay watched marine mammals swim away from the meat-eating predators and have a term for the behaviour, Aarlirijuk, meaning « fear of killer whales. » Those observations are detailed in a Canadian study published in 2012. One local resident told researchers that he saw a narwhal partially beach itself to avoid killer whales, and others said “there were once so many narwhal on shore that people could even touch them.”

As for the narwhals in the new study, it is unknown whether any of the tagged animals were individually targeted by killer whales. All survived during the study period, so any attacks that might have happened were unsuccessful. The study has implications for other Arctic marine mammals that might be prey to increasing numbers of killer whales.

* http://www.pnas.org/content/114/10/2628.abstract

Source: Alaska Dispatch News.

Aire de répartition des narvals (Source: Wikipedia)

Orques en Alaska (Photo: C. Grandpey)

Les glaciers d’Alaska à Colombiers (Vienne)

Je présenterai mon diaporama (fondu-enchaîné sonorisé) « Alaska, Glaciers en péril » au cours de l’après-midi du 21 mai 2017 dans le cadre du 2ème Printemps Nature de Colombiers, charmant petit village de la Vienne.

Après un survol du Groenland, les images montrent l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers d’Alaska dont le recul est spectaculaire.

Le but de ce diaporama sensibiliser la population à une catastrophe annoncée. Aucun continent n’est épargné par le changement climatique, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.

Glacier Matanuska (Photo: C. Grandpey)

La Chine lorgne vers l’Arctique // China eyes the Arctic

Le président chinois Xi Jinping a fait une halte inopinée  en Alaska le 7 avril. Il a rencontré et dîné avec le gouverneur Bill Walker. L’étape de Xi à Anchorage se trouvait sur le chemin du retour à Beijing, suite à sa rencontre avec Donald Trump en Floride et une visite antérieure en Finlande.
Les arrêts en Finlande et en Alaska soulignent l’importance de l’Arctique pour les intérêts économiques à long terme de la Chine. Pour les Alaskiens, le commerce et un projet d’exportation de gaz naturel liquéfié destiné aux marchés asiatiques font partie des projets pour les années à venir.

Comme les États-Unis, la Chine a tout intérêt à posséder des ressources naturelles pour alimenter son économie. Ces dernières années, elle a éclipsé son voisin japonais en tant que principal partenaire commercial de l’Alaska. Cet Etat a exporté vers la Chine en 2016 des produits de la mer, des minéraux, du pétrole et d’autres produits pour une valeur de 1,2 milliard de dollars.
Le gouvernement chinois n’a pas expliqué le but de l’étape en Alaska, mais le pays n’a jamais caché son intérêt pour l’Arctique et la promesse économique de la région. En effet, la fonte de la glace de mer ouvre de nouvelles voies de navigation, des zones de pêche ainsi que de riches gisements de pétrole, de gaz et de minéraux. La Chine est une nation observatrice au Conseil de l’Arctique, un corps diplomatique présidé par les États-Unis jusqu’au mois prochain, lorsque la Finlande prendra à son tour la présidence.
En Finlande, Xi a promis de renforcer la coopération entre les deux pays à propos de l’Arctique et a participé à une « Diplomatie Panda », en acceptant d’envoyer deux de ces animaux en Finlande.
La dernière visite d’un chef d’Etat en Alaska a été celle du président Barack Obama en août 2015. Le but était d’attirer l’attention sur le changement climatique, l’un des chevaux de bataille de son administration. Le gouvernement chinois avait également collaboré avec l’administration Obama pour réduire les émissions de gaz à effet de serre attribuées au changement climatique.
L’étape à Anchorage répond à d’autres objectifs dans l’agenda politique national de Xi. A l’approche du Congrès du Parti,  l’arrêt en Alaska donne à Xi l’opportunité de marquer des points et de montrer qu’il est un leader prospectif et économiquement innovant, et de souligner l’omniprésence de la Chine dans les affaires mondiales.
Source: Alaska Dispatch News.

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Chinese President Xi Jinping made an unannounced visit to Alaska on April 7th and had dinner and a meeting with Governor Bill Walker. Xi’s rest stop in Anchorage broke up his return trip to Beijing following meetings with President Donald Trump in Florida and an earlier visit to Finland.

The Finnish and Alaska stops underscore the significance of the Arctic to China’s long-term economic interests. For the Alaskans, trade and a liquefied natural gas export project aimed at Asian markets will be at the top of the agenda.

Like the United States, China is aggressive about securing natural resources to fuel its economy. In recent years, it has eclipsed neighbor Japan as Alaska’s largest trading partner. The state exported seafood, minerals, oil and other products valued at just under $1.2 billion to China in 2016.

The Chinese government released no explanation for the stop in Alaska, but the country has been frank about its interest in Arctic affairs and the region’s economic promise as melting sea ice exposes new shipping routes, fishing grounds and rich deposits of oil, gas and minerals. China is an observer nation to the Arctic Council, a diplomatic body chaired by the United States until next month, when Finland takes over the rotating chairmanship.

In Finland, Xi vowed to enhance the two countries’ cooperation in Arctic affairs and engaged in some « Panda Diplomacy, » agreeing to send a pair of the country’s pandas to Finland.

The last prominent head of state to visit Alaska was President Barack Obama in August 2015. His administration sought to use Alaska as a backdrop to draw attention to climate change, one of his administration’s signature issues. The Chinese government had also been partnering with the Obama administration on curbing emissions of greenhouse gases blamed for climate change.

The Alaska stop fulfills other goals for Xi’s domestic political agenda. As he faces a Party Congress, where his political faction of the Chinese Community Party faces challenges, the stop gives Xi an opportunity to burnish his credentials as a forward-looking, economically innovative leader and highlight China’s omnipresence in world affairs.

Source : Alaska Dispatch News.

Vue de Turnagain Arm, où le leader chinois est venu faire une visite rapide (Photo : C. Grandpey)