Retour aux sources en Auvergne : (1) Le Grand Saladi

Profitant des premières belles journées de l’automne, je suis allé faire un tour en Auvergne, histoire de découvrir les sources dont les images étaient apparues dans une séquence de l’émission « Des Racines et des Ailes »  sur l’Auvergne il y a quelques mois.

J’avais donc prévu un petit itinéraire avec des haltes sur trois sites :

La première étape était à côté des Martres de Veyre, petite localité au sud de Clermont-Ferrand, qui possède plusieurs sources minérales. L’émission de télévision avait montré le Grand Saladi. La source – en fait, il y en a deux – se trouve à la sortie sud du village, pas très loin d’un méandre de l’Allier qui, d’après les panneaux apposés sur les ponts est une « rivière à saumons ». On est toutefois très loin de l’abondance de ce poisson dans les cours d’eau d’Alaska !!

Le Grand Saladi est une mare dont la surface est percée en plusieurs endroits par des chapelets de bulles. La profondeur du bassin a été modifiée au 19ème siècle quand le propriétaire a voulu l’agrandir avec de l’explosif. Elle est aujourd’hui d’environ 6 mètres. Là où apparaissent les bulles, mon thermomètre montrait une température de 14,5°C au centre du bassin et 15,7°C sur les bords. Elle est de 17°C là où l’eau est calme. Je pense que la température de surface ne correspond pas forcément à celle au niveau du point d’émission au fond du bassin. En effet, de l’autre côté du chemin, on découvre le Petit Saladi, une résurgence protégée par une buse en béton. La température de l’eau atteint 22°C avant de s’écouler lentement en surface et de se perdre en contrebas dans un champ.

Il y a fort à parier que les deux « Saladis » sont alimentés par une source commune et donc que la température au fond du grand bassin atteint une bonne vingtaine de degrés.

Le Grand Saladi est bien connu des habitants de la région car son eau était censée avoir des propriétés curatives, en particulier pour les maladies de peau. Il est toutefois déconseillé de venir y faire trempette de nos jours car la source n’est pas protégée et toutes sortes d’animaux viennent la fréquenter.

Il est intéressant de noter que des plantes halophiles peuplent les environs des deux sources. Le site (classé Natura 2000) est fragile et théoriquement protégé par un fil de fer installé à une vingtaine de centimètres de hauteur, mais les traces de pas montrent que beaucoup de visiteurs n’hésitent pas à l’enjamber !

Comme souvent en Auvergne, les points d’eau sont entourés de légendes. Selon un site Internet (http://www.regardsetviedauvergne.fr/2013/12/visitons-lauvergne-les-curieuses.html) qui relate les propos d’Albert Dauzat, il existait aux Saladis un ancien cimetière qui s’étendait jusqu’au bord de l’Allier, et que le fleuve avait rongé en partie en découvrant parfois quelques tombes. On raconte qu’une nuit un homme pêchait à la ligne à cet endroit et il accrochait souvent des os à son hameçon. Un jour, il protesta bruyamment suite à ces prises indésirables. C’est alors que le couvercle d’une tombe se souleva derrière lui ; une main sortit de terre et lui frappa violemment le dos avec la planche du cercueil. Le pêcheur s’enfuit épouvanté et pendant longtemps la main le suivit en le frappant toujours avec la planche…!

Photos: C. Grandpey

Parcs nationaux trop bruyants aux Etats Unis // Too noisy national parks in the U.S.

Les habitants d’Hawaï en ont assez d’entendre le bruit des hélicoptères qui conduisent les touristes au-dessus des coulées de lave. Ils ont décidé de poursuivre en justice la Federal Aviation Administration (FAA) – l’équivalent de notre Aviation Civile – pour l’obliger à prendre des mesures à l’encontre des hélicoptères qui bourdonnent au-dessus de leurs localités et d’autres parcs nationaux aux États-Unis. Il est demandé au tribunal d’ordonner à la FAA de prévoir dans un délai de deux ans soit des plans de visites pour les hélicoptères, soit des accords régissant ces visites aériennes pour sept parcs nationaux. Il est rappelé à la FAA que la loi de 2000 relative à la gestion de la circulation aérienne dans les parcs nationaux exigeait que l’Administration élabore un plan de transport aérien ou développe des accords volontaires avec les voyagistes gérant ce même transport aérien.
Les habitants d’Hawaii se plaignent que le bruit des hélicoptères commence avant le petit-déjeuner et dure toute la journée, ce qui rend leur vie extrêmement pénible. Le Parc National des Volcans d’Hawaii a enregistré 15 489 vols aériens en 2016.
Les enquêtes ont révélé que le bruit des hélicoptères était audible dans 98% des zones sauvages du Parc National. De nombreux vols traversent les zones de nidification d’oiseaux indigènes en voie de disparition comme l’oie hawaïenne – la célèbre nene – et le faucon hawaïen. Les vols perturbent également les exécutants de hula qui viennent au bord du cratère du Kilauea pour chanter, danser et faire des offrandes. Les hélicoptères dérangent aussi les Hawaïens de souche, qui, fidèles à une tradition, demandent la permission d’entrer dans la forêt. Le silence est considéré comme une réponse positive à leur requête, tandis que le bruit des hélicoptères est interprété comme une désapprobation.
Les vols sont également devenus plus fréquents dans d’autres parcs nationaux tels que le Parc National des Glaciers au Montana où les agences organisent de plus en plus de vols à l’attention des touristes pendant la période estivale.
En plus des volcans d’Hawaii et des glaciers du Montana, il est demandé la mis en place de plans de gestion du trafic aérien pour cinq autres parcs: le Parc National de l’Haleakala à Hawaï; Lake Mead National Recreation Area en Arizona et au Nevada, Muir Woods National Monument en Californie, Great Smoky Mountains National Park dans le Tennessee et le parc national de Bryce Canyon dans l’Utah.
Source: Presse hawaiienne.

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Hawaii residents are fed up with the noise of helicopters that fly tourists above the lava flows. They have sued the Federal Aviation Administration to force it to do something about tour helicopters buzzing their communities and other national parks around the U.S. The lawsuit asks the court to order the FAA to draft either air tour plans or voluntary agreements governing air tours for seven parks within two years. It reminds that the National Park Air Tour Management Act of 2000 required the FAA to prepare an air tour plan, or develop voluntary agreements with air tour operators.

Hawaii residents complain that the helicopter noise starts before they eat breakfast and lasts all day, making their lives miserable. Hawaii Volcanoes National Park recorded 15,489 air tour flights in 2016.

Surveys found helicopter noise was audible in 98 percent of the wilderness areas of the Hawaii Volcanoes National Park. Many flights traverse nesting areas for endangered native birds like the Hawaiian goose and the Hawaiian hawk. The flights also disrupt hula performers who come to the edge of Kilauea volcano’s summit crater to chant, dance and make offerings. They disturb native Hawaiians, who in following traditional protocol ask permission when they enter the forest. The sounds of silence are considered a positive response to such a request; helicopter noise is interpreted as disapproval.

Flights have also become more frequent in other national parks such as Glacier National Park in Montana. Flight operators increasingly cater to tourists during the park’s busy summer season.

In addition to Hawaii Volcanoes and Glacier, air tour management plans or voluntary agreements are asked for five other parks: Haleakala National Park in Hawaii; Lake Mead National Recreation Area in Arizona and Nevada, Muir Woods National Monument in California, Great Smoky Mountains National Park in Tennessee and Bryce Canyon National Park in Utah.

Source : Presse hawaiienne.

Vue aérienne des coulées de lave à Hawaii

Parc National de l’Haleakala à Hawaii

Glacier National Park…où les glaciers sont en voie de disparition

Parc National de Bryce canyon, mon préféré!

(Photos: C. Grandpey)

 

Bali s’impatiente ! // Bali is getting impatient !

A Bali, on trouve le temps long ! Le Mt Agung est toujours en alerte maximale et l’éruption redoutée ne se produit toujours pas. Les sismographes s’agitent mais le magma n’atteint pas la surface. Des prêtres ont bravé les interdictions et sont allés prier et déposer des offrandes sur la lèvre du cratère du volcan. D’autres prêtres se sont réunis dans le temple de Besakih, situé dans la zone interdite pour demander au volcan, par l’intermédiaire de leurs prières, de ne pas entrer en éruption. Un Français a diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo le montrant au sommet du volcan en train de défier les interdictions. Le désordre commencerait-il à naître ?

Quelque 140 000 personnes ont été déplacées et les autorités regrettent que des habitants vivant hors de la zone de sécurité aient rejoint les centres d’hébergement qui sont déjà saturés.

Dans le même temps, le niveau alerte maximal décrété sur l’Agung a des effets désastreux sur le tourisme dans l’ensemble de l’île de Bali. Les autorités de pays comme l’Australie ont demandé à leurs concitoyens de se montrer prudents et, si possible de différer leurs départs. Les vacances scolaires viennent de débuter en Australie et on comprend aisément les conséquences de la situation sur le tourisme à Bali. Certains centres touristiques comme Kuta se trouvent à environ 70 km du volcan, mais les informations relayées par la presse n’encouragent guère à aller y passer ses vacances. De plus, on parle de vols qui seraient détournés si l’aéroport de Denpasar ètait affecté par les retombées de cendre. Guère encourageant !

Les Balinais auront-ils la patience d’attendre que le niveau d’alerte soit abaissé pour regagner leurs fermes sur les pentes du volcan ? Pas sûr. Pas très loin de Bali, le niveau d’alerte vient d’être abaissé sur l’île d’Ambae, sans que le volcan Manaro Voui ait connu une éruption majeure. Cette mesure devrait permettre aux personnes évacuées de revenir chez elles dans les prochains jours. Un risque de contagion ne saurait être écarté.

Que ce soit au Vanuatu ou à Bali, on risque de se trouver dans une situation compliquée qui montre bien notre incapacité à prévoir une éruption volcanique. Au début des événements, j’ai approuvé haut et fort la décision d’évacuer d’emblée toute la population autour de l’Agung sur un rayon de 9 à 12 km. On était loin de l’évacuation pas à pas autour du Merapi et de ses 320 morts en 2010. On connaît le pouvoir destructeur de ces volcans indonésiens  et il ne faut pas hésiter à faire vite le vide autour d’eux quand ils se manifestent. Le tout est de ne pas se tromper. Si on évacue des dizaines de milliers de personnes et qu’il ne se passe rien, comme c’est le cas en ce moment à Bali, la crédibilité des scientifiques en prend un sacré coup et la population risque à l’avenir de se fier davantage aux affirmations des prêtres ou du gardien du volcan. Comme me le confiait un jour Franco Barberi, alors responsable de la Sécurité Civile en Italie, à propos du Vésuve : « Si j’évacue et qu’il ne se passe rien, on me prend pour un imbécile ; si je n’évacue pas et qu’il y a des morts, je vais en prison ».

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On the island of Bali, people are getting impatient!  Mt Agung is still at its highest alert and the feared eruption has not occurred yet. The seismographs are quite active but the magma has not reached the surface. Priests braved the prohibitions and went to pray and place offerings on the crater rim of the volcano. Other priests gathered in the temple of Besakih, located in the forbidden zone, to ask the volcano, through their prayers, not to erupt. A Frenchman has released a video on the social networks showing him at the top of the volcano challenging the bans. Is some disorder appearing in Bali?
Some 140,000 people have been displaced and the authorities regret that people living outside the security zone have decided to live in the already saturated shelters.
At the same time, the maximum alert level imposed on Mt Agung has disastrous effects on tourism throughout the island of Bali. Authorities in countries such as Australia have asked their fellow citizens to be cautious and, if possible, to delay their departures. The school holidays have just begun in Australia and it is easy to understand the consequences of the situation on tourism in Bali. Some tourist centers such as Kuta are about 70 km from the volcano, but information from the press does not encourage people to spend their holidays there. In addition, flights would be diverted if Denpasar airport was affected by ashfall. Hardly encouraging!
Will the Balinese have the patience to wait until the alert level is lowered to return to their farms on the slopes of the volcano? Not sure. Not far from Bali, the alert level has just been lowered on the island of Ambae, without Manaro Voui volcano experiencing a major eruption. This measure should allow evacuees to return home within the next few days. A risk of contagion can not be ruled out.
Whether in Vanuatu or Bali, authoritis are facing a complicated situation that demonstrates our inability to predict a volcanic eruption. At the beginning of the events, I strongly approved the decision to evacuate the entire population around Mt Agung from a distance of 9 to 12 km from the crater. We were far from the step by step evacuation around Mt Merapi and its 320 deaths in 2010. We know the destructive power of these Indonesian volcanoes and we should not hesitate to avacuate whole populations around them when they become dangerously active. The whole thing is to take the right decision. If we evacuate tens of thousands of people and nothing happens, as is the case in Bali at the moment, the credibility of scientists is taking a hit and in the future the population is likely to trust more to the affirmations of the priests or the guardian of the volcano. As Franco Barberi, then head of Civil Security in Italy, told me about Vesuvius: « If I evacuate and nothing happens, I am taken for a fool; if I do not evacuate and there are deaths, I go to prison. « 

Source: Wikipedia

On ne plaisante pas avec le Mayon (Philippines) // No kidding with Mayon Volcano (Philippines)

Beaucoup d’Occidentaux, parmi eux des Français, ont tendance à penser qu’il est facile de pénétrer dans des zones volcaniques interdites dans des pays comme l’Indonésie ou les Philippines parce que les contrôles sont moins stricts qu’à Hawaï, par exemple. Une telle idée reçue peut s’avérer erronée, comme l’ont réalisé 31 randonneurs sur le volcan Mayon aux Philippines. En effet, les agents du gouvernement local les ont arrêtés le 25 septembre pour avoir pénétré dans le Parc Naturel du Volcan Mayon (MVNP) sans autorisation ou permis, comme cela est désormais obligatoire.
Le chef de la police de Malilipot a déclaré que les randonneurs locaux ont été arrêtés pour avoir violé l’article 11 de l’ordonnance d’Albay n° 0023-2016, qui définit les modalités de randonnée dans le Parc Naturel du Mayon.

Les contrevenants ont été remis en liberté après avoir payé une amende 5 000 pesos (environ 85 euros). L’ordonnance prévoit une amende de 5 000 pesos pour la première infraction et un an d’emprisonnement en cas de récidive.
Comme d’habitude, la conséquence d’un tel comportement est un renforcement des interdictions. Suite à l’arrestation des 31 randonneurs, le conseil provincial d’Albay cherche à mettre en place de nouvelles mesures plus strictes à l’attention de ceux qui entrent dans le Parc Naturel.

En mai 2013, au moins cinq montagnards – dont quatre étrangers – ont été tués par une soudaine éruption du Mayon. Cet événement a poussé le gouvernement provincial à élaborer une ordonnance interdisant la pratique d’activités de trekking et d’alpinisme sur le volcan, y compris l’accès au cratère.
Source: Inquirer.net.

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Many Westerners, among them French people, tend to think that it is easy to get into forbidden zones in countries like Indonesia or the Philippines because controls are less strict than in Hawaii, for instance. However, such an idea might prove wrong, as 31 mountaineers have just realised on Mayon Volcano. Indeed, local government agents arrested them on September 25th for trekking and climbing the Mayon Volcano Natural Park (MVNP) without the necessary clearance and permit.

The chief of the Malilipot police said the local climbers were intercepted for violating Section 11 of Albay’s Ordinance No. 0023-2016, which prescribes the guidelines for trekking MVNP.

The mountaineers were released after paying 5,000 pesos (about 85 euros) as penalty for the violation. The ordinance imposes a P5,000-fine on first offence, and one year imprisonment against repeat violators.

As usual, the consequence of such behaviour is a reinforcement of the interdictions. The provincial council of Albay are poised to tackle how best to punish those who enter the MVNP especially after the arrest of the local mountaineers.

In May 2013, at least five mountaineers were killed, including four foreigners, when Mayon Volcano erupted.  This prompted the provincial government to craft the ordinance banning the conduct of trekking and mountaineering activities, including crater climbing, on the volcano.

Source : Inquirer.net.

Le Mayon: un superbe cône volcanique capable de tuer (Crédit photo: Wikipedia)