Encore un mort sur la plage de Reynisfjara (Islande) // Another dead person on Reynisfjara beach (Iceland)

Les autorités islandaises ont beau mettre en garde en permanence contre les dangers de la plage de Reynisfjara ; elles ont beau installer des panneaux explicatifs rappelant le danger des vagues, des courants et autres lames de fond, rien n’y fait et des touristes perdent la vie chaque année sur cette plage de la côte sud de l’Islande.
Une jeune Chinoise a été emportée par les vagues de Reynisfjara le 10 novembre 2021. Son corps a été retrouvé plus tard dans l’après-midi. Trois autres femmes ont également été emportées par les vagues mais ont réussi à atteindre la terre ferme. L’hélicoptère des garde-côtes islandais a découvert le corps de la femme dans la mer au large de la côte de Reynisfjara.
Un guide local qui a été témoin du drame a déclaré qu’environ 150 à 200 personnes se trouvaient sur la plage de sable noir et que plusieurs d’entre elles se tenaient près de l’eau.
Ce n’est pas le premier accident mortel à Reynisfjara. Les autorités ont pris des mesures pour essayer d’empêcher de tels incidents. Le 17 février 2020, j’ai écrit une note intitulée « Reynisfjara (Islande) : La plage de tous les dangers « :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/02/17/reynisfjara-islande-la-plage-de-tous-les-dangers-the-beach-of-all-dangers/

Des secouristes avaient déjà été appelés le 5 novembre 2021 après qu’un touriste, qui voyageait seul, s’était retrouvé coincé dans une grotte sur la plage de Reynisfjara. C’était la marée haute et le temps s’était détérioré depuis que l’homme avait commencé son voyage. Les conditions météorologiques étaient mauvaises lorsque les sauveteurs sont intervenus. Ils ont réussi à le localiser, et ont pu le contacté. Il était habillé chaudement et s’était réfugié dans un endroit sûr. Les sauveteurs ont décidé d’attendre le moment opportun qui s’est présenté peu avant 22 heures. Un secouriste a alors pu atteindre l’homme et le conduire dans un endroit plus sûr. L’homme a été piégé pendant cinq heures au total, mais il s’en est sorti indemne.
Source : Médias islandais.

La plage de Reynisfjara est un site superbe et très intéressant d’un point de vue géologique avec ses superbes colonnes de basalte. Il est fréquenté quotidiennement par des centaines de touristes, mais il suffit de regarder les vagues déferler sur la plage pour se rendre compte du danger. En juillet 2021, pendant que le photographiais le site, je gardais en permanence un oeil sur la mer et il n’était pas question pour moi d’aller tutoyer les vagues. Plusieurs panneaux mettent en garde et expliquent le danger des « rip currents » qui, si vous vous approchez trop près du littoral, risquent de vous attirer vers le large sans que vous puissiez leur résister. C’est comme si les trolls de Reynisfjara vous attiraient à jamais dans leur demeure…

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Even though Icelandic authorities publish warning after warning, even though they set up signposts warning about the danger of waves and rip currents, tourists die every year on this beach on Iceland’s south coast.

A young Chinese woman was swept out to sea by waves at Reynisfjara beach on November 10th, 2021 and was found dead later in the afternoon. Three other women were also swept off their feet by the waves but managed to reach land. The Icelandic Coast Guard’s helicopter discovered the woman’s body in the sea off the Reynisfjara coast.

A guide in Reynisfjara who witnessed the accident said that around 150-200 people were at the black sand beach, and that several people were standing close to the water.

This is not the first fatal accident at Reynisfjara, and authorities have taken steps to try to prevent such incidents. On Fevrier 17th, 2020, I wrote a post entitled « Reynisfjara (Iceland): The beach of all dangers: »

Reynisfjara (Islande): la plage de tous les dangers // The beach of all dangers

Rescue workers had already been called on November 5th, 2021 after a tourist, who was travelling alone, had become trapped in a cave on Reynisfjara beach. It was high tide, and the weather had worsened since the man began his trip. The weather conditions were poor when the rescuers intervened. They succeeded in locating him, and soon they contacted him. He was warmly dressed and in a safe place, so they decided to wait for a chance to get to where he was.” That opportunity suddenly presented itself shortly before 10 pm, when a rescue worker was able to reach his location and get him to a safe location. The man was trapped for a total of five hours, but escaped unharmed.

Source: Icelandic news media.

Reynisfjara beach is a superb site and very interesting from a geological point of view with its superb basalt columns. It is visited daily by hundreds of tourists, but you only have to look at the waves crashing on the beach to realize the danger. In July 2021, while photographing the site, I was constantly keeping an eye on the sea and there was no question for me to go familiar with the waves. Several signs warn and explain the danger of « rip currents » which, if you get too close to the coast, may draw you out to sea without you being able to resist them. It is as if the trolls of Reynisfjara pulled you to their home forever …

 
 
 

Photos : C. Grandpey

Mort dans une grotte sur le flanc de l’Etna

Etant un peu claustrophobe de nature, je n’ai jamais été vraiment attiré par la spéléologie. Dans le milieu volcanique, je ne me suis jamais vraiment senti à l’aise à l’intérieur des tunnels de lave. J’ai toujours peur qu’un événement imprévu, tel un séisme, fasse s’effondrer leur voûte en me blessant ou en m’emprisonnant à vie sous la surface de la Terre. C’est peut-être ce qui est arrivé à une touriste sur l’île de la Réunion. Disparue dans le brouillard le 26 juillet 2021 au niveau du Piton de Bert, elle n’a jamais été retrouvée et les recherches officielles ont été abandonnées. Seuls quelques bénévoles parcourent inlassablement la zone de l’Enclos qu’elle est susceptible d’avoir visitée.

En lisant la presse sicilienne de ces derniers jours, on apprend que des restes humains datant d’au moins 40 ans ont été retrouvés par une équipe de la Guardia di Finanza de Nicolosi dans une grotte de lave sur les pentes de l’Etna. La découverte a eu lieu lors de l’un des exercices fréquents pratiqués par ces hommes sur le territoire de Zafferana Etnea. C’est le chien de recherche et de sauvetage qui accompagnait la patrouille qui a sonné l’alarme. Le canidé aboyait et montrait des signes évidents d’intérêt à l’adresse d’une anfractuosité, un comportement de signalisation typique en cas de découverte personnes disparues lors de séismes, par exemple. .
Faisant confiance à leur chien, les policiers ont approfondi l’examen de la zone et ils ont découvert au fond d’une anfractuosité difficile d’accès des restes humains, dont les mauvaises conditions montraient que le corps était là depuis longtemps. Ils ont été transportés à la morgue de l’hôpital de Cannizzaro.
Les médecins légistes tentent maintenant de retracer l’identité de l’homme qui est probablement mort entre la fin des années 70 et les années 90, en automne ou en hiver. Il semblerait que l’homme soit entré volontairement dans la cavité et qu’il soit mort de causes non violentes.
Un numéro de téléphone a été diffusé afin de collecter tout signalement de personnes disparues au cours de cette période.

L’article dans son intégralité est à lire à cette adresse.

https://www.lasicilia.it/catania/video/il-giallo-del-cadavere-trovato-in-una-grotta-alle-pendici-dell-etna-era-li-da-almeno-40-anni-1389140/

Grotta dei Lamponi (grotte des framboises) sur le versant nord de l’Etna (Photo: C. Grandpey).

IMPORTANT : Il est recommandé de ne pas pénétrer seul dans un tunnel de lave et d’indiquer à une tierce personne avant de partir en randonnée sur un volcan le plan de parcours et de visite.

Cumbre Vieja: images de l’éruption

Comme je l’ai indiqué précédemment, la presse espagnole diffuse de nombreuses informations et images à propos de l’éruption du Cumbre Vieja à La Palma. C’est ainsi que l’on découvre plusieurs vidéos illustrant l’arrivée de la lave sur la plage de Los Guirres. En voici un exemplaire:

Les webcams fournissent en direct de très bonnes images de l’événement. On voit les blocs de lave de la coulée a’a dégringoler le long de la falaise littorale avant de s’accumuler sur la plage, à quelques dizaines de mètres de la mer.

Capture écran webcam

Personnellement, je préfère l’arrivée en mer des coulées hawaiiennes faites de lave pahoehoe. Leur fluidité est beaucoup plus esthétique que les laves en gratons produites par les volcans stromboliens.

Photo: C. Grandpey

On peut également voir une vidéo qui montre les tunnels de lave par lesquels la lave s’est échappée des flancs du Cumbre Vieja.

Après les éruptions, la visite de ces tunnels est fort intéressante car elle fait découvrir le cheminement souterrain de la matière en fusion. Là encore, je préfère l’intérieur des tunnels que l’on rencontre à Hawaii ou sur l’île de la Réunion. Les voûtes constellées de stalactites de refusion sont d’une grande beauté.

Dans le Tunnel Bleu à la Réunion… (Photo: C. Grandpey, avec mes amitiés à Rudy Laurent)

Voilà pourquoi je ne suis pas allé à La Palma….

Dans les instants qui ont précédé mon intervention sur France 3 Limousin le 30 octobre 2021, Jérôme Piperaud, préposé à la présentation du 12/13, m’a demandé pourquoi je ne me rendais pas à La Palma pour assister à l’éruption. Je lui ai expliqué que ma décision était motivée par plusieurs raisons.

Dès le début de l’événement, j’ai vite compris que la lave vomie par le Cumbre Vieja allait causer de gros dégâts aux zones habitées. En constatant l’ampleur de l’évacuation de la population (plus de 6000 personnes ont dû quitter leur domicile), j’ai également vite compris qu’un périmètre de sécurité serait mis en place, avec interdiction d’accès, afin de protéger les biens des personnes évacuées, et éviter vandalisme et autre pillage. Il faudrait donc que je me contente d’observer l’éruption depuis un belvédère situé à 2 ou 3 km du volcan. Très peu pour moi qui suis habitué à aller sur le terrain volcanique.

Suite à cette évacuation en masse, de nombreux établissements (hôtels et appartements) étaient réquisitionnés pour héberger les victimes de l’éruption et ne ne voulais pas occuper une chambre d’hôtel dans ces circonstances. J’ai considéré que je ne faisais pas partie des priorités d’hébergement.

Il n’était pas question pour moi, non plus, d’essayer de tromper la vigilance de la police espagnole pour essayer de m’approcher ‘en douce’ des coulées de lave. En présentant les travaux que j’ai déjà effectués sur les volcans (voir les résumés sur ce blog), j’aurais peut-être obtenu l’autorisation de pénétrer dans la zone d’exclusion, en sachant que l’approche du cône éruptif était beaucoup trop dangereuse. J’ai effectué une telle démarche avec succès à Hawaii et à Stromboli, mais ma flamme volcanique a perdu de sa vigueur depuis cette époque et je n’ai pas eu le courage de me lancer dans une telle démarche.

Une fois auprès des coulées, je n’aurais pas eu grand-chose à faire, si ce n’est les voir progresser et poursuivre leur travail de destruction. Quant à la prise de vue des maisons en train de se faire détruire par la lave, je laisse ces clichés aux magazines en mal de sensations. Ce genre de voyeurisme morbide ne fait pas partie de mon approche d’une éruption volcanique.

Les scientifiques espagnols ont procédé aux analyses nécessaires et celle des échantillons de lave récoltés à plusieurs kilomètres de la source n’apporte rien en matière de prévision, et donc de prévention.

Tout comme en Islande ces derniers mois, les webcams dirigées vers le Cumbre Vieja ont permis de faire de bonnes observations sans avoir besoin d’être à La Palma. Leurs puissants zooms ont fourni une meilleure vue des fontaines de lave que celle que pouvaient avoir les touristes depuis les différentes terrasses d’observation. De plus, les organismes scientifiques espagnols (IGN, INVOLCAN, Pevolca) n’ont pas été avares d’informations, bien relayées par la presse ibérique.

C’est pour cela que j’ai suivi attentivement le déroulement de cette éruption depuis mon fauteuil…

Quelques captures d’écran des webcams