Le Puy de Lemptégy (Puy-de-Dôme) : Un volcan à ciel ouvert

Quelques semaines après avoir visité VULCANIA avec l’un de mes petits fils (voir ma note du 3 août 2017), je me suis rendu au Puy de Lemptégy avec son frère jumeau, âgé de 12 ans.

Le site se situe à une quinzaine de minutes de Clermont-Ferrand, près de Vulcania, à Saint-Ours-les-Roches. Les visites à pied vous coûteront 11,50 € pour les adultes et 9,50 € pour les enfants de moins de 12 ans. En train, les tarifs sont de 15,50 € et 12,50 €. A noter que l’on peut combiner la visite du Volcan de Lemptégy et de la Grotte de la Pierre de Volvic (que je recommande chaudement), deux sites complémentaires à seulement 15 minutes l’un de l’autre. Les tarifs du pass commun sont de 17,30 € (adulte) et 14 € (enfants)  ou 19,80 € et 16,50 €, selon que vous optiez pour la visite en train ou à pied à Lemptégy. Il y a un espace restauration style cafétéria au Puy de Lemptégy.

J’avais opté pour la visite en train, moins fatigante et plus ludique. De toute façon, à pied ou en train, la visite est guidée. J’ai beaucoup apprécié les propos de notre guide qui a présenté le site avec une belle dose de pédagogie. Il s’est évertué à utiliser un vocabulaire à la portée de tous les passagers du train, sans sombrer, comme le font certains, dans une terminologie dont le seul effet est de lasser l’auditoire. Les différentes phases de l’éruption et les différents matériaux expulsés par le volcan sont présentés avec beaucoup de clarté. Au final, mon petit-fils a retenu un grand nombre d’éléments.

Après la visite du volcan proprement dit, on passe à la projection d’un film en 4D intitulé « Aux origines » et qui montre sur un grand écran certains épisodes de la naissance des volcans auvergnats. Les sièges vibrent et on ressent la chaleur de la lave. Une grande partie du film est réalisée en images de synthèse. Outre les vues aériennes, la seule séquence qui m’a semblé digne d’intérêt était la croissance de l’aiguille de lave à l’intérieur du cratère du Puy Chopine dont les éjecta ont atteint le Puy de Lemptégy.

La dernière partie de la visite de Lemptégy fait descendre dans « La mine explosive » au moment où une éruption déclenche un moment de panique dans les galeries. Le spectacle est assez drôle. Là encore, les fauteuils vibrent et on sent la chaleur de la lave (comme à Vulcania, de l’autre côté de la route !) mais il s’agit d’une simple attraction sans aucun intérêt scientifique.

C’était ma quatrième visite au Puy de Lemptégy. J’avais effectué la première en compagnie de Monsieur Jean-Louis Montel, le propriétaire du site qui avait compris, grâce à Guy Camus, professeur à l’Université de Clermont, la richesse géologique du site. Il a décidé d’arrêter le l’exploitation industrielle de la pouzzolane et transformer la carrière en un site touristique et scientifique. C’est avec beaucoup de peine que j’ai appris pendant la visite le décès récent de Monsieur Montel qui, il y a quelques années, m’avait conduit vers des « trous de glace » dans la cheire de Pontgibaud.

Lorsque l’on arrive dans le bâtiment de Lemptégy, on peut admirer des photos de l’Auvergne dans le hall d’entrée, mais elles ne présentent guère d’intérêt, contrairement à l’exposition qui était proposée par l’association LAVE il y a quelques années. Par contre, les échantillons de roches et les bombes volcaniques plaisent aux visiteurs.

Une salle à côté du hall d’exposition propose un petit documentaire très intéressant sur l’histoire du site de Lemptégy avec des explications sur l’extraction et les applications de la pouzzolane.

Au final, mon petit-fils garde un très bon souvenir de la visite de Lemptégy. Je l’ai senti plus intéressé que son frère à Vulcania. Il faut dire que Vulcania est avant tout un parc d’attraction alors qu’à Lemptégy, on rentre carrément dans le ventre d’un vrai volcan.

Photos: C. Grandpey

 

 

Fuego (Guatemala)

Le 8ème épisode effusif sur le Fuego en 2017 a débuté le 20 août 2017. Des explosions à répétition ont généré des panaches de cendre qui sont montés à 2 ou 3 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs régions sous le vent. Deux fontaines de lave d’une hauteur de 300 mètres, ont alimenté des coulées qui ont parcouru 1,4 km vers le SSO dans la ravine Ceniza et 1,2 km vers l’ouest dans la ravine Santa Teresa. Des avalanches de blocs incandescents se sont produites tout autour du cratère. Certaines explosions ont généré des ondes de choc qui ont fait vibrer les fenêtres aux alentours.

La sismicité a diminué le 21 août. Des explosions faibles ont alors généré des panaches de cendre qui ont atteint 1 km de hauteur. Les coulées de lave avaient avancé de 200 mètres dans la ravine Ceniza et de 100 mètres dans la ravine Santa Teresa. Des coulées pyroclastiques ont affecté la ravine Santa Teresa, avec accumulation de dépôts et augmentation du risque de lahars.
Le 22 août, l’INSIVUMEH a indiqué qu’après 48 heures d’activité, l’épisode effusif était terminé. Les explosions ont continué à produire des panaches de cendre de 1,2 km de hauteur et ont continué à faire vibrer les vitres des structures proches. Des matériaux incandescents étaient éjectés jusqu’à 200 m au-dessus de la lèvre du cratère.
Source: INSIVUMEH.

The 8th effusive episode at Fuego in 2017 began on August 20th. Constant explosions generated ash plumes that rose 2 – 3 km above the crater. Ashfall was reported in several areas downwind. Two lava fountains, each 300 metres high, fed lava flows that travelled 1.4 km SSW down the Ceniza ravine and 1.2 km W down the Santa Teresa ravine. Incandescent block avalanches occurred throughout the crater. Some explosions generated shock waves that rattled nearby structures.

Seismicity decreased on August 21st. Weak explosions generated ash plumes that rose 1 km. The lava flows had lengthened 200 metres in the Ceniza ravine and 100 metres in the Santa Teresa ravine. Pyroclastic flows were concentrated in the Santa Teresa ravine, possibly filling the drainage with deposits and increasing the chances for lahars.

On August 22nd, INSIVUMEH noted that after 48 hours the effusive episode was over. Explosions produced ash plumes that rose 1.2 km and continued to vibrate nearby structures. Incandescent material was ejected as high as 200 m above the crater rim.

Source: INSIVUMEH.

Vue du Fuego le 22 août 2017 (Source: INSIVUMEH)

Exercices d’évacuation au Japon // Evacuation drills in Japan

Quelque 2000 d’habitants de six localités au pied du Mont Fuji ont participé à un exercice d’évacuation le 20 août dernier dans le cadre de la simulation d’une éruption du célèbre volcan japonais. C’était le premier du genre dans la région.
Le Mont Fuji (3 776 m) est le plus haut sommet du Japon. Il est entré en éruption pour la dernière fois en 1707, avec des panaches de cendre qui ont atteint la ville de Tokyo. Les localités impliquées dans l’exercice se trouvent à la base nord de la montagne. Pour évaluer l’ampleur des bouchons que ne manquerait pas de provoquer une évacuation de masse, près de 600 participants se sont dirigés à bord de leurs véhicules vers une zone d’évacuation prévue à une trentaine de kilomètres.
L’évacuation avait été décidée car une coulée pyroclastique était censée s’approcher du centre-ville, avec une alerte volcanique de niveau 5 décrétée à 7 heures du matin par l’Agence Météorologique Japonaise. Cela signifiait que les habitants devaient quitter immédiatement leur domicile.
Les autorités ont utilisé le réseau de haut-parleurs publics pour avertir les habitants qu’une catastrophe imminente allait se produire. Alors que la plupart partaient à bord de leurs voitures, ceux qui jouaient le rôle de personnes âgées étaient installés dans des camions de la Protection Civile et des bus privés pour atteindre le site d’évacuation.
Dans le cas où il faudrait évacuer les 100 000 habitants des zones menacées, les principaux problèmes à gérer seraient les embouteillages et le mouvement de panique qu’un tel événement ne manquerait pas de déclencher. Les files de voitures s’étiraient sur 3 km au plus fort de l’évacuation. L’un des participants a déclaré qu’il lui avait fallu trois fois plus de temps que la normale pour atteindre le site d’évacuation ; le trajet s’effectue généralement en 30 minutes en voiture. Selon lui, « si le Mont Fuji était  réellement entré en éruption, les embouteillages auraient été bien pires ».
Source: The Asahi Shimbun.

A noter que des exercices réguliers d’évacuation se déroulent à Kagoshima (Japon) en vue d’une éruption majeure du Sakurajima. Les étrangers ne sont pas oubliés car les messages d’évacuation sont diffusés par des haut-parleurs en japonais, anglais, coréen et chinois.

Des plans d’évacuation sont prévus dans l’éventualité d’une éruption du Vésuve (Italie), mais la Campanie n’est pas le Japon. A ma connaissance, les Italiens ne pratiquent pas d’exercices de simulation d’évacuation. Il y aura un fossé énorme entre la théorie et la pratique. Une évacuation de Naples ou de ses banlieues ne se fera pas sans dommages.

———————————–

2,000 or so residents of six municipalities at the base of Mount Fuji evacuated in an August 20th drill to simulate an eruption of Mt Fuji. Officials said it was the first of its kind to be held.

Mount Fuji (3,776 m) is Japan’s highest peak. It last erupted in 1707, showering ash as far away as Tokyo. The municipalities involved in the exercise are located at the northern base of the sacred mountain. To gauge what level of congestion would arise from a mass evacuation, nearly 600 participants drove their private vehicles to a designated evacuation area 25 to 30 kilometres away.

The drill was held under the assumption that a pyroclastic flow was approaching the downtown area, triggering a volcanic alert of level 5 at 7 a.m. by the Japan Meteorological Agency, meaning residents must evacuate immediately.

Officials used the public speaker disaster warning system to « alert » residents to the impending disaster. While most residents drove away in their cars, participants playing the roles of elderly people boarded Self-Defense Forces trucks and private buses to reach the evacuation site.

In the event all 100,000 residents in the areas in question have to be evacuated, a major concern is snarled traffic and panic resulting. Traffic was backed up for about 3 kilometres at one point during the drill. A man who took part said it took three times longer than normal to reach the evacuation site, usually a 30-minute drive. “If Mount Fuji actually erupted, the traffic congestion would be much worse”.

Source: The Asahi Shimbun.

It is well known that regular evacuation drills are held in Kagoshima to prepare for a large-scale eruption of Mount Sakurajima. Foreigners are not forgotten as the evacuation advisory is aired through speakers around the island in Japanese, English, Korean and Chinese.

Evacuation plans have been drawn in the event of an eruption of Vesuvius, but Campania is not Japan. As far as I know, the Italians do not perform evacuation exercises. There will be a huge gap between theory and practice. An evacuation of Naples or its suburbs will not happen without damage.

File de voitures pendant l’évacuation (Source: The Asahi Shimbun)

Vue du Mont Fuji (Crédit photo: Wikipedia)

 

Les caméras thermiques du Kilauea (Hawaii) // Kilauea’s thermal cameras (Hawaii)

Des caméras thermiques sont utilisées par des volcanologues du monde entier depuis de nombreuses années pour étudier les processus volcaniques et détecter des signes d’éruptions imminentes.
Sur le Kilauea, les données fournies par les caméras thermiques sont utilisées pour contrôler le niveau et les mouvements du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u. Ces données permettent au personnel du HVO de mieux comprendre le comportement du lac et le fonctionnement interne du volcan. Les images thermiques montrent comment la lave est émise, comment elle dégaze et, au cours du temps géologique, comment elle modifie le paysage.
Les caméras thermiques fonctionnent en mesurant l’énergie dans la partie infrarouge à ondes longues du spectre lumineux émis. Cette énergie est ensuite traduite en une valeur de température en utilisant les principes de la physique.
Ci-dessous, on peut voir deux images thermiques (28 juillet 2017) du lac de la lave au sommet du Kilauea. Les couleurs correspondent aux températures de surface: les couleurs sombres indiquent des surfaces plus froides tandis que les couleurs claires représentent la matière en fusion ou récemment solidifiée.
L’échelle à droite de l’image ne reflète pas les températures réelles en raison de divers facteurs comme l’effet obscurcissant des gaz volcaniques. La température de la lave pour les zones les plus chaudes serait d’environ 1150 degrés Celsius. Cependant, les températures relatives restent correctes.
Le champ de vision proposé par la caméra a environ 200 mètres de large. La surface du lac se trouve à environ 120 mètres sous la caméra.
Dans ces images, obtenues le 28 juillet 2017, on peut voir une différence de morphologie de la surface du lac de lave. Elle est due à un effondrement soudain du revêtement qui recouvrait la paroi interne du cratère et qui provenait des projections de lave et de la lave accumulée quand le lac était à un niveau plus élevé.
L’image de gauche montre les conditions habituelles du lac, avec des projections sur sa bordure nord-est. On observe la circulation lente d’une douzaine de plaques de croûte à la surface du lac. Des fissures en zigzag ou droites se forment lorsque les plaques s’écartent, révélant la matière en fusion sous la croûte.
À 16h28 le 28 juillet, un gros morceau de la paroi interne du cratère s’est effondré dans le lac, laissant derrière lui une belle balafre (encerclée dans l’image de droite). L’impact de ces matériaux dans le lac de la lave a provoqué des remous qui ont persisté pendant des dizaines de minutes.
La caméra thermique de l’Halema’uma’u est opérationnelle depuis plus de six ans ; elle envoie des données 24 heures sur 24. Elle est équipée d’une lentille de 53 degrés. Elle est logée dans un boîtier qui la protège contre les intempéries, les gaz volcaniques corrosifs et les bombardements de matériaux qui se produisent de temps en temps. Le boîtier est monté sur un solide trépied. Les images sont transmises au HVO par connexion WiFi ; elles sont collectées sur des serveurs informatiques pour être diffusées sur le site web de l’observatoire et pour être transmises au personnel du HVO pour être analysées.
Le HVO gère également des caméras thermiques qui dont orientées vers le cratère du Pu’uO’o sur l’East Rift Zone du Kilauea et la caldeira Moku’aweoweo du Mauna Loa. Ces caméras capturent une image tous les 2-3 minutes. S’agissant du Pu’uO’o, si un point chaud couvre plus de cinq pour cent des images de la caméra, un programme informatique envoie un texto avec une image jointe au personnel du HVO. La caméra du Mauna Loa dispose elle aussi d’une alarme. Si une température élevée est détectée, un texto est automatiquement envoyé au HVO. Après sa réception, les scientifiques vérifient les autres données de surveillance (y compris les images de webcam plus récentes) pour voir si la lave est soudainement apparue ou s’il y a un autre sujet de préoccupation.
Au cours de l’année à venir, le HVO prévoit l’acquisition d’une nouvelle caméra thermique sur l’Halema’uma’u. Elle permettra d’acquérir des images de résolution plus élevée. Ces images de meilleure qualité permettront des analyses encore plus détaillées et amélioreront le suivi du niveau de la lave dans le lac.
Source: USGS / HVO.

—————————————-

Thermal cameras have been used by volcanologists around the world for many years to study volcanic processes and search for signs of impending eruptions.

On Kilauea, data from thermal cameras are used to track the level and movements of the summit lava lake within Halema’uma’u Overlook Crater. This helps HVO better understand lake behaviour and the inner workings of the volcano. Thermal images continue to teach volcanologists how molten lava erupts, degasses and, over geologic time, changes the landscape.

Thermal cameras work by measuring energy in the long-wave infrared part of the emitted light spectrum. That energy is translated into a temperature value using principles of physics.

Here below, you can see two recent thermal images of Kilauea’s summit lava lake. Colours correspond to surface temperatures: darker colours indicate cooler surfaces and lighter colours represent molten and recently solidified lava.

The scale at right does not reflect true temperatures due to a variety of factors, including the obscuring effects of volcanic fume. Actual lava temperatures for the hottest areas in these images would be about 1150 degrees Celsius. However, relative temperatures are still correct.

The field of view in each frame is roughly 200 metres across. In this view, the lake surface is about 120 metres below the camera.

In these images, captured on July 28th, 2017, one can see a dramatic difference in lava lake surface characteristics. The difference resulted from a sudden collapse of the rocky coating left on the vent wall by spattering and previous higher stands of the lake.

The image on the left shows typical lake conditions, with spattering on the northeast lake margin. About a dozen plates of semi-solid crust on the lake surface slowly circulate. Jagged and straight cracks form as the plates pull apart, revealing molten lava beneath the crust.

At 4:28 p.m. on July 28th, a large patch of the crater wall cascaded into the lava lake, leaving behind a hot scar (circled in the right-hand image). The impact of this rocky debris falling into the lava lake caused agitation that persisted for tens of minutes.

HVO’s thermal camera at Halema’uma’u has functioned well for over six years, sending data around the clock. The camera has a 53-degree-wide lens housed in a case for protection from weather, corrosive volcanic gas, and occasional bombardment by molten spatter. The box is mounted on a well-anchored tripod. Images are transmitted by WiFi connection to HVO, where they are collected on computer servers for delivery to the observatory’s public website and to HVO staff for analysis.

HVO also maintains thermal cameras that look into the Pu’uO’o crater on Kilauea’s East Rift Zone and Moku‘aweoweo caldera atop Mauna Loa. These cameras capture an image every 2–3 minutes. At Pu‘uO’o, if a hot spot fills more than five percent of the camera images, a computer program sends a text message with an embedded image to HVO staff. The Mauna Loa camera is similarly alarmed. If high temperature is detected, a text message is automatically sent to HVO staff. Upon receiving a text, the scientists check other monitoring data (including more recent webcam images) to see if lava has suddenly appeared or if there is another cause for concern.

In the coming year, HVO expects to upgrade the Halema’uma’u thermal camera to a new model that will acquire higher resolution images. Better images will allow even more detailed analyses and enhance tracking of lava levels.

Source: USGS / HVO.

Source: USGS / HVO