Islande : un tunnel vers les îles Westmann ? // Iceland : A tunnel to the Westmann Islands ?

Après le projet de pont entre la Calabre et la Sicile en Italie, voici le projet de tunnel entre l’Islande continentale et les îles Vestmann !

Les discussions autour de ce tunnel durent depuis plusieurs années. En 2021, un document a été soumis au Parlement proposant une étude de faisabilité géologique. Ce document précisait qu’« une étude de faisabilité a été menée en 2000, examinant plusieurs options, dont un tunnel sous-marin et un tunnel maritime […] Il est important de poursuivre le projet afin de déterminer la faisabilité d’une liaison routière entre le continent et les îles.»

En 2023, un groupe de travail a été mis en place pour évaluer la faisabilité du projet. Un accord a été finalisé avec l’Association agricole de Flói et Skeið pour la réalisation de carottages qui fourniraient des informations essentielles sur les couches géologiques et les fondations le long du tracé proposé.
L’objectif principal du projet était d’étudier la possibilité de construire une liaison routière en cartographiant les conditions géologiques. Les données obtenues grâce aux carottages constitueraient un élément clé pour évaluer la faisabilité technique du projet. En 2023, il a été décidé que les forages auraient lieu sur deux sites clés : Eiði, sur l’île de Heimaey, et Landeyjasandur, près de la ferme de Kross. Les préparatifs devaient débuter début avril 2024, et les forages débuteraient fin avril. Cette phase de recherche devait s’achever début juillet.

Un communiqué de presse de décembre 2025 indiquait que la société Eyjagöng ehf. souhaitait lever des fonds pour réaliser des études géologiques à Heimaey et à Kross, dans l’île de Landeyjar. L’article expliquait que la construction de tunnels routiers vers Heimaey transformerait radicalement les transports en Islande.
Eyjagöng ehf. ambitionnait d’étudier les strates géologiques de Heimaey et de Kross, dans l’île de Landeyjar, afin de réduire l’incertitude quant au coût d’une éventuelle liaison routière entre le continent et les îles. L’article de presse rappelle qu’un groupe de travail a conclu en 2024 qu’il était urgent de mener des études géologiques à Heimaey et à Kross dans le cadre d’un éventuel projet de construction de tunnel.

Aujourd’hui, en 2026, nous apprenons qu’« Eyjagöng ehf. a franchi une étape importante dans l’évaluation de la faisabilité d’une liaison routière permanente entre l’Islande continentale et les îles Vestmann.» Un accord a été finalisé avec l’Association agricole de Flói et Skeið pour la réalisation de carottages, qui fourniront des informations essentielles sur les couches géologiques et les fondations le long du tracé proposé.
On nous rappelle que l’objectif principal du projet est d’étudier la possibilité de construire une liaison routière en cartographiant les conditions géologiques. Les données obtenues grâce aux carottages seront déterminantes pour l’évaluation de la faisabilité technique du projet. Des forages auront lieu à deux endroits clés : Eiði sur l’île de Heimaey et Landeyjasandur, près de la ferme Kross. Comme prévu en 2023, les préparatifs débuteront début avril 2026 et les forages devraient commencer fin avril. Cette phase de la recherche devrait s’achever début juillet.
Source : Médias islandais.

Les îles Westmann sont un chapelet de 18 îles et îlots dont une seule est habitée. Heimaey, l’île la plus vaste de l’archipel accueille un peu plus de 4 000 habitants. Heimaey a été rendue célèbre par l’éruption du volcan Eldfell le 23 janvier 1973. La population a été évacuée notamment sur des bateaux de pêche qui avaient été retenus au port la veille à cause d’une tempête. La coulée de lave émise par le volcan a menacé de détruire le port dont dépendait la vie du village et de ses habitants, mais il put être sauvé. Un tiers de la ville fut cependant détruite. La majorité des habitants ont réintégré l’île une fois l’éruption terminée.

D’un point de vue pratique, l’archipel des Westmann est distant d’une dizaine de kilomètres des côtes sud de l’Islande continentale. Il faut compter une quarantaine de minutes pour effectuer la traversée en ferry entre Landeyjahöfn et Heimaey, avec une mer qui est souvent agitée.

Source: Wikipedia

S’agissant d’Heimaey, je recommande chaudement la lecture du livre Heimaey, un excellent polar écrit par Ian Manook. L’ouvrage fait partie d’une trilogie dédiée à l’Islande.

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After the bridge to connect Calabria and Sicily in Italy, here is the tunnel to connect mainland Iceland and the Westmann Islands !

The talks about the tunnel have been occurring for several years and in 2021 a paper was submitted to Parliament proposing research on the geologic possibility of the tunnel. The document said that “a feasibility study was carried out in 2000 which looked at a number of options, including a sub-sea tunnel and a naval tunnel […] It is important to continue the project so that it will be determined whether it is possible to establish a road connection between the mainland and the islands.”

In 2023, a working group was set up to assess the feasibility of the project. An agreement had been finalized with the Flói and Skeið Agricultural Association to conduct core drilling, which would provide essential insight into the geological layers and foundations along the proposed route.

The primary objective of the project was to investigate the possibility of constructing a road connection by mapping geological conditions. Data obtained from the core drilling would serve as key input in evaluating the technical feasibility of the project.

In 2023, it was decided that the drilling would take place at two key locations: Eiði on Heimaey and Landeyjasandur near the farm Kross

Preparations were supposed to begin in early April 2024, with drilling scheduled to start in late April. This phase of the research was expected to be completed by early July.

A press release in December 2025 said that the company Eyjagöng ehf. intended to raise funds in order to carry out geological investigations on Heimaey and at Kross in Landeyjar. The article explained that road tunnels to Heimaeywould completely transform transport in Iceland.

Eyjagöng ehf. aimed to undertake investigations of geological strata on Heimaey and at Kross in Landeyjar. The purpose was to reduce uncertainty regarding the cost of a possible road connection between the mainland and the islands.

The press article reminds the public that a working group concluded in 2024 that it was urgent to carry out geological investigations on Heimaey and at Kross in Landeyjar because of possible tunnel construction.

Today, in 2026, we learn that « Eyjagöng ehf. has reached an important milestone in assessing the feasibility of establishing a permanent road connection between mainland Iceland and the Westman Islands. » An agreement has been finalized with the Flói and Skeið Agricultural Association to conduct core drilling, which will provide essential insight into the geological layers and foundations along the proposed route.

The primary objective of the project is to investigate the possibility of constructing a road connection by mapping geological conditions. Data obtained from the core drilling will serve as key input in evaluating the technical feasibility of the project.

Drilling will take place at two key locations: Eiði on Heimaey and Landeyjasandur near the farm Kross

Just like it was planned in 2023, preparations will begin in early April 2026, with drilling scheduled to start in late April. This phase of the research is expected to be completed by early July.

Source : Icelandic news media.

The Westman Islands are a group of 18 islands and islets, only one of which is inhabited. Heimaey, the largest island in the archipelago, is home to just over 4,000 people. Heimaey became famous with the eruption of the Eldfell volcano on January 23, 1973. The population was evacuated, notably on fishing boats that had been held up in the harbor the previous day due to a storm. The lava flow from the volcano threatened to destroy the harbor, on which the village and its inhabitants depended, but it was saved. However, a third of the town was destroyed. The majority of the inhabitants returned to the island once the eruption had ended.

From a practical point of view, the Westman Islands are located about ten kilometers off the southern coast of mainland Iceland. The ferry crossing between Landeyjahöfn and Heimaey takes about forty minutes, with the sea often being rough.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : Il est interdit d’interdire !

Quand elle a commencé le 13 février 2026, beaucoup – dont je faisais partie – pensaient que ce serait l’histoire de quelques jours. Aujourd’hui, plus d’un mois après son début l ‘éruption du Piton de la Fournaise montre toujours une belle énergie. L’OVPF enregistrait le 21 mars une forte hausse de la sismicité avec un trémor élevé, ce qui laisse redouter l’ouverture de nouvelles fissures éruptives.

Source: OVPF

Les débits de lave sont en hausse. Ils atteignaient des pics de plus de 30m3/seconde le 21 mars. Deux bras de coulée principaux sont toujours présents, mais le plus au nord est toujours figé dans le bas des Grandes Pentes.

Crédit photo: Christian Holveck

Au niveau de l’entrée de la lave dans la mer, la plateforme est alimentée par la coulée principale et un bras secondaire plus au sud. Elle s’avance de plus de 140 mètres en mer, sur une surface d’environ 3,7 hectares. Le volume total émergé est estimé à 200 000m3.

Source: OVPF

Il est nécessaire de rappeler que cette plateforme est instable et fragile. S’y aventurer serait carrément suicidaire. Des explosions peuvent se produire en cas de déstabilisation car la lave passe également sous la plateforme. Un contact avec l’eau de mer est forcément explosif.

Sortie de lave d’une plateforme littorale à Hawaï (Photo: C. Grandpey)

De plus, le panache de gaz qui s’échappe du front de la plateforme est particulièrement toxique car il est composé de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique et de particules fines.Gare aux sautes de vent !

Panache de gaz à Hawaï (Photo: C. Grandpey)

Je suis effrayé quand je vois le nombre de personnes qui bravent les interdictions pour s’approcher du site. En conséquences, et afin de ne pas tenter des personnes de s’y rendre, je ne publierai plus sur mon blog que les images du site d’arrivée en mer proposées par l’OVPF.

L’affluence au Grand Brûlé ferait presque oublier qu’officiellement, il est interdit de quitter la RN2 pour se rendre près de la coulée, en amont ou en aval.

Autre interdiction non respectée, le survol de la zone par des drones « pour des motifs de sécurité publique », à cause du risque de collision avec les hélicoptères et les autres drones. L’interdiction est valable dans un rayon de 7 km autour de la coulée, et de la surface jusqu’à 150 m au-dessus du sol. Pour information, les drones sont également interdits dans le Parc National des Volcans à Hawaï, comme dans tous les parcs nationaux aux États Unis. Si vous vous faites prendre par les rangers, c’est une amende et la confiscation de l’engin. La Réunion semble attachée au slogan de mai 1968 : « Il est interdit d’interdire » !

Certes, au regard de nombreux comportements imprudents, le Préfet a pris des mesures pour renforcer la sécurité mais, de mon point de vue, elles ne sont pas assez strictes au niveau du site où la lave entre en mer. Comme je l’ai dit précédemment, un jour ou l’autre il va y avoir un drame. Il y a quelques jours, le PGHM a secouru une dizaine de personnes, mais cela ne servira à rien et ne sera pas dissuasif si les visiteurs en infraction ne sont pas verbalisés!

Les Réunionnais ont un attachement quasi viscéral à leur volcan, mais on ne peut pas les laisser faire n’importe quoi !

Sauveteur de drones sur l’île de la Réunion !

Il y a quelques années, les drones sont devenus tellement populaires en France que des restrictions ont dû être imposées pour éviter les abus. En particulier, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) a imposé des règles très strictes concernant le pilotage des engins d’un poids supérieur à 250 grammes. Ces restrictions ont entraîné un net ralentissement de la vente de ces engins volants. La DGAC et les autorités ont défini des zones interdites de survol. Parmi elles, on peut mentionner les sites sensibles comme les centrales nucléaires, les prisons, les parcs nationaux, les bases militaires ou encore les aéroports. De même, il est interdit de faire voler un drone au-dessus de l’espace public en agglomération, et de dépasser 120 mètres de hauteur.

À l’attention des personnes qui se rendent aux États Unis, je signale que l’utilisation de drones dans les parcs nationaux est formellement interdite. Si vous vous faites prendre, c’est amende et confiscation de l’appareil assurées.

Photo: C. Grandpey

Les drones sont autorisés lorsqu’ils sont utilisés par les autorités à des fins de sécurité, comme ici sur le Kilauea :

Crédit photo: HVO

Le site Réunion la 1ère a récemment publié un article intéressant, mais aussi surprenant, à propos d’un « sauveteur de drones. » Étant donné que l’île a été érigée en Parc National en mars 2007, je me suis demandé quelle est la réglementation pour les drones. Elle est fort bien décrite à cette adresse :

https://www.reunion-parcnational.fr/fr/le-parc-national-de-la-reunion/reglementation/survol-en-drone

On y apprend que l’utilisation des drones est tolérée mais que certaines zones sont interdites « pour protéger nos oiseaux endémiques ». D’autres zones sont  « à éviter pour garantir la quiétude de tous ». Le survol en drone est également interdit sur plusieurs lieux dans un rayon de 200 mètres. Parmi ces lieux figurent le Point de vue du Maïdo, le Belvédère du Pas de Bellecombe, le sommet du Piton de la Fournaise, le Piton Partage ou encore le Piton de Bert. Lors de mon séjour à la Réunion en 2019, je me suis rendu compte que les drones volaient librement, mais la DGAC n’avait probablement pas encore imposé sa réglementation.

Au vu de l’article sur Réunion la 1ère, il semble que tout le monde ne respecte pas la loi. En effet, pour récupérer les engins en perdition, le sauveteur de drones arpente les endroits les plus escarpés de l’île pour « aller chercher les drones de pilotes maladroits ou victimes d’avaries diverses. Des accidents qui se produisent habituellement en nombre pendant les éruptions du Piton de la Fournaise. » La récupération intervient souvent dans le rempart au volcan, où il utilise ses compétences de cordiste. A noter que ces sauvetages ont un coût, entre 150 et 250 euros l’intervention et jusqu’à 1000 euros en fonction de la difficulté et de la distance.

Le dernier paragraphe de l’article de Réunion la 1ère explique qu’habituellement, les éruptions sont propices aux pertes de drones, mais que ce ne fut pas le cas pour la dernière éruption du mois de janvier 2026. Plusieurs appareils ont volé en même temps au même endroit, mais sans accidents. Le sauveteur de drones rappelle que « cette fois-ci le survol des drones était interdit. C’est d’ailleurs le cas dans de nombreux sites, comme le Piton des Neiges, au Maïdo, au Piton de Bert et dans pas mal d’endroits au sein du Parc National. » Mais il semblerait qu’à la Réunion le mot « interdit » n’ait pas tout à fait le même sens qu’en métropole…

Étant moi-même pilote de drone, je me plie à la loi, même si certaines interdictions font naître une certaine frustration.

Photo: C. Grandpey

Conférences 2026 !

Plusieurs conférences sont au programme de l’année 2026.

Je présenterai « La Campanie, des Champs Phlégréens à Pompéi » le 30 avril 2026 au Palais des Congrès de Rochefort (Charente-Maritime)

Au départ de Pouzzoles, je conduis le spectateur à travers la Campanie avec une première étape dans la Solfatara, une cocotte-minute prête à exploser. Puis, nous escaladons les pentes du Vésuve dont la prochaine éruption pourrait être dévastatrice. Nous déambulons ensuite dans les rues de Herculanum et Pompéi, détruites par le volcan en l’an 79.
La conférence est illustrée par des photos que j’ai prises sur les différents sites. Elle se poursuit, comme les précédentes présentations, par un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, intitulé « La Java des Volcans ». Il fait voyager à travers l’île indonésienne de Java qui héberge plusieurs volcans aussi explosifs que le Vésuve.

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Je présenterai « Volcans et Risques Volcaniques »  le 7 mai 2026 à 15 heures à la Salle de la Gomière à Châtellerault (Vienne).

Séismes et volcans sont souvent associés dans la pensée populaire. Il est malheureusement impossible de prévoir les tremblements de terre.
Le but de la conférence « Volcans et Risques volcaniques  » est de faire le point sur la situation en volcanologie. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé.
Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu? Sommes nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaye de répondre.
La conférence s’accompagne d’un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé intitulé « L’Etna, de glace et de feu ».

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Je présente à partir de 2026 une nouvelle conférence intitulée « Contes, mythes et légendes volcaniques. » Elle aura lieu le 26 novembre 2026 à 14h30 au Centre Universitaire Maurice Faure de Cahors (Lot).

Stromboli, Etna, Kilauea, Krakatau…. Autant de noms qui font rêver mais suscitent aussi la crainte. Malgré le risque éruptif, les volcans les plus actifs de la planète ont toujours fasciné les hommes. Les contes et légendes abondent, comme si l’homme essayait, à travers ces récits, de se rassurer devant les forces de la Nature.

Le but de ma conférence est de faire voyager le public à travers le monde, de l’Islande à Hawaï, non pas en décrivant le phénomène éruptif, mais en se plongeant dans des contes, mythes et légendes racontés souvent par des peuples qui n’avaient pas notre connaissance scientifique pour expliquer les événements auxquels ils assistaient.

Comme pour mes conférences précédentes, celle-ci sera suivie d’un diaporama en fondu-enchaîné, d’une vingtaine de minutes, intitulé Hawaï, le Feu de la Terre.

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J’ai présenté ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique » à Parthenay (Deux-Sèvres) le 6 janvier 2026. Elle est disponible pour d’autres dates.

Lors de mes voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers.
Aucun continent n’est épargné, pas plus l’Afrique avec le Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Le but de ma conférence « Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique  » est de sensibiliser la population à une catastrophe annoncée. Elle s’accompagne d’un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé illustrant la situation glaciaire en Alaska.

Photos: C. Grandpey

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Si votre association ou votre comité d’entreprise sont intéressés par les sujets proposés, leurs responsables peuvent me contacter par mail à claude.grandpey@orange.fr