Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Réouverture de l’Enclos

Le Piton de la Fournaise ne s’est plus manifesté depuis l’arrêt de la dernière éruption de 24 heures le 27 mai dernier. En conséquence, le préfet a décidé de passer en phase de Vigilance à compter du mercredi 8 juin 2016 à 06h00.

L’accès du public à l’Enclos est de nouveau autorisé à compter du mercredi 8 juin 2016 à 06h00, uniquement sur les trois sentiers balisés et entretenus par l’Office National des Forêts. Pour des raisons de sécurité, il est interdit de s’engager au-delà des limites provisoires qui sont matérialisées sur les sentiers Kapor et Rivals.

Le bulletin indique que « cependant, une éruption reste possible dans les jours ou semaines à venir ». L’expression est malvenue en métropole en ce moment, mais on peut dire que la  préfecture et l’observatoire ne se mouillent pas !!


Ruapehu (Nouvelle Zélande / New Zealand)

drapeau-francaisSelon GeoNet, le Ruapehu reste bien actif. La température du lac de cratère, qui atteignait 46°C le mois dernier (le 11 mai), est redescendue à 32°C. Cette température a généralement varié entre 15°C et 40°C depuis que le lac a fait sa réapparition entre 1999 et 2000, après avoir disparu suite aux épisodes éruptifs de 1995-1996.
On continue d’enregistrer des épisodes de tremor volcanique faibles à modérés.
Les récentes visites sur le volcan ont confirmé que les émissions de CO2, H2S et SO2 restent élevées et se situent au-dessus de leur niveau normal, même si on observe une certaine baisse de ces émissions.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 2. La couleur de l’alerte aérienne est également maintenue au Jaune.
La dernière éruption du Ruapehu remonte au 25 septembre 2007, avec une activité sismique de sept minutes, deux lahars et des projections de blocs dont un a gravement blessé un enseignant d’école primaire qui se trouvait dans le Dome Shelter près du cratère.

Voir ma note du 28 janvier 2016 pour la description de cet événement: https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/01/28/detresse-sur-le-ruapehu-nouvelle-zelande-surviving-ruapehu-new-zealand/

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drapeau-anglaisAccording to GeoNet, Mount Ruapehu remains quite active. The temperature of the crater lake, which was measured last month (on May 11th) at 46°C, has now decreased to 32°C. The lake temperature typically ranges between 15°C and 40°C, something which has been a common feature since it reformed between 1999 and 2000, having been removed by the 1995-1996 eruptions.

Moderate to low levels of volcanic tremor continue.

Recent visits to the volcano have confirmed that the output of volcanic gas – CO2, H2S and SO2 – remains elevated above background levels but is declining.

The volcanic alert level remains at 2. The aviation colour code is also unchanged, at Yellow.

The last time Mount Ruapehu erupted was on September 25th, 2007, causing a seven-minute-long earthquake, two lahars and flying rocks – one which severely injured a primary school teacher when it landed on Dome Shelter near the crater. See my note of 28 January 2016 for a description of this event: https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/01/28/detresse-sur-le-ruapehu-nouvelle-zelande-surviving-ruapehu-new-zealand/)

Ruapehu lac

Photo: C. Grandpey

 

Tungurahua (Equateur / Ecuador): Une éruption à court ou moyen terme? // An eruption in the short or medium term?

drapeau-francaisDans son dernier bulletin en date du 3 juin 2016, l’Institut de Géophysique (IG) indique que le Tungurahua connaît une activité relativement faible depuis sa dernière éruption qui a eu lieu entre le 25 février et le 15 mars 2016. En particulier, l’activité sismique et de dégazage restent à un niveau normal, à l’exception d’un petit essaim sismique avec des événements longue période (LP) enregistré entre le 1er et le 20 mai, probablement associé à des mouvements fluides. A côté de cela, les observations de déformation montrent un gonflement de l’édifice volcanique, signe d’une intrusion magmatique depuis la fin de la dernière éruption.
La période de calme actuelle pourrait donc être trompeuse et annoncer une activité plus intense à court terme. Au cours des 8 dernières années, le Tungurahua a connu à plusieurs reprises de telles périodes calmes suivies d’une réactivation de l’activité après avoir présenté des signes annonciateurs à court terme dans seulement 20% du temps. Sur la base de ces statistiques et de la période de repos (79 jours) que le volcan est en train de traverser, on estime qu’une réactivation du Tungurahua à moyen terme (semaines ou mois) est probable. Deux scénarios éruptifs sont possibles: 1) une réactivation progressive, de type strombolien, avec retombées de cendre; 2) une reprise rapide de type vulcanien, avec une haute colonne éruptive et des coulées pyroclastiques.

Le but du rapport de l’IG est d’avertir les autorités et la population sur la possibilité d’une éruption du Tungurahua à moyen terme afin que soient prises les mesures nécessaires pour faire face à une telle éventualité.

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drapeau-anglaisIn its latest bulletin (June 3rd, 2016), the Geophysics Institute (IG) indicates that Tungurahua has been experiencing a relatively low activity since its last eruption, which took place between 25 February and 15 March 2016. In particular, seismic and degassing activity remain at a normal level, with the exception of a small seismic swarm with long-period events (LP) registered between 1 and 20 May, probably associated with fluid movements. Beside that, the observations of deformation show an inflation of the volcanic edifice, indicating magma intrusion since the end of the last eruption.
The current period of calm could be deceptive and announce a short-term increased activity. Over the past 8 years, Tungurahua has repeatedly gone through such quiet periods followed by a reactivation of activity after presenting short-term signs in only 20% of cases. Based on these statistics and the rest period (79 days) that the volcano is going through, it is estimated that a reactivation of Tungurahua in tha medium term (weeks or months) is probable. Two eruptive scenarios are possible: 1) a gradual reactivation of Strombolian activity, with ashfall; 2) the rapid start of vulcanian-type activity with a high eruptive column and pyroclastic flows.
The purpose of the IG report is to warn authorities and the public about the possibility of an eruption at Tungurahua in the medium term so that necessary measures are taken to deal with such a situation.

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Déformation du Tungurahua entre le mois de février et la fin du mois de mai 2016. La zone grise symbolise la dernière éruption. (Source: IG)

Activité bradysismique en Nouvelle Zélande // Bradyseismic activity in New Zealand

drapeau-francaisEntre 2004 et 2011, la ville de Matata et ses 642 habitants – dans la partie orientale de la Baie de l’Abondance (Bay of Plenty), à environ 200 km au SE de Auckland – a été secouée par plusieurs milliers de petits séismes. Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que la cause de ces événements, d’une magnitude entre M 2 et M 4 pour la plupart, et à des profondeurs comprises entre 2 et 8 km, étaient due à des mouvements tectoniques typiques de la région. En plus de cette sismicité, le sol s’est soulevé en moyenne de 5 millimètres par an dans les années 1950 et le rythme de soulèvement a plus que doublé pour atteindre environ 12 millimètres par an à partir du milieu des années 2000. Le phénomène s’est calmé par la suite.
Les dernières recherches ont révélé la vraie raison pour laquelle une zone de 400 kilomètres carrés autour de Matata s’est soulevée à partie de 1950. Au cours de cette période, il y a probablement eu une ascension magmatique, ce qui a fait se soulever le sol autour Matata d’environ un centimètre chaque année. Au cours de cette ascension, le magma a fait se déformer ou se fracturer la roche encaissante, ce qui a provoqué de petits séismes.
A l’aide d’un modèle basé sur des données GPS et d’interférométrie radar (InSAR), ainsi que des décennies d’archives géologiques, les scientifiques sont arrivés à la conclusion qu’une poche magmatique se trouve à une dizaine de kilomètres sous la surface, et son volume a augmenté d’environ 9 millions de mètres cubes depuis 1950. Cependant, la présence de ce magma ne signifie pas une éruption est imminente.
La ville de Tauranga, avec plus de 100 000 habitants, se trouve à une cinquantaine de kilomètres au NO de la zone de soulèvement. La population de la région est déjà sous la menace de risques volcaniques, en particulier les retombées de cendre que ne manqueraient pas d’occasionner des éruptions des volcans de Taupo. On ne sait pas si la chambre magmatique nouvellement découverte induira un risque supplémentaire. On n’a observé aucune augmentation de l’activité volcanique dans la région septentrionale de Taupo.
Ce n’est pas la première fois que le magma pousse la croûte ailleurs que sous un volcan actif. Des exemples ont été recensés dans les Andes centrales. On peut également citer l’Italie où des événements bradysismiques sont observés dans la région de Pouzzoles depuis de nombreuses années.
Source: Presse néo-zélandaise..

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drapeau-anglaisBetween 2004 and 2011, the town of Matata and its 642 residents – in the eastern Bay of Plenty, about 200 km SE of Auckland – had mysteriously been the centre of several thousand earthquakes. Until now, scientists suspected that the cause of the quakes, most of them between M 2 and M 4, and at depths of between 2 km and 8 km, were due to typical tectonic movements underground. Aside from this seismicity, the ground had risen by 5 millimetres per year in the 1950s and that rate more than doubled to about 12 millimetres a year starting in the mid-2000s. It has since dropped back to the lower rate.

The new findings have revealed the reason why a 400-square-kilometre area of land around the town has been uplifted since 1950. Over this period, molten or semi-molten rock was being pushed up from below, causing land around Matata to rise by about a centimetre each year. As the magma moved in the sub-surface, it caused the surrounding rock to deform and break, resulting in small earthquakes.

Using a model based on modern GPS and satellite radar data, along with decades of survey records, scientists have concluded a magma body lies about 10 km below the surface, and since 1950 its volume had grown by 9 million cubic metres. However, the presence of the magma does not mean an eruption could be imminent.

The city of Tauranga, with more than 100,000 residents, lies about 50 kilometres NW of the uplift. People in the area are already at risk from volcanic hazards, especially ashfall from the Taupo volcanoes. It’s unclear whether the newly discovered magma chamber will pose an extra risk. There has been no increase in volcanic activity in the northern Taupo region.

The study is not the first to suggest that magma is pushing into Earth’s crust somewhere other than under an active volcano. Examples have also been found in the central Andes and in Italy where bradyseismic events in the area around Pozzuoli have been recorded for many years.

Source: New  Zealand newspapers.

Matata copie

Source: Google maps.