Une centrale géothermique au cœur des volcans chiliens // A geothermal plant among Chilean volcanoes

Alors que Donald Trump a décidé de se retirer de l’accord de Paris et d’augmenter la production de combustibles fossiles aux États-Unis, d’autres pays adoptent une politique inverse et développent des énergies propres. Un bon exemple est le Chili où on est en train de construire la première centrale géothermique en Amérique du Sud sur le site de Cerro Pabellón, à 4 430 mètres d’altitude, avec des volcans à perte de vue.
La centrale a des airs de plate-forme de forage pétrolier et plusieurs techniciens qui oeuvrent dans la centrale travaillaient auparavant sur un site de pompage de pétrole brut ! Aujourd’hui, ils sont entourés de volcans aux cimes enneigées et ont parfois le souffle court à cette altitude où ils exploitent la vapeur surgie de la terre.
Avec la capacité d’alimenter quelque 165 000 foyers, la centrale géothermique est un nouvel exemple de production d’énergie propre au Chili. Ce réseau non polluant comprend déjà de vastes centrales solaires et des parcs éoliens. Il fait partie des plans ambitieux d’un pays qui a décidé de se débarrasser définitivement des combustibles fossiles.
L’Amérique latine produit déjà l’électricité la plus propre au monde, grâce aux barrages qui génèrent une grande partie de ses besoins énergétiques. Au-delà de ces grands projets hydroélectriques, les investissements dans les énergies renouvelables en Amérique latine ont augmenté de 11 fois depuis 2004, soit près du double de la progression mondiale, selon un rapport de 2016 diffusé par l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables (IRENA). Le Chili, le Mexique et le Brésil figurent parmi les 10 premiers marchés d’énergie renouvelable dans le monde.
Voici une courte vidéo du projet sur le site de Cerro Pabellón:
https://nyti.ms/2vsqzFe

Source: The New York Times.

D’autres projets géothermiques seront développés en Amérique du Sud. Grâce à l’environnement volcanique, il y a une profusion de sources chaudes dans la région. Un projet similaire a été annulé il y a quelques années à El Tatio en raison de l’incapacité de la société Geotermica del Norte à respecter les exigences de sécurité du projet. Le promoteur a été condamné à une amende de 384 000 dollars par la société de surveillance environnementale Corema. Geotermica del Norte a déclaré qu’elle retirerait les plates-formes de forage dans un délai de trois mois et suspendrait indéfiniment l’exploration géothermique sur le site.

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While Donald Trump decided to withdraw from the Paris agreement and increase the production of fossil fuels in the U.S., some countries are adopting a reverse policy and developing clean energy. A good example is Chile where the first geothermal energy plant in South America is being built in Cerro Pabellón, Chile, 4,430 metres above sea level, surrounded by volcanoes.

The plant looks and functions much like an oil drilling rig and several of the men who operate the hulking machine once made a living pumping crude. But now they are surrounded by snowcapped volcanoes, labouring to breathe up here at this high altitude as they draw steam from the earth.

With the ability to power roughly 165,000 homes, the new plant is another step in Chile’s clean energy transformation. This nation’s rapidly expanding clean energy grid, which includes vast solar fields and wind farms, is one of the most ambitious in a region that is decisively moving beyond fossil fuels.

Latin America already has the world’s cleanest electricity, having long relied on dams to generate a large share of its energy needs. Beyond those big hydropower projects, investment in renewable energy in Latin America has increased 11-fold since 2004, nearly double the global rate, according to a 2016 report by the International Renewable Energy Agency. Chile, Mexico and Brazil are now among the top 10 renewable energy markets in the world.

Here is a short video of the Cerro Pabellón project:

https://nyti.ms/2vsqzFe

Source: The New York Times.

More geothermal projects are likely to be developed in South America. Thanks to the volcanic environment, there is a profusion of hot sources in the region. A similar project was cancelled a few years ago at El Tatio due to the company Geotermica del Norte’s failure to comply with project safety requirements. The developer has been fined US$384,000 by the region’s environmental watchdog Corema. The company said it would withdraw drilling rigs from the area within three months and indefinitely suspend geothermal exploration at the site.

 Vue de la centrale de Cerro Pabellón (Crédit photo: Ormat Technologies)

Reste de l’ancien forage géothermique  sur le site d’El Tatio (Photo: C. Grandpey)

Vue des « geysers » d’El Tatio (Photo: C. Grandpey)

 

Petite éruption du Bogoslof (Alaska) // Minor eruption of Bogoslof Volcano (Alaska)

L’AVO indique qu’une éruption d’une durée de 4 minutes s’est produite sur le Bogoslof le 26 août à 16h29 (heure locale – 00:29 le 27 août TU). Aucune sismicité n’a été détectée depuis les îles voisines depuis cet événement qui n’a provoqué aucun éclair. Les images satellites ne montrent pas d’autre émission de cendre. Le nuage éruptif s’est élevé à 7 200 mètres d’altitude. L’AVO ajoute que le Bogoslof reste très actif et que d’autres éruptions peuvent se produire sans prévenir.

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AVO indicates that a 4-minute eruption occurred at Bogoslof Volcano on August 26th at 16:29 (local time – 00:29 on August 27th UTC). Seismicity as detected on neighbouring islands has been quiet since this event during which no lightning has been detected. Satellite images show no additional emission from the volcano.The cloud produced by the eruption rose to as high as 7,200 metre a.s.l. AVO adds that Bogoslof volcano remains at a heightened state of unrest and additional explosions producing high-altitude volcanic clouds could occur at any time.

Vue du Bogoslof le 15 août 2017 – Crédit photo: Janet Schaefer (USGS / AVO)

L’urbanisation sur les pentes du Vésuve (Italie) // Urbanization on the slopes of Mt Vesuvius (Italy)

Dans ma note sur les exercices d’évacuation dans les environs du Mont Fuji (Japon), j’ai fait une allusion au Vésuve (Italie). J’ai indiqué qu’aucun exercice d’évacuation n’est effectué en Campanie et qu’une éruption du volcan ne se ferait pas sans dommage. Voici quelques explications sur l’urbanisation sur les pentes du Vésuve dont l’éruption en l’an 79 a détruit Stabies, Pompéi et Herculanum.
Tout d’abord, il faut savoir que plus de 700 000 personnes vivent illégalement sur les pentes du Vésuve. Dans toute l’Italie, ce sont quelque 6 millions de personnes qui habitent dans des maisons construites illégalement, le résultat de décennies de mauvaise gestion de l’état, avec son lot d’incompétence ou de corruption. L’Italie s’est rapidement urbanisée au milieu du 20ème siècle et l’état italien s’est montré incapable ou peu disposé à modifier ses lois afin de faciliter la construction ou l’urbanisme.
Pendant des décennies, les urbanistes ont laissé croître les villes italiennes en laissant les gens construire où cela leur plaisait, y compris sur des terres en zone dangereuse comme les pentes du Vésuve. A cause de l’urbanisation débridée, le Vésuve est devenu l’un des volcans les plus dangereux au monde. Une éruption majeure est possible et imprévisible. Comme l’a expliqué un volcanologue de l’INGV: « Dans la mesure où nous ne pouvons pas prévoir quand une éruption aura lieu, le salut de la population ne peut être assuré que par une évacuation préventive de l’ensemble de la zone à risque, ce qui est extrêmement compliqué car la densité de population de la région est très élevée et il n’existe pas de voies d’évacuation adéquates ».
L’État italien a sciemment refusé de prendre en compte ces dangers évidents pendant des décennies. Une grande partie de la population d’aujourd’hui est née à une époque où  la construction et la vie sur le Vésuve étaient totalement incontrôlées. Ce n’est que récemment que le Parlement italien a tenté d’adopter des lois pour gérer les logements dangereux et illégaux, mais elles sont restées sans effet. L’urbanisation anarchique autour du Vésuve n’a été limitée par l’État que dans les années 1980, lorsque le gouvernement a promulgué une série de condamnations concernant les logements illégaux dans une «zona rossa» (zone rouge) officielle.
Le problème est que la loi sur les condamnations avait une faille dans laquelle se sont engouffrés les habitants. Elle leur permettait de continuer à construire de nouvelles maisons dans la zone rouge en échange de versements d’argent à l’État. Comme la plupart des familles vivaient dans la région dangereuse bien avant que leurs maisons soient considérées comme illégales, les habitants ont accepté de payer pour continuer à vivre là où leur maison avait été construite. C’est ainsi que la population de la zone rouge a continué à augmenter après que les condamnations aient été promulguées. Malgré leur caractère controversé, les versements d’argent à l’état se sont poursuivis dans la zone rouge jusqu’en 2003, lorsque l’option a été annulée.
Les autorités locales ont tenté de concevoir des plans d’évacuation en cas d’éruption du Vésuve, mais cela reste extrêmement difficile en raison de la densité de population. La plupart des habitants ont de faibles revenus et n’ont pas les moyens de déménager. En 2010, un journaliste italien a enquêté sur les itinéraires d’évacuation et a expliqué que l’un d’eux faisait référence à une route inexistante ; il avait rencontré un maire qui n’avait jamais vu le plan d’évacuation de son secteur. Le maire d’Ottaviano, localité située dans la zone rouge, explique que «non seulement de nombreux plans d’évacuation sont inadaptés, mais de nombreuses municipalités de la zone rouge ne possèdent aucun plan d’évacuation». Beaucoup d’habitants n’ont jamais eu connaissance des plans officiels d’évacuation et ils sont souvent sceptiques quant à leur utilité.
Source: Chicago Tribune.

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In my post about evacuation drills in the vicinity of Mt Fuji (Japan), I made an allusion to Mt Vesuvius (Italy). I indicated that no evacuation drills are performed in Campania and that an eruption of the volcano would not be performed without damage. Here are a few facts about urbanization on the slopes of Mt Vesuvius whose eruption in 79 A.D. destroyed Stabies, Pompeii and Herculaneum.

More than 700,000 people are living illegally on the slopes of Mt Vesuvius. In all, an estimated 6 million people live in illegally constructed homes across Italy, the result of decades of state mismanagement, ranging from ineptitude to outright corruption. Italy urbanized rapidly in the mid-20th century, and the state proved incapable, or unwilling, to alter its laws to facilitate the necessary construction or city planning.

For decades, developers have been expanding Italy’s cities by building wherever they liked, including on land unfit for housing like Vesuvius. Unfettered urbanization now makes Vesuvius one of the most dangerous volcanoes in the world. A catastrophic eruption is possible and unpredictable. As one INGV volcanologist put it: « Since we cannot calculate when a serious eruption would take place, the salvation of the population is only guaranteed by a preventative evacuation of the entire area at risk, which is extremely complicated because the area is densely populated and lacks adequate escape routes. »

The Italian state consciously overlooked these obvious dangers for decades. Much of today’s population was born when building and living on this volcano were completely unrestrained. Only recently has the Italian Parliament attempted to pass laws to deal with dangerous illegal housing, but even these have been toothless. Urban growth around Vesuvius was not restricted by the state until the 1980s, when the government enacted the first in a series of housing condemnations in an official “zona rossa” (red zone).

The problem is that the condemnations came with a hazardous loophole that allowed residents to continue building new homes in the potentially deadly zone in exchange for amnesty payments to the state. Families had been living in the hazardous region long before their homes were considered illegal, and many paid to expand in their hometowns. The population of the red zone actually grew after the condemnations were passed. Despite their controversial nature, amnesty payments continued in the red zone until 2003, when the state finally eliminated the option.

Local politicians have attempted to design plans for evacuation in case of a volcanic eruption, but it remains a struggle because of the sheer size of the population, much of which is lower-income and does not have the means to relocate. In 2010, an Italian journalist investigated several evacuation routes and revealed one that referred to a nonexistent road and a mayor who had never seen his region’s plan. The mayor of Ottaviano, which is located in the red zone, explains that « not only are many existing plans ineffective, but many municipalities in the evacuation zone have zero plan whatsoever. » Many residents are unfamiliar with official evacuation plans and, moreover, are skeptical of their worth.

Source: Chicago Tribune.

Naples et le Vésuve (Photo: C. Grandpey)

 

Nouvelles du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) et du Kilauea (Hawaii) // News of Piton de la Fournaise and Kilauea

L’éruption du Piton de la Fournaise qui a débuté le 14 juillet se poursuit. Le tremor volcanique se maintient à un niveau stable et faible, mais l’éruption n’est pas terminée. Aucune déformation de l’édifice volcanique n’est enregistrée. Les conditions météorologiques souvent défavorables ne permettent pas de faire de mesures du débit de la lave.

Source : OVPF.

On n’a observé aucun changement majeur sur le Kilauea au cours des dernières semaines. Le lac de lave dans l’Halema’uma’u montre les fluctuations habituelles provoquées par les épisodes d’inflation et de déflation de l’édifice volcanique. La lave se trouve actuellement à 40 mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater.
Les images de la webcam montrent les points d’incandescence habituels sur le Pu’uO’o, ce qui confirma la stabilité de l’activité. Un petit lac de lave peut toujours être observé dans la partie ouest du cratère.
La coulée issue de l’épisode 61g est active et entre dans l’océan à Kamokuna. Le HVO décrit des explosions littorales et l’élargissement lent et continu de plusieurs grandes fractures à travers le delta de lave. L’élargissement des fractures reflète l’affaissement de la partie frontale du delta et souligne le risque de son effondrement soudain dans la mer. La coulée de lave reste active au-dessus du pali et sur la plaine côtière. Le 19 août en début de la matinée, la lave est sortie d’une bouche qui s’est ouverte à environ 120 mètres en amont du delta et a formé une cascade spectaculaire sur la falaise et dans la partie ouest du delta. L’événement a été de courte durée et, au début de l’après-midi, l’activité avait cessé. Il est rappelé aux visiteurs de ne pas entrer dans la zone dangereuse délimitée par des cordes car des explosions soudaines provoquées par l’effondrement du delta de lave peuvent se produire à tout moment.

Source : HVO.

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The eruption of Piton de la Fournaise that started on July 14th is still going on. The  eruptive tremor maintains a low level but the eruption is nor over. No deformation of the volcanic edifice is being recorded. Weather conditions are oten unfavourable and do not allow to perform measurements of the lava output.

Source: OVPF.

There have been no major changes on Kilauea during the past weeks. The lava lake within Halema’uma’u shows the usual fluctuations caused by the inflation and deflation episodes of the volcanic edifice. Lava is currently 40 metres below the rim of the Overlook crater.

Webcam images show persistent glow from long-term sources at Pu’uO’o indicating steady activity. A small lava lake can still be observed in the western part of the crater.

The episode 61g flow is active and entering the ocean at Kamokuna. HVO observations describe littoral explosions and continued slow widening of several large cracks across the active lava delta. Crack widening reflects seaward slumping of the delta’s leading edge and highlights the potential of sudden collapse into the sea. Surface lava flow activity persists on the upper portion of the flow field above the pali and on the coastal plain. On August 19th in the early morning, lava emerged from a breakout about 120 metres inland of the delta forming a spectacular cascade over the seacliff and onto the western delta surface. The breakout was short lived and by early afternoon, activity had ceased. Visitors are reminded not to enter the danger zone as sudden explosions due to the delta collapse can occur at any time.

Source: HVO.

Tremor sur le Piton de la Fournaise le 25 août 2017

(Source: OVPF)

Cascade de lave du 19 août 2017 et delta de lave (Source: HVO)