Le plastique tue les ours polaires // Plastic is killing polar bears

En Alaska, des scientifiques ont expliqué, lors de l’Alaska Marine Science Symposium de 2023, que l’analyse du contenu de l’estomac de 51 ours polaires tués entre 1996 et 2018 avait révélé que 25 % des plantigrades avaient ingéré du plastique sous une forme ou une autre. Pire encore, deux des ours avec « une quantité importante de plastique dans l’estomac » étaient devenus très agressifs et n’étaient pas apeurés par les mesures de dissuasion visant à les éloigner. Les chercheurs ont conclu qu’il pourrait y avoir un lien entre l’ingestion de plastique et le comportement agressif des ours.
L’ingestion de plastique n’est pas bonne pour un être vivant, quel qu’il soit. Au Colorado, un ours malade a été récemment euthanasié. En examinant son estomac, on a constaté qu’il contenait une quantité inquiétante de déchets d’origine humaine qui bloquaient son système digestif.
Les photos d’ours polaires d’Alaska en train de s’attaquer à des déchets plastiques sont un autre exemple de la destruction de l’environnement par l’homme. Ces photos très émouvantes montrent une famille d’ours polaires au bord d’un cours d’eau, avec deux oursons en train de vouloir s’accaparer un récipient en plastique rempli de boue. D’autres images montrent les ours avec du plastique accroché à leurs mâchoires et en train de manger des déchets.


Crédit photo : Mediadrumimages / DannySullivan

Les déchets plastiques ne sont pas seulement un problème pour les ours, mais pour pratiquement tous les animaux, en particulier ceux qui vivent en mer. Selon le site Earth.org, on estime que 100 000 animaux marins périssent chaque année après avoir ingéré ou avoir été empêtrés dans des déchets plastiques.
Les chercheurs présents au Symposium ont insisté sur le fait qu’il est vital, pour la santé de notre planète et des animaux qui l’habitent, de se défaire du plastique, fabriqué à partir de pétrole – et donc non biodégradable – qui envahit les décharges et les océans. Au lieu de cela, nous pouvons nous tourner vers l’une des nombreuses alternatives au plastique, plus durables, qui commencent à apparaître.
En ce qui concerne les ours polaires, un chercheur a déclaré que les villes fréquentées par les plantigrades doivent prendre davantage de mesures préventives pour empêcher les ours de se retrouver dans les poubelles. Il faut stocker les déchets dans des conteneurs hermétiques et les incinérer régulièrement.
Source  : médias d’information américains.

Photo: C. Grandpey

————————————————–

Scientists in Alaska have reported at the 2023 Alaska Marine Science Symposium that analysis of the stomach contents of 51 polar bears killed between 1996 and 2018 showed that 25% of the bears had eaten some kind of plastic. Even worse, two of the bears with a “significant amount of plastics in their stomachs” were highly aggressive and “did not respond to polar bear deterrent measures.” The researchers concluded their could be a link between the ingestion of plastic and the bears’ behaviour.

Eating plastic is not good for any living creature. In Colorado, a sick bear was recently euthanized. Upon examining its stomach, it was found that it had an alarming amount of human waste and other trash blocking its digestive system.

Photos of Alaskan polar bears gnawing on plastic waste are the latest example of environmental demise caused by humans. The heartbreaking photos show a family of polar bears on the bank of a waterway, and the two cubs play tug-of-war with a sludge-filled, plastic gallon container. Other images show the bears with plastic hanging from their mouths or attempting to eat the garbage.

Plastic waste is not just a problem for bears, but for practically all animals, especially marine life. According to Earth.org, an estimated 100,000 marine animals are killed every year from ingesting or becoming entangled in plastic waste.

The rearchers at the Symposioum insisted that it is vital, for the health of our planet and the animals that inhabit it, that we move beyond plastic, which is made out of oil and is not biodegradable, clogging up landfills and the oceans. Instead, we can turn to any of the many more sustainable plastic alternatives that are starting to crop up.

As for the polar bears, one researcher said that towns with bears in the vicinity should take more preventative measures to stop the bears from getting into the trash, such as storing garbage in a shipping container and incinerating it regularly.

Source : U.S. News media.

Le drapeau de l’Alaska

Tout le monde connaît mon attachement à l’Alaska, le 49ème Etat de l’Union où j’ai eu l’occasion de me rendre à plusieurs reprises. C’est en Alaska que j’ai pris conscience de l’ampleur de la fonte des glaciers et que j’ai décidé, à mon modeste niveau, de lancer des messages d’alerte.

Comme beaucoup de pays nordiques,l’Alaska possède les légendes et des histoires assez incroyables.

Il y a l’histoire de l’acheminement par chiens de traîneaux d’un sérum destiné à mettre fin à une épidémie de diphtérie qui faisait des ravages dans la ville de Nome en 1925. Pour commémorer cet exploit humain, chaque année à lieu l’Iditarod, la plus fantastique des courses de chiens de traîneaux, entre Anchorage et Nome. J’ai raconté cette « belle histoire de sérum » sur ce blog les 6, 7 et 8 mars 2021 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/03/06/une-belle-histoire-de-serum-1/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/03/07/une-belle-histoire-de-serum-2/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/03/08/une-belle-histoire-de-serum-3/

Les animaux font souvent partie des histoires nordiques. L’une d’elles nous raconte comment deux élans sont morts, leurs bois enchevêtrés, au cours d’une bagarre. Paralysés dans cette position, ils étaient voués à une mort certaine car ils ne pouvaient plus toucher le sol avec leurs museaux. Il ne pouvaient donc ni manger, ni boire. De plus, ils n’avaient plus aucun moyen de se défendre mis à part leurs sabots. Les loups et les ours étant nombreux dans la région, leur sort était scellé d’avance. Vous découvrirez l’histoire en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2013/09/27/la-mort-au-coin-du-bois-yukon-canada/

Une autre histoire attendrissante concerne le drapeau de l’Etat d’Alaska. Avant de faire partie de l’Union, l’Alaska était un territoire qui avait été racheté aux Russes en 1867 pour l’équivalent de 120 millions de dollars actuels. Son gouvernement, pensant qu’ un drapeau officiel aiderait à devenir un vrai État, décida d’organiser un concours pour le créer. Le principe était simple : dessiner soi-même le drapeau avant de le proposer à un jury. 700 écoliers participèrent à cette compétition, dont Benny Benson, un gamin d’origine suédoise et esquimau. Benny avait eu une enfance terrible dans les années 1920. Sa mère était décédée d’une pneumonie et, peu de temps après, l’incendie de sa maison avait obligé son père à le placer, lui et ses frères, dans un orphelinat. C’est dans l’école où il se rendait quotidiennement, que le gosse décida de participer à ce concours assez étonnant…et il gagna les 1000 dollars mis en jeu. …

Benny Benson a dessiné un drapeau présentant un fond bleu roi sur lequel apparaissent des étoiles de couleur jeune. Le garçon a choisi la couleur bleue pour rappeler le ciel de l’Alaska, mais aussi le myosotis, qui est l’emblème floral de la région. S’inspirant du ciel la nuit dans le Grand Nord, il a aussi dessiné les sept étoiles en forme de casserole qui forment la Grande Ourse, symbole de force. Une huitième étoile, plus grosse, l’Etoile Polaire, symbolise le futur État de l’Alaska, l’État de l’Union le plus au nord.

Benny Benson a empoché 1.000 dollars mais surtout, il est entré dans l’histoire des Etats-Unis, et même du monde en étant la personne la plus jeune à avoir dessiné un drapeau officiel. Le drapeau a été inauguré en juillet 1927, mais l’Alaska a dû attendre 32 ans pour devenir enfin le 49ème Etat américain.

Crue glaciaire en Alaska // Glacier lake outburst flood in Alaska

Comme je l’ai expliqué dans des notes précédents, la fonte des glaciers donne naissance à des lacs glaciaires qui sont souvent retenus par des moraines. Ces barrages peuvent être fragiles et s’éventrer sous la pression de l’eau, et déclencher des crues glaciaires catastrophiques.
Une telle crue s’est produite le 5 août 2023 sur le glacier Mendenhall près de Juneau, la capitale de l’Alaska. Elle a causé de graves dégâts et détruit plusieurs structures. Des arbres et des débris jonchent actuellement la rivière Mendenhall qui circule en aval du glacier. Une vidéo tournée par un habitant montre une structure de plusieurs étages en train de s’effondrer dans la rivière.
La crue a été causée par une rupture de la moraine qui retient le Suicide Basin, en bordure du glacier Mendenhall (voir la carte ci-dessous).
Le niveau du lac Mendenhall s’est soudain élevé pour atteindre à 4,50 mètres le 5 août 2023 vers 23 h 15 (heure locale), bien au-dessus du record précédent de 3,60 mètres en juillet 2016. Des inondations importantes ont été signalées dans des zones qui n’avaient pas été impactées auparavant. On observe aussi une érosion importante le long des berges. Cette crue glaciaire a entraîné la fermeture de plusieurs routes dans la région, y compris des ponts. Les services d’urgence de Juneau ont demandé aux habitants de rester à l’écart de la rivière pendant la durée de la crue.
Source : médias d’information américains.

—————————————————

As I explained in previous posts, the melting of glaciers gives birth to glacial lakes which are often held back by moraines. These dams may be fragile and break open under the pressure of the water, and trigger ‘glacial lake outburst floods’.

A glacier lake outburst flood occurred on August 5th, 2023 at the Mendenhall Glacier near Juneau, Alaska’s capital. It caused serious damage, destroying several structures. Trees and debris are currently littering the Mendenhall River. A video shot by a resident shows a multi-story structure collapsing into the river.

The flooding was caused by an outburst flood on Suicide Basin, a side basin on the Mendenhall Glacier (see map below).

The Mendenhall Lake level crested at 4.50 meters on August 5th, 2023 around 11:15 p.m. local time, well above the previous record of 3.60 meters in July 2016. Significant flooding was reported in areas that previously have not seen flooding, and there has been significant erosion along the riverbanks. The flooding has closed several roads in the region, including bridges. City emergency services have urged residents to stay away from the river during the duration of the flood event.

Source : U.S. News media.

Sources : NWC, NOAA

Fausse alerte volcanique sur l’Iliamna (Alaska) // False volcanic alert on Iliamna (Alaska)

Dans plusieurs notes publiées sur ce blog en mai 2012 et mai 2016, j’ai indiqué que la sismicité augmentait sur l’Iliamna (3 053), un stratovolcan recouvert de glaciers sur la rive ouest de Cook Inlet, à environ 225 km au sud-ouest d’Anchorage.
L’Observatoire Volcanologique d’Alaska m’a envoyé un e-mail le 5 juin 2023 indiquant qu’une nouvelle hausse de la sismicité avait été observée sur l’Iliamna, à partir de 20h00 (UTC). En conséquence, l’Observatoire a relevé la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à Advisory (surveillance conseillée)
Les événements sismiques ont d’abord été enregistrés à des intervalles d’une minute et sont devenus plus rapprochés. L’Observatoire a pensé que la sismicité pourrait être liée au mouvement de magma ou de fluides hydrothermaux sous le volcan. L’activité sismique a atteint son maximum au moment où une avalanche de glace et de roches s’est déclenchée un peu avant 01h14 (UTC) le 6 juin. Il ne s’agissait donc pas d’un événement d’origine volcanique. Les signaux sismiques correspondaient à l’une des avalanches qui se produisent périodiquement sur le Red Glacier, sur le flanc est de l’Iliamna. La sismicité a ensuite décliné et retrouvé son niveau normal. L’AVO a logiquement abaissé les niveaux d’alerte mentionnés ci-dessus.
Contrairement au volcan Redoubt qui se dresse à proximité, l’Iliamna n’a pas une histoire d’éruptions majeuress. Selon la Smithsonian Institution, seules quelques éruptions explosives se sont produites pendant l’Holocène sur le volcan qui n’a pas de cratère bien défini. La plupart des rapports d’éruptions historiques font état de puissants panaches de fumerolles à l’est et au sud-est du sommet, souvent confondus avec des colonnes éruptives. Des éruptions avec coulées pyroclastiques remontent à 300 et 140 ans. Une sismicité élevée accompagnant la mise en place de dikes sous le volcan a été enregistrée en 1996.
Source : AVO, Smithsonian Institution.

———————————————

In several posts released in May 2012 and May 2016, I indicated that seismicity was increasing at Mt Iliamna (3 053) a glacier-covered stratovolcano on the western side of Cook Inlet, about 225 km SW of Anchorage.

The Alaska Volcano Observatory sent me an e-mail on June 5th, 2023 indicating that a new increase in seismicity had been observed at Iliamna, beginning at 20:00 UTC. As a result, the Observatory raised the Aviation Color Code and the Volcano Alert level for Iliamna to Yellow and Advisory.

The rate of earthquakes initially occurred in 1-minute intervals and became more closely spaced. The Observatory thought the seismicity might be related to magmatic movement or hydrothermal fluids beneath the volcano. The seismic activity culminated in an ice-rock avalanche slightly before 01:14 UTC on June 6th. The seismic signals matched historic observations of avalanches associated with Red Glacier on Iliamna Volcano’s eastern flank. Seismicity later declined to background levels and the Aviation Color Code and Volcano Alert Level were lowered to Green and Normal.

Contrary to neighbouring Mount Redoubt, Iliamna does not have a history of powerful eruptions. According to the Smithsonian Institution, only a few Holocene explosive eruptions have occurred at the volcano, which lacks a distinct crater. Most of the reports of historical eruptions include plumes from vigorous fumaroles east and SE of the summit, which have often been mistaken for eruption columns. Eruptions producing pyroclastic flows have been dated at about 300 and 140 years ago and elevated seismicity accompanying dike emplacement beneath the volcano was recorded in 1996.

Source : AVO, Smithsonian Institution.

Source: AVO

Photo: C. Grandpey

Glissements de terrain et avalanches sont fréquents sur les versants pentus de l’Iliamna (Source: AVO)