L’éruption du Calbuco et l’éclipse de lune // The Calbuco eruption and the lunar eclipse

drapeau-francaisSouvenez-vous: Le volcan Calbuco (Chili) est entré en éruption le 23 avril 2015 et a expédié dans l’atmosphère un panache de cendre d’une hauteur de 15 kilomètres. Selon certains scientifiques atmosphériques, l’éclipse lunaire de la semaine dernière a révélé un léger effet de refroidissement global dû à la cendre volcanique.
La plupart des observateurs ont remarqué que l’éclipse du 27 septembre n’était pas aussi lumineuse que les précédentes. Les astronomes de sept pays ont même indiqué que la perte de luminosité atteignait 33%. Ils pensent que le phénomène doit être attribué à la cendre volcanique encore présente dans l’atmosphère après l’éruption du volcan Calbuco.
Selon eux, le refroidissement serait facile à expliquer: Cette poussière volcanique a tendance à réfléchir la lumière du soleil, entraînant le refroidissement de la Terre. Dans le cas présent, la cendre serait responsable d’un très léger refroidissement global d’environ 0,04 ° C. La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a confirmé les effets de l’éruption sur l’éclipse.
Les scientifiques rappellent au public que les grandes éruptions volcaniques du passé ont entraîné une baisse des températures, comme «l’année sans été» de 1816 suite à l’éruption du Tambora en 1815. Plus récemment, l’éruption du Pinatubo en1991 a entraîné une chute de température de 0,6°C et a probablement été responsable des chutes de neige exceptionnelles en juillet dans les Montagnes Rocheuses du Colorado.
Cependant, le refroidissement actuel – s’il existe – pourrait être largement compensé par l’effet de réchauffement d’El Niño qui s’est établi dans le Pacifique.
Sources: NASA & Spaceweather.com.

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drapeau-anglaisRemember : Chile’s Calbuco volcano erupted on April 23rd 2015, sending a plume of ash 15 kilometres into the atmosphere. According to some atmospheric scientists, last week’s lunar eclipse revealed a slight global cooling effect from volcanic ash.
Observers could notice that the September 27th eclipse was not as bright as other recent eclipses. Astronomers in seven countries reported that it was about 33% less bright. They think the dimming was the result of volcanic ash still in the atmosphere after the eruption of Chile’s Calbuco volcano in April.
The cooling would be easy to explain: The dust tends to reflect sunlight, cooling the Earth. In this case, the ash may be responsible for very slight global cooling of about 0.04°C.The National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) also noted the effects of the eruption on the eclipse.
The scientists remind the public that major volcanic eruptions in the past have triggered cooler weather, like the “year without a summer” in 1816 following the 1815 eruption of Mount Tambora. More recently, the 1991 eruption of Mt Pinatubo caused 0.6 degrees of cooling and was likely responsible for rare July snows in the Colorado Rocky Mountains.
However, the current possible cooling might be completely offset by the warming effects of El Niño now underway in the Pacific.
Sources: NASA & Spaceweather.com.

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L’éruption du Calbuco vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

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L’éclipse du 27 septembre (Photo: C. Grandpey)

Volcan sous-marin actif dans l’Alaska du Sud-Est // Active submarine volcano in South-East Alaska

drapeau-francaisDes scientifiques états-uniens et canadiens ont découvert un nouveau volcan sous-marin actif dans eaux de l’Alaska du Sud-Est.
Il y a deux ans, des géologues qui étudiaient un chenal océanique près de Ketchikan avaient déjà repéré un volcan immergé, à environ 45 mètres sous la surface. Il était en sommeil et les scientifiques ont alors estimé qu’il n’avait pas eu d’éruption depuis environ 10 000 ans.
Des scientifiques américains et canadiens ont découvert le nouveau volcan sous-marin le 23 septembre 2015, près de la Dixon Entrance, juste au nord de la frontière maritime entre l’Alaska et la Colombie-Britannique, lors d’une mission d’étude sur le système de failles Queen Charlotte-Fairweather qui a été l’épicentre de certains séismes récents. Le nouveau volcan a été découvert alors que scientifiques étudiaient des failles locales dans un secteur où elles sont susceptibles de déclencher d’importants glissements de terrain qui peuvent à leur tour provoquer des tsunamis à grande échelle.
Lors d’un déplacement vers un lieu d’exploration différent, les chercheurs ont détecté un important panache de méthane en provenance d’une bouche volcanique à environ 900 mètres sous le niveau de la mer. Cependant, ils n’ont pas observé de lave émise récemment.
La découverte met en lumière le fonctionnement de la faille Queen Charlotte-Fairweather qui se trouve au large de la Colombie-Britannique et de l’Alaska du Sud-Est. C’est une région où la plaque Pacifique se frotte contre la plaque nord-américaine. Cela signifie que cette faille aboutit dans les profondeurs de la Terre à des zones où le magma et les fluides sont chauffés par géothermie et peuvent ensuite migrer vers la surface.
Selon un chercheur, les recherches fournissent « de nouvelles informations sur les risques très importants de séismes dans la région. Elles permettront aussi à l’avenir de mieux comprendre les caractéristiques de fluidité de cette faille. » En effet, la lave et d’autres fluides volcaniques jouent un rôle de lubrifiant dans les failles, ce qui réduit le risque de ruptures brutales. En revanche, cela peut augmenter la pression sur d’autres zones le long de la faille, avec des déplacements susceptibles de provoquer de puissants séismes.
Source: CoastAlaska News.

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drapeau-anglaisUS and Canadian scientists have found a new active underwater volcano in Southeast Alaska waters.
About two years ago, geologists studying an ocean channel near Ketchikan had already spotted a submerged volcano, about 45 metres below the surface. It was dormant and scientists estimated it hadn’t erupted for about 10,000 years.
American and Canadian scientists discovered the new underwater volcano on September 23rd, near Dixon Entrance, just north of Alaska’s maritime border with British Columbia, during a study of the Queen Charlotte-Fairweather Fault System which has been the epicentre of some recent earthquakes. The new volcano was found as scientists investigated local failures in the area that are likely to trigger large landslides that may in turn general tsunamis.
While travelling to a different place of exploration, the researchers came across a big plume made up of methane gas that was being released by a volcanic vent about 900 metres below sea level. However, they did not detect any fresh lava.
The discovery sheds light on the workings of the Queen Charlotte-Fairweather Fault System, which is offshore British Columbia and Southeast Alaska. It’s where the Pacific Plate, rubs up against the North American Plate. It means that this fault acts as a conduit to deeper in the Earth to places where either magma or fluids that are heated by magma or geothermally heated at depth can migrate up through the fault to the surface.
According to one researcher, the research is providing “really important new information about earthquake hazards in our area. It’s also helping direct future research that will help define the significance of understanding the fluidity of that fault.” Indeed, lava and other volcanic fluids lubricate faults, lessening the chance of sudden movement. But that can increase pressure on other areas along the fault, forcing them to jerk forward, causing earthquakes.
Source : CoastAlaska News.

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Vue de la faille Queen Charlotte-Fairweather  (Source: USGS)

La fonte des glaciers (suite) // Glacier melting (continued)

drapeau-francaisSelon une nouvelle étude publiée dans la revue Frontiers in Earth Sciences, il est très probable que continue dans les prochaines années le recul des glaciers observé au cours des dernières décennies en Alaska et ailleurs dans le monde. En l’an 2100, les glaciers pourraient avoir perdu 25% à 48% de leur volume et leurs eaux de ruissellement pourraient faire s’élever de 7,5 à 15 centimètres le niveau des océans.
La situation en Alaska sera pire que la moyenne mondiale, avec la fonte prévue de 30% à 60% du volume glaciaire. Cette fonte sera particulièrement visible en Alaska du Sud-Est où le climat est plus tempéré.
L’étude met en relation une analyse du comportement de la glace et les prévisions concernant la hausse des températures et les niveaux de précipitations, en se référant à 14 modèles climatiques dans le monde. La fonte des glaciers donne lieu à trois scénarios correspondant aux futures émissions de gaz à effet de serre. Dans le meilleur des cas – ce qui est assez peu probable – il est prévu que notre planète perde un quart de son volume glaciaire.
Grâce à l’acquisition de nouvelles données, les nouvelles projections marque une amélioration significative par rapport aux études antérieures. Par exemple, jusqu’à maintenant, le vêlage des glaciers côtiers n’avait pas été inclus dans les calculs du futur recul global des glaciers. La nouvelle étude montre que, avec 10% de la perte globale de glace, le vêlage doit être pris en compte. L’Alaska est particulièrement concerné par ce problème car de nombreux grands glaciers – le Columbia, par exemple – se terminent dans l’eau de l’océan en y déversant des icebergs. La dynamique de ces glaciers côtiers est très différente de celles des glaciers qui terminent leur course sur la terre ferme. Des données plus fiables sur la proportion de glace immergée ont permis aux chercheurs de faire des projections plus précises sur la façon dont la fonte aurait une incidence sur l’élévation du niveau de la mer.
L’esprit général de l’étude est pessimiste. Les glaciers alpins en Europe et en Amérique du Nord et les glaciers côtiers de l’ouest du Canada pourraient disparaître presque entièrement. Beaucoup n’existent déjà plus. Comme je l’ai écrit après ma visite en juillet, le Glacier National Park ne plus mérite plus son nom.
Toutefois, l’étude indique que la situation restera plus stable près du Pôle Nord où il fait si froid que, même si la température augmente de quelques degrés, elle se maintiendra bien en dessous de zéro.
La fonte prévue des énormes calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique n’est pas prise en compte par l’étude.
Adapté d’un article dans l’Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAccording to a new study published in the journal Frontiers in Earth Sciences, the retreat of glaciers in Alaska and worldwide over recent decades is expected to continue. By the year 2100, glaciers could lose 25% to 48% of their volume and the resulting runoff could contribute 7.5 – 15 centimetres to sea-level rise
The situation for Alaska’s glaciers will be worse than the global average, with 30% to 60% of glacial ice expected to melt away. Increased melting in Southeast Alaska, where the climate is more temperate.
The study combined an analysis of glacial behaviour with predicted temperature increases and levels of precipitation, using 14 global climate models. The range of possible melting reflects three different scenarios of future greenhouse gas emissions. Under the best case scenario – which is quite unlikely – the world is expected to lose one quarter of its glacier volume.
Thanks to the acquisition of more data, the new projection marks a significant improvement over the prior attempts to quantify likely future melting. Besides, up to now, the calving of coastal glaciers was not included in the calculations of future glacial retreat. The new study shows that at 10% of the overall ice loss, calving is a significant source of future glacial loss.
Alaska is more particularly concerned as many big glaciers – the Columbia Glacier, for instance – terminate in the ocean discharging icebergs into the water. Their dynamic is very different from land terminating glaciers.
At last, better data about the proportion of ice located under water allowed the researchers to more accurately project how melting would affect sea-level rise.
The general spirit of the study is pessimistic. Alpine glaciers in Europe and North America and the coastal glaciers of western Canada could vanish almost entirely. Many have disappeared already. As I put it after my visit in July, Glacier National Park does not deserve its name anymore.
However, the study indicates that the situation will remain more stable closer to the North Pole, where it is so cold that a few degrees of change will keep temperatures well below freezing.
The expected melting of enormous ice sheets in Greenland and Antarctica were not part of the study.
Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.

Glaciers

Photo: C. Grandpey

Le dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère

Alors que la conférence de Paris sur le climat (COP 21) commence à se profiler à l’horizon (elle aura lieu entre le 30 novembre et le 11 décembre 2015), voici les derniers graphiques communiqués par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) au vu des relevés effectués sur le Mauna Loa à Hawaii. Vous trouverez le document complet à cette adresse : http://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/

En tête du document, on peut lire les relevés des CO2 dans l’atmosphère effectués :
1) en août 2014 : 397.01 ppm.
2) en août 2015 : 398.82 ppm.

La NOAA fournit ensuite un graphique montrant l’évolution mensuelle moyenne des dernières concentrations de CO2 sur le Mauna Loa entre 2011 et 2016.

Graphique 1

La ligne en pointillés rouges représente les valeurs mensuelles moyennes au vu des relevées effectués au milieu de chaque mois.
La ligne noire représente ces mêmes valeurs, mais après correction en référence au cycle saisonnier moyen.

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Le graphique suivant (courbe de Keeling) montre l’évolution du CO2 sur le Mauna Loa au fil des ans, depuis le début des relevés en 1950.

Graphique 2

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Le dernier graphique montre, pour chaque année, l’évolution moyenne des concentrations du CO2 sur le Mauna Loa (entre fin décembre d’une année et début janvier de la suivante). On estime que la marge d’erreur est de 0,11 ppm par année.

Graphique 3

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Au vu de ces graphiques, il ne fait guère de doute que les activités humaines sont responsables de l’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Certains diront que ces statistiques n’expliquent pas à elles seules le réchauffement climatique qui, selon eux, ferait partie d’un cycle naturel de la Terre. Mon rôle n’est pas de polémiquer ou de dire qui a tort et qui a raison. Il se limite à informer sur un phénomène qui affecte profondément notre planète et pourrait avoir des conséquences spectaculaires et inquiétantes pour la vie des générations futures.