Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Nouvelle éruption en vue ? // New eruption in the short term ?

Si l’on en croit le Journal de l’Ile de la Réunion (JIR) et la directrice de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF), une nouvelle éruption serait en préparation. Dès la fin de celle qui s’est achevée – après des hésitations – le 15 août dernier, une reprise de l’inflation a été observée par les scientifiques (voir document ci-dessous), signe de la mise en pression du réservoir magmatique superficiel. En plus de cette inflation, on observe une concentration élevée en CO2 dans le sol. A côté de cela, la sismicité est faible ces jours-ci sur le Piton mais, comme le fait remarquer Aline Peltier, elle peut reprendre très vite. Lors de l’éruption du mois d’août, la sismicité a repris « deux ou trois jours » avant le phénomène éruptif. Au vu de ces paramètres, il est clair que le magma accumulé n’est pas complètement ressorti lors des derniers réveils du volcan.

Personnellement, au risque de décevoir certains de mes amis réunionnais, je mise sur une nouvelle séquence éruptive brève et de faible intensité, comme les derniers événements. S’il reste effectivement du magma sous l’édifice volcanique, l’inflation et la sismicité montrent que la pression dans les conduits n’est pas très forte. Comme je le faisais remarquer précédemment, la lave est sortie à des altitudes de plus en plus basse au cours des dernières semaines. Attendons la suite des événements. Tant que les éruptions resteront concentrées dans l’Enclos, la prévision éruptive restera ludique. En revanche, s’il prend envie à la lave de déborder hors Enclos, cette prévision prendra une autre dimension car des habitations seront menacées!

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According to the Journal de l’Ile (JIR) and the director of the Volcanological Observatory of Piton de la Fournaise (OVPF), a new eruption is likely to occur very soon. At the end of the one that ended – after hesitating – on August 15th, a resumption of inflation was observed by scientists (see document below), a sign of pressurization in the shallow magma reservoir. In addition to this inflation, there is a high concentration of CO2 in the soil. However, seismicity is low these days on the Piton but, as Aline Peltier points out, it can resume very quickly. During the August eruption, seismicity resumed « two or three days » before the eruptive phenomenon. Given these parameters, it is clear that the accumulated magma did not completely come out during the last eruptive episodes.
Personally, at the risk of disappointing some of my friends in Reunion, I would bet a new eruptive sequence, brief and with a low intensity, as the latest events. If there is indeed magma under the volcanic edifice, inflation and seismicity show that the pressure in the conduits is not very strong. As I pointed out earlier, lava has been erupting at increasingly lower altitudes in recent weeks. Let’s wait for the next events. As long as the eruptions remain concentrated inside the Enclos, eruptive prediction will be a game. On the other hand, if lava  happens to spill out of the Enclos, this prediction will take another dimension because houses will be threatened!

Source: OVPF

A l’assaut de l’Arctique ! // Storming the Arctic !

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril », j’explique que la fonte de la glace dans l’Arctique est une aubaine pour les pays riverains qui n’hésiteront pas à aller y puise des ressources minérales et pétrolières jusqu’à présent inaccessibles. J’explique aussi que la fonte de la glace arctique va ouvrir les passages du nord-est et du nord-ouest. Des pays comme les Etats Unis, la Russie, la Chine ou le Japon vont se précipiter vers ces nouvelles voies de navigation, avec toute la pollution que ce trafic maritime va forcément générer.

Mes propos viennent d’être confirmés par la conférence « Arctic Frontiers » qui se tient cette semaine en Norvège. On y apprend que les géants du pétrole et du gaz ont bien l’intention de profiter de la fonte de la glace arctique qui libère l’accès à d’immenses ressources énergétiques: 13% des réserves mondiales de pétrole et 30% de celles de gaz se trouvent au-delà du cercle polaire.

Les représentants du norvégien Statoil, notamment, ont été très clairs lors de cette conférence. Ils prennent bien note du message de la COP 21, mais expliquent qu’il n’est pas question pour autant d’arrêter leurs activités en mer de Barents ou autour de l’Océan Arctique. Les réserves de pétrole diminuent partout dans le monde, c’est donc en Arctique selon eux qu’il faut aller chercher les derniers gisements.

Les écologistes dénoncent ce raisonnement car ces nouvelles explorations vont renforcer encore davantage le réchauffement global de la planète. Les ONG environnementales craignent aussi une marée noire dans la région. Elle serait désastreuse pour un écosystème déjà très fragilisée par le changement climatique.

A votre avis, qui du climat et des intérêts économiques va gagner la partie?

Source : France Info.

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During my conference « Glaciers at Risk », I explain that the melting of the ice in the Arctic is a boon for the neighbouring countries that will not hesitate to go and exploit mineral and oil resources that have been inaccessible until now . I also explain that the melting of Arctic ice will open the northeastern and northwestern passages. Countries such as the United States, Russia, China or Japan will rush to these new shipping routes, with all the pollution that maritime traffic will inevitably generate.
My words have just been confirmed by the conference « Arctic Frontiers » being held this week in Norway. We learn learned that the oil and gas giants are intent on taking advantage of the melting of Arctic ice, which frees access to immense energy resources: 13% of world oil reserves and 30% of gas are beyond the Arctic Circle.
Statoil’s representatives from Norway were very clear at the conference. They take note of the message of COP 21, but explain that there is no question of stopping their activities in the Barents Sea or around the Arctic Ocean. Oil reserves are decreasing all over the world, so it is in the Arctic that we should exploit the last deposits.
Environmentalists denounce this reasoning because these new explorations will further strengthen global warming. Environmental NGOs also fear an oil spill in the region. It would be disastrous for an ecosystem already weakened by climate change.

In your opinion, who will win the game? Climate and economic interests?
Source: France Info.

La fonte de la glace arctique va ouvrir de nouvelles voies maritimes (Source: Wikipedia)

Le point sur les sargasses à la Martinique

Je viens de passer plusieurs jours à la Martinique et, entre mes conférences, je me suis rendu sur la côte atlantique de l’île pour me rendre compte de la situation concernant les sargasses. Au cours d’une première visite en mars 2018, j’avais été particulièrement impressionné par la gêne que ces algues causaient à la population.

Comme je l’ai expliqué à l’époque, les sargasses sont des algues brunes qui dérivent en nappes. Le nom « sargasse » vient de l’espagnol « sargazo » qui signifie « varech. »Elles tirent leur origine de la Mer des Sargasses. Ces énormes amas d’algues brunes sont transportés par les courants marins et certains bancs viennent échouer en Martinique. A noter que cette île – qui est également un département français – il serait bien que les autorités de la métropole ne l’oublient pas! – n’est pas la seule à être touchée. Ses voisines (Guadeloupe, Dominique, Saint Barth…) le sont aussi.

Tant que les sargasses sont dans l’eau ou lorsqu’elles sont sèches, elles ne présentent pas de danger particulier pour la santé. En revanche, c’est quand elles s’échouent sur les plages qu’elles peuvent devenir dangereuses car elles entrent en putréfaction et dégagent de l’hydrogène sulfuré (H2S) et de l’ammoniac (NH3). Comme je l’ai indiqué à l’issue de ma visite à la Martinique en mars 2018, ces gaz peuvent provoquer des maux de tête, des troubles olfactifs ou encore des irritations de la gorge et des yeux. Il est également fait état d’évanouissements. Les gaz émis par la décomposition des algues attaquent les peintures des maisons, sans oublier les matériels électroniques et informatiques.

Les touristes qui viennent à la Martinique ne doivent toutefois pas s’affoler car la situation est loin d’être aussi catastrophique qu’il y parait. D’une part, il existe des plages sans sargasses. D’autre part, les arrivages ne sont pas constants et varient d’un jour à l’autre.

Comme d’habitude, la métropole a été lente à réagir devant le problème des sargasses. Actuellement, les algues échouées sont collectées et ensuite transformées en compost. Lors de mon séjour à la mi août 2019, j’ai trouvé que la situation s’était améliorée au Vauclin, à la Pointe Faula en particulier, où elle était catastrophique en mars 2018. Certes, il y a encore des sargasses sur le littoral (voir les photos ci-dessous), mais l’odeur est moins pestilentielle A noter qu’une structure a été installée pour empêcher les sargasses d’envahir trop rapidement le littoral qui est un très agréable site de baignade.

Vues des sargasses à la Pointe Faula:

Structure destinée à freiner les invasions de sargasses:

Photos: C. Grandpey

Coup de pub !

En recherchant des informations complémentaires sur la situation des sargasses à la Martinique, je viens de découvrir un joli coup de pub pour mes conférences dans la presse locale. J’avais été contacté par un journaliste qui voulait en savoir un peu plus sur ma personne et mes activités. Je comprends mieux pourquoi les conférences ont rencontré du succès…

J’en profite pour remercier une nouvelle fois la Collectivité Territoriale de Martinique de m’avoir fait confiance.

https://la1ere.francetvinfo.fr/martinique/conferencier-claude-grandpey-explique-processus-rencontre-plaques-tectoniques-supervolcans-738370.html

Un grand merci à la Maison des Volcans de Morne-Rouge et au CDST de St Pierre de m’avoir accueilli dans leurs murs (Photo: C. Grandpey)