L’AVO travaille sur le volcan Okmok (Ile Umnak / Aléoutiennes / Alaska) // AVO is working on Okmok volcano (Umnak Island / Aleutians / Alaska)

drapeau-francaisAujourd’hui, de nouvelles technologies sont utilisées pour mieux comprendre les volcans et, si possible, savoir ce que cachent leurs entrailles. La tomographie muonique a récemment été utilisée par les Japonais pour visualiser la structure interne de volcans comme le Mt Asama, le Mt Iwate ou encore le Mt Satsuma-Iojima. Les scientifiques français ont également utilisé la tomographie muonique dans le projet DIAPHANE sur le volcan de la Soufrière à la Guadeloupe. Des équipes du CNRS ont installé des capteurs de muons cosmiques sur les flancs du volcan. J’ai écrit sur ce blog plusieurs notes à ce sujet entre novembre 2015 et juillet 2016
Cet été, des scientifiques de l’Alaska Volcano Observatory (AVO) se sont rendus sur le volcan Okmok, sur l’île Umnak dans les Aléoutiennes, dans le but de réaliser une image de l’intérieur de ce volcan. Au cours de l’été 2015, l’équipe avait installé un ensemble de sismomètres sur et autour du volcan. Comme les sismomètres mesurent la vitesse à laquelle se déplacent les ondes sismiques à travers la terre, les scientifiques peuvent avoir une idée du type de matériaux à l’intérieur de l’Okmok. En effet, les ondes sismiques se propagent plus vite à travers les roches denses et plus lentement à travers des éléments liquides comme le magma et l’eau.
Des travaux antérieurs ont révélé qu’il y avait une chambre magmatique peu profonde sous l’Okmok. Les nouvelles données aideront à savoir s’il y a d’autres chambres plus profondes dans la croûte. Elles pourraient également aider les scientifiques à comprendre les éruptions futures.
En 2008, Okmok a connu un nouveau type éruptif, différent de ceux du passé, et les scientifiques ont été pris au dépourvu. Les dernières observations – avec une image de la structure profonde du volcan – pourraient apporter des explications sur cette éruption inhabituelle et donner plus d’informations sur les éruptions futures.
A côté de l’Okmok, les scientifiques de l’AVO étudient également le Cleveland, et concentrent leurs efforts sur l’activité tectonique à Unalaska.
Ces observations permettront une approche plus complète de l’environnement sismique dans les Aléoutiennes.
Source: Alaska Volcano Observatory.

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drapeau-anglaisToday, new technologies are being used to better understand volcanoes and, if possible, know what their inner parts look like. Muon tomography has recently been used by the Japanese to visualize the internal structure of volcanoes like Mt Asama, Mt Iwate or Mt Satsuma-Iojima. French scientists have also used muon tomography in the DIAPHANE project on the Soufriere volcano in Guadeloupe. CNRS teams installed cosmic muon sensors on the flanks of the volcano. I have written several notes about this technology between November 2015 and July 2016

This summer, scientists from the Alaska Volcano Observatory (AVO) have visited Okmok volcano on Umnak Island in the Aleutians with the aim to create an image of the inside of this volcano. Last summer, the team set out an array of seismometers on and around the volcano. As the seismometers measure the speed at which seismic waves travel through the earth, scientists can get an idea of what kind of material might make up the inside of Okmok. Seismic waves travel faster through dense rock, and slower through liquids like magma and water.

Previous work revealed there was a shallow magma chamber. The new data will help to know if there are other chambers deeper in the crust. It could also help scientists understand future eruptions.

In 2008, Okmok erupted in an entirely new way, breaking a historical pattern and surprising scientists. The team’s latest observations – with an image of the deeper structure – might shed more light on that unusual eruption and give more information about future eruptions..

Beside Okmok, AVO is also studying Mount Cleveland, and measuring tectonic activity on Unalaska.

These observations will allow to create a more complete picture of the seismic environment in the Aleutians.

Source: Alaska Volcano Observatory.

Okmok

Vue du cratère de l’Okmok (Photo: USGS / Alaska Volcano Observatory)

Bonne vidéo du cratère de l’Halema’uma’u (Hawaii) // Nice video of Halema’uma’u Crater (Hawaii)

drapeau-francaisLe HVO a mis en ligne une vidéo fort intéressante montrant un survol du cratère de l’Halema’uma’u réalisé fin juillet.

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1481.mp4

Au début du survol, on aperçoit en bas de l’image le Jaggar Museum ainsi que l’Observatoire. Le niveau du lac de lave était relativement haut dans l’Overlook Crater, à environ 20-25 mètres sous la lèvre du cratère. Ce dernier présente une forme elliptique de 250 mètres sur 180. La lave se trouve en ce moment à 30-35 mètres de profondeur. On repère facilement les coulées de lave qui ont envahi le plancher lors du débordement du lac en avril-mai 2015 car elles sont plus sombres que le reste du cratère.

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drapeau-anglaisHVO has posted an interesting video showing an overflight of Halema’uma’u Crater performed in late July.
http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1481.mp4

At the beginning of the document, one can see at the bottom of the image the Jaggar Museum and the Observatory. The level of the lava lake was relatively high in the Crater Overlook, about 20-25 meters below the crater rim. The crater has an elliptical shape and is 250 meters by 180. The lava is currently 30-35 meters deep. It is easy to see the lava flows that flooded the crater floor during the lake overflow in April-May 2015 because they are darker than the rest of the crater.

Halema'uma'u-blog

Photo: C. Grandpey

Hawaii : Spectaculaire entrée de la coulée de lave dans l’océan // Hawaii : Dramatic ocean entry of the lava flow

drapeau-francaisLa zone d’entrée de la coulée 61g dans le Pacifique s’agrandit de jour en jour, comme on peut le voir dans cette vidéo tournée le 18 août :
https://youtu.be/-vzIvGLF3e8

L’entrée initiale à l’est continue de croître alors même que la deuxième entrée plus à l’ouest prend de l’importance. Des dizaines de coulées pahoehoe pénètrent dans l’eau. Plusieurs sorties de lave peuvent également être observées sur la plaine côtière, au-dessus et en dessous de la route d’accès, qui est maintenant traversée par la lave dans au moins trois endroits. Une troisième entrée dans l’océan sera probablement observée au cours des prochains jours.
Le HVO indique également que la coulée 61g construit un delta de lava de plus en plus vaste à la base de la falaise.
Les touristes peuvent atteindre les coulées de lave à pied, mais les meilleures vues sont à partir d’un hélicoptère ou d’un bateau.
L’USGS met sans cesse en garde les visiteurs sur les dangers qui accompagnent l’arrivée de la lave dans l’océan.  Une approche trop serrée du site expose aux projections de matériaux quand des explosions se produisent. Il n’est, bien sûr, pas question de s’aventurer sur le delta de lave qui peut s’effondrer à tout moment.

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drapeau-anglaisThe ocean entry of Kilauea Volcano’s 61G Lava Flow is getting wider and wider day after day as can be seen in this video shot on August 18th: :

https://youtu.be/-vzIvGLF3e8

The initial entry to the east continues to grow even as the second entry to the west gains momentum. Dozens pahoehoe flows are entering the water. Several outbreaks can also be observed on the coastal plain, both above and below the access road, which is now crossed by lava in at least three places. A third ocean entry will probably develop over the next few days.

HVO also reports that the 61G lava flow is building an increasingly large lava delta at the base of the sea cliff.

Visitors can reach the lava flows on foot but the best views are from a helicopter or a boat.

Again and again, USGS cautions visitors viewing the new ocean entry. Venturing too close to an ocean entry exposes to flying debris created by the explosive interaction between lava and water. Also, the new lava delta is unstable; venturing on it would be highly dangerous with the risk of a sudden collapse.

Les super volcans australiens // Australia’s super volcanoes

drapeau-francaisEn 2015, des scientifiques de l’Université Nationale d’Australie ont découvert la plus longue chaîne volcanique continentale au monde. Elle s’étire sur 2000 km dans la partie orientale du continent australien. Cette chaîne volcanique, baptisée Cosgrove Chain, qui a commencé à se former il y a 33 millions d’années, s’étire depuis les Iles Whitsunday dans le Queensland au NE jusqu’à proximité de Melbourne au SE (voir carte ci-dessous). Les volcans ne se sont pas édifiés au bord des plaques tectoniques, comme souvent sur notre planète; ils sont le fruit de panaches mantelliques (voir ma note du 17 septembre 2015). Les éruptions furent si violentes qu’elles expédièrent des matériaux jusque sur la côte ouest du pays, à 4000 km de distance. Cette activité volcanique a eu lieu au moment où la Nouvelle-Zélande commençait à se séparer de la bordure orientale de l’Australie.
Jusqu’à récemment, la seule preuve de la violence de ces éruptions était un alignement de cratères éteints et les coulées de lave solidifiées que les éruptions avaient laissées derrière elles. De nouvelles informations viennent d’être fournies par des chercheurs de l’Université Curtin. Ils étaient en train d’effectuer des forages dans la plaine de Nullarbor en Australie occidentale quand ils ont découvert des cristaux  de zircon de la taille de grains de sable qui ne correspondaient pas à la composition chimique des roches typiques de la région. En revanche, ces cristaux ressemblaient, par leur âge et leur composition, aux roches volcaniques de la région des îles Whitsunday. Les cristaux n’avaient pas pu traverser le pays par le biais de systèmes fluviaux pour deux raisons : ils étaient très bien conservés, et les fossiles incrustés dans les roches indiquaient que les cristaux présentaient un âge identique.
Les chercheurs pensent que les éruptions sur la Cosgrove Chain étaient probablement des dizaines ou des centaines de fois plus puissantes que celles observées dans les temps historiques. Une éruption de ce type aujourd’hui serait entendue jusqu’à Perth, sur la côte ouest de l’Australie. Il y a des dizaines de millions d’années, l’Australie n’a pas été le seul pays à avoir été secoué par de puissantes éruptions volcaniques en raison de la dislocation du Gondwana. Ces super éruptions sont tout à fait exceptionnelles de nos jours. Les volcans sont capables d’émettre des panaches de fines particules de cendre sur de grandes distances, mais ils ne peuvent pas envoyer des lapilli à des milliers de kilomètres. L’éruption du Toba (Indonésie) il y a 73 000 ans a expédié des particules de la taille de grains de sable sur un rayon de 2700 km.
Source: New Scientist.
https://www.newscientist.com/

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drapeau-anglaisIn 2015, scientists from the Australian National University discovered the world’s longest chain of continental volcanoes, stretching 2,000km along eastern Australia. The volcanic chain, named the Cosgrove Chain, which started its formation 33 million years ago, runs from near the Whitsundays in Queensland to near Melbourne (see map below). The volcanoes weren’t formed at the edge of tectonic plates. Instead, they came about from mantle plumes. (see my note of 17 September 2015). Their explosions were so violent that they could send material ­­all the way across to the west coast of the country, 4,000 km away. This volcanic activity occurred at the time when New Zealand was beginning to tear away from Australia’s eastern edge.

Until recently, the only evidence of the scale of these eruptions was the dormant craters and the solidified lava flows left behind. Researchers at Curtin University in Western Australia were drilling beneath the Nullarbor plain in remote Western Australia when they discovered sand-sized zircon crystals that did not match any of the region’s typical rock compositions. Instead, the crystals matched volcanic rock in the Whitsundays area on the country’s north-east coast in both age and geochemical composition. Two clues ruled out the possibility that river systems had carried the zircon crystals across the country: they were very well preserved, and fossils in the rocks indicated that the crystals were of an identical age.

The researchers think that the eruptions were probably tens to hundreds of times more powerful than any documented in human history. An equivalent eruption today would be heard in the west coast city of Perth. Australia was not the only country to have been shaken by powerful volcanic activity 100 millions of years ago due to the disintegration of the supercontinent Gondwana. Such mega eruptions are quite exceptional today. Modern volcanoes that can spew fine particles of ash over large distances, but they lack the power to hurl larger particles thousands of kilometres away. The biggest known super-eruption occurred of Toba volcano in Indonesia 73,000 years ago propelled sand-sized particles over a 2700-kilometre radius.

Source: New Scientist.

https://www.newscientist.com/

Cosgrove chain copie

Cosgrove Chain.

Whitsundays

Anciens cratères dans les Iles Whitsunday

(Source: Australian National University)