Découverte d’un mont sous-marin dans le Pacifique // Discovery of a seamount in the Pacific Ocean

Un projet de cartographie des fonds marins du Pacifique mis sur pied par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a localisé un mont sous-marin (seamount en anglais) de 1 574 mètres de haut, qui couvre 14 kilomètres carrés et se cache à 2 400 mètres sous la surface de de l’océan dans les eaux internationales. Il a été découvert par une équipe scientifique à bord du navire de recherche Falkor, à environ 155 kilomètres de la zone économique exclusive du Guatemala.
Cette découverte montre tout ce qu’il nous reste à découvrir au fond de nos propres océans. Comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que le fond des mers sur Terre. .
Les monts sous-marins sont des édifices généralement d’origine volcanique. La plupart sont donc des vestiges de volcans éteints. Ils sont le plus souvent de forme conique, mais présentent parfois d’autres caractéristiques importantes telles que des cratères et des crêtes. Certains, appelés guyots, ont de grands sommets plats. On estime que le nombre de monts sous-marins d’au moins 1 000 mètres de haut est supérieur à 100 000. Toutefois, malgré leur abondance, moins de 10 pour cent des monts sous-marins dans le monde ont été explorés.
Les monts sous-marins intéressent les scientifiques car ils constituent des « oasis de vie », abritant des coraux, des éponges et de nombreux invertébrés. Selon la NOAA, le mont sous-marin récemment découvert « a l’apparence d’un volcan classique ». Il est situé dans le bassin du Guatemala, dans une zone de fonds marins vieille d’environ 20 millions d’années et qui ne présente probablement plus d’activité volcanique.
Source : NOAA, Miami Herald.

Bathymétrie chromatique du mont sous-marin (Source : NOAA)

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A Pacific seafloor mapping project et up by the National Oceanic and Atmospheric Administration ‘NOAA) has located a 1,574-meter-high seamount that covers 14 square kilometers and hides 2,400 meters below sea level in international waters. It was discovered by a team aboard the research vessel Falkor (too), about 155 kilometers outside the Guatemalan Exclusive Economic Zone.

The discovery shows how much we have yet to discover,at the bottom of our own oceans. As I put it several times before, we know the surface of Mars better than the bottom of the seas on Earth. .

Seamounts are underwater mountains that typically begin as volcanoes. Therefore, most seamounts are remnants of extinct volcanoes. Typically, they are cone shaped, but often have other prominent features such as craters and linear ridges and some, called guyots, have large, flat summits.The number of seamounts that are at least 1,000 meters high is thought to be greater than 100,000. Despite their abundance, however, less than ten percent of the seamounts in the world have been explored.

Seamounts are of interest to scientists because they serve “oases of life,” hosting corals, sponges and numerous invertebrates. According to NOAA, the newly discovered seamount “has a classic volcano appearance.” It is located in the Guatemala basin … in an area of the seafloor that is roughly 20 million years old and most likely not exhibiting volcanic activity anymore.

Source : NOAA, Miami Herald.

Hawaii : les secrets des profondeurs // The secrets of the depths

Dans une étude publiée le 22 décembre 2022 dans la revue Science, une équipe scientifique du California Institute of Technology (Caltech) a proposé une réponse à la question : comment le magma issu du manteau profond se déplace-t-il vers la surface à Hawaii?
Les réservoirs magmatiques peu profonds qui alimentent les éruptions à Hawaii sont étudiés depuis un certain temps grâce au comportement des ondes sismiques. Les fluctuations de leur vitesse et de leur trajectoire indiquent aux scientifiques les types de matériaux traversés, avec des indications sur leur température, leur densité et leur composition. Cependant, pour vraiment comprendre ce qui gère ces processus volcaniques, les scientifiques ont besoin de savoir ce qui se passe à l’interface entre le manteau visqueux et la croûte solide. C’est ce que révèle la nouvelle étude.
La structure globale décrite dans l’étude est composée de plusieurs chambres allongées ou sills. [NDLR : un sill est une infiltration de roche magmatique entre deux couches plus anciennes d’autres roches (sédimentaires, volcaniques, métamorphiques)]. Lorsque les éruptions évacuent le magma des réservoirs peu profonds qui les surmontent, ces sills profonds semblent réagir.
Une activité sismique persistante dans une zone au sud-ouest du Kilauea et à une trentaine de kilomètres sous la surface avait précédemment laissé supposer l’existence possible d’un ensemble de failles permettant au magma de se déplacer des profondeurs vers des réservoirs proches de la surface. En outre, depuis les années 1980, certains signaux sismiques avaient suggéré que du magma s’agitait dans la région. Jusqu’à récemment, la véritable nature de ce labyrinthe souterrain reposait davantage sur la spéculation que sur la vérité scientifique. Ce dont les scientifiques avaient besoin, c’était d’un pic d’événements sismiques provenant de cette région précise. Une telle situation a semblé se produire en 2015 lorsque l’activité sismique dans la région s’est un peu accélérée.
Cependant, la vraie réponse est apparue en 2018. Après une éruption plus ou moins continue du Kilauea pendant 35 ans, une séquence éruptive majeure a commencé sur le volcan, avec l’émission d’énormes quantités de lave au cours de trois mois. La vidange du réservoir magmatique peu profond a provoqué l’effondrement spectaculaire de la zone sommitale.

Les géologues ont enregistré un pic significatif d’activité sismique profonde en 2019 sous la ville de Pāhala, à environ 40 km au sud-ouest du Kilauea. L’essaim sismique de Pāhala était une opportunité de découvrir ce qui se passait sous l’île, mais les scientifiques à eux seuls n’étaient pas été en mesure d’identifier individuellement tous les séismes car les plus petits étaient carrément étouffés par des événements plus importants.
L’équipe scientifique du Caltech a transmis l’intégralité de l’enregistrement de l’essaim sismique à un programme informatique automatique, une technique qui avait déjà été utilisée pour identifier des millions de séismes en Californie. Le programme a rapidement fait la différence entre les véritables séismes et les bruits parasites, puis il a identifié et caractérisé des milliers d’événements qui auraient été ratés par les programmes conventionnels de détection de signaux sismiques.
De novembre 2018 à avril 2022, le système a enregistré environ 192 000 séismes sous Pāhala. En transférant ces événements sur une carte, l’équipe scientifique a découvert avec surprise un ensemble de structures magmatiques représentant le cœur volcanique qui battait au sud d’Hawaii. Certains événements sismiques provenaient d’une région située à 28-32 km de profondeur. Ces séismes longue période sont généralement attribués aux vibrations produites par le mouvement des fluides, y compris le magma. L’essentiel de la sismicité provenait d’une zone située entre 35 et 43 km de profondeur. Ces séismes volcano-tectoniques délimitaient un certain nombre de structures en forme de feuille, presque horizontales ; certaines d’entre elles avaient 6,5 km de long et 4,8 km de large.
Le complexe Pāhala Sill semble donner naissance à plusieurs artères. Une voie majeure, marquée par des séismes indiquant des fracturations de roches, semble conduire directement dans l’un des réservoirs de magma peu profonds du Kilauea. Ce n’est peut-être pas une coïncidence, alors, si le complexe de sills a commencé à se manifester sans relâche en 2019. Lors de l’éruption de 2018, le Kilauea a été vidé d’une partie importante de son réservoir magmatique peu profond, ce qui a provoqué une chute de pression. Suite à cela, du magma a été aspiré dans les sills pour rétablir la pression. Des événements similaires se sont produits lors de la brève éruption du Kilauea en 2020.
Les prochaines études pourraient permettre de savoir si le Kilauea et le Mauna Loa, qui sont des voisins relativement proches à la surface, sont connectés en profondeur. À ce jour, il existe peu de preuves concrètes de cette hypothèse et les scientifiques conviennent généralement que les deux volcans sont indépendants l’un de l’autre.
Source : Caltech, The Washington Post.

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In a study published on December 22nd, 2022 in the journal Science, a scientific team from the California Institute of Technology (Caltech) has offered a possible answer to the question : how does magma from the deep mantle travel to the Hawaiian surface?

The shallow magma reservoirs that feed Hawaii’s eruptions have been known about for some time thanks to gthe behaviour of seismic waves. Changes in their speed and trajectory tell scientists what sorts of matter they have been travelling through, providing clues to its temperature, density and composition. However, to truly understand what drives these volcanic processes, scientists need to know what is happening at the interface of the squishy mantle and the solid crust. That is what is revealed by the new study.

The giant feature described in the study is made up of several elongated chambers or sills. When eruptions drain magma from the shallow reservoirs above, these deep-seated sills seem to react.

A persistent seismic activity from an area southwest of Kilauea and about 30 km below ground had previously suggested that a collection of faults may exist there, creating pathways for magma to travel from the depths to near-surface reservoirs. Besides, since the 1980s, special kinds of quakes have hinted that magma has been churning about in the region. But until recently, the true nature of this underground labyrinth was based more on speculation than scientific truth. What scientists needed was a sustained spike in quakes coming from that exact region. Things looked promising in 2015 when the region’s rumbling picked up a little.

However, the real answer appeared in 2018. After Kilauea had been erupting more or less continuously for 35 years, a major eruptive sequence began at the volcano. The event produced huge amounts of lava in three months. The drainage of the volcano’s shallow magma reservoir caused its summit to collapse dramatically.

Geologists recorded a shocking spike in deep seismic activity in 2019 below the town of Pāhala, which sits about 40 km southwest of Kilauea. While the Pāhala quake swarm was a chance to unearth the island’s buried magmatic treasure, scientists alone were not able to identify many of the individual quakes as the smaller ones were smothered by bigger events.

The scientific team from Caltech fed the entire recording of the seismic swarm to a machine learning program, a technique which had previously been used to identify millions of hidden quakes in California. The program quickly made the difference between what was a real quake and what was extraneous noise, then identified and characterized thousands of events that would have been missed by conventional seismic signal detection programs.

From November 2018 to April 2022, the system logged around 192,000 quakes below Pāhala. Plotting these events on a map, the team was stunned to discover a collection of pulsing magmatic structures which were the beating volcanic heart of southern Hawaii. Some of the quakes came from a region 28 to 32 km deep: these long-period earthquakes are usually attributed to the vibrations made by the movement of fluids, including magma. The bulk of the seismicity came from an area 35 to 43 km deep. These volcano-tectonic quakes delineated a number of near-horizontal sheetlike structures, some of them 6.5 km long and 4.8 km wide.

The Pāhala Sill Complex appears to have several arteries branching from it. One major pathway, marked by rock-breaking quakes, appears to lead right into one of Kilauea’s shallow magma reservoirs. It’s perhaps no coincidence, then, that the sill complex began to thunder relentlessly in 2019. During the 2018 eruption, Kilauea was drained of a significant portion of its shallow magma supply, causing a pressure drop. In response, magma was sucked into the sills to equalize the pressure. Similar events happened during Kilauea’s briefer 2020 eruption.

Further work may help resolve the controversial question of whether Kilauea and Mauna Loa, which are relatively close neighbours at the surface, are somehow connected at great depths. To date, little concrete evidence for this hypothesis exists, and experts generally agree that the two volcanoes are largely independent of one another.

Source : Caltech, The Washington Post.

Hypothèse du HVO sur le parcours de la lave sous le Kilauea

Le séisme de M 6,9 sur le Kilauea le 4 mai 2018 et ses répliques plusieurs mois plus tard (Source: USGS)

Le Vésuve à Limoges le 5 décembre !

J’aurai le plaisir de présenter à LIMOGES (Haute Vienne) – dans le cadre de l’Université de Tous Ages – une conférence intitulée « Champs Phlégréens, Vésuve, Herculanum et Pompéi  »  le mardi 5 décembre 2023 à 15h00 dans l’auditorium Clancier de la Bibliothèque Francophone Multimédia.

Au départ de Pouzzoles, je conduirai le spectateur à travers la Campanie avec une première étape dans la Solfatara, une cocotte-minute prête à exploser. Puis, nous escaladerons les pentes du Vésuve dont la prochaine éruption pourrait être dévastatrice. Nous déambulerons ensuite dans les rues de Herculanum et Pompéi, détruites par le volcan en l’an 79.

Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, intitulé « La Java des Volcans». Il fait voyager à travers l’île indonésienne de Java qui héberge plusieurs volcans aussi explosifs que le Vésuve.

A l’issue de la conférence, le public pourra se procurer le dernier livre « Histoires de Volcans » que j’ai écrit avec Dominique Decobecq.

Attention! l’auditorium comporte quelque 110 places et priorité sera donnée aux adhérents de l’UTA qui organise cette conférence. Merci de me laisser un message si vous comptez venir. grandpeyc@club-internet.fr

Photos: C. Grandpey

Les « Cahiers de Robert Margerit », un grand moment de littérature

Le 25 novembre dernier, je me suis rendu au théâtre de la Passerelle à Limoges à l’occasion de la présentation du numéro 27 des « Cahiers Robert Margerit ». Cet adorable théâtre géré par Michel Bruzat va malheureusement fermer définitivement ses portes à la fin de l’année. Ainsi disparaîtra, après 37 années d’activité, un haut lieu culturel de Limoges.

L’invité de cette séance animée par Chris Dussuchaud était Christian Viguié, scénariste, dramaturge, poète (Prix Mallarmé 2021). « Le coureur de serpents » vient d’être publié aux Editions Les Monédières.

J’éprouve toujours un grand plaisir à lire ces Cahiers à la grande qualité d’écriture. Dans le numéro 27 figure, entre autres, un texte intitulé « Ady et l’Ovalie » écrit par Jean Colombier, auteur avec lequel je partage des souvenirs universitaires à Poitiers.

J’ai découvert dans les derniers Cahiers une longue présentation du dernier livre « Histoires de Volcans » que j’ai écrit avec Dominique Decobecq. Ce fut une belle surprise. Je remercie sincèrement Chris pour cette mise en valeur de l’ouvrage, et de m’avoir donné la parole lors de la séance du 25 novembre.

Je vous invite à lire sur la page Facebook de Chris McQueen la note du 25 novembre 2023 avec la présentation des Cahiers et de la séance de ce même jour. Sa prose est pour moi un véritable régal…

https://www.facebook.com/profile.php?id=100014368519487

L’ouvrage est disponible en librairie et à cette adresse :

Association des Amis de Robert Margerit : Parc des Bayles, avenue du Château 87170 Isle (contact@robert-margerit.com ; 05 55 05 08 77).