Nouvelles de Vulcano et Stromboli (Îles Éoliennes / Sicile)

Jérémy Fressard, un visiteur assidu de mon blog, se trouvait il y a quelques jours dans les Îles Éoliennes (Sicile / Italie) où il a visité Vulcano et Stromboli. Je le remercie chaleureusement pour m’avoir envoyé un résumé de ses observations.

Vulcano.

L’accès au cratère de La Fossa est – au moins en ce mois d’avril – gratuit et sans surveillance, Une montée a été effectuée le soir et une autre le matin. Il y a toujours les feux rouge et vert. Actuellement des panneaux stipulent des interdictions suivant des zones et suivant des horaires (entre 6h30 et 10h30 et entre 16h et 19h30) mais personne ne les respecte. Un loueur de vélos a indiqué qu’à priori une nouvelle loi a abrogé cette interdiction et que de toute façon il n’y a aucun contrôle. Pour ce qui est des zones interdites, c’est un peu la même chose. Certaines personnes les respectent, d’autres non.

 

Jérémy m’explique que, par rapport à ses dernières visites à Vulcano il y a à peu près 5 et 10 ans, on sent beaucoup plus les vapeurs toxiques. Dès qu’on s’approche un peu trop près, ça pique les yeux et le nez.

Sinon on peut continuer le parcours vers le sommet comme indiqué sur le plan et des personnes font même le tour en prenant la deuxième ligne de crête du volcan afin d’éviter les fumerolles. Aucune personne n’a été vue en train de les traverser.

 

S’agissant de la zone active le long du rivage, les panneaux et les barrières tendent à montrer que tout est interdit. Néanmoins personne ne surveille le site.

[NDLR : Attention ! Il est fort à parier qu’avec l’approche de la saison touristique estivale les carabiniers feront leur retour dans les Éoliennes. En 2023, certaines personnes ont dû payer de lourdes amendes pour avoir fait fi des interdictions]

 

Jérémy complète sa description du site en écrivant qu’il a « fait du masque tuba dans toutes les fumerolles immergées. Magnifique. Côté champ de fumerolles, à côté de la piscine de boue, ils ont commencé des travaux qui défigurent le site et j’ai bien peur que ce ne soit qu’un début. »

 

« Au milieu de la plage en mer, il y a un gros dégazage que j’ai aussi été voir; il n’est pas chaud mais montre une activité impressionnante en créant un gros bouillonnement de surface. »

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Stromboli

Jérémy Fressard est monté plusieurs soirs sur le Stromboli fin avril 2024. Il fait état d’une activité « permanente » mais « fluctuante ». Des explosions puissantes agitaient le Cratère nord-est le premier soir, puis tous les quarts d’heure le deuxième soir, avec l’activité observée habituellement sur le volcan. Elle était parfaitement visible pendant toute la montée le long de la Sciara del Fuoco car elle avait sa source dans un petit hornito situé au bord du cratère côté Sciara. Le Cratère central avait une activité régulière toute les 10 minutes, mais elle était cachée par la bordure de la terrasse cratèrique. Un grondement est bien audible et quasi permanent.

Comme je l’ai indiqué précédemment sur ce blog, on peut accéder librement à la plateforme d’observation à 290 mètres d’altitude, et avec les guides à celle installée à 400 mètres. La montée avec les guides coûte 25 euros. Selon Jérémy, la montée à 400 mètres n’ajoute pas grand-chose au spectacle observable gratuitement un peu en dessous.

Toutes les photos sont de Jérémy Fressard que je remercie une nouvelle fois

De Pompéi à Oplontis : des trésors au pied du Vésuve

Grâce aux fonds européens et une politique culturelle italienne digne de ce nom, les fouilles vont bon train au pied du Vésuve qui, en octobre 79 détruisit plusieurs villes romaines. On parle beaucoup de Pompéi, mais Herculanum, Stabies et Oplontis fournissent également de précieux témoignages sur la vie au premier siècle de notre ère. J’ai consacré plusieurs notes sur ce blog à ces différents sites et aux récentes découvertes faites par les archéologues.

Ces derniers temps, de splendides fresques inspirées de la guerre de Troie, ornant une salle de banquet, ont été découvertes à Pompéi. La pièce aux dimensions imposantes (15 mètres sur 6) présente des décorations raffinées de sujets mythologiques ressortant sur des murs dont le fond noir évitait que l’on voit les traces de fumée des lanternes. On découvre aussi des mosaïques témoignant du mode de vie luxueux qui régnait dans la cité antique au moment de sa destruction.

La salle de banquet (Crédit photo : Parc archéologique de Pompéi)

Un article paru sur le site France Info nous explique que le thème dominant des fresques est l’héroïsme, à travers des représentations des couples de héros et de divinités protagonistes de la guerre de Troie. Parmi les personnages représentés figurent notamment Hélène et Pâris. On se souvient que le prince troyen enleva Hélène, femme du roi de Sparte Ménélas, déclenchant la guerre de Troie. On y découvre aussi Cassandre, sœur de Pâris, et le dieu Apollon, dont elle a reçu le don de dire l’avenir, même si ses prédictions ne seront jamais crues. Elle avertit pourtant, mais en vain, ses compatriotes que le cheval offert par les Grecs était un subterfuge qui conduirait Troie à sa perte.

Crédit photo : Parc archéologique de Pompéi

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, Pompéi est le deuxième site touristique le plus visité d’Italie après le Colisée de Rome. Pas très loin Herculanum mérite un détour. En inscrivant le nom du site sur le moteur de recherche de mon blog, vous pourrez lire plusieurs notes faisant référence aux dernières découvertes ainsi que le récit de ma visite.

Photo: C. Grandpey

Dans le cadre de la série Science Grand Format, France 5 propose un documentaire fort intéressant sur Oplontis, à deux kilomètres seulement de Pompéi.

https://www.france.tv/documentaires/science-sante/5824053-oplontis-et-la-malediction-du-vesuve.html

Les archéologues ont mis au jour deux villas monumentales. L’une est un palais construit sur une falaise, doté de fresques magnifiques.

 

Caldarium dans la villa de Poppée

Elle offre un aperçu de la vie fastueuse des élites de l’Empire romain et des informations précieuses sur leurs esclaves. En recherchant l’identité des riches propriétaires de la villa, les archéologues ont découvert un lien avec Néron. Ils pensent que la villa appartenait à l’empereur et servait de résidence principale à sa seconde épouse, Poppaea Sabina, lorsqu’elle ne se trouvait pas à Rome. On pense que cette résidence était inhabitée lorsque le Vésuve est entré en éruption en 79. Elle était probablement en cours de reconstruction et de redécoration après le tremblement de terre de 62 (magnitude estimée entre M 5,0 et M 6,0), un événement souvent oublié mais ô combien important car il a mis à mal le réseau de distribution d’eau de la région.

Selon moi, Oplontis montre beaucoup de similitudes avec Herculanum, ne serait-ce que les squelettes qui ont été découverts par les archéologues. A Oplontis comme à Herculanum, une partie de la population s’est réfugiée dans des abris le long du littoral. Ces gens attendaient-ils des bateaux qui leur permettraient de fuir le danger ? Etaient-ils seulement venus se réfugier ? Personne ne peut le dire…

Dans les abris à bateaux d’Herculalum (Photo : C. Grandpey)

Dans ceux d’Oplontis (image extraite du documentaire)

Dernières nouvelles d’Islande // Latest news from Iceland

Islande : éruption imminente ?

Selon le Met Office et des scientifiques de l’Université d’Islande, la hausse de l’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes annonce une éruption imminente entre Hagafell et Stóra-Skógarfell. L’événement pourrait débuter entre le 28 février et le 4 mars au plus tard. Le volume de magma dans la chambre superficielle a atteint son niveau maximum. Comme je l’ai déjà écrit, le Met Office s’inquiète du fait que les gens soient revenus à Grindavík mais espère qu’ils seront prêts à quitter la ville rapidement car l’éruption pourrait commencer très soudainement.
Il semble que tous les signes indiquent une éruption entre Hagafell et Stóra-Skógarfell. Cependant, les volcanologues locaux affirment qu’il ne peut être exclu qu’une fissure s’ouvre plus au nord ou au sud, la plus grande probabilité se trouvant sur la crête de Sundhnjúkar. Ils affirment également que le schéma actuel d’éruptions sur la péninsule de Reykjanes – où les éruptions se produisent toutes les trois semaines et durent entre un et trois jours – pourrait se poursuivre au cours des prochains mois, voire des prochaines années.
Si une éruption devait se produire dans le secteur de Svartsengi, ce serait la quatrième depuis décembre 2023.
Source : Met Office, Université d’Islande.

Une éruption comme celle du 8 janvier (Image webcam)

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Voyeurisme et tourisme morbide à Grindavik.

Après une catastrophe ou un drame, vous êtes sûr de voir des badauds visiter le site ou venir à des funérailles, même s’ils n’ont jamais connu la famille du défunt. C’est du voyeurisme, de la curiosité morbide contre laquelle on ne peut pas faire grand-chose. La nature humaine est ainsi faite.
C’est ce qui se passe actuellement à Grindavik qui a été gravement endommagée par des séismes, où des fractures se sont ouvertes dans le sol, et où trois maisons ont été détruites par une coulée de lave.
Les habitants de Grindavik ont été évacués après les séismes de novembre 2023 et ont récemment été autorisés à revenir, même si tout est loin d’être parfait. Beaucoup d’entre eux ont préféré ne pas revenir… mais les touristes sont présents !
Alors que les habitants de Grindavík étaient contraints de quitter la ville après avoir pris leurs biens essentiels, les touristes venus au Blue Lagoon ont pu tranquillement entrer dans la ville sans surveillance. Une habitante du port de pêche a aperçu des touristes déambulant sur la lave chaude, en train de prendre des photos des maisons détruites par la coulée du 8 janvier 2024. Elle a déclaré : « Les habitants de Grindavik ne le feraient pas, par respect pour ceux qui ont perdu leur maison. » (NDLR : mais la goujaterie n’a pas de limites chez les touristes). Elle a vu des touristes grimper sur la lave encore brûlante. « Ensuite, si quelqu’un se blesse, ce sont nous, les habitants de Grindavík, qui serons critiqués, alors que c’est quelque chose que nous ne ferions jamais. »

Au moment où cette habitante quittait Grindavik après avoir récupéré ses affaires, elle a rencontré un bus touristique se dirigeant vers le Blue Lagoon sans personne pour surveiller ses déplacements, ni contrôler s’il allait entrer dans le port de pêche, alors que les habitants sont soumis à des rstrictions d’ accès. . .
Source : Iceland Monitor.

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Iceland : an eruption in the very short term ?

According to the Met Office and scientists at the University of Iceland, increased seismic activity on the Reykjanes Peninsula suggests an imminent eruption between Hagafell and Stóra-Skógarfell. The event could start between February 28th and March 4th at the latest. The volume of magma in the shallow storage chamber is reaching its threshold. As I put it before, the Met Office worries about people staying in Grindavík but hopes they are ready to leave town quickly as the eruption might start very suddenly.

It looks as if all signs are pointing to an eruption between Hagafell and Stóra-Skógarfell. However, local volcanologists say it cannot be ruled out that a fissure might open further north or south, with the highest likelihood being on the Sundhnjúkar ridge. They also say that the recent pattern of eruptions on Reykjanes – where eruptions occur every three weeks and last between one to three days – might continue over the next months or even years,

If an eruption were to occur near the Svartsengi area, it would be the fourth eruption since December 2023.
Source : Met Office, University of Iceland.

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Voyeurism and morbid tourism in Grindavik.

This is sure to happen after a disaster or a drama. You are sure to see people roming around the site or coming to a funeral, even if they never lived there and never knew the family of the deceased .

This is what is currently happening in Grindavik which was severely damaged by earthquakes and the opening of fissures, and where three houses were destroyed by a lava flow.

Residents of Grindavik were evacuated after the November 2023 earthquakes and were recently allowed to come back , even though everything was far from perfect. Many people decided not to come back…but the tourists were there !

At the same time that the residents of Grindavík were forced to leave their homes and leave the town after visiting their property, tourists who had come to the Blue Lagoon could enter the town unsupervised. A resident of the fishing port could seet tourists standing on hot lava and taking pictures of properties that went under the lava. She said : « As a resident, we would not do it out of respect for those who are losing their houses. » She adds that tourists have been climbing on scalding hot lava. « Then someone gets injured and then it’s us the residents of Grindavík who are criticized. But this is something we would never do. » While the resident was leaving Grindavik after taking her belongings, she met a group of tourist buses going to the Blue Lagoon, and there was noone monitoring their travels, and whether they went into town or not, whereas local residents have a much more restricted access. .

Source : Iceland Monitor.

Eruptions en Islande : pas d’impact sur le tourisme // Eruptions in Iceland : no impact on tourism

Il aurait été hasardeux d’acheter un billet d’avion pour l’Islande pour assister aux éruptions de décembre 2023 et janvier 2024. Le temps d’arriver sur l’île et l’éruption était terminée ! Les derniers événements ont été très brefs (pas plus de deux jours). De plus, l’accès aux sites éruptifs était dangereux, restreint ou totalement interdit. Les événements du 14 janvier menaçaient Grindavik – qui avait été évacuée quelques heures auparavant – et toutes les routes menant à la ville étaient fermées. Le point positif est que l’on a pu suivre le déroulement de l’éruption depuis son fauteuil grâce aux caméras judicieusement installées qui fournissaient d’excellentes images en direct et en streaming. Si seulement les autorités françaises pouvaient s’en inspirer lors des prochaines éruptions du Piton de la Fournaise à la Réunion !
Grindavik n’étant pas une destination touristique de premier plan, les éruptions n’ont pas eu peu d’impact sur les projets de voyage en Islande. De plus, les vols à destination ou en provenance de l’Islande n’ont pas été affectés. Le gouvernement continue de demander aux Islandais et aux touristes étrangers de ne pas s’approcher de la zone éruptive qui est toujours en état d’urgence et fermée à toutes les personnes non autorisées.
Contrairement à l’éruption de 2010 qui a cloué au sol des milliers de vols, les éruptions dans la région de Grindavik ne devraient pas générer de gros nuages de cendres en raison de la situation géographique des fractures.
Suite à l’éruption de janvier, l’un des pôles touristiques emblématiques d’Islande a de nouveau fermé ses portes. Le Blue Lagoon, situé sur la péninsule de Reykjanes à moins de 5 kilomètres de Grindavik, est fermé aux visiteurs jusqu’au 18 janvier 2024. Le site a été fermé par intermittence depuis qu’une menace d’éruption a été détectée pour la première fois en novembre.
La Croix-Rouge collecte des fonds pour les habitants de Grindavik victimes de l’éruption. Les dons seront alloués directement aux habitants pour les aider à reconstruire leurs maisons et à répondre à des besoins immédiats. Un comité spécial a été mis en place, avec des représentants de la Croix-Rouge, de la ville de Grindavik et le prêtre de Grindavik, pour s’assurer que les fonds parviennent bien aux personnes dans le besoin.
Personne ne sait comment évoluera la situation sur la péninsule de Reykjanes. Le Met Office indique qu’un soulèvement du sol est à nouveau observé dans le secteur de Svartsengi, ce qui tend à montrer que le magma s’accumule à une profondeur de quatre à cinq kilomètres dans la même chambre magmatique. Si tel est le cas, il faut s’attendre tôt ou tard à une nouvelle éruption .

Les webcams ont permis de suivre les éruptions en direct

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It would have been hazardous to buy plane tickets to Iceland to go and watch he December and January eruptions. The time to arrive on the island and the eruption was over ! The events were very short (not more than two days) and access to the eruption sites was dangerous, restricted or totally forbidden. The January 14th event was threatening Grindavik – which had been evacuated a few hours before – and all roads leading to the town were closed. The good point was that the judiciously installed cameras allowed to get excellent live views of the eruption. If only Fench authorities could imitate the Icelanders when eruptions occur at Piton de la Fournaise on Reunion Island !

Because Grindavik is not a popular tourist destination, the eruptions have had little impact on travel plans to Iceland. Additionally, flights into or out of Iceland have not been affected. The government is still warning people not to approach the area, which is still under a state of emergency and closed to all civilians and residents.

Unlike Iceland’s 2010 eruption that grounded thousands of flights, eruptions in the Grindavik area are not expected to produce large clouds of ash due to the geographic location of the fissures.

Following the January eruption, one of Iceland’s iconic tourist attractions has shut down once again. The Blue Lagoon, which is located on the Reykjanes peninsula less than 5 kilometers from Grindavik, is closed to visitors until January 18th, 2024. The lagoon has been closed on and off since the threat of an eruption was first detected in November.

The Red Cross is raising money for the affected residents. Donations will be allocated directly to residents in Grindavik to help rebuild homes and meet other immediate needs. The organization has assembled a special allocation committee—made up of representatives from the Red Cross, the town of Grindavik, and the local priest in Grindavik—to ensure the funds reach people in need.

No one knows how the situation on the Reykjanes Peninsula will evolve. The Met Office indicates that ground uplift is again observed in the Svartsengi area, which tends to show that magma is accumulating at a depth of four to five kilometers in the same magma chamber. If that is the case, one should expect another eruption sooner or later.