Uturuncu, volcan ‘zombie’ en Bolivie // Uturuncu, a ‘zombie’ volcano in Bolivia

Une équipe internationale de scientifiques vient de résoudre le mystère de l’Uturuncu, un volcan supposé endormi dans le sud de la Bolivie, mais qui fait entendre des grondements. Leur étude, publiée dans les Proccedings de la National Academy of Sciences (PNAS), offre à ce jour l’approche la plus détaillée du volcan. Elle révèle que la déformation du sol et l’activité sismique qui y sont observées depuis longtemps sont dues au mouvement de fluides et de gaz à haute température, mais pas à la remontée de magma. Les chercheurs pensent qu’il n’y a pas de risque d’éruption immédiate, mais ils confirment qu’un système magmatique demeure actif sous la surface. La probabilité d’une éruption imminente reste donc faible malgré les récents grondements liés à l’activité sismique enregistrée dans la région et à la déformation du sol, avec l’élévation de la base du volcan et l’affaissement des zones environnantes.
Bien qu’il soit en théorie éteint – sa dernière éruption remonte à 250 000 ans – le volcan Uturuncu continue d’émettre des panaches de gaz. Les chercheurs ont cherché à mieux comprendre l’activité volcanique afin d’évaluer la gravité d’une éventuelle éruption, ainsi que les dégâts matériels et humains.

Crédit phoro : Wikipedia

L’équipe internationale, avec des scientifiques chinois, britanniques et américains, a réalisé des images haute résolution du magma et des gaz qui circulent sous le volcan. Leur étude révèle que le grondement entendu autour de l’Uturuncu est dû aux mouvements de liquides et de gaz sous le cratère. L’imagerie a révélé un système de conduits sous-jacent au volcan, dans lequel circule un mélange complexe de fluides et de gaz à travers des réservoirs magmatiques et des systèmes hydrothermaux.
On savait que l’Uturuncu se trouvait au-dessus du plus grand corps magmatique connu dans la croûte terrestre, relié à un système hydrothermal actif. Cependant, le mode de circulation des fluides dans ce système restait inconnu. Dans la dernière étude, les scientifiques ont ‘photographié’ l’intérieur du volcan en utilisant des méthodes similaires à celles utilisées pour l’imagerie médicale du corps humain. L’analyse de la structure souterraine et des propriétés physiques du volcan, telle que la composition des roches, a permis de détecter des chenaux de migration des fluides chauds vers le surface et de comprendre comment les liquides et les gaz s’accumulaient dans les réservoirs situés sous le cratère. Ils ont conclu que ces mouvements de fluides étaient la cause la plus probable de la déformation au centre du système volcanique.
Les résultats de l’étude montrent comment l’utilisation commune des méthodes géophysiques et géologiques peut permettre de mieux comprendre les volcans, leurs dangers et leurs ressources potentielles. Les chercheurs expliquent que les méthodes présentées dans cette étude pourraient être appliquées à plus de 1 400 volcans potentiellement actifs et à des dizaines de volcans ‘zombies’ comme l’Uturuncu, qui ne sont pas considérés comme actifs mais qui montrent des signes de vie.
Source : Médias d’information internationaux.

Image satellite de l’Uturuncu (Sourcee : Copernicus)

La Smithsonian Institution explique que l’Uturuncu fait partie de la zone volcanique centrale (ZVC) des Andes, une ceinture tectonique active qui s’étend au sud du Pérou, à l’ouest de la Bolivie, au nord du Chili et au nord-ouest de l’Argentine. Bien que la Bolivie compte moins de volcans historiquement actifs que ses voisins, le pays abrite plusieurs grands complexes volcaniques témoignant d’une activité holocène, notamment le Cerro Nuevo Mundo, le Cerro Chascon-Runtu Jarita, ainsi que les Cerro Luxsar et Irruputuncu, potentiellement actifs, près de la frontière chilienne.
Si aucune éruption explosive majeure n’a été enregistrée en Bolivie au cours de la période historique, des dépôts laissés par des événements passés majeurs sont préservés sur l’Altiplano, notamment au sein du complexe volcanique Altiplano-Puna. Ce complexe a produit certaines des plus importantes éruptions ignimbrites des 10 derniers millions d’années. Ces éruptions ont façonné une grande partie de la topographie volcanique actuelle de la région et enfoui des paysages plus anciens sous d’épais dépôts volcaniques.

———————————————-

An international team of scientists has just solved the mystery about a supposed dormant volcano that is showing signs of rumbling. Their study, published in PNAS, provides the most detailed view to date of the Uturuncu volcano in southwestern Bolivia, revealing that its long-standing ground deformation and seismic unrest are driven by the movement of hot fluids and gases, not by magma ascent. Researchers conclude there is no immediate eruption risk, but confirm that a deep magmatic system remains active beneath the surface. The likelihood of an imminent eruption at what researchers called Bolivia’s “zombie” volcano remains low despite recent rumbling which has been tied to frequent earthquakes in the area as well as land deformation, causing its base to rise and surrounding areas to sink, raising fears of an imminent eruption..

In spite of being technically dead, with its last eruption 250,000 years ago, the Uturuncu volcano continues to eject plumes of gases. Researchers have sought to understand the volcano’s activity better to gauge the severity of a potential eruption, which could cause widespread damage to life and property.

An international team of scientists from China, the UK and the US has conducted high-resolution imaging of magma and gases moving around underneath the volcano. Their study reveals that the rumbling of Uturuncu is caused by the movement of liquid and gas beneath the crater, with a low likelihood of imminent eruption. The imaging uncovers the plumbing system undergirding the volcano that involves a complex mixture of fluids and gases passing through magmatic reservoirs and hydrothermal systems.

Uturuncu was known to sit above the largest known magma body in the Earth’s crust with an active hydrothermal system connecting to it. But exactly how fluids moved through this underground system remained unclear. In the latest study, scientists imaged the interior of the volcano using methods similar to those for medical imaging of the human body.

Analysing this underground structure and the volcano’s physical properties, such as rock composition, helped the authors of the study to detect upward migration channels of hot fluids and understand how liquids and gases accumulated in reservoirs below the crater. They concluded that these fluid movements were the most likely cause of the deformation in the centre of the volcanic system.

The results of the study show how linked geophysical and geological methods can be used to better understand volcanoes, and the hazards and potential resources they present. The researchers explain that the methods in this paper could be applied to the more than 1400 potentially active volcanoes and to the dozens of ‘zombie volcanoes’ like Uturuncu that aren’t considered active but that show signs of life.

Source : International news media.

The Smithsonian Institution explains that Uturuncu is part of the Central Volcanic Zone (CVZ) of the Andes, a tectonically active belt that extends through southern Peru, western Bolivia, northern Chile, and northwestern Argentina. Although the country has fewer historically active volcanoes than its neighbors, it hosts several large volcanic complexes with evidence of Holocene activity, including Cerro Nuevo Mundo, Cerro Chascon-Runtu Jarita, and the potentially active Cerro Luxsar and Irruputuncu near the Chilean border.

While no major explosive eruptions have been recorded in Bolivia during the historical period, deposits from large past events are preserved across the Altiplano, particularly within the Altiplano-Puna Volcanic Complex. This complex has produced some of the largest ignimbrite-forming eruptions in the last 10 million years. These eruptions shaped much of the region’s current volcanic topography and buried older landscapes under thick volcanic deposits.

Accélération de la hausse du niveau des océans // Ocean levels are rising faster

Avec la hausse des températures que j’évoquais à propos d’avril 2025, les glaciers et la banquise fondent de plus en plus vite et contribuent à l’élévation du niveau de la mer.
Une hausse brutale du niveau de la mer en 2024 a suscité des inquiétudes parmi les scientifiques de la NASA. En effet, une analyse a révélé que cette hausse était supérieure à ce qu’ils attendaient.
Un réchauffement des océans plus important que d’habitude, conjugué à la fonte des glaces terrestres, a provoqué une hausse du niveau de la mer qui a surpris les scientifiques. La hausse a été de 0,58 cm en 2024, soit plus que les 0,43 cm prévus par les prévisionnistes. Un scientifique de la NASA a déclaré : « Chaque année est différente, mais il est clair que le niveau des océans continue de monter, et le rythme s’accélère de plus en plus.»
La NASA a imputé cette hausse principalement à la dilatation thermique, c’est-à-dire à l’expansion de l’eau des océans lorsqu’elle se réchauffe. Ces dernières années, environ les deux tiers de l’élévation du niveau de la mer résultaient de la fonte des glaces terrestres, tandis qu’un tiers était dû à la dilatation thermique. Cependant, en 2024, cette tendance s’est inversée et la dilatation thermique a représenté les deux tiers de l’élévation.
L’élévation annuelle moyenne du niveau de la mer a plus que doublé depuis que la NASA a commencé à utiliser des satellites pour mesurer l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale en 1993, avec une augmentation totale de 10,16 cm (4 pouces).
Les autorités de Californie du Nord ont averti que les changements environnementaux liés à l’élévation du niveau de la mer se font déjà sentir dans la région. Une communauté autochtone d’Amérique centrale risque d’être déplacée en raison de la menace d’inondations liée à la montée du niveau de la mer sur sa petite île.
La NOAA a déclaré que la montée des eaux aggraverait les ondes de tempête à mesure que le niveau de l’eau monterait le long des côtes. Des niveaux d’eau plus élevés au départ signifient que les ondes de tempête mortelles et destructrices, telles que celles associées à l’ouragan Katrina, à la « super tempête » Sandy et à l’ouragan Michael, se propagent plus loin à l’intérieur des terres qu’auparavant. L’élévation du niveau de la mer entraîne également des inondations plus fréquentes lors des grandes marées.
Source : NASA, NOAA.

L’érosion littorale est l’une des principales conséquences de la hausse de niveau des océans (Photo: C. Grandpey)

——————————————-

With the rise in temperatures I mentioned about April 2025, glaciers and sea ice are melting faster and contributing to sea level rise.

An abrupt rise in global sea level in 2024 has raised concerns among NASA scientists. An analysis has revealed that the increase was more than what scientists had been expecting.

A higher-than-usual amount of ocean warming, along with meltwater from land-based ice, caused a jump in sea level that surprised scientists. The rate of rise in 2024 was 0.23 inches (0.58 cm) per year, more than the rate of 0.17 inches (0.43 cm) that forecasters had projected. Said a NASA scientist : « Every year is a little bit different, but what’s clear is that the ocean continues to rise, and the rate of rise is getting faster and faster. »

NASA blamed the rise mostly on thermal expansion, the expansion of ocean water as it warms. In recent years, approximately two-thirds of sea level rise resulted from land-based ice melt, while one-third was due to thermal expansion. However, in 2024, this trend reversed and thermal expansion accounted for two-thirds of the rise.

The average yearly rise in sea level has more than doubled since NASA started using satellites to measure global sea level rise in 1993, with the global sea level increasing by a total of 4 inches (10.16 cm).

Officials in Northern California have warned that environmental changes from rising sea levels are already being experienced in the region. A Central American Indigenous community is at risk of relocation because of the threat of flooding from rising sea levels on their small island.

NOAA has said rising seas will worsen storm surges as water levels climb along coastlines. Higher background water levels mean that deadly and destructive storm surges, such as those associated with Hurricane Katrina, ‘Superstorm’ Sandy, and Hurricane Michael, push farther inland than they once did. Higher sea level also means more frequent high-tide flooding.

Source : NASA, NOAA.

Températures : avril 2025 dans le monde, en Europe et en France

Dans son dernier bulletin du 8 mai 2025, l’agence européenne Copernicus sur le changement climatique indique qu’avril 2025 a été le deuxième mois le plus chaud dans le monde. Au cours des 22 derniers mois, tous les mois, sauf un, ont dépassé 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. À l’échelle mondiale, les températures sont restées à des niveaux proches des records en avril 2025, prolongeant une vague de chaleur sans précédent, malgré la fin du phénomène de réchauffement El Niño.

L’étendue de la banquise arctique en avril 2025 a été inférieure de 3 % à la moyenne, soit la sixième plus faible étendue mensuelle pour un mois d’avril depuis les 47 ans d’observations satellitaires, après quatre mois de valeurs mensuelles record pour la période de l’année.
L’étendue de la banquise antarctique était inférieure de 10 % à la moyenne, ce qui en fait la dixième plus faible étendue jamais enregistrée pour le mois.

Copernicus indique également que la température moyenne en Europe en avril 2025 s’est élevée à 9,38 °C, soit 1,01 °C de plus que la moyenne de 1991-2020, ce qui en fait le sixième mois d’avril le plus chaud. Les températures ont été majoritairement supérieures à la moyenne en Europe. Les anomalies les plus importantes ont été enregistrées en Europe de l’Est, dans l’ouest de la Russie, au Kazakhstan et en Norvège, tandis que des températures inférieures à la moyenne ont été observées en Turquie, dans l’est de la Bulgarie et de la Roumanie, dans la péninsule de Crimée et dans le nord de la Fennoscandie.

En France, Météo- France indique qu’avec une température moyenne de 13,5 °C et une anomalie de +1,7 °C par rapport à la normale, avril 2025 se hisse au 5ème rang des mois d’avril les plus chauds depuis le début des mesures en 1900. L’anomalie de température est particulièrement marquée sur les températures maximales et sur le nord du pays avec 2 à 3 °C au-dessus de la normale. La douceur a été omniprésente au cours du mois, avec deux épisodes anormalement chauds en début et fin de mois, au cours desquels les 25 °C ont été dépassés, les 30 °C presque atteints.

Météo-France a toujours autant de mal à affirmer clairement que nous vivons sous l’influence d’un phénomène de réchauffement climatique. La plupart des agences climatiques dans le monde alertent les populations, mais Météo France traîne les pieds. Est-ce la peur de dire des vérités ?

Suite au record de chaleur enregistré à Paris le 1er mai 2025, l’agence climatique nationale se contente de dire que cette chaleur estivale précoce est « assez exceptionnelle », alors que nous sommes plus de quatre degrés au-delà des moyennes de saison et que le seuil des 30 degrés à Paris est en général franchi à la mi-juin !!

Météo France s’empresse d’ajouter que « ce n’est pas la première fois que l’été prend un peu d’avance. En 2005, un épisode de chaleur précoce comparable s’était produit sur tout le pays à la même période. Et il y a même eu dans le passé des températures similaires encre plus tôt dans l’année, comme au début avril 2024, ou encore en 2018. » Ce que Météo France ne dit pas, c’est que ces records de chaleur se situent tous dans les dernières décennies, après les années 1970 où a officiellement commencé – d’après l’Organisation Météorologique Mondiale – le réchauffement climatique dans le monde.

Météo France ose poser la question : « Faut-il voir [dans les records de température du 1er mai] un signe du réchauffement climatique ? » Et l’agence de rappeler que « pour répondre à cette question, il faut bien distinguer météo et climat, en regardant les tendances longues de température sur plusieurs décennies. » Au bout du compte, Météo France est bien obligée d’admettre, mais sans trop insister, qu’ « effectivement, malgré de grandes variations selon les années, la tendance de fond qui se dessine est bien celle d’un réchauffement. »

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’Épisode 20 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé à 21h58 (heure locale) le 6 mai 2025, après 4 heures et 30 minutes d’activité soutenue. Des coulées et des fontaines de lave ont jailli des bouches éruptives nord et sud, mais la bouche nord a été beaucoup plus active que la sud pendant toutes les phases de l’Épisode 20. Comme je l’ai déjà indiqué, les fontaines ont atteint une hauteur estimée à plus de 150 mètres. Les coulées de lave de cet épisode ont recouvert moins de la moitié du plancher du cratère de l’Halema’um’au. La fin de l’activité de fontaines s’est accompagnée d’un changement rapide du tilt sommital qui est passé de la déflation à l’inflation, signe qu’un 21ème épisode éruptif se produira probablement d’ici quelques jours. On a également observé un déclin rapide du tremor éruptif.

Environ 2,5 millions de mètres cubes de lave ont jailli pendant la phase la plus intense de fontaines de lave de l’Épisode 20, avec un débit moyen d’environ 140 mètres cubes par seconde. Le débit pendant les 30 premières minutes de fontaines intenses était de l’ordre de 200 mètres cubes par seconde.

Source : HVO.

Image webcam

++++++++++

Un nouvel épisode éruptif a été enregistré – mais pas observé à cause des mauvaises conditions météo – le 5 mai 2025 sur le Cratère SE de l’Etna (Sicile). Accompagnant l’activité strombolienne habituelle, deux coulées de lave ont été émises, l’une vers le sud-est, se divisant en deux ou trois branches, et une plus petite vers le sud. Au cours de la phase de plus active de l’événement, il y a eu une légère retombée de cendres dans la zone de Fiumefreddo. D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du tremor a atteint sa valeur maximale vers 14h00 UTC, avant de diminuer rapidement.
Source : INGV.

Source : INGV

++++++++++

Dans une note diffusée le 30 avril 2025, j’indiquais qu’une petite explosion de courte durée avait été détectée sur le complexe volcanique de l’Atka le 25 avril 2025 grâce aux données infrasonores et sismiques locales qui ont montré que l’explosion provenait du cratère sommital Korovin, l’un des nombreux cônes actifs du complexe volcanique. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne avait été relevée au Jaune et le niveau d’alerte volcanique était passé à Advisory (surveillance conseillée).

Le 30 avril, l’AVO a indiqué qu’aucune autre activité explosive n’a été détectée sur le complexe volcanique d’Atka depuis la petite explosion survenue le 25 avril. Par conséquent, la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Vert et le niveau d’alerte volcanique a été ramené à Normal.

++++++++++

L’activité éruptive se poursuit sur le Sabancaya (Pérou) avec des panaches de cendres qui montent jusqu’à 800 mètres au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte volcanique reste à la couleur Orange.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

++++++++++

Dans une mise à jour publiée le 6 mai 2025, le Met Office islandais indique que les données de déformation montrent toujours des signes évidents de soulèvement à Svartsengi (Islande), bien que le rythme ait ralenti ces dernières semaines. Si le soulèvement se poursuit au même rythme qu’aujourd’hui, la probabilité d’une éruption devrait augmenter à l’approche de l’automne. Cependant, si la vitesse de soulèvement, et donc l’accumulation de magma sous Svartsengi, se modifie cette prévision se trouvera modifiée. Les scientifiques revoient actuellement les scénarios possibles et évaluent la quantité de magma sous Svartsengi qui serait nécessaire pour déclencher une nouvelle éruption.
L’activité sismique se poursuit le long du dyke formé le 1er avril, mais elle a diminué depuis la fin de l’éruption. En moyenne, plusieurs dizaines de séismes ont été enregistrés chaque jour au cours des deux dernières semaines.
Source : Met Office.

Déformation du sol le 6 mai 2025 (Source : Met Office)

++++++++++

L’INSIVUMEH indique que l’activité du Santiaguito (Guatemala) au cours des dernières semaines a été caractérisée par de fréquentes extrusions de lave au niveau du dôme Caliente et une activité explosive quotidienne avec jusqu’à sept événements par heure. Les panaches de gaz et de cendres qui en ont résulté se sont élevés jusqu’à 1,2 km et se sont dispersés jusqu’à 40 km du volcan.
Le 6 mai 2025, une activité explosive de forte intensité au complexe de dômes du Santiaguito a généré des panaches de cendres jusqu’à 900 m au-dessus du cratère et des coulées pyroclastiques sur les flancs sud et sud-ouest, comme le montre la vidéo ci-dessous :
https://youtu.be/m525GDZX4OM

Photo: C. Grandpey

++++++++++

L’activité éruptive se poursuit à Home Reef (arc volcanique de Tofua), avec des effusions de lave et une activité explosive au niveau de la bouche principale. Un cône de 50 à 100 mètres de haut s’est formé autour de la bouche éruptive qui s’est agrandie et mesure actuellement 175 m sur 135 m. De nouveaux dépôts de matériaux sont visibles sur les flancs ouest et sud-ouest ; ils recouvrent presque entièrement les lobes de lave mis en place en novembre et décembre 2024. Un panache de cendres volcaniques a été identifié sur une image satellite le 29 avril 2025 et l’eau autour de l’île était décolorée. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Tonga Geological Services.

++++++++++

L’activité éruptive reste élevée sur le Poás (Costa Rica), avec des émissions de gaz, de vapeur et de cendres pouvant durer plusieurs heures, ainsi que des explosions. Une inflation continue d’être détectée. Les instruments indiquent également une activité éruptive fluctuante, avec des séquences fréquentes et plus intenses. Les webcams montrent toujours une incandescence au niveau des bouches éruptives.
Un survol par drone le 1er mai 2025 a révélé une température de 180 °C, indiquant l’absence de magma près de la surface. Du soufre en fusion et en train de brûler était visible au niveau des bouches pendant la nuit du 1er au 2 mai, mais aussi le reste de la semaine. Le 2 mai, les émissions de cendres ont été continues pendant au moins trois heures, avec des retombées signalées dans plusieurs localités. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.
Source : OVSICORI.

Source: OVSICORI

++++++++++

Petite modification quant à l’accès au Stromboli (Sicile). L’altitude que les randonneurs peuvent atteindre sans l’aide de guides volcanologiques a été portée à 290 mètres au-dessus du niveau de la mer. Toutefois, le maire de Lipari a modifié son ordonnance du 14 août 2024. Pour des raisons de sécurité, il ne sera plus possible d’accéder au volcan par le sentier « Natura ». Les randonneurs pourront gravir le Stromboli, sans l’aide de guides, jusqu’à une altitude de 290 mètres en passant par la « Strada vicinale Parroco » et la « Mulattiera Salvatore Di Losa ».

L’altitude reste inchangée, jusqu’à 400 mètres, accessible avec des guides agréés.

Source : Gazzetta del Sud. Merci à Santo Scalia de m’avoir transmis l’information.

Photo: C. Grandpey

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news about volcanic activity in the world:

Episode 20 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended at 9:58 p.m. (local time) on May 6, 2025, after 4.5 hours of sustained fountaining. Lava fountains and flows erupted from both vents, but the north vent was much more active than the south vent during all phases of episode 20. As I put it before, the fountains from the north vent reached estimated heights of more than 150 meters. Lava flows from this episode covered less than half of the Halema’um’au crater floor. The end of episode 20 fountaining activity was accompanied by a rapid change in summit tilt from deflation to inflation, along with a rapid decrease in tremor. A 21st eruptive episode is likely in the next few days.

Approximately 2.5 million cubic meters of lava erupted during the sustained fountaining phase of Episode 20, with an average effusion rate of about 140 cubic meters per second. The effusion rate during the first 30 minutes of sustained fountaining was on the order of 200 cubic meters per second.

Source : HVO.

++++++++++

A new eruptive episode was recorded – but not observed due to poor weather conditions – on May 5, 2025, at Mount Etna‘s SE Crater (Sicily). Accompanying the usual Strombolian activity, two lava flows were emitted, one toward the southeast, splitting into two or three branches, and a smaller one toward the south. During the most active phase of the event, there was slight ashfall in the Fiumefreddo area. From a seismic perspective, the average tremor amplitude reached its maximum value around 14:00 UTC, before rapidly decreasing.
Source: INGV.

++++++++++

In a post released on 30 April 2025, I indicated that e small, short-lived explosion had been detected at the Atka volcanic complex on April 25 2025 in local infrasound and seismic data which indicated the explosion originated from the summit crater of Korovin, one of several volcanoes within the Atka volcanic complex. As a consequence, the Aviation Color Code had been raised to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY. No further explosive activity has been detected at the Atka volcanic complex since the small explosive event on April 25. Thus, the Aviation Color Code and Alert Level are being reduced to Green and Normal.

++++++++++

Eruptive activity continues at Sabancaya (Peru) with ash plumes that rise up to 800 meters above the summit. The volcano alert level is kept at Orange.

Source : IGP.

++++++++++

In an update released on 6 May 2025, the Icelandic Met Office indicates that deformation data show clear signs of ongoing uplift in Svartsengi (Iceland), although the rate has slowed in recent weeks. If the uplift continues at the same rate as today, the likelihood of a new eruption is expected to increase as autumn approaches. However, if the rate of uplift, and thus the magma accumulation under Svartsengi, changes, it will affect this assessment. Scientists are now revising the potential scenarios and are evaluating the amount of magma beneath Svartsengi necessary to trigger a new eruption.

Seismic activity continues along the dike that was formed on April 1, but activity has decreased since the end of the eruption. On average, several dozen earthquakes have been recorded per day over the past two weeks.

Source : Met Office.

++++++++++

INSIVUMEH indicates that activity at Santiaguito (Guatemala) during the past weeks was characterized by frequent lava extrusion at the Caliente dome and daily explosive activity reaching up to seven explosions per hour. Resulting gas-and-ash plumes rose up to 1.2 km and dispersed as far as 40 km away from the volcano..

High-level explosive activity at the Santiaguito dome complex on May 6, 2025, produced ash plumes up to 900 m above the crater and pyroclastic flows down the southern and southwestern flanks, as can be seen on the video below :

https://youtu.be/m525GDZX4OM

++++++++++

Eruptive activity continues activity at Home Reef (Tofua Volcanic Arc) with lava effusion and explosive activity at the main vent. A 50-100-meter high cone has grown around the vent which has enlarged to about 175 m by 135 m in dimension. New deposits of material are visible on the W and SW flanks, nearly covering the lava lobes emplaced in November and December 2024. A volcanic ash plume was identified in a satellite image on 29 April 2025 and water around the island was discolored. The Aviation Color Code remains at Orange (level 2 on a four-level scale).

Source : Tonga Geological Services.

++++++++++

Eruptive activity remains elevated at Poás (Costa Rica) with gas, steam and ash emissions sometimes lasting hours, with explosions. Inflation continues to be detected. The instruments also indicate fluctuating eruptive activity with frequent more intense eruptive pulses. The webcams still show incandescence at the vents.
A drone overflight on 1 May 2025 measured a temperature of 180 degrees Celsius, indicating no lava near the surface. Burning molten sulfur at the vents was visible at night during 1-2 May and continued to be visible during dark hours the rest of the week. On 2 May ash emissions were continuous for at least three hours, with ashfall reported in several municipalities. The Volcano Alert Level remains at 3 and the Aviation Color Code is kept at Orange.

Source : OVSICORI.

++++++++++

A small change has occurred regarding access to Stromboli (Sicily). The altitude that hikers can reach without the assistance of volcano guides has been raised to 290 meters above sea level. However, the mayor of Lipari has amended his ordinance of August 14 2024 . For safety reasons, it will no longer be possible to access the volcano via the « Natura » trail. Hikers will have to climb Stromboli, without the assistance of guides, up to an altitude of 290 meters via the « Strada vicinale Parroco » and the « Mulattiera Salvatore Di Losa. »
The altitude remains unchanged, up to 400 meters, with authorised guides.
Source: Gazzetta del Sud. Thanks to Santo Scalia for sharing this information with me.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.