Nouvelle conférence, nouvelles images : « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique »

Tous les randonneurs qui fréquentent le milieu de la haute montagne et donc celui des glaciers s’en rendent compte : la glace est en train de fondre à grande vitesse sur les sommets. Au train où vont les choses, la majorité des glaciers aura disparu dans les prochaines décennies.

Mes pérégrinations à travers notre planète m’ont permis de me rendre compte de la gravité de la situation et j’ai décidé de m’éloigner un peu du monde chaud des volcans pour tirer la sonnette d’alarme à travers une conférence intitulée « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique ».

Je ne suis pas glaciologue. Il n’est donc pas question pour moi de m’aventurer dans des dédales techniques compliqués. Mes seuls instruments d’observation sont mes yeux et je puis assurer qu’ils ont vu des choses inquiétantes, que ce soit au cours de survols des zones glaciaires, ou au cours de randonnées en haute montagne ou dans les hautes latitudes.

Le but de la conférence n’est pas de chercher les coupables et d’accuser les uns ou les autres. La tâche serait à la fois stérile et inutile. La question n’est pas non plus de savoir si la fonte de la glace dans le monde est due à un cycle naturel ou à des activités humaines abusives. Chaque partie tirant le drap de son côté, aucune conclusion valable ne serait finalement déterminée.

Une chose est sure : la banquise et les glaciers fondent… Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.

Mes propos seront illustrés par un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé : « Glaciers d’Alaska, un monde en péril« .

Des livres et CD seront proposés au public à l’issue de la conférence.

La conférence sera présentée le vendredi 24 mars à 20h45 à la Salle des Fêtes de Puymoyen (Charente). N’hésitez pas à me contacter si votre commune ou votre comité d’entreprise sont intéressés:  grandpeyc@club-internet.fr

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Sawyer Glacier (Alaska): Un recul spectaculaire. (Photo: C. Grandpey)

Février souffle le chaud et le froid aux Etats-Unis // February blows hot and cold in the United States

drapeau-francaisLe mois de février a été particulièrement bizarre et instable aux États-Unis avec des périodes de températures extrêmement élevées alternant avec d’autres pendant lesquelles le mercure a chuté dans les thermomètres. Cette situation instable est l’un des effets du changement climatique et du réchauffement global de la planète.
Selon le National Center for Environmental Information (Centre national d’information sur l’environnement), les pointes de chaleur d’une journée ainsi que les vagues de chaleur de plusieurs jours ont contribué à battre plus de 248 records pour le seul mois de février dans certains endroits aux États-Unis. Voici quelques exemples.
Dans l’Oklahoma, l’Etat natal du climato-sceptique Scott Pruitt, le nouveau directeur de l’Environmental Protection Agency, les températures ont atteint de nouveaux records début février. La ville de Mangum a enregistré un record absolu avec 37°C le 11 février, plus de 4 degrés au-dessus de la moyenne de ce mois !
Le reste des Plaines du Sud a également battu des records, et les villes de Midland, Lubbock et Wichita Falls au Texas ont enregistré des températures autour de 30 degrés la même semaine. Une vague de froid a fait suite à la vague de chaleur dans la région, avec des températures qui ont chuté d’une dizaine de degrés.
Les 21,6°C relevés à Milwaukee (Wisconsin) le 22 février représentent la température la plus élevée jamais enregistrée dans l’Etat en hiver. La température moyenne pour cette journée est de 1,1°C!. C’était aussi la quatrième fois en février que la ville atteignait des températures supérieures à 15 ° C, un autre record pour l’Etat.
Boston (Massachusetts) a connu 20°C le 23 février, ce qui battait le précédent record de 18°3C en1990. Tous les records de chaleur pour le mois de février ont été battus le même jour à Burlington et Montpelier dans le Vermont avec 17.2°C.
Le 16 février, Denver (Colorado) a battu pour la troisième fois son record du mois avec 23,8 ° C, soit 3 degrés de plus que le précédent record pour cette date, selon le National Weather Service. La neige a fait son retour une semaine plus tard le 24 février!
Les journées chaudes avec des températures au-dessus de la normale peuvent avoir un impact dévastateur sur l’environnement. Les arbres fleurissent de très bonne heure et les bourgeons gèlent ensuite avec le retour du froid.
Source: The Huffington Post.

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drapeau-anglaisFebruary has been a very freaky month in the United States with stretches of extremely high temperatures mixed periodically with plunging mercury. This unsettled situation is one of the effects of climate change and global warming.

According to the National Center for Environmental Information, single-day record highs as well as multiple-day heat waves broke more than 248 month-to-date records for February in spots across the United States.

Temperatures in Oklahoma, the home state of Scott Pruitt, the new Environmental Protection Agency chief, Pruitt, a climate change skeptic, reached new records early in February. The town of Mangum hit an all-time record with 37°C on February 11th, more than 4 degrees Celsius above the average February high.

The rest of the Southern Plains also broke records, and the Texas towns of Midland, Lubbock and Wichita Falls all racked up temperatures in the 30s the same week. A cold snap followed the heat wave in the region, with temperatures dropping as much as 10 degrees Celsius.

Milwaukee’s 21.6°C on February 22nd was the highest temperature ever recorded in the state in the winter. (The typical high temperature for the day is 1.1°C !). It was also the fourth time in February the city hit temperatures over 15°C, another all-time record for the state.

Boston hit 20°C on February 23rd, busting its previous highest temperature of 18.3°C in 1990. All-time record highs for the month of February were broken that same day in Burlington and Montpelier, Vermont both with 17.2°C.

Denver broke its third record of the month on February 16th, topping out at 23.8°C, a full 3 degrees hotter than the date’s previous record, according to the National Weather Service. Snow was back a week later on February 24th !

Unseasonably warm days before cold snaps can have a devastating impact on the environment. Trees and flowers can blossom early in the warm weather, and the buds can then freeze and wither in following cold weather.

Source: The Huffington Post.

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Températures à Denver (Colorado) pour le mois de février 2017.

(Source: Accuweather)

Des difficultés à venir pour les stations de ski // A dark future for winter sport resorts

drapeau-francaisSelon une nouvelle étude scientifique de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), il va neiger de moins en moins à cause du réchauffement climatique. Le phénomène aura des conséquences sur l’environnement et les stations de ski.

Les chercheurs de l’Institut expliquent que si aucun effort n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, on peut s’attendre à avoir à peu près 70% d’enneigement en moins à la fin du siècle. Cela signifierait que la saison de ski sur neige naturelle commencerait beaucoup plus tard et finirait beaucoup plus tôt, avec un recours plus grand à la neige artificielle. Un quart des stations de ski se trouvent en dessous de 1200 mètres d’altitude. Elles n’auraient sans doute plus d’enneigement permanent pendant l’hiver.

Le manque de neige dans les prochaines années aura non seulement un impact sur le tourisme hivernal, mais aussi des conséquences sur l’écologie. Il y aura des répercussions au niveau du lit des rivières et donc sur l’irrigation et la production électrique. En début de saison, la neige pourrait être remplacée par de la pluie.

L’étude du WSL indique que l’on observe actuellement un réchauffement global de 1°C, mais il y a une amplification dans les régions alpines où le réchauffement est de 1,8°C. Un réchauffement global de deux degrés serait équivalent à quatre degrés dans les Alpes. Ces deux degrés étaient déjà les objectifs discutés à la COP 15 de Copenhague en 2009. Reste à savoir s’il y a une volonté politique de les atteindre….

Les faits sont là : Dans les stations autour de 900 à 1300 mètres d’altitude, les fermetures anticipées se multiplient cet hiver. Ainsi, à la station familiale de Saint-Hilaire-du-Touvet, en Chartreuse, la totalité des pistes ont dû être fermées le 23 février. La station avait ouvert le 15 janvier et subsistait grâce aux enneigeurs et un important travail de la neige. Le problème, c’est que les températures sont trop douces pour permettre aux canons à neige de fonctionner.

Depuis plusieurs années, la tendance est au manque de neige en dessous de 2000 mètres d’altitude pour tous les massifs des Alpes du Nord, y compris en Suisse et en Italie. Selon Météo France, depuis 60 ans, les observations tendent à démontrer que le phénomène s’accroît et va de pair avec le réchauffement climatique. Certes, il peut y avoir des exceptions avec un hiver neigeux ici et là. Néanmoins, toutes les projections climatiques prédisent dès 2050 une baisse généralisée de l’enneigement, en particulier en moyenne montagne en dessous de 2000 mètres d’altitude, et ce, quel que soit le scénario d’évolution du climat envisagé.
Un prévisionniste de Météo France indique que les projections climatiques vont jusqu’en 2100 et, quelle que soit l’action que l’on prend aujourd’hui, les jeux sont faits pour les 33 années à venir. Les engagements que l’on prend aujourd’hui auront des effets pour après 2050. Si on agit aujourd’hui, on peut limiter la casse pour la fin du siècle.

Source : France Info.

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drapeau-anglaisAccording to a new scientific study by the Federal Institute for Research on Forest, Snow and Landscape (WSL), it will snow less and less because of global warming. The phenomenon will have consequences on the environment and the ski resorts.
The Institute’s researchers say that if no effort is made to reduce greenhouse gas emissions, we can expect to have about 70% less snow by the end of the century. This would mean that the ski season on natural snow would start much later and end up much earlier, with greater use of artificial snow. A quarter of the ski resorts are below 1,200 meters a.s.l. They would no longer have permanent natural snow during the winter.
The lack of snow in the coming years will not only have an impact on winter tourism, but also consequences on the environment. There will be repercussions on the beds of the rivers and thus on irrigation and electricity production. At the beginning of the season, the snow could be replaced by rain.
The WSL study indicates that global warming is currently observed at 1°C, but there is an increase in alpine regions where warming is 1.8°C. A global warming of two degrees would be equivalent to four degrees in the Alps. The two-degree increase was already the objective discussed at COP 15 of Copenhagen in 2009. It remains to be seen whether there is a political will to achieve it ….
The facts are there: In the ski resorts around 900 to 1300 meters a.s.l., the anticipated closings of ski resorts are more and more numerous this winter. For instance, at Saint-Hilaire-du-Touvet, in Chartreuse, all the ski runs had to be closed on 23 February. The resort opened on 15 January and survived thanks to the artificial snow and heavy snow work. The problem is that the temperatures are too high to allow the snow guns to work properly.
For several years now, there has been a tendency to a lack of snow below 2,000 meters a.s.l. for all the massifs of the Northern Alps, including Switzerland and Italy. According to Météo France, for 60 years, observations have shown that the phenomenon is increasing and goes hand in hand with global warming. Certainly, there may be exceptions with a snowy winter from tim to time. Nevertheless, all climate projections predict a widespread decrease in snow cover, especially in the mountains below 2,000 meters in 2050, whatever the climate change scenario.
A weather forecaster from Météo France says that climate projections go until 2100 and, whatever action we take today, no change will be observed during the next 33 years. The commitments made today will have effects after 2050. If we act today, we can limit the disaster by the end of the century.
Source: France Info.

Canons

Les canons à neige – comme ici au Mont Dore à 1500 mètres d’altitude – ne suffiront bientôt plus pour fournir la neige aux skieurs.

Alaska: La fonte du glacier Eklutna pourrait menacer Anchorage // The melting of Eklutna Glacier might threaten Anchorage

drapeau-francaisLe recul des glaciers sous l’effet du réchauffement climatique posera inévitablement des problèmes dans certaines parties du monde. Dans les Andes et l’Himalaya, la disparition des glaciers menace déjà l’approvisionnement en eau potable et en énergie hydroélectrique. Ainsi, au Pérou, deux millions de personnes dépendent des glaciers qui ont perdu au moins 34% de leur masse au cours des 40 dernières années. Lima, la capitale avec ses 10 millions d’habitants, dépend des glaciers pour son approvisionnement en eau. On peut facilement imaginer ce qui arriverait s’ils disparaissaient.
La situation est également inquiétante en Alaska où Anchorage (300 000 habitants) dépend principalement du glacier Eklutna pour son approvisionnement en eau et électricité. Au vu des derniers relevés sur le terrain, on peut affirmer que la population actuelle n’est pas menacée, mais les générations futures seront probablement confrontées à de véritables problèmes.
Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Glaciology a quantifié la vitesse à laquelle le glacier Eklutna est en train de perdre sa masse de glace. Entre 1957 et 2010, cette perte a été en moyenne de 5% par an. Entre 2010 et 2015, elle a atteint 7%. Au cours de certaines années chaudes, comme 2013 et 2015, la perte était de 13%.
À long terme, le glacier Eklutna, qui présente une longueur de plus de 10 km et une superficie d’environ 30 kilomètres carrés, fondra, à l’exception d’un moignon et de petits glaciers de cirque à haute altitude. Le temps que cela prendra dépendra du climat. Selon l’étude, si le climat reste le même que celui de 2008 à 2015, la disparition presque complète du glacier se produira vraisemblablement dans environ 100 ans. Si le réchauffement s’accélère, ce laps de temps sera beaucoup plus court, et le glacier pourrait disparaître en une cinquantaine d’années.
En 2016, l’Eklutna fournissait 86% de l’eau gérée par l’Anchorage Water and Wastewater Utility, le Service des Eaux de la ville. Un volume d’eau 10 fois supérieur en provenance du glacier a également fait tourner les turbines de la centrale hydroélectrique exploitée par les fournisseurs d’électricité locaux.
Anchorage n’est pas encore dans la situation préoccupante des villes et des villages des Andes et de l’Himalaya. Le climat y est relativement frais et humide ; la population n’est pas aussi importante et ne consomme pas autant d’eau et d’énergie que des villes comme Lima. À court et à moyen terme, le glacier Eklutna sera encore là pour fournir suffisamment d’eau, même si sa masse diminue. En revanche, le long terme risque d’être plus problématique.

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisThe retreat of the glaciers because of climate change will inevitably pose problems in some parts of the world. In the Andes and the Himalayas, the disappearance of the glaciers is threatening drinking-water supplies and hydroelectric power. In Peru, two million people depend on the glaciers which have retreated at least 34% in the last 40 years. Lima, the capital (pop. 10 million) depends on the glaciers for its water supply. One can easily imagine what would happen if they disappeared.

Thee situation is equally worrying in Alaska where Anchorage, the main town (pop. 300,000) depends mainly on the Eklutna Glacier for its water supply. The latest observations indicate that the current population is not threatened, but the future generations might have to face real problems.

A new study published in the Journal of Glaciology has quantified the rate at which Eklutna Glacier is losing its icy mass. Between 1957 and 2010, this loss averaged 5 % a year. Between 2010 and 2015, that rate bumped up to 7 %. And in certain hot years, like 2013 and 2015, the rate was 13 %.

In the long term, Eklutna Glacier, which is more than 10 km long and about 30 square kilometres in area, will melt away, except for a remnant and small high-elevation cirque glaciers. How long that will take depends on climate. According to the study, if the climate remains the same as that from 2008 to 2015, the glacier’s near-complete disappearance will likely happen in about 100 years. If the climate warms even more, however, the timeline will be much shorter, perhaps in half as much time.

In 2016, Eklutna water made up 86 % of the water produced for Anchorage Water and Wastewater Utility. In 2016, about 10 times as much of Eklunta’s water went to Eklutna hydroelectric plant operated by local power utilities.

Anchorage is not yet in the position of the cities and villages of the Andes and the Himalayas. It has a relatively cool and moist climate, and the population is not as large and resource-draining as that of cities like Lima. For the near and medium term, the Eklutna Glacier will be present and providing sufficient water, with shrinking mass swelling the supply. In the long term, problems are likely to appear.

Source : Alaska Dispatch News.

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Bon nombre de glaciers en Alaska ont tellement reculé que seuls des lambeaux restent accrochés à la montagne. (Photo: C. Grandpey)