Tsunamis volcaniques // Volcano-triggered tsunamis

drapeau-francaisNous savons depuis pas mal de temps que les flancs de certains volcans océaniques s’effondrent périodiquement, bien qu’aucun événement majeur de ce type n’ait jamais été observé par l’homme. D’énormes quantités de roche glissent dans la mer et déplacent l’eau qui se trouve en dessous, ce qui déclenche des tsunamis. Des effondrements volcaniques sur les îles Molokai et Oahu à Hawaii, par exemple, ont généré des tsunamis qui ont envahi la terre jusqu’à 300 mètres de hauteur. Un autre événement similaire s’est produit dans les îles Canaries. Certains volcanologues craignent que l’effondrement du flanc oriental de l’Etna puisse un jour générer une énorme tsunami.
En 2011, une équipe de géologues européens a publié un article révélant les traces d’un tsunami qui aurait frappé l’île de Santiago, dans l’archipel du Cap-Vert. Selon l’article, l’événement s’est produit il y a environ 100 000 ans, quand le volcan Fogo – à 55 km de l’île de Santiago – s’est effondré dans la mer. Les témoins de cet événement sont de gros blocs qui jonchent encore un vaste plateau qui s’étale à environ 200 mètres au dessus du niveau de la mer.
En analysant des échantillons de ces blocs lors d’une récente visite dont les résultats ont été publiés dans le numéro d’Octobre 2015 de la revue Science Advances, les scientifiques ont constaté qu’ils étaient composés d’un type de roche que l’on ne rencontrait qu’en bordure du plateau. Ils ont calculé que seule une vague d’au moins 170 mètres de hauteur était assez puissante pour transporter le plus gros des blocs. Cette même vague avait probablement inondé l’île jusqu’à 270 mètres de hauteur.
Afin de dater le tsunami avec plus de précision, les chercheurs ont mesuré les concentrations d’isotopes d’hélium dans les échantillons recueillis sur les blocs. Quand les rayons cosmiques provenant du soleil entrent en contact avec des minéraux tels que l’olivine dans ce type de roche, cela produit de l’hélium-3. En mesurant la quantité d’hélium-3 à la surface des blocs depuis que la vague les a frappés, les scientifiques ont pu calculer a quel moment l’événement était survenu. L’analyse a révélé qu’il avait eu lieu il y a environ 73 000 ans. Cela correspond à la fourchette des estimations de 2011 qui indiquaient un effondrement entre 65 000 et 124 000 ans.
Ces résultats permettront aux chercheurs de mieux modéliser les effondrements volcaniques et les tsunamis qu’ils provoquent. Les chercheurs vont maintenant essayer d’analyser le comportement des vagues qui sont générées par ces énormes glissements de terrain. Ces tsunamis couvrent des distances moins longues que ceux qui sont déclenchés par des séismes sous-marins, comme le tsunami de 2004 en Asie du sud-est qui a parcouru des milliers de kilomètres.
Il faudra aussi surveiller étroitement les flancs des volcans susceptibles de s’effondrer en mer.
Par exemple, les déformations de l’édifice volcanique peuvent être le signe d’alerte d’un effondrement imminent. Il peut aussi y avoir des indications géochimiques utiles, telles que l’hélium et le radon dans les gaz du sol et des eaux souterraines.
Source: Presse scientifique.

————————————–

drapeau-anglaisWe have known for quite a long time that the flanks of some oceanic volcanoes periodically collapse. There is no practical experience with how the collapse will manifest itself. Huge amounts of rock slide down and displace the water below, triggering tsunamis. Volcanic collapses on Molokai and Oahu islands in Hawaii, for example, generated tsunamis that flooded land at elevations higher than 300 metres. Another similar happened in the Canary Islands. Some volcanologists fear that the collapse of Mount Etna’s eastern flank might some day generate a huge tsunami too.
In 2011, a team of European geologists published evidence of moderately sized tsunamis hitting Santiago Island in the Cape Verde archipelago. According to the paper, the events occurred around 100,000 years ago as the Fogo volcano – 55 km away from Santiago Island –collapsed into the sea. Traces of the event are still visible with boulders strewn across a wide plateau around 200 metres above sea level.
On analysing samples of these boulders during a recent visit whose results were published in the October 2015 issue of Science Advances, scientists found that the boulders were composed of a type of rock that was otherwise found only around the edges of the plateau. They calculated that a wave powerful enough to carry the largest boulder would have been at least 170 metres tall as it reached the coastline, flooding the island to reach elevations as high as 270 metres.
To date the tsunami more precisely, the researchers measured the concentrations of helium isotopes in the boulder debris. When cosmic rays from the Sun hit minerals such as olivine in this type of rock, helium-3 is produced. By measuring the amount of helium-3 on the boulder surfaces that have been exposed since the wave hit, they could tell how long ago the event occurred. The analysis pinpointed the disaster at roughly 73,000 years ago. This corresponds to the range of the 2011 estimates which indicate that it collapsed between 65,000 years and 124,000 years ago.
These findings will help researchers to better model volcanic collapses and subsequent tsunamis. Researchers will now try to understand the behaviour of the waves that are generated by these massive landslides. Such tsunamis may not have the same long-distance range as those that originate from underwater earthquakes, such as the 2004 tsunami in southeast Asia that travelled thousands of kilometres.
More work is also required to be able to adequately monitor the chances that volcano flanks might collapse. Shape deformations are one warning sign of an imminent collapse, but there may also be geochemical indications, such as helium and radon in ground gas and groundwater that would be useful in monitoring.
Source: Presse scientifique.

Hawaii littoral

Un effondrement du flanc sud du Kilauea pourrait générer un tsunami majeur.

(Photo: C. Grandpey)

Pouzzoles tremble mais la vie continue // Pozzuoli is trembling but life is going on

drapeau-francaisEn lisant la presse napolitaine, on apprend qu’un accroissement de la sismicité a été enregistré le 7 octobre à partir de 9h20 dans la partie haute de la ville de Pouzzoles. La zone concernée se situe entre la Solfatara et la Via Campana, ainsi que dans le secteur d’Agnano, dans la banlieue de Naples. L’Osservatorio Vesuviano a enregistré une trentaine de secousses d’une magnitude maximale de M 2,5, à une profondeur de 2 – 3 km. L’épicentre se trouvait dans le secteur de la Via Pisciarelli à Agnano.
Cette sismicité a fait renaître la peur du bradyséisme qui affecte périodiquement cette région de la Campanie et fait s’abaisser ou se soulever le niveau du sol. Un des témoignages les plus significatifs se trouve sur les colonnes d’un ancien marché (appelé à tort « Temple de Sérapis ») à Pouzzoles où l’on peut voir des coquillages incrustés dans la pierre, restes d’une époque où la mer montait jusqu’à ce lieu, suite à un abaissement du sol (voir photo ci-dessous).
En ressentant les secousses et les grondements qui les ont accompagnées, certaines personnes sont sorties dans la rue et plusieurs écoles ont été évacuées par précaution. On ne signale toutefois aucun dégât. Le directeur de Osservatorio Vesuviano indique que l’on n’enregistre pas de « variations significatives » d’un point de vue sismique et que la situation est stable depuis pas mal de temps. De son côté, le maire de Pouzzoles ajoute que les écoles et les services publics continueront à fonctionner normalement. La ville de Pouzzoles est habituée depuis toujours à vivre avec le bradyséisme et le risque volcanique, ce qui explique pourquoi, de temps en temps, on enregistre une reprise de l’activité sismique ». Selon lui, la Protection Civile se chargera d’avertir la population en cas de danger et il n’y a pas lieu de s’affoler.
Vous pourrez lire l’article dans son intégralité à l’adresse suivante :
http://napoli.repubblica.it/cronaca/2015/10/07/news/terremoto_lieve_scossa_nei_campi_flegrei_nel_napoletano-124513407/?rss&refresh_ce

—————————————

drapeau-anglaisOn reading the Neapolitan press, we learn that an increase in seismicity was recorded on October 7th from 9:20 in the upper part of the city of Pozzuoli. The area lies between the Solfatara and Via Campana, and in the area of Agnano, in the suburbs of Naples. The Osservatorio Vesuviano recorded 30 quakes with a maximum magnitude of M 2.5, at a depth of 2-3 km. The epicentre was in the area of Via Pisciarelli in Agnano.
This seismicity has revived the fear of bradyseism that periodically affects this part of Campania, and lowers or raises the ground level. One of the most significant testimonies can be seen on the columns of an ancient market (incorrectly called « Temple of Serapis ») in Pozzuoli where shells are encrusted in the stone, the remnants of a time when the sea was invading this place after a lowering of the ground (see photo below).
When feeling the tremors and rumblings that accompanied them, some people rushed out on the streets and several schools were evacuated as a precaution. However no damage has been reported. The director of Osservatorio Vesuviano indicates that experts did not record « significant variations » from a seismic point of view and that the situation has been stable for quite a long time. For his part, the Mayor of Pozzuoli added that schools and public services will continue to function normally. The city of Pozzuoli is used to living with bradyseism and the volcanic risk, which is why, from time to time, there is a resumption of seismic activity « . He said the Civil Defence would warn the population in case of danger and there is no need for panic.
You can read the full article at the following address:
http://napoli.repubblica.it/cronaca/2015/10/07/news/terremoto_lieve_scossa_nei_campi_flegrei_nel_napoletano-124513407/?rss&refresh_ce

Pouzzoles: Temple de Sérapis et traces de l'activité bradysismique
       Pouzzoles: Traces de l’activité bradysismique (Photo: C. Grandpey)

Un nouveau réseau de surveillance volcanique bientôt aux Etats Unis? // A new volcanic monitoring network soon in the US?

drapeau francaisDeux sénateurs américains des États de Washington et d’Arkansas ont introduit un projet de loi visant à améliorer les systèmes de surveillance volcanique aux États-Unis, y compris dans le Nord-Ouest.
Si le projet de loi est validé, le National Volcano Early Warning and Monitoring Program – Programme national d’alerte précoce et de surveillance volcanique – permettrait de rassembler les systèmes de surveillance des observatoires volcanologiques en un système unique dans lequel ils seraient interconnectés. Ce système inclurait l’Observatoire Volcanologique des Cascades basé à Vancouver, et l’Observatoire Volcanologique de l’Alaska. Le nouveau système surveillerait, préviendrait et protégerait les populations contre les risques volcaniques.
Le Cascades Volcano Observatory surveille les volcans du Nord-Ouest des Etats-Unis avec, entre autres, le Mont St. Helens, le Mont Adams et le Mount Hood. C’est l’un des cinq observatoires volcanologiques exploités par l’US Geological Survey.
Source: The Seattle Times.

———————————

drapeau-anglaisTwo U.S. senators from the states of Washington and Arkansas have introduced a bill aimed at improving volcano monitoring systems in the United States, including the Northwest.
The National Volcano Early Warning and Monitoring Program Act would aim to unify the monitoring systems of volcano observatories into a single connected system. That would include the Cascades Volcano Observatory, which is based in Vancouver, and the Alaska Volcano Observatory.
The new system would monitor, warn and protect communities from volcanic hazards.
The Cascades Volcano Observatory monitors volcanoes in the Northwest, including Mount St. Helens, Mount Adams, Mount Hood and others. It’s one of five volcano observatories operated by the U.S. Geological Survey.
Source : The Seattle Times.

Adams-pour-blog

Vue du Mont Adams (Photo: C. Grandpey)

De la péninsule du Yucatan (Mexique) aux Trapps du Deccan (Inde)

drapeau-francaisGéologues et paléontologues débattent depuis longtemps sur les causes possibles de l’extinction de masse à la fin du Crétacé, avec en particulier la disparition des dinosaures.
Plusieurs études ont été publiées montrant que cette extinction était synchrone avec l’impact d’un astéroïde dans la péninsule du Yucatan au Mexique il y a 66 millions d’années. L’impact a probablement provoqué un bouleversement autour de la Terre, avec des tsunamis et des séismes, des nuages de matériaux incandescents dans l’atmosphère, provoquant des incendies dans les forêts de la planète en retombant à sa surface. La poussière produite par l’impact, s’ajoutant à la fumée des incendies, aurait bloqué les rayons du soleil et provoqué un hiver d’impact qui a duré pendant des années.
De nombreux chercheurs sont sceptiques devant une autre hypothèse qui affirme que l’impact de l’astéroïde et le volcanisme dans les Trapps de l’Inde étaient liés. Toutefois, des recherches récentes tendent à prouver qu’une relation existe effectivement entre les deux événements.
Ces derniers jours, une étude publiée dans la revue Science conclut que les séismes générés par l’impact de l’astéroïde dans la péninsule du Yucatan il y a 66 millions d’années ont eu un effet significatif sur les petites éruptions qui avaient lieu à cette époque dans les Trapps du Deccan et les ont transformées en d’énormes épanchements de lave qui ont duré des centaines de milliers d’années.
L’étude, qui s’appuie sur une datation plus précise des éruptions volcaniques avant et après l’impact de l’astéroïde, pourrait permettre de mettre fin, une fois pour toutes, au débat de longue date sur la (ou les) cause(s) de l’un des plus grands événements d’extinction de masse de tous les temps.
Les auteurs de la dernière étude ont daté des échantillons de lave des Trapps du Deccan en utilisant des radio-isotopes d’argon. Ils ont constaté un changement brusque de l’activité volcanique moins de 50 000 années après l’impact de l’astéroïde. Ils ont remarqué que les éruptions du Deccan ont commencé au moins 173 000 ans avant l’impact et ont continué pendant au moins 500 000 ans après. De plus, ils ont pu déterminer la taille et l’intensité de chaque éruption majeure en se basant sur des estimations lave émise. Avant l’impact, les éruptions ont produit environ 71 000 kilomètres cubes de lave, avec une moyenne d’environ 400 millions de mètres cubes chaque année. A  partir d’environ 50 000 ans après l’impact de l’astéroïde, les volcans et les fractures du Deccan ont commencé à émettre de la lave à raison d’environ 900 millions de mètres cubes par an.
Le problème était de connaître le lien entre l’événement dans le Yucatan et le volcanisme du Deccan! L’étude explique que l’impact de l’astéroïde qui a produit le cratère de Chicxulub a déclenché un énorme événement sismique – probablement équivalent à M 11 – qui a fondamentalement modifié le système d’alimentation des chambres magmatiques du Deccan. L’impact de l’astéroïde et le volcanisme du Deccan auraient contribué ensemble à recouvrir la planète de poussière et de gaz nocifs, ce qui a changé radicalement le climat. Les auteurs ont constaté que l’émission de ce grand volume de magma a continué pendant environ 500 000 ans après l’extinction de masse. Il a fallu également environ 500 000 ans à la faune marine et aux océans pour retrouver les valeurs qui étaient les leurs avant l’extinction de masse. C’est aussi le temps qu’il a fallu au volcanisme pour arriver à son terme.
Affaire à suivre… !
Source: Synthèse de la presse scientifique.

————————————

drapeau-anglaisGeologists and palaeontologists have long debated about what caused the Cretaceous-Tertiary mass extinction event, with the disappearance of the dinosaurs.
Several studies have been published showing that the extinctions were synchronous with the asteroid impact in Mexico’s Yucatan Peninsula 66 million years ago. The impact sent shockwaves around the planet that caused tsunamis and earthquakes, and sent burning debris high into the atmosphere, causing global forest fires as it rained back down on to the surface. Dust from the impact, together with smoke from the fires, blanketed the planet, blocking out sunlight and triggering an impact winter which lasted for years.
Many researchers were sceptical about another idea that pretended that the asteroid impact and volcanism in the Indian Traps were related. However, recent research tends to prove that a links exists between both events.
A recent study published in the journal Science concludes that earthquakes generated by the impact of a meteorite into Mexico’s Yucatan Peninsula 66 million years ago changed the series of small eruptions in India’s Deccan Traps volcanic field into huge events lasting hundreds of thousands of years.
The findings, based on the most accurate dates yet for the volcanic eruptions both before and after the asteroid impact, may help settle a long-standing debate about what caused one of the greatest mass extinction events of all time.
The authors of the study examined lava samples from the Deccan flood basalt using high-resolution argon radio isotope dating techniques. They found a sudden change in volcanism within 50,000 years of the impact. They found that the Deccan eruptions started at least 173,000 years before the asteroid hit and continued for at least 500,000 years after the impact. What’s more, the researchers were able to determine the size and strength of each major eruption, based on lava flow estimates. Before the impact, the eruptions produced about 71,000 cubic kilometres of lava—an average rate of about 400 million cubic metres each year. But starting about 50,000 years after the asteroid impact, Deccan volcanoes and fissures began spewing lava at an average rate of about 900 million cubic metres per year.
The problem was to explain the link between the Yucatan event and the Deccan volcanism. The study explains that the asteroid impact that produced the Chicxulub Crater caused a huge seismic event that fundamentally changed the plumbing system in the Deccan volcano magma chambers. It was probably the equivalent of an M11 earthquake. Both the impact and the volcanism blanketed the planet with dust and noxious fumes, drastically changing the climate. The authors found this large volume of magma continued erupting for approximately 500,000 years after the mass extinction. The time it took marine fauna and many aspects of ocean chemistry to recover back to pre-extinction values is about half a million years, which happens to be the amount of time it took the volcanism to die down.
To be continued…!
Source: Summary of several scientific articles.

Trapps

Vue des trapps du Deccan (Crédit photo: Wikipedia)