Le réchauffement climatique tue les oiseaux dans l’Arctique // Global warming kills birds in the Arctic

drapeau-francaisDepuis la mi-octobre, les habitants de l’île St. Paul dans les Iles Pribilof, au cœur de la Mer de Béring (voir la carte ci-dessous), ont découvert plus de 200 macareux huppés morts sur le rivage, ainsi que des cadavres de macareux cornus et de guillemots. Le nombre important de cadavres d’oiseaux – 217 macareux étaient recensés le 4 novembre – est très inquiétant et semble lié à une chaleur inhabituelle qui règne dans la région.
Les derniers chiffres sont particulièrement inquiétants. Le nombre de cadavres sur le rivage n’est probablement qu’une petite fraction du nombre total de macareux qui ont péri dans la région. La population de macareux huppés dans les  Iles Pribilof est estimée à 6 000 individus ; une perte de plusieurs milliers d’oiseaux serait donc considérable. La présence des macareux à St. Paul à cette époque de l’année est très inhabituelle car les oiseaux ont généralement déjà migré vers le sud.
Les cadavres des macareux sont pour la plupart intacts et ne montrent aucun signe de prédation, mais les oiseaux sont émaciés, ce qui est la preuve de graves pénuries alimentaires dans leur habitat. Des nécropsies ont confirmé que les oiseaux sont morts de faim.
Il est probable que la mort est liée aux températures beaucoup plus élevées que la normale dans cette partie de la Mer de Béring. Une chaleur inhabituelle a été observée cet automne sur et autour de l’île St. Paul. Selon la NOAA, la température de l’eau dans la Mer de Béring se situe bien au-dessus de la moyenne depuis le mois d’août et la température de l’air est également bien supérieure à la normale. Vingt journées d’octobre ont connu des températures record ou proches des records à Saint-Paul, et la température moyenne d’octobre a été de 6,2 ° F supérieure à la normale sur le long terme. La température moyenne de septembre à Saint-Paul était déjà de 4,6 ° F supérieure à la normale, et la température moyenne d’août était de 4,1 ° F au-dessus de la normale.
Le réchauffement climatique, attribué en grande partie à l’utilisation des combustibles fossiles, provoque une élévation de la température de la surface de la mer. Le Président Obama a fait de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité de son administration, mais Donald Trump considère le réchauffement climatique comme une conspiration chinoise et il a nommé Myron Ebell, un climato-sceptique, à la tête de l’Agence pour la Protection de l’Environnement.

La mortalité des macareux huppés fait suite à une longue liste d’animaux marins ayant connu le même sort en Alaska. Le nombre de guillemots morts découverts l’année dernière est le plus important jamais enregistré en Alaska pour cette espèce (voir ma note du 19 mai 2016). Beaucoup d’oiseaux ont été retrouvés vivants mais affamés et loin de leur habitat marin normal, parfois loin à l’intérieur des terres.
Selon la NOAA, les cadavres de baleines découverts dans le Golfe de l’Alaska en mai 2015 sont un «événement de mortalité inhabituel» justifiant une enquête spéciale. La prolifération d’algues toxiques – liée à la température trop élevée de l’eau de mer – est probablement responsable de la mort des cétacés.
Source: Alaska Dispatch News.

L’article ne mentionne pas les ours polaires et les morses qui, eux aussi, doivent faire face au réchauffement climatique et à ses conséquences pour l’environnement arctique.

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drapeau-anglaisSince mid-October, residents of St. Paul Island in the Pribilofs (see map below) have found over 200 dead tufted puffins washed ashore on the Bering Sea beach, along with additional dead horned puffins and murres. The extent of the die-off – 217 dead tufted puffins found as of November 4th – is alarming and appears to be linked to unusual warmth in the region.

Put in context, the numbers are particularly worrisome. What is washing ashore is likely only a small fraction of the total number of puffins dying in the area. The Pribilof-breeding population of tufted puffins totals only about 6,000, so a death toll in the thousands represents a large portion of that. Also significant is the presence of puffins as far north as St. Paul so late in year, highly unusual because the birds usually disperse to the south in the season.

The puffins’ carcasses are mostly intact, showing no evidence of predation, but they are emaciated, indicating severe food shortages in their habitat. Necropsies of puffins revealed the birds died of starvation.

It is believed the die-off is linked to the much higher-than-normal temperatures in that part of the Bering Sea. Unusual warmth has been documented this autumn on and around St. Paul Island. Sea-surface temperatures in the Bering Sea have soared well above average since August, according to NOAA. Air temperatures have also been much higher than normal. Twenty of the days in October had record-breaking or record-tying high temperatures in St. Paul, and the month’s average temperature there was 6.2°F higher than the long-term normal. September’s average temperature in St. Paul was 4.6°F higher than the long-term normal for the month, and August’s average temperature was 4.1°F higher than normal for that month,

Overall global warming, blamed in part on humans’ use of fossil fuels, is linked to a rise in sea-surface temperatures. President Barack Obama has made addressing climate change a central focus of his administration, but President-elect Donald Trump has dismissed global warming as a Chinese conspiracy and has put a climate change doubter, Myron Ebell, in charge of his Environmental Protection Agency transition.

The tufted puffin die-off echoes other recent mass mortality events for Alaska marine animals.

A die-off of common murres first reported last year is now classified as Alaska’s biggest ever recorded for that species (see my note of 19 May 2016). Along with the beaches littered with dead murres, many of the birds have been found alive but starving and far away from their normal marine habitat, sometimes well inland.

In the Gulf of Alaska, a die-off of large whales first discovered in May of 2015 has been classified by NOAA as an « unusual mortality event » warranting special investigation.

Toxicity from harmful algal blooms — events associated with warm-water conditions — has emerged as a leading suspect in the whale deaths.

Source: Alaska Dispatch News.

The article does not mention the polar bears and the walruses which are confronted with the changes in their environment because of climate change.

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Iles St Paul et St George dans la Mer de Béring (Source: Google Maps)

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Macareux huppé (Crédit photo: Wikipedia)

Donald Trump et le changement climatique // Donald Trump and climate change

drapeau-francaisSi Donald Trump confirme ses propos de campagne électorale, son élection à la présidence des États-Unis aura un impact important sur le changement climatique. M. Trump a qualifié de « canular » l’implication humaine dans le changement climatique et il a promis de démanteler l’Agence de Protection de l’Environnement « sous presque toutes les formes ».
De son côté, le Président Obama a déclaré qu’il était fier de ses efforts pour faire des États-Unis le leader mondial de la politique climatique. Donald Trump à la présidence, cet héritage sera vite détricoté et le monde n’aura plus les moyens d’éviter les conséquences les plus dévastatrices du réchauffement climatique, comme l’élévation du niveau de la mer, les sécheresses extrêmes, les inondations et les tempêtes.
M. Trump a déjà promis de « résilier » l’accord climatique de Paris de l’an dernier, qui engage plus de 190 pays à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone. Il a ajouté qu’il allait démanteler le Clean Power Plan aux Etats Unis. Comme l’a récemment déclaré Ségolène Royal, M. Trump ne peut légalement empêcher d’autres pays de respecter leurs engagements au titre de l’accord de Paris, ni éliminer rapidement ou unilatéralement les décisions climatiques de M. Obama. Toutefois, il peut, en tant que Président, choisir de ne pas appliquer la COP 21 aux États-Unis. Il peut considérablement ralentir ou affaiblir l’application des mesures décidées par M. Obama de sorte qu’elles n’aient que peu d’impact sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, du moins pendant le mandat de M. Trump. Cela affaiblira forcément l’objectif de l’accord de Paris de réduire les émissions de dioxyde de carbone pour éviter un réchauffement atmosphérique d’au moins 2°C, le point auquel, selon de nombreux scientifiques, la planète connaîtra un avenir irréversible de réchauffement extrême et dangereux. Sans la pleine participation des États-Unis, le deuxième plus grand pollueur en gaz à effet de serre après la Chine, cet objectif est probablement inaccessible, même si tous les autres pays respectent leurs promesses. En outre, sans la participation des États-Unis, d’autres gouvernements seront moins susceptibles d’effectuer leurs réductions d’émissions.
L’élection de M. Trump aura un impact négatif sur la COP 22 de Marrakech où des négociateurs internationaux se sont rassemblés pour une conférence de 12 jours pour déterminer les prochaines étapes de l’accord de Paris: comment vérifier que les engagements sont respectés et comment financer les pays pauvres qui ne peuvent pas se permettre la technologie pour mettre en oeuvre les mesures. .
Avec M. Trump à la Maison Blanche et la majorité républicaine au Congrès, il y a peu d’espoir que le Clean Power Plan survive à la Cour suprême. Pire encore, les autres grandes nations émettrices de gaz à effet de serre – surtout l’Inde – ont maintenant peu de raisons de mettre en oeuvre leurs promesses de la COP 21 si les États-Unis ne le font pas. En Inde, le troisième plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre, l’élection de M. Trump a soulevé des doutes quant à la volonté d’aller de l’avant. Sous l’administration Obama, Hillary Clinton, alors secrétaire d’État, a promis que les pays riches mobiliseraient 100 milliards de dollars annuellement d’ici 2020 pour aider les pays pauvres à passer à des formes d’énergie plus propres. Les autorités indiennes ont clairement indiqué que leurs mesures pour réduire les émissions dépendront de l’aide financière des pays riches, mais M. Trump a également promis de couper tous les «paiements destinés au réchauffement planétaire».
Au cœur du Clean Power Plan du Président Obama, il y a un ensemble de réglementations destinées à freiner la pollution par les centrales au charbon. Si elles étaient promulguées, ces règlementations pourraient transformer le secteur américain de l’électricité, fermer des centaines de centrales au charbon et inaugurer la construction de vastes nouvelles fermes éoliennes et solaires. Le plan devrait réduire d’ici 2030 les émissions des centrales électriques des États-Unis de 32% par rapport aux niveaux de 2005. Toutefois, le programme est actuellement contesté par 28 États et plus de 100 entreprises, et il devrait être présenté à la Cour suprême dès l’année prochaine . M. Trump et d’autres républicains ont qualifié le Clean Power Plan de «guerre contre le charbon». En tant que président, M. Trump n’aurait pas le pouvoir juridique d’annuler unilatéralement les clauses du Clean Power Act, mais il pourrait les menacer en nommant à la Cour suprême un juge favorable au monde industriel, et en refusant ensuite de défendre le plan lorsqu’il sera présenté à la Cour Suprême. Même si M. Trump échoue finalement à faire capoter les mesures prises par Barack Obama sur le changement climatique, il pourrait faire en sorte que leur application soit retardée durant son mandat, avec des procès qui ne manqueront pas de prendre du temps devant les tribunaux.
Et pendant ce temps, les glaciers et la banquise continuent de fondre…

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drapeau-anglaisThe election of Donald Trump as President of the Unites States will have a heavy impact on climate change. Mr Trump has called human-caused climate change a “hoax” and has vowed to dismantle the Environmental Protection Agency “in almost every form.”
President Obama has said his efforts to establish the United States as the global leader in climate policy are his proudest legacy. But with Mr. Trump as President, that legacy will unravel quickly. The world, then, may have no way to avoid the most devastating consequences of global warming, including rising sea levels, extreme droughts and food shortages, and more powerful floods and storms.
Mr. Trump has already vowed to “cancel” last year’s Paris climate agreement, which commits more than 190 countries to reduce their carbon dioxide emissions, and to dismantle the Clean Power Plan, Mr. Obama’s domestic climate change regulations. As Segolene Royal said recently, Mr. Trump cannot legally block other countries from fulfilling their Paris agreement commitments, nor can he quickly or unilaterally erase Mr. Obama’s climate rules. But he can, as President, choose not to carry out the Paris plan in the United States. And he could so substantially slow or weaken the enforcement of Mr. Obama’s rules so that they would have little impact on reducing emissions in the United States, at least during Mr. Trump’s term. That could doom the Paris agreement’s goal of reducing carbon dioxide emissions enough to stave off an atmospheric warming of at least 3.6 degrees Fahrenheit, the point at which, many scientists say, the planet will be locked into an irreversible future of extreme and dangerous warming.
Without the full participation of the United States, the world’s second-largest greenhouse gas polluter, after China, that goal is probably unattainable, even if every other country follows through on its pledges. Besides, without the participation of the United States, other governments are less likely to carry out their pledged emissions cuts.
The election of Mr. Trump is likely to cast a pall over Marrakesh, Morocco, where global negotiators have gathered for a 12-day conference to hash out the next steps for the Paris accord: how to verify commitments are being met, and how to pay for enforcement by poor countries that cannot afford the technology or energy disruptions.
With Mr. Trump in the Oval Office and Republican majorities in both houses, there is little hope that the Clean Power Plan will survive in the Supreme Court. Worse, other key emitter nations — especially India — now have little reason to follow through on their Paris pledges if the U.S. won’t. In India, the world’s third-largest greenhouse gas polluter, the election of Mr. Trump has raised doubts about a willingness to move forward. Under the Obama administration, Hillary Clinton, then secretary of state, pledged that rich countries would mobilize $100 billion annually by 2020 to help poor countries make the transition to cleaner forms of energy. Indian officials have made clear that their steps to cut emissions will depend on financial aid from rich countries, but Mr. Trump has also vowed to cut all “global warming payments.”
At the heart of the Clean Power Plan is a set of regulations intended to curb planet-warming pollution from coal-fired power plants. If enacted, the rules could transform the American electricity sector, close hundreds of coal-fired plants and usher in the construction of vast new wind and solar farms. The plan is projected to cut United States power plant emissions 32 percent from 2005 levels by 2030.But the program is currently under litigation by 28 states and more than 100 companies, and it is expected to go before the Supreme Court as early as next year. Mr. Trump and other Republicans have attacked the Clean Power Plan as a “war on coal.” As president, Mr. Trump would not have the legal authority to unilaterally undo the regulations, but he could target the rules by appointing an industry-friendly justice to the Supreme Court and then refusing to defend the plan when it goes before the court. Even if Mr. Trump ultimately fails to gut Mr. Obama’s climate change rules, he could ensure that their enforcement is delayed through his term, as lawsuits wind their way through the courts.

And in the meantime the glaciers and the sea ice keep on melting…

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Glacier Sawyer en Alaska (Photo: C. Grandpey)

La Mer de Ross (Antarctique) bientôt un sanctuaire marin // The Ross Sea (Antarctica) to become a marine sanctuary

drapeau-francaisAprès cinq ans de négociations, les vingt-quatre Etats qui siègent avec l’Union européenne dans la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) ont annoncé à Hobart (Australie), le vendredi 28 octobre, la création d’une très vaste aire maritime protégée (AMP) dans la mer de Ross

Proposée par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, cette zone couvre 1,57 million de kilomètres carrés, dont 1,12 million totalement protégés, où tout prélèvement, la pêche notamment, sera interdit. C’est le plus grand sanctuaire marin du monde.

Pour parvenir à cet accord historique, les membres de la CCAMLR ont dû vaincre les réticences du gouvernement chinois, ce qui fut fait en 2015, puis celles des Russes lors de cette session. Cette AMP a une durée limitée à trente-cinq ans.

L’Antarctic Ocean Alliance (AOA), une coalition d’une vingtaine d’ONG, se réjouit sans réserve d’une avancée qu’elle attendait avec optimisme. Il s’agit en effet d’une avancée, mais d’autres projets de sanctuaires au sud du 60e parallèle ont été repoussés à plus tard. La France et l’Australie proposent depuis plusieurs années de créer une autre vaste AMP dans l’est de l’Antarctique, tandis que l’Allemagne et les Etats-Unis en défendent une troisième dans la mer de Weddell. A elles trois, ces aires couvriraient 4,8 millions de km² et pourraient représenter un solide maillage de l’océan Austral, actuellement bien moins protégé que le continent Antarctique.

L’extrême sud n’est plus épargné, on y trouve désormais des polluants persistants, des particules de plastique. Avec 7 000 scientifiques et 33 000 touristes par an, l’augmentation du nombre de visiteurs constitue une nouvelle menace. Plusieurs espèces de manchots sont classées comme quasi menacées, tandis que leur nourriture principale, le krill, est elle-même à la fois victime du réchauffement climatique et de la convoitise des pêcheurs.

La légine, dont il existe deux espèces dans les profondeurs des eaux froides, constitue l’autre dossier emblématique de la commission d’Hobart. Qualifié d’or blanc, ce gros prédateur est à la mode dans les restaurants chics, de New York et Tokyo surtout. A 40 euros le kilo au moins, il est l’un des poissons les plus chers et suscite du braconnage.

Pour une ONG comme le WWF, lutter contre la pêche illégale ne suffit pas. Il est nécessaire d’établir des aires protégées qui peuvent permettre aux écosystèmes d’affronter le changement climatique avec plus de ressources afin d’être en mesure de s’y adapter

Ce discours semble être entendu au ministère français de l’environnement. Dans la partie de l’Antarctique qui est sous juridiction française, Ségolène Royal souhaite établir rapidement une importante AMP en étendant la réserve autour des îles Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam. La ministre de l’environnement a décidé d’en faire une vaste aire réglementée de 581 000 km² (dont 120 000 km² en protection renforcée), quoique morcelée en plusieurs parties.

Source : Presse internationale.

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drapeau-anglaisAfter five years of negotiations, the twenty-four states sitting with the European Union in the Commission for the Conservation Antarctic Marine Living Resources (CCAMLR) announced in Hobart (Australia), on Friday 28 October, the creation of a vast marine park area (MPA), in the Ross sea
Proposed by the United States and New Zealand, the area covers 1.57 million square kilometers, 1.12 million fully protected, where any sampling, including fishing, will be banned. This is the largest marine sanctuary in the world.
To reach this historic agreement, CCAMLR members had to overcome the reluctance of the Chinese government, which was done in 2015, and the opposition of the Russians at that session. The AMP has a limited time of thirty-five years.
The Antarctic Ocean Alliance (AOA), a coalition of twenty NGOs, wholeheartedly welcomes this advance it was waiting for with optimism. This is an advance indeed, but other projects of santuaries south of the 60th parallel were postponed. France and Australia have proposed for several years to create another large MPA in East Antarctica, while Germany and the United States are defending a third in the Weddell Sea. Together, these three areas would cover 4.8 million square kilometers and could represent a solid mesh of the Southern Ocean, now less protected than the Antarctic continent.
The extreme south is not spared, and now includes persistent pollutants and plastic particles. With 7,000 scientists and 33,000 tourists a year, the increasing number of visitors represents a new threat. Several species of penguins are classified as nearly threatened, while their main food source, krill, is itself both a victim of global warming and the envy of the fishermen.
Toothfish, with two species in the deep cold waters, is another emblematic case of the Hobart commission. A kind of white gold, this large predator is fashionable in chic restaurants, especially in New York and Tokyo. At 40 euros a kilo at least, it is one of the most expensive fish and has to face poaching.
For NGOs such as WWF, fighting against illegal fishing is not enough. It is necessary to establish protected areas that can allow ecosystems to face climate change with more resources in order to be able to adapt
This appraoch seems to be heard at the French Ministry of Environment. In the part of Antarctica which is under French jurisdiction, Segolene Royal wants to quickly establish a significant GPA by extending the reserve around Kerguelen, Crozet, Saint-Paul and Amsterdam. The Environment Minister has decided to set up a large regulated area of 581,000 km² (120,000 km² with high protection), though fragmented into several parts.
Source: International press.

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Vue de l’Antarctique sud, avec la Mer de Ross et le volcan Erebus à proximité.

Source : Encyclopédie Larousse en ligne.

 

Notre responsabilité dans la fonte de l’Arctique // Human responsibility in the melting of the Arctic

drapeau-francaisTout le monde – sauf d’irréductibles Républicains aux Etats-Unis – reconnaît  que les gaz à effet de serre, surtout le dioxyde de carbone, sont responsables du réchauffement climatique et de la fonte de l’Arctique.
Une équipe de climatologues de l’Institut de météorologie Max Planck en Allemagne a calculé que pour chaque personne qui parcourt 1600 kilomètres en voiture ou effectue un vol aller-retour entre New York et Londres, 3 mètres carrés de glace de mer disparaissent de l’Arctique. L’étude a été publiée dans la revue Science, avec le détail des calculs complexes qui ont permis aux chercheurs d’estimer quelle surface de glace de mer arctique fond pour chaque tonne de dioxyde de carbone émise dans l’atmosphère.
Les résultats de cette étude montrent que des comportements individuels contribuent à créer une situation que beaucoup de gens ont du mal à comprendre. Par exemple, selon la Banque mondiale, l’Américain moyen émet plus de 16 tonnes de carbone chaque année. Cela équivaut à la fonte d’environ 48 mètres carrés de glace dans l’Arctique.
Les chercheurs affirment également que la relation linéaire entre les émissions de dioxyde de carbone et la perte de surface de glace pourrait être un bon indicateur du moment où l’Arctique sera totalement dépourvu de glace en septembre, le mois où l’on enregistre chaque année  la plus faible surface de glace de mer. Les scientifiques s’attendent à ce que cet événement se produise au cours des prochaines décennies, peut-être même dès 2030. L’étendue de glace de mer n’a jamais été aussi réduite fin octobre (voir ma note du 3 novembre 2016), et la température de l’air n’a jamais été aussi haute dans l’Arctique à cette époque de l’année. Toutes ces observations confirment sans le moindre doute que l’on se dirige vers une perte de glace dans l’Arctique sur le long terme.
Les chercheurs allemands pensent que c’est moins une question de calendrier et plus une question de quantité de CO2 émis. Au rythme actuel des émissions de dioxyde de carbone, l’Arctique pourrait être exempt de glace à la fin de l’été dès le milieu de ce siècle. En revanche, les résultats de l’étude soulignent également que toute mesure prise pour réduire les émissions de CO2 ralentira la perte de glace de mer pendant l’été arctique.
La disparition de la glace dans l’Arctique aura des effets à grande échelle. Certaines études ont déjà montré que cela pourrait affaiblir le jet stream et ainsi contribuer aux inondations, aux sécheresses et à d’autres phénomènes météorologiques extrêmes qui ont frappé les latitudes moyennes ces dernières années. De nombreux scientifiques pensent que la réduction rapide de la glace de mer arctique pourrait contribuer à des hivers plus longs en Amérique du Nord, ainsi qu’à des vagues de chaleur plus intenses.
Il ne fait aucun doute que la disparition de la glace de mer aura également un impact sévère sur l’Arctique proprement dit. Les ours polaires, les phoques et autres animaux sauvages devront s’adapter, s’ils le peuvent, à de nouveaux paysages. Les communautés autochtones devront changer leur mode de chasse et de pêche, et les villages deviendront plus vulnérables aux tempêtes et à l’érosion. L’exploration pétrolière et gazière deviendra plus facile dans un Arctique dépourvu de glace, et la navigation sera plus aisée. Comme je l’ai écrit précédemment, une croisière de luxe a déjà traversé l’Arctique cet été…
Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisEverybody – except some Republicans in the U.S. – admits that greenhouse gases, and especially carbon dioxide, are responsible for global warming and the melting of the Arctic.

A team of climate scientists at the Max Planck Institute for Meteorology in Germany has calculated that for every person who drives a car 1,600 kilometres or takes a round-trip flight from New York to London, 3 square metres of sea ice vanishes from the Arctic. The study has been published in the journal Science, with the detail of the complex set of calculations that allowed the researchers to estimate how much Arctic sea ice melts for every metric ton of carbon dioxide emitted into the atmosphere.

The result helps illustrate how individual actions shape what often can seem a faraway problem. The average American, for instance, emits more than 16 metric tons of carbon each year, according to the World Bank. That would amount to the melting of about 48 square metres of ice in the Arctic.

The researchers also argue that the linear relationship between carbon dioxide emissions and the amount of ice melting might serve as a good predictor of when the Arctic will be completely free of ice during September, the lowest month each year for Arctic sea ice, a development many scientists expect to happen over the next several decades, possibly even by 2030. Sea ice extent in the Arctic measured as low as it has ever has in late October (see my note of 3 November 2016), and air surface temperatures have shown record warmth. All these observations confirm there is an unmistakable, long-term trend toward less ice in the Arctic.

The German researchers suggest that it might be less a question of timing and more a question of how much CO2 the world emits. At the current rate of emissions, the Arctic could be free of ice during the late summer by the middle of this century. On the other hand, the results of the study also imply that any measure taken to mitigate CO2 emissions will directly slow down the ongoing loss of Arctic summer sea ice.

The loss of ice in the Arctic would have wide-range effects. Some studies have suggested that it could be weakening the jet stream and thus contributing to floods, droughts and other extreme weather events that have struck the mid-latitudes in recent years. Many scientists believe the accelerated loss of Arctic sea ice could be contributing to longer winters in North America, as well as more intense heat waves.

There is no doubt that the loss of sea ice also will profoundly alter the Arctic itself. Polar bears, seals and other wildlife will have to wrestle with the changing landscape. Native communities might have to change how and when they hunt and fish, and villages could become more vulnerable to storms and erosion. Oil and gas exploration would become easier in an ice-free Arctic, and shipping would become more feasible. As I put it previously, a luxury cruise already sailed through the Arctic this summer.

Source: The Washington Post.

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Photo: C. Grandpey