Bogoslof (Iles Aléoutiennes / Aleutians ) [suite / continued]

drapeau-francais8 heures: L’AVO vient de m’adresser le message suivant: « Suite à l’éruption explosive d’une durée d’une heure qui s’est produite ce matin (le 23 décembre) vers 9h30 (heure locale), la sismicité reste élevée et montre des variations. La bouche sous-marine à partir de laquelle a eu lieu l’éruption jouxte la côte NE de Bogoslof Island et il semble qu’il y ait encore une interaction entre les matériaux éruptifs à haute température et l’eau de mer. Bien qu’il n’y ait pas actuellement de preuve d’une forte activité explosive, la situation antérieure avec 3 épisodes éruptifs justifie le maintien de l’alerte aérienne à la couleur Rouge. »

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drapeau-anglais8:00: AVO has just sent me the following message: « Following the hour-long explosive eruption that occurred this morning (DEcember 23rd) beginning at about 09:30 AKST (18:30 UTC), seismicity has remained elevated and variable. The submarine vent for the eruption is immediately adjacent to the northeast shore of Bogoslof Island and there is apparently continuous interaction of hot eruptive products with sea water. Although there is no evidence of current strong explosive activity, based on the unpredictability of the situation and the occurrence of three explosive eruptions in the past four days, the status of the volcano remains Aviation Color Code at RED « .

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Vue de Bogoslof Island (Crédit photo: USGS)

Soulèvement de la Laguna del Maule (Chili) // Uplift of the Laguna del Maule (Chile)

drapeau-anglaisLa Smithsonian Institution explique que la Laguna del Maule (dans la partie centrale du Chili, près de la frontière avec l’Argentine) est une caldeira de 15 x 25 km qui contient un groupe de petits stratovolcans, de dômes de lave et de cônes pyroclastiques datant du Pleistocène à l’Holocène. La caldeira se trouve principalement sur le côté chilien de la frontière, mais a aussi une partie en Argentine. Au cours de l’Holocène, la dernière activité a produit un cratère d’explosion sur le côté est du lac et une série de dômes de lave rhyolitique et de coulées de blocs qui entourent la Laguna del Maule. La région n’a pas eu d’activité éruptive récente.
La Laguna del Maule intrigue actuellement la communauté scientifique car elle s’est soulevée d’environ deux mètres depuis 2007, à une vitesse et une régularité encore jamais observées. Cela signifie probablement que le magma exerce une pression sur la croûte terrestre dans une zone où l’on a relevé des indices montrant que des éruptions explosives se sont produites à plusieurs reprises au cours des derniers millénaires. Si une telle éruption devait se produire à Maule aujourd’hui, elle serait susceptible de réduire à néant les projets hydroélectriques à proximité, émettre des cendres qui pourraient détruire les récoltes dans les pampas de l’Argentine et sévèrement perturber le trafic aérien.
Les scientifiques soulignent qu’il n’est pas possible de savoir si Maule entrera à nouveau en éruption, ni à quel moment, ni quelle sera l’importance de l’éruption. Il n’y a aucune raison de paniquer, mais il est certain que le volcan montre des signes de réactivation.
L’Argentine et le Chili s’efforcent de contrôler de plus en plus étroitement la chaîne volcanique des Andes qui s’étire le long de leur frontière commune. La plupart des volcans sont situés du côté chilien, mais les vents envoient souvent les nuages de cendre vers l’Argentine.
Le complexe Laguna del Maule entoure un beau lac bleu du même nom et présente des terres volcaniques arides. Les villes les plus proches sont San Clemente au Chili, à environ 122 kilomètres, et la Malargue, un peu plus proche, du côté argentin. La capitale du Chili, Santiago, se trouve à environ 300 kilomètres au nord.
Près de 2 400 personnes vivent ou travaillent dans les environs, et la vallée du Maule fournit environ 25% de l’énergie du Chili via 14 centrales hydroélectriques.
Située sur la trajectoire potentielle d’une éruption, Los Condores est une centrale hydroélectrique en construction qui utilisera l’eau du lac. Enel Generacion a investi quelque 660 millions de dollars dans le projet, qui devrait être opérationnel en 2018.
Source: Agence Reuters.

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drapeau-anglaisThe Smithsonian Institution explains that the Laguna del Maule (central Chile, near the Argentine border) is a 15 x 25 km wide caldera which contains a cluster of small stratovolcanoes, lava domes, and pyroclastic cones of Pleistocene-to-Holocene age. The caldera lies mostly on the Chilean side of the border, but partially extends into Argentina. The latest activity produced an explosion crater on the east side of the lake and a series of Holocene rhyolitic lava domes and blocky lava flows that surround Laguna del Maule. The region has no recent eruptive activity.

The Laguna del Maule is currently puzzling the scientific community because it has risen by about two meters since 2007, an « uplift » at a rate and consistency that is unprecedented in recent history. This probably means magma is exerting pressure on the Earth’s crust in a zone where evidence indicates that explosive eruptions have happened repeatedly in the last few thousand years. If such an eruption were to happen at Maule today, it would have the potential to devastate nearby hydroelectric projects, and emit ash that could wipe out crops across Argentina’s pampas and severely disrupt global air traffic.

Scientists emphasize that it is impossible to know if or when Maule will erupt again and how large any eruption would be. There is no reason to alarm, but it the volcano showing signs of reactivation.

Argentina and Chile have been working increasingly closely on monitoring the Andes volcanic chain that runs down their shared border. Most of the volcanoes are located on the Chilean side, but winds usually send the ash clouds toward Argentina.

Tne Laguna del Maule complex is centered around a lake of the same name, surrounded by arid volcanic rock. The nearest towns are San Clemente in Chile, around 122 kilometers away, and the slightly closer Malargue on the Argentine side. Chile’s capital Santiago is some 300 kilometers to the north.

About 2,400 people live or work in the nearby area, and the Maule river valley supplies around 25 percent of Chile’s energy via 14 hydroelectric stations.

Right in the potential path of any eruption is Los Condores, a hydroelectric plant under construction that will use water from the lake. Enel Generacion has invested some $660 million in the project, which is due to begin operations in 2018.

Source: Reuters press agency.

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Vue de la Laguna del Maule et de son lac au bleu intense.

(Crédit photo: Wikipedia)

Plus de détails sur l’éruption du Bogoslof (Iles Aléoutiennes) // More details about the Bogoslof eruption (Aleutians)

drapeau-francais20 heures: La sismicité restait élevée jeudi sur le Bogoslof après les deux éruptions mentionnées précédemment. À partir de données satellitaires, les scientifiques de l’AVO ont pu localiser approximativement le site de l’éruption qui se trouve sous l’eau, près de la côte E de Bogoslof Island, ou peut-être à l’endroit où se trouvait le rivage autrefois. Comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, l’île a été façonnée par des explosions précédentes, et la dernière éruption ne fait pas exception.
Les retombées de cendre ont donné naissance une nouvelle terre tandis qu’une partie de l’île près de la bouche active a été détruite au cours de l’une des éruptions. Il semble que la dernière éruption ait émis surtout de la cendre. S’il y a émission de lave par la suite, celle-là se cantonnera probablement autour de la bouche active. L’île possède déjà des structures en forme de dôme érigées par la lave lors d’éruptions antérieures, la plus récente ayant eu lieu en juillet 1992.
L’AVO a publié une carte satellite montrant un panache de dioxyde de soufre (SO2) qui se dirigeait vers le nord de Bogoslof mercredi juste après 11 heures. Un météorologue d’Anchorage a indiqué que des pilotes avaient fait état d’un panache SO2 à l’est de Bethel jeudi en début de journée. Le premier avion volait à une altitude de 11 100 mètres à environ 100 km au nord-est de Bethel à 7h06, tandis que le second volait à 9 600 m à environ 160 km à l’est de Bethel à 7h52. Les deux pilotes ont senti une forte odeur de soufre, mais ils n’ont pas observé de cendre.

Source : Alaska Dispatch News.

22 heures: Dernière minute: L’AVO vient de m’informer qu’un nouvel épisode éruptif venait d’avoir lieu sur le Bogoslof vers 9h30 (heure locale).

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drapeau-anglais20:00: Bogoslof volcano was still showing continuous seismic activity Thursday after the two eruptions that were previously mentioned. From satellite data, AVO staff determined an approximate location of the volcano’s vent, which was underwater near Bogoslof Island’s eastern shoreline, or where the shoreline used to be. As can be seen on the map below, the island has been shaped by previous blasts, and the most recent eruption is no exception.

Ashfall has accumulated above sea level and created new land while a portion of the island near the vent was blown out during one of the eruptions. It appears the latest eruption has been mostly ash fallout. If lava surfaces it will likely be around the location of the vent. The island already features dome-shaped landmarks formed by lava during previous eruptions, the most recent having been in July 1992.

The observatory released a satellite-based map showing a plume of sulphur dioxide (SO2) being carried north from Bogoslof just after 11 p.m. Wednesday. An Anchorage meteorologist said the pilots of two jets reported encountering the SO2 plume east of Bethel early Thursday. The first jet was at an altitude of 11,100 metres about 100 km northeast of Bethel at 7:06 a.m., and the second was at 9,600 m about 160 km east at 7:52 a.m. All they reported was a strong sulphur smell but no ash.

Source : Alaska Dispatch News.

22:00: Last minute: AVO has just informed me that another explosive eruption occurred at Bogoslof this morning at about 09:30 (local time).

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Source: USGS

La presse britannique réveille les Champs Phlégréens ! // The British press wakes up the Phlegrean Fields !

drapeau-francaisDepuis quelques jours, des articles fleurissent dans la presse britannique, annonçant que le volcan des Champs Phlégréens – près de Naples – montre des signes de réveil. Par exemple, le titre de The Week était « Le grand frère du Vésuve commence à se réveiller ».
En fait, en lisant les articles, on se rend compte qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer. D’accord, le volcan est actif et les scientifiques ont prévenu qu’une éruption pourrait se produire tôt ou tard, mais l’activité ne s’est pas vraiment intensifiée au cours des dernières semaines. Dans les articles, on relève abondance de «pourrait», «probable» et d’autres termes montrant que nous ne savons rien sur le comportement futur des Champs Phlégréens. Les journaux font référence à une nouvelle étude selon laquelle «la pression créée par la montée du magma pourrait atteindre un point critique». On nous rappelle qu’en 2012, les autorités italiennes ont fait passer le niveau d’alerte du vert au jaune, avec un suivi scientifique plus intense. Les articles font l’amalgame avec le Vésuve « qui a détruit Pompéi et les villes environnantes il y a plus de 2000 ans ». On nous dit qu’ »une éruption des Champs Phlégréens pourrait être bien pire. » Il est fait référence à l’éruption qui a eu lieu il y a 39 000 ans, « quand une explosion a expulsé des centaines de kilomètres de lave et de roche dans l’air [ce qui ne veut strictement rien dire !], ce qui peut avoir contribué à la disparition du continent des derniers Néandertaliens. » On nous apprend aussi que le volcan a tellement effrayé les Romains qu’ils considéraient le Lac Averne – à quelques kilomètres des Champs Phlégréens – comme l’entrée des Enfers.

Après avoir lu les articles, on se rend compte qu’ils n’ont aucune valeur scientifique. Ils entrent dans la sphère du sensationnalisme qui anime beaucoup de journaux outre-Manche. Il ne fait guère de doute que les Champs Phlégréens sont une menace pour les 500 000 habitants qui vivent à proximité mais, pour le moment, ces articles alarmistes restent sans fondement.

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drapeau-anglaisStarting a few days ago, articles have appeared in the British newspapers saying that the Campi Flegrei volcano near Naples was showing signs of reawakening. For instance, The Week’s headline was “Vesuvius’s big brother is starting to wake”.

Actually, when reading the articles, one realises that no such event is happening. Ok, the volcano is active and scientists have warned that an eruption might happen sooner or later, but activity has not increased during the past weeks. Along the lines, there is an abundance of “could”, “likely” and other terms showing we do not know anything about the future behaviour of the Phlegrean Fields. The newspapers refer to a new study that says “pressure created by rising magma could be reaching a critical point.” We are reminded that in 2012, Italian authorities raised the threat level from green to yellow, with more scientific monitoring. A mixture is made with Mt Vesuvius “which destroyed Pompeii and its surrounding cities more than 2,000 years ago”. We are told “an eruption by the Phlegraean Fields could be far worse.” Reference is made to the eruption that occurred 39,000 years ago, “when a blast expelled hundreds of miles of lava and rock into the air, which may have contributed to the demise of the continent’s last Neanderthals”. During the Roman times, the system so awed the Romans that they referred to its Lake Avernus crater as the mouth of Hades.

After reading the articles, one realise their aim is by no means scientific. It should be included in the sphere of sensationalism that animates too many newspapers over the Channel. Undoubtedly, the Phlegrean Fields remain a threat to the 500,000 people who live around them but, for the time being, any kind of panic would be useless.

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Champs Phlégréens avec l’observatoire Friedlander, aujourd’hui écroulé.

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Lago di Averno: l’Enfer n’est pas loin…

(Photos: C. Grandpey)