Eruption du Mauna Loa : de Hawaii à Las Vegas // From Hawaii to Las Vegas

Peu de gens le savent, mais Las Vegas est parfois appelée Ninth Island – la Neuvième Ile – par la communauté hawaiienne qui vit sur le continent américain. Pour en savoir plus sur le lien entre Hawall et Las Vegas, je vous invite à cliquer sur ce lien :
https://vegasexperience.com/downtown-insider/las-vegas-known-as-ninth-island/

Ces jours-ci, la Neuvième Ile observe intensément l’éruption du Mauna Loa. Pour la communauté hawaiienne de Las Vegas, forte de 50 000 personnes, l’activité volcanique sur la Grande Ile est un motif de réflexion, mais aussi d’inquiétude pour leurs familles et leurs amis restés au pays.
Le président du Las Vegas Hawaiian Civic Club a déclaré: « Son feu [celui du Mauna Loa] et ses flammes sont incroyables pour nous, les Hawaiiens. Cela nous plonge vraiment dans notre culture. D’un autre côté, nous avons peur. » Au moment où le Mauna Loa est entré en éruption le 27 novembre 2022, pour la première fois depuis 38 ans, les Hawaiiens de souche célébraient la veille du jour de leur indépendance. En effet, le 28 novembre 1843, la Grande-Bretagne a publié une déclaration conjointe avec la France, garantissant l’indépendance d’Hawaii. La date du début de l’éruption était « pleine de sens ». Selon ces autochtones, Pelé, la déesse du feu et des volcans, envoyait un message indiquant que les choses devaient changer à Hawaii. Sur l’archipel et ses huit îles principales, de nombreux Hawaiiens de souche sont chassés par les visiteurs et les investisseurs qui achètent une propriété. Les maisons coûtent en moyenne 1,6 million de dollars, alors que le revenu local médian est bien inférieur à cela et ne permet pas d’acquérir de tels biens.
En conséquence, les Hawaïens partent vivre sur le continent américain. Le comté de Clark, où se trouve Las Vegas, abrite aujourd’hui – en dehors de Honolulu – l’un des plus grands nombres d’Hawaiiens autochtones et d’autres insulaires du Pacifique aux États-Unis.
Un Hawaiien a déclaré : « Le Mauna Loa est entré en éruption un jour très précis. Cela veut dire que le volcan nous rendra notre nation. Pelé est en colère »
Source : Las Vegas Review-Journal.

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Few people know it, but Las Vegas is sometimes called Ninth Island by the local Hawaiian community. To know more about the link between Hawaii and Las Vegas, I invite you to click on this link:

https://vegasexperience.com/downtown-insider/las-vegas-known-as-ninth-island/

These days, the Ninth Island is intensely watching the ongoing eruption of the Mauna Loa volcano. To the Las Vegas 50,000-strong Hawaiian community, the historic volcanic activity on the Big Island is cause for reflection and, of course, concern for their family and friends back home.

The president of the Las Vegas Hawaiian Civic Club said: “Her [meaning Mauna Loa’s] fire and her flames are amazing for us native Hawaiians. It really puts us deeper into our culture. On the other side, we’re scared.” When Mauna Loa erupted for the first time in 38 years on November 27th, 2022, local Hawaiians were celebrating the eve of the November 28th Hawaiian Independence Day. Indeed, on November 28th, 1843, Great Britain issued a formal joint declaration with France, guaranteeing Hawaiian independence. The date of the start of the eruption was « significant and meaningful ». They said that Pele, the goddess of fire and volcanoes, was sending a message that things need to change in Hawaii. On the archipelago of the eight major islands, many native Hawaiians are being priced out of their own homeland by visitors and investors who are buying property. Houses on average cost $1.6 million, while the median local income is much lower than that.

As a result, native Hawaiians continue to move to the U.S. mainland. Clark County where Las Vegas is located is home to one of the largest number of Native Hawaiians and other Pacific Islanders in the U.S. outside Honolulu.

One native Hawaiian said : “Mauna Loa erupted on a very specific day. It’s saying that she will take back our nation. Pele is angry”

Source: Las Vegas Review-Journal.

SPARTAN

Tradition contre Science sur le Mauna Kea (Hawaii) // Tradition vs. Science on Mauna Kea (Hawaii)

Au cours des dernières décennies, le Mauna Kea (4207 m), un volcan endormi sur la Grande Ile d’Hawaii, a été au centre d’une âpre bataille entre les militants autochtones qui veulent que la montagne soit protégée pour des raisons spirituelles, culturelles et écologiques, et les instituts de recherche qui la considèrent comme un endroit idéal pour implanter des télescopes de très haute technologie.

 

Photos: C. Grandpey

Pour les militants hawaïens, la controverse sur le Mauna Kea représente un manque de respect pour les droits et les croyances des autochtones. Bien avant qu’Hawaii fasse partie des États-Unis, l’archipel était une nation souveraine reconnue internationalement, et gouvernée par des générations de membres de la royauté hawaïenne.
L’endroit le plus emblématique est le palais Iolani, sur l’île d’Oahu, un monument historique préservé dédié à la préservation de l’héritage de la monarchie hawaïenne symbolisée par la statue du roi Kamahameha.

Photo: C. Grandpey

La situation a changé en 1893 lorsque des hommes d’affaires soutenus par l’armée américaine ont renversé le dernier monarque, la reine Liliʻuokalani. Les partisans de la reine se sont battus et ont tenté de la remettre sur le trône, mais ils ont échoué. Elle a ensuite été placée en résidence surveillée pendant près de huit mois et demi et accusée de trahison.
En 1898, le gouvernement américain a annexé Hawaï malgré la signature par des dizaines de milliers de citoyens hawaïens de la pétition « Kūʻē » contre l’annexion décidée l’année précédente. Une résolution avec force de loi, connue sous le nom de «résolution Newlands», a permis le transfert des terres appartenant à la monarchie hawaïenne et l’installation d’un nouveau gouvernement. À ce jour, de nombreux universitaires et Hawaïens autochtones affirment que cette annexion forcée était illégale.
En 1959, Hawaï est devenu le 50ème État de l’Union. Des décennies plus tard, en 1993, le gouvernement américain a adopté une résolution reconnaissant officiellement qu’il avait envahi Hawaii, renversé le gouvernement de la reine Liliʻuokalani et, ce faisant, supprimé la souveraineté du peuple hawaïen.

Lorsque les bulldozers sont arrivés en 2014 pour la construction du Thirty Meter Telescope (TMT), des manifestants autochtones ont bloqué les routes lors d’une série de manifestations qui ont été organisées pendant cinq ans. Lors de l’une d’elles en 2019, plusieurs vieux autochtones ont été arrêtés.

Vue d’artiste du TMT

La controverse sur le Mauna Kea est un bon exemple montrant la résistance d’une communauté indigène face au développement technologique sur une terre sacrée. La situation a toutefois évolué au cours de l’année écoulée et a montré l’importance de la communication ouverte et de l’inclusion.
En mai 2022, la législature hawaiienne a adopté le House Bill 2024 CD1; un projet de loi qui, s’il est adopté, permettra aux responsables de la communauté hawaïenne indigène d’avoir leur mot à dire sur la gestion de la terre. Le projet de loi prévoit un conseil de 11 membres – la Mauna Kea Stewardship and Oversight Authority, autorité de surveillance et d’intendance du Mauna Kea – qui supervisera la gestion et l’aspect humain du projet sur le volcan. Le conseil comprendra des Hawaiiens autochtones, des éducateurs et le maire du comté d’Hawaii. Le projet de loi est actuellement examiné par le gouverneur, qui a jusqu’au 12 juillet 2022 pour l’approuver ou y opposer son veto.
Certes, le projet de loi 2024 CD1 a ses détracteurs, mais les membres de la communauté hawaiienne affirment qu’il représente un nouveau modèle en vertu duquel les communautés autochtones et scientifiques pourront travailler ensemble à l’avenir.

Adapté d’un article paru sur le site ABC News.

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Over the past several decades, Mauna Kea, a dormant volcano on the Island of Hawaii, has been at the center of a simmering battle between Native Hawaiian activists who want the mountain protected for spiritual, cultural and ecological reasons, and research universities who see it as a scientifically optimal place to build world-class telescopes.

For Native Hawaiian activists, the controversy over Mauna Kea represents a centuries-long lack of regard for Native rights and wishes. Long before Hawaii became part of the United States, it was an internationally recognized sovereign nation governed by generations of Native Hawaiian royalty.

No place is more emblematic of that than Iolani Palace, a piece of living history and a preserved historic landmark dedicated to keeping the legacy of the Hawaiian monarchy alive.

But all of that changed in 1893 when elite businessmen backed by the U.S. military overthrew the last sovereign monarch, Queen Liliʻuokalani. The queen’s supporters fought and tried to restore her place to the throne, but failed. She was later placed under house arrest for nearly eight and a half months and charged with treason.

In 1898, the U.S. government annexed Hawaii despite the fact that tens of thousands of Hawaiian citizens signed the “Kūʻē” Petition Against Annexation the year prior. A legislative joint resolution, known as the “Newlands Resolution” was employed allowing the land owned by the Hawaiian monarchy to be transferred, and a new government to be installed. To this day, many scholars and Native Hawaiians say the annexation was illegal.

In 1959, Hawaii became the 50th state. Decades later, in 1993, the U.S. government passed a resolution officially acknowledging that it had invaded Hawaii, overthrown the government of Queen Liliʻuokalani and in the process suppressed the sovereignty of the Hawaiian people.

When groundbreaking began in 2014 for the Thirty Meter Telescope, Native demonstrators blocked the roads in a series of protests that happened intermittently for five years. During an explosive and emotional protest in 2019, several native elders were arrested.

While the controversy over Mauna Kea represents a textbook case of an indigenous community resisting development on sacred land, it has evolved over the past year into a story about the importance of open communication and inclusion.

This May, the Hawaii Legislature passed House Bill 2024 CD1; if it passes into law, Native Hawaiian community leaders will have input into how the land is managed. The bill establishes an 11-member board – the Mauna Kea Stewardship and Oversight Authority – that will oversee the management and human activity of the project on Mauna Kea. The board will include Native Hawaiians, educators and the mayor of Hawaii County. It is currently under review by the governor, who has until July 12th, 2022 to approve or veto the bill.

While HB 2024 CD1 has its critics, community members say the bill represents a new model in how indigenous and science communities can work together going forward.

Adapted from an article on the ABC News website.

Astronomie et traditions à Hawaii (2) // Hawaii: The telescope vs. the volcano (2)

Un manque de concertation.
S’agissant des kia’i, l’opposition ne concerne pas seulement le Mauna Kea, ils reprochent à l’astronomie et à la science en général leur mode de fonctionnement. Un leader des kia’i a souligné que la solution n’était pas simplement de déplacer le TMT, comme certains astronomes ont commencé à le demander ; il s’agit de trouver un endroit où les gens l’accepteront vraiment. Cela nécessite une nouvelle approche du projet. En particulier, il serait souhaitable que les scientifiques cherchant à démarrer un nouveau projet intègrent les communautés locales dans les discussions bien avant le début de toute opposition, et avant même la mise en place du projet.

Une histoire d’eau.

Pour les Hawaïens de souche, une autre préoccupation concerne l’eau. Elle est présente dans les cérémonies traditionnelles organisées contre la construction du TMT. Les Hawaiiens rappellent son parcours à travers l’île et le cycle de l’eau de l’océan aux nuages ​​en passant par la pluie, les chutes d’eau, les étangs, les rivières, les champs cultivés, les estuaires et l’océan.
On remarquera une autre ironie dans la controverse. En effet, le TMT pourrait permettre aux astronomes d’identifier des planètes avec de l’eau dans leur atmosphère, un premier pas vers la recherche d’un monde habitable. Mais les kia’i répondent qu’ils connaissent déjà une planète très habitable et qui possède ce précieux liquide dans son atmosphère. Ils considèrent qu’il leur incombe de protéger cette eau et la montagne qui la recèle.
L’une des préoccupations des autochtones hawaïens est le traitement de l’eau par les observatoires. L’un des indigènes qui a travaillé sur le sommet a constaté l’utilisation de substances dangereuses, comme des bombes d’insecticides et le présence de mercure. Il s’est rendu compte qu’un seul observatoire prêtait attention à ces questions. La réponse du TMT est que ces accusations sont totalement infondées. Il n’y a aucune preuve que l’observatoire pourrait polluer l’eau car les puits les plus proches sont à environ 20 kilomètres. De plus, les observatoires n’utilisent jamais le mercure, le pire des produits chimiques pour nettoyer les miroirs des télescopes. Les observatoires disposent de leur propre moyen de transport, que ce soit pour les déchets ou pour le personnel.

TMT : un avenir incertain.
On ne sait pas ce qu’il adviendra du TMT. Si les gestionnaires du projet TMT décident que le site du Mauna Kea ne vaut plus la peine, comme l’espèrent les kia’i, ils s’orienteront vers les Iles Canaries. On ne sait pas combien de temps ils sont disposés à attendre pour commencer la construction qui devrait durer 10 ans.
Un délai encore plus serré se profile également pour le Mauna Kea: le contrat de bail entre l’État et l’Université d’Hawaï, qui régit la sous-location de chaque observatoire, expirera en 2033. On ne sait pas à quoi pourraient ressembler les nouvelles négociations du bail, mais il est probable qu’elles ne ressembleront pas au processus qui a conduit à l’accord initial il y a des décennies.
Même les adversaires les plus acharnés du TMT ne demandent pas la suppression de tous les télescopes. Ils veulent seulement que les observatoires soient de meilleurs voisins, plus sensibles aux préoccupations locales et plus respectueux de la terre à partir de laquelle ils étudient les étoiles. Les kia’i insistent sur le fait qu’ils n’essaient pas d’arrêter la science: ils essaient plutôt de l’améliorer. Un Hawaïen de souche, ancien technicien de télescopes, a déclaré: « La science qui ne permet pas à l’humanité d’avoir une Terre meilleure n’est peut-être pas la science dont nous avons besoin. »
Source: Adapté d’un article paru sur le site Space.com.

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 A lack of consultation.

For the kia’i, their opposition is not just about Mauna Kea, it’s about the way astronomy and science in general operates. One leader of the kia’i emphasized that the solution was not merely for the TMT to move, as some astronomers have begun to call for, but to find a location where people truly welcome it. That could require a new way of approaching such projects. In particular, scientists looking to start a new project would be wise to incorporate local communities in discussions long before any opposition begins, and long before it is even a project.

A concern about water.

For native Hawaiians, another concern is that water. It is present in the traditional ceremonies organised against the TMT construction. They trace water on its journey throughout the island and the water cycle, from ocean to clouds to rain to waterfalls to ponds to rivers to cultivated fields to estuaries to ocean.

It is another irony in the controversy: Among other discoveries, the TMT could help astronomers identify planets with water in their atmospheres, a first step toward finding a habitable world. But the kia’i say it already knows of one very habitable planet with that precious liquid in its atmosphere, and they consider it their responsibility to protect that water and the mountain that anchors it to the Big Island.

One of the Native Hawaiians’ concerns about astronomy at Mauna Kea has been the observatories’ treatment of the water. One of the natives who worked on the summit saw spills of hazardous substances from bug spray to mercury, and there was evidence of only one existing observatory addressing those issues. The TMT’s response is that those concerns are completely unfounded. There’s no evidence the observatory could affect the water as the nearest wells are about 20 kilometres away. Beside, the observatories won’t rely on mercury, the worst of the chemicals used to clean telescope mirrors. The facilities have a system to transport wastewater from science operations and human staff support alike off the mountain.

TMT: An uncertain future.

It is not clear what the TMT’s steps forward might be. If the TMT decides the Mauna Kea site is no longer worth the pain, as the kia’i hope, they will take their plans to the Canary Islands. It’s unclear how much longer they are willing to wait to begin construction  which is scheduled to last 10 years.

A sharper deadline is also looming over Mauna Kea: the master lease agreement between the state and the University of Hawaii, which governs every observatory’s sublease, will expire in 2033. What negotiations might look like is still unclear, but chances are they will not resemble the process that led to the original agreement decades ago.

Even the most strident opponents of TMT are not calling for all the telescopes to be removed. They do, however, want the observatories to be better neighbours, more responsive to local concerns and more respectful of the land from which they study the stars. The kia’i insist they are not trying to stop science: Instead, they are trying to improve it. A native Hawaiian who is a former telescope technician said: « Science that doesn’t empower humanity for a better Earth is maybe not the science we need to be doing. »

Source: Adapted from an article on Space.com.

Photos: C. Grandpey

Astronomie et traditions à Hawaii (1) // Hawaii: The telescope vs. the volcano (1)

Une tradition bien ancrée.

Le projet de télescope géant – le Thirty Meter Telescope, ou TMT – au sommet du Mauna Kea, un volcan sur la Grande Ile d’Hawaii, est la source de nombreux conflits entre les autorités et les Hawaïens de souche qui se font appeler les kia’i, ou protecteurs. Depuis le début du projet, des cérémonies traditionnelles sont organisées contre la construction du télescope géant sur ce que certains considèrent comme une terre sacrée. Pendant des siècles, les Hawaïens de souche sont venus pratiquer ces cérémonies sur la montagne. L’atmosphère ténue du sommet, à 4 000 mètres d’altitude, laisse peu d’oxygène à un cerveau humain. Pour les Hawaïens indigènes, ce peu d’oxygène est la preuve que le sommet est le domaine des divinités et que les humains ne peuvent s’y rendre qu’avec un but bien précis. Pour les kia’i, le TMT serait un télescope de trop sur un site qu’ils considèrent comme volé, sacré, et systématiquement mal géré. Ils désignent également un cercle où se dressent des centaines de sanctuaires à environ 300 mètres sous le sommet, et qui, selon eux, marquent la limite de la zone sacrée. La construction du TMT empièterait sur cet anneau, ce qui n’est pas acceptable.

L’histoire du TMT.

L’histoire du TMT a commencé en 2003, lorsqu’un partenariat sans but lucratif a été constitué entre deux universités californiennes et leurs homologues au Japon, en Chine, en Inde et au Canada. Baptisé TMT International Observatory, le groupe a décidé de concevoir un télescope avec un miroir d’observation gigantesque qui bouleverserait nos connaissances scientifiques. Il permettrait des découvertes susceptibles d’aborder certaines des questions existentielles de l’astronomie et changer l’humanité à jamais.
En 2009, le TMT a jeté son dévolu sur le sommet du Mauna Kea. Depuis cette époque, il a fallu négocier l’accès et la construction avec l’État qui est propriétaire du terrain, et l’Université d’Hawaï qui gère l’astronomie. Il y a eu plusieurs affaires judiciaires concernant les permis requis pour la construction. Lorsque la construction du TMT a été tentée en 2014, les kia’i ont interrompu cette initiative. Les tensions ont atteint leur paroxysme en juillet 2019, quand il a été annoncé que la construction du TMT allait reprendre. Les kia’i se sont alors mobilisés ; ils ont bloqué les camions et barré la route vers le sommet.

Le Mauna Kea : un site astronomique exceptionnel.

Certains habitants d’Hawaii et des hawaïens de souche soutiennent le TMT. Ils considèrent que les télescopes sont des successeurs modernes des anciens navigateurs qui se servaient des étoiles pour s’orienter. De plus, de tels télescopes constituent un maillon vital de l’économie locale et offrent des opportunités en matière d’éducation et d’emploi pour leurs enfants.
Pour les scientifiques qui souhaitent construire le TMT, le sommet du Mauna Kea est tout simplement le meilleur site possible. Ils ont besoin d’un site dans l’hémisphère Nord permettant de faciliter les partenariats avec les télescopes du sud, comme le Télescope Magellan Géant en construction au Chili.
Ensuite, il y a une question d’atmosphère. Le sommet du Mauna Kea est considéré comme l’un des meilleurs endroits sur Terre pour l’astronomie. Ironiquement, c’est pour cette même raison – la raréfaction de l’oxygène – que les Hawaïens indigènes considèrent le sommet sacré. Comme beaucoup d’autres télescopes dans le monde, le TMT doit se trouver sur un site au sommet d’une montagne, loin des couches inférieures de l’atmosphère terrestre qui peuvent perturber les images des télescopes. Cependant, même au sommet du Mauna Kea, le résultat n’est pas parfait. C’est pourquoi le TMT sera équipé d’un système d’optique adaptative, qui mesure et soustrait automatiquement les perturbations causées par l’atmosphère.

Source: Adapté d’un article paru sur le site Space.com.

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 A long-standing tradition.

The project of a giant telescope – the Thirty Meter Telescope, or TMT – on the summit of Mauna Kea volcano on Hawaii Big Island has triggered a lot of conflicts between the authorities and native Hawaiians who call themselves kia’i, or protectors..

Since the start of the project, traditional ceremonies have been organised against the construction of the massive telescope on what some consider sacred land.

For centuries, Hawaiian natives have come to the mountain. The tenuous atmosphere at the summit, 4,000 metres above sea level, leaves little oxygen to feed a human brain. For native Hawaiians, that shortage of oxygen is a sign that the summit is the realm of deities and that humans should visit only for specific purposes. For the kia’i, the TMT would be one telescope too many at a site they see as stolen, sacred, delicate and consistently mismanaged. The kia’i can also point to a ring of hundreds of shrines about 300 metres below the summit, which they say marks the edge of the most sacred zone. The TMT construction would run right through that ring, and that is not acceptable.

The story of the TMT.

The story of the TMT began in 2003, when a nonprofit partnership formed between two universities in California and counterparts in Japan, China, India and Canada. Now called TMT International Observatory, the group set out to design a telescope with such a massive observing mirror that it would change science forever. Its findings could tackle some of astronomy’s existential questions and change humanity forever.

In 2009, the TMT set its sights on the summit of Mauna Kea; since then, it has worked to negotiate access and construction with the State, which owns the land, and the University of Hawaii, which manages the astronomy precinct. There have been multiple court cases over the permits required for construction. When the TMT tried to break ground in 2014, the kia’i interrupted the ceremony. Tensions came to a head in July 2019, when the TMT announced it was ready to try building again and the kia’i mobilized, blocking construction trucks from the road that climbs to the summit.

Mauna Kea: Perfect for astronomy.

Some Hawaiian residents and native Hawaiians support the TMT, seeing the telescopes as modern successors to the islanders’ expertise at navigating by the stars, as a vital segment of the local economy, and as a pathway to educational and employment opportunities for their children.

For scientists hoping to build the TMT, the summit of Mauna Kea is simply the best possible site. They want a Northern Hemisphere location to better facilitate partnerships with telescopes in the south, including the equally massive Giant Magellan Telescope already under construction in Chile.

Then, it is a matter of atmospheres. The summit of the volcano is considered among the best places on Earth for ground-based astronomy. Ironically, it is for the same reasons native Hawaiians consider the peak sacred: the barely-there oxygen. Like so many telescopes around the world, TMT is expected to be on a mountaintop site away from the lower layers of Earth’s atmosphere which can blur telescope images. Even the summit’s view, however, leaves astronomers dissatisfied. That’s why the TMT would be armed with an adaptive optics system, which measures and automatically subtracts blurriness caused by the atmosphere.

Source: Adapted from an article on Space.com.

Photos: C. Grandpey